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 Vies parallèles. (Sereryse)

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❧ AVATAR : Iwan Rheon.
❧ CREDITS : Viedymin.


MessageSujet: Vies parallèles. (Sereryse)   Jeu 1 Sep - 19:19

Vies parallèles

Sereryse & Dorante


Quitte à choisir, Dorante n'aurait pas opté pour une activité physique, même modérée, pour son activité de la journée. Mais voilà bien longtemps qu'il n'était plus en position de décider.
L'estomac de Dorante criait famine, lui rappelant qu'il ne pouvait se contenter de sang frais et de belles idées pour se nourrir. Son corps réclamait des nourritures plus substantielles, et son esprit s'amusait à lui rappeler quelques délicieuses saveurs que son palais avait un jour goûtées. Il aurait pu devenir fou à faute de rêver de rôti bien cuit et de légumes fondants sous la dent. Ces divagations ne signifiaient qu'une chose : il était temps de manger.
Mais avec quel argent, je vous prie ?
Auparavant, Aramè se serait chargée de lui rappeler qu'il devait faire attention à son alimentation, et peut-être même lui aurait conseillé de chercher sérieusement un travail, plutôt que de vivoter comme il le faisait. Dorante en avait la certitude. Mais l'envie de vivre comme Aramè le lui disait, comme il l'aurait fallu, lui était passée depuis bien longtemps. Il n'écoutait plus ses conseils lointains qui résonnaient parfois encore dans sa tête. Seul son corps avait encore le pouvoir de le faire revenir dans le droit chemin.
Pour son plus grand déplaisir.

Le marchand n'avait vu aucun inconvénient à engager Dorante pour une journée seulement. Parce qu'il n'avait pas forcément les moyens de se payer un commis toute l'année, parce qu'il avait malgré tout besoin d'aide pour faire tourner sa boutique, et parce qu'un employé comme Dorante pouvait être moins payé et aussi rapidement oublié. Les gens sans le sou acceptaient tous les travaux, même les moins honorables, c'était bien connus. Déplacer quelques caisses, c'était infiniment que ce qu'ils pouvaient espérer ailleurs. Personne ne s'en plaindrait. Il fallait avoir le sens des réalités.
Le patron était persuadé que Dorante était de ces gens-là. Le jeune homme n'avait pas vraiment envie de le détromper. D'une certaine manière, c'était vrai : Dorante n'avait pas pu trouver mieux pour le dépanner. Mais de là à croire qu'il s'acquitterait de cette tâche avec gratitude, sans se plaindre... Ses plaintes existaient, elles étaient simplement silencieuses, retenues dans le creux de son esprit. Il n'y avait plus de petite voix à ses côtés pour lui donner du courage comme cela avait pu être autrefois le cas avec Aramè. Dorante comblait ce manque en imaginant une voix intérieure avec qui il pourrait discuter. Cela l'aidait pour les travaux manuels. À peine une caisse de soulevée que sa voix mentale protestait violemment contre le traitement réservé à son corps. Et il restait à décharger toutes les caisses dans la cour.
Allez, Dorante, tu peux le faire. Je veille sur toi de l'Autre Côté. Non, ce n'était pas exactement ainsi que parlait Aramè, mais cela ferait l'affaire. Mais j'ai mal au dos, mal au bras, et j'en ai assez de ce travail stérile ! Je veux me reposer m'allonger, j'ai un travail méditatif à faire, se répondait-il par la même occasion. Cela lui permettait de faire passer la journée.
Il en était à la dixième caisse. Son attention était au plus bas, alors qu'il entrait maladroitement dans la boutique pour porter la caisse à l'arrière. Le marchand lui avait fait comprendre qu'il ne devait surtout pas casser ses babioles : à cela, Dorante prêtait un peu attention. Il marchait bien au centre des allées en regardant bien sur le côté pour être sûr de ne pas emporter un objet au passage. En revanche, son patron ne lui avait rien dit quant à au client : en effet, quel serait l'imbécile qui ignorerait la présence d'autres personnes dans la boutique ? Le bon sens, dont Dorante était parfois dépourvu, aurait permis de résoudre cette situation.
Dorante ne remarqua qu'au dernier moment la femme vers laquelle il se dirigeait. Lorsque son cerveau lui signala qu'il y avait quelqu'un, le jeune homme paniqua : il lâcha sa caisse, qui faillit écraser le pied de la dame. Plus de peur que de mal, mais le cœur de Dorante battait à tout rompre. Il lui fallut quelques instants pour réagir :

« Je... excusez-moi, madame, je ne vous avais pas vue... »

Il lui fallut quelques instants de plus pour remarquer qu'il avait en fait déjà vu la dame en question. Mais pas à Balgram, non : même en étant natif de la ville, Dorante ne fréquentait pas les gens qui possédaient une telle grâce aristocratique. Le lieu où il avait pu la voir était différent, et plus lointain. Un lieu où il n'avait pas envie de retourner, si ce n'est pour retourner auprès de quelqu'un de cher qui lui manquait.
L'Autre Côté.
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