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 Venetti ❧ Le poison de mon âme, c'est l'argent.

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MessageSujet: Venetti ❧ Le poison de mon âme, c'est l'argent.   Mer 28 Oct - 15:19


   

Rinke Astrid Venetti


L'Autre Côté ? Ce n'est pas Telgram plutôt ?



   
NOM ❧ Enfant unique de la famille Venetti, Rinke a quelques cousins éloignés mais pas de frère ou de sœur. PRÉNOMS ❧ Rinke est le prénom usuel de Venetti, mais on peut également utiliser son deuxième prénom, Astrid, si le premier n'est pas à votre goût. SURNOM(S) ❧ À votre guise. Vous pouvez également employer son nom de famille. ÂGE ❧ Trente ans. EN CE MOMENT JE SUIS A ❧ L'Autre Côté bien sûr (après un petit passage à Balgram). ORIENTATION SEXUELLE ❧ La question est complexe. Si Rinke est attirée par les hommes, elle ne ressent pas forcément le besoin de concrétiser avec eux. Son attitude envers les femmes est plus ambiguë, mais cela ne signifie pas forcément qu'elle nourrit de véritables sentiments pour elles. STATUT CIVIL ❧ Célibataire, un statut qui lui procure l'indépendance dont elle a besoin pour tenir son affaire. Se mettre en ménage ne fait pas partie de ses projets, puisque cela reviendrait à partager ses bénéfices et son liu de travail, ce qu'elle refuse. MÉTIER ET/OU ÉTUDES ❧ Tenancière d'un petit cabinet minable dans l'Est. Vous n'en avez jamais entendu parler ? C'est un peu normal, ce n'est pas un endroit très fréquentable, et la clientèle y est assez peu nombreuse. GROUPE ❧ Théière. SOSIE ❧ Keira Knightley (la pauvre). 

   
Caractère

Rinke est comme toutes les femmes, elle joue la mystérieuse. Même si elle n'a pas grand chose à dire, même si elle ne sait rien d'intéressant, c'est plus fort qu'elle, il faut qu'elle joue à la plus intéressante et qu'elle essaie de faire croire qu'elle a des tas de choses à raconter. Mais puisque cela constitue son fond de commerce, et c'est pour ce qu'elle agit ainsi.
En apparence, Rinke ressemble à une femme intelligente, mais grattez un peu le vernis, et vous vous rendrez compte qu'elle ne l'est pas tant que ça. Peu cultivée, peu instruire, la jeune femme s'intéresse plus aux ragots qu'à la connaissance vraie. En contrepartie, Rinke a un très bon sens des affaires. Inutile d'essayer de vouloir l'arnaquer, la jeune Venetti a grandi dans cet univers et connaît bon nombre de combines et de petites magouilles pour ne pas payer.

Rinke est comme toutes les femmes, elle veut faire croire qu'elle est différente des autres. Rinke prétend être au sommet de son univers, indépendante de tous ceux qui pourraient tenter de profiter d'elle. Elle refuse le mariage pour cette raison, et sa situation financière stable l'aide dans sa résolution. Cette idée l'obsède tant que Rinke est capable de gâcher toutes les chances que la vie lui offre de partir loin de chez elle, de s'installer ou tout simplement de changer.
Rinke, par certains côtés, a la force d'une matrone, une voix forte qui porte, une volonté de ne pas voir ses ordres discutés et une exigence qui vire parfois à la manie. Mais Venetti a aussi le charme de la jeunesse. Il s'agit d'un argument de vente très puissant, mais qui peut se révéler parfois à double tranchant. Ce qui fait la force de Rinke est aussi ce qui fait sa faiblesse, et c'est toujours cet équilibre entre deux tendances contradictoire qui caractérise Rinke.  Une tendance forte et masculine alliée à une tendance douce et féminine qui fait le charme de cette personne... ou qui la rend détestable aux yeux de certains.

 
Questions

CE QUE JE PENSE DE LA POUSSIÈRE ET DES DAEMONS ❧ Rinke ne s'est pas vraiment renseignée sur la poussière, et elle a pu entendre des opinions très diverses et variées sur le sujet. Elle a tout de même du mal à croire son existence, même si elle aimerait y croire de toutes ses forces. Seulement, elle ne l'a jamais vue, n'a pas vraiment de preuves de son existence, si bien que Rinke a peur qu'il ne s'agisse que d'un rêve destiné à les émerveiller. Cela paraît tout de même incroyable, lorsqu'on vit dans un monde dépourvu de poussière...

CE QUE JE PENSE DE TELGRAM ❧ Rinke est curieuse et aimerait beaucoup visiter cet être monde. Lorsqu'elle a l'occasion de rencontrer un Amputé, Rinke ne manque jamais une occasion de le questionner sur ce monde. Elle ne comprend pas vraiment sa fascination pour ce monde, mais elle sait qu'elle ne peut pas savoir si elle l'aime ou pas tant qu'elle n'y a pas mis les pieds.

CE QUE JE PENSE DES AMPUTES ❧ Un client est un client, et Rinke n'est pas le genre à faire la fine bouche : quand quelqu'un veut consommer, elle le sert. Rinke est tolérante, elle considère que même si ce sont des criminels, ils sont déjà assez punis en perdant leur daemon, puisque contrairement à elle, ils ont souffert de cette séparation. Mais Rinke reste prudente : on ne sait jamais ce qui peut passer dans la tête d'un criminel et, en fonction de la personne, elle reste plus ou moins sur la défensive.



   
NOM DU DAEMON ❧  Furgule.
APPARENCE A LA NAISSANCE ❧ On lui a dit qu'il s'agissait d'un petit rat blanc, si petit que sa disparition est presque passée inaperçue. Tel était le destin de Furgule : être rapidement oublié de tout le monde, y compris de sa propriétaire.
MANQUE ENGENDRE ❧  L'impression de ne plus avoir le contrôle de sa vie ne quitte jamais vraiment Rinke. Quelque chose en elle lui échappe, qu'elle ne comprend pas vraiment. Peut-être est-cela, le manque de Rinke. Elle le compense en se plongeant corps et âme dans son travail et en essayant d'avoir l'ascendant sur les autres.
EST-CE QUE JE VEUX LE RETROUVER ? ❧ Rinke a appris à se passer de lui, elle n'a plus besoin de Furgule. Il est de toute façon trop tard pour songer à le retrouver, pense-t-elle.

   
Anecdotes

❧  Mademoiselle n'a pas d'enfant, mais elle est déjà tombée enceinte une fois. Elle ne compte pas recommencer avant d'avoir décidé de devenir mère.  
❧ Rinke est quelqu'un de très tolérant, elle fermera donc les yeux sur tous les petits écarts de conduite qui ont lieu devant elle, du moment qu'elle n'est pas concernée. Et cela vaut pour son cabaret : vous pouvez louer une des petites pièces de l'arrière-boutique, du moment qu'elle ne sait pas ce que vous y faites.
❧ Au cas où vous décideriez de vous en prendre à elle, sachez que Venetti ne se balade sans un petit stylet dans la poche. On n'est jamais trop prudente.
❧  Rinke possède une grande bibliothèque dans sa demeure, mais elle n'a jamais lu le moindre de ces livres. Il s'agit en fait d'un héritage de son père, très érudit, qu'elle a récupéré lorsqu'il est venu s'installer chez elle.
❧ Cela peut paraître un peu étrange, mais Rinke croit dur comme fer à la vie après la mort, même si elle n'en a aucune preuve. Elle ne sait pas si ça a un rapport ou non avec la poussière, elle ne sait pas comment cette vie existe, mais elle sait qu'elle existe.
❧  Rinke n'a quitté son village qu'une seule fois, pour se rendre aux funérailles de son grand-père. Elle était cependant si petite qu'elle ne s'en souvient plus vraiment.
❧  L'objet auquel tient le plus Venetti est le petit pendentif qu'elle a hérité de sa mère. Mais vous ne la verrez jamais en porter, Rinke le garde précieusement dans son coffre à bijoux. Qui plus est, si Rinke aime se parer, elle gardera toujours son cou nu, pour le réserver au pendentif.
❧ La vue de Rinke commence à baisser, mais la jeune femme refuse de se faire soigner ou de porter des lunettes : elle considère cet accessoire disgracieux comme un signe de vieillesse et pense que cela pourrait amoindrir son charme.
❧ Rinke essaie régulièrement d'en finir avec son addiction avec le thé, mais c'est malheureusement impossible, car elle n'a pas la volonté nécessaire pour la surmonter. Lorsqu'elle s'y met, Rinke est généralement de mauvais poil, mieux vaut éviter de s'approcher d'elle.
❧ Son cabaret est censé être un lieu de divertissement où l'on boit du thé par la même occasion, malheureusement, il n'y a pas assez d'habitants de l'autre côté pour que l'affaire soit aussi rentable que si elle était située à Balgram, par exemple.


   


   

Bonjour ! Moi c'est Brutus, sur la toile on me connait sous le pseudo de Heiko/Rieser. J'ai âge ans et je vis à pays/région. J'ai une vingtaine d'années et je vis en France. J'ai trouvé le forum via bazzart et je le trouve criminellement magnifique ! Pour finir je dirai : le codage est mieux, désormais, merci.

   

LES BOTTINS:
 



Dernière édition par Rinke Venetti le Ven 8 Avr - 23:57, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Venetti ❧ Le poison de mon âme, c'est l'argent.   Mer 28 Oct - 15:20


   

Ma vie, mon histoire


Soupirer. S'extirper. Regarder, penser, s'achever. Désirer. Brûler. S'endeuiller.
Rinke, tu es la seule personne à penser qu'une vie réussie est une vie sans faiblesse. C'est pour cette raison que les tiennes te sont si insupportables. Et pourtant, si tu faisais l'effort de voir derrière les apparences, tu te rendrais compte que chaque personne cache les siennes sous des sourires empruntés.

Même pour une habitante de l'autre monde, Rinke n'était pas née dans une famille conventionnelle. Elle était le fruit d'une union imprévue entre un père qui avait traversé la porte sans penser y découvrir l'amour et une mère très libre d'esprit. Un mélange un peu inattendu qui avait fait de Rinke la femme qu'elle était aujourd'hui.
Petite, Rinke n'était pas une enfant très docile. On pouvait même la qualifier de petite chipie, car non seulement la petite Venetti n'était pas toujours très studieuse, mais en plus elle adorait embêter son entourage, quoiqu'elle conservât toujours son innocence enfantine. Et parce qu'elle était innocente, on répugnait à réprimander trop fort une petite fille qui demande pourquoi le gros monsieur au comptoir était moche sans voir le problème que ce genre de remarque posait. Une malice sans mal, voilà qui décrivait bien la petite Rinke.
Aller travailler dans les champs avec sa mère n'était pas ce qui passionnait le plus Venetti : elle préférait de loin rester à la maison pour voir travailler son père dans le petit salon qu'il avait monté. Deux ou trois péquenauds s'y arrêtaient de temps en temps à l'heure du thé, mais à l'époque, aucune représentation n'avait encore lieu. Rinke se cachait dans les cuisines et faisait signe à son père de ne pas la dénoncer lorsque sa mère la cherchait partout dans la maison sans la trouver. De temps en temps, elle se dénonçait elle-même en s'esclaffant si fort que sa mère ne pouvait que la repérer. Rinke recevait alors une réprimande exemplaire que les clients présents dans la salle ne pouvaient manquer d'entendre, mais cela ne durait jamais, et si Rinke demeurait silencieuse et prenait un air contrit, sa mère abandonnait rapidement la partie et lui faisait signe d'aller rejoindre son père. Aux cris disciplinaires succédaient des hurlements joyeux, accompagnés de petits pas bourrins qui couraient rejoindre la salle.
Ses parents savaient très bien pourquoi Rinke était si insupportable : elle n'avait pas exactement la vie rêvée pour une enfant. Sa famille, réduite, se composait de son père et de sa mère. Ses grands-parents maternels habitaient loin, et sa mère n'avait pas de frères et sœurs ; la famille de son père vivait à Telgram, et il n'avait de toute façon pas vraiment de liens avec eux. Pour Rinke, cependant, cette partie de sa famille n'existait pas vraiment, car son père était toujours réticent à aborder le sujet. Il était de façon générale très distant lorsque la question de son passé ressurgissait d'une façon ou d'une autre. Rinke avait fini par comprendre qu'il venait d'un étranger très lointain, et elle avait entendu d'un habitué qu'il était un Amputé. Plus tard, Rinke avait fini par comprendre ce que cela signifiait, mais de nombreuses questions se posaient encore.
Par exemple, quel crime avait bien pu commettre son père pour être envoyé de l'Autre Côté. Ou bien la raison pour laquelle il avait ouvert son cabaret en sachant très bien qu'une partie de la population lui était plutôt hostile.
Mais pour Rinke, son père restait son père, et elle ne parvenait pas à le voir de façon différente que les autres hommes du village.

Avant qu'elle ait pu avoir un petit frère ou une petite sœur, un bien triste événement arriva à Venetti, qui perdit précocement sa mère de maladie, faisant de Rinke une petite fille à papa. Mais aujourd'hui, lorsque Venetti devait parler de cette terrible perte, la jeune femme se montrait étonnamment positive. Elle s'était persuadée que sa mère ne l'avait jamais vraiment quittée, et qu'elle était toujours présente à ses côtés, à lui prodiguer des conseils muets et à l'épauler dans les moments durs. Lorsqu'elle était seule, Rinke lui parlait longuement, même si elle ne recevait jamais le moindre signe que quelqu'un, dans l'au-delà, l'entendait. Qu'importe, la mère de Rinke était un modèle pour elle, et elle ne manquait jamais de dire aux personnes qu'elle rencontrait ce que sa mère aurait pensé d'eux.
Cependant, Venetti ne se sentait pas capable de se rendre dans les lieux qu'avait fréquentés sa mère, et on lui trouvait un air de fille des villes de plus en plus prononcé. Son héritage étranger y était peut-être pour quelque chose. Rinke se tenait désormais plus souvent à la maison, à aider son père au cabaret, puisqu'elle sentait bien que lui aussi était affecté par la perte de sa femme.
Rinke sentit pour la première fois des fêlures dans l'homme qui l'éduquait. Il semblait parfois affecté par une vague de tristesse qui le terrassait et l'immobilisait dans ses faits et gestes quotidiens. Et si Rinke, d'une voix tremblante, lui murmurait « papa », il relevait les yeux, qu'il avait larmoyants, et lui lançait un regard si perçant que Rinke comprenait qu'il n'était plus entier depuis longtemps. Puis il éclatait en sanglot, obligeant Venetti à prendre le relais de son père et à le suppléer dans ses obligations professionnelles. Ce chagrin si profond effrayait Venetti plus qu'elle ne voulait bien l'avouer. Comment ne pas trembler devant la vision de son paternel soudainement réduit à l'état de loque par la perte de son amour ? Se pouvait-il que l'être humain fût si fragile que cela ? Pourtant, le père de Rinke était le seul qu'elle voyait s'effondrer de la sorte. Les autres étaient en apparence toujours aussi forts, ils ne se plaignaient pas beaucoup et acceptaient leur vie avec une résignation fataliste. Il y avait quelque chose que Venetti ne comprenait pas, mais une chose était sûre : elle ne tenait pas à suivre le même chemin que son père. Elle ne voulait jamais être vue par ses enfants ruisselante de larmes.
Rinke se forgea à la dure, à l'école des enfants qui apprennent sur le tas. Pas d'apprentissage ou de précepteur pour la jeune fille : Rinke apprenait à la maison, au salon, qu'elle comptait bien reprendre un jour. De toute façon, il n'y avait pas vraiment d'autre alternative : faire le même métier que ses parents était encore une donnée tenue pour acquise par bien des personnes au village, et l'état de son père ne lui permettait pas de tenir seul le salon. Qui plus est, Venetti ne savait pas faire grand chose d'autre que préparer du thé et servir les clients. Elle avait peut-être des notions en agriculture, mais elle détestait tant ce métier qu'elle ne désirait pas s'y lancer.
Et il y avait eu des bourdes, bien sûr, et des gaffes en grand nombre. Rinke n'avait pas appris le métier de tenancière en un jour. Des accidents, des tasses cafés, des clients mécontents, il y en avait eu des tonnes, mais toujours une certaine indulgence envers la jeune fille incitait les autres à lui pardonner ses petites maladresses. Il faut dire que Venetti était jolie, une vraie petite demoiselle sans le sou, et son sourire avait quelque chose de si innocent, de si pur, que l'on ne se sentait plus vraiment capable de la réprimander.
Mais il y avait eu cette fois, que Rinke évoquait toujours en riant, où elle avait bien failli provoquer un drame. L'homme était étranger, personne ne l'avait jamais vu ici, et il le faisait sentir en portant un regard supérieur au cabaret. Il est vrai que sa tenue, impeccable, trahissait une fortune évidente, mais elle était déjà un peu passée, comme si l'homme avait traversé des déserts. Son visage également était usé, et ses yeux comme fous semblaient accuser la perte d'un objet cher. Il impressionna bien sûr Rinke, mais la jeune fille considéra qu'il s'agissait là d'un défi à relever. Elle prit sa commande – du thé, évidemment – avec décontraction, mais lorsqu'elle revint poser la tasse sur le table, elle eut la surprise de se voir réprimander par le client.

« Vous êtes bien mal élevée, mademoiselle. »

Rinke s'en étonna : elle avait eu le droit à bien des remarques, mais jamais des reproches quant à la qualité de son éducation. Elle intima à l'homme de s'expliquer, et ce qu'il lui rétorqua ne fut pas pour lui plaire.

« Vous marchez très mal. Avez-vous vu votre démarche ? On a l'impression que vous marchez comme un bovin. Des talons, mademoiselle, il vous faut des talons qui claquent au sol pour vous indiquer le rythme à suivre. Et votre tablier, vous avez vu comme il est sale ? Vous ne le lavez donc jamais ?
- Je...
- Et vous êtes d'une impolitesse ! Un simple bonjour lancé comme si j'étais un chien, pas de formule de politesse, rien. Vous m'aboyez dessus.
- Je...
- Et vos gestes ! On dirait que vous tenez vraiment à me jeter cette tasse à la figure. Et depuis tout à l'heure, mademoiselle, vous désirez m'interrompre, ce qui est vraiment le comble. Mais où vous croyez-vous, petite sauvageonne... »

L'homme poussa soudainement un cri : Rinke venait de lui jeter la tasse de thé bouillante sur la figure. Il partit en vociférant et en jurant qu'il leur ferait de la mauvaise publicité. Rinke, de son côté, fut grondée par son père pour son manque de professionnalisme. Mais Venetti ne regrettait pas son geste. Elle était persuadée d'avoir été dans son bon droit, et rien ni personne ne pourrait la faire changer d'avis.

Parmi les quelques talents que possédait Venetti, on comptait bien sûr la cuisine, le ménage et la couture, mais aussi une capacité à discuter de tout et de rien pendant des heures. Pour certains, ce comportement était d'ailleurs un peu agaçant, puisque Rinke ne pouvait jamais voir venir un client sans avoir envie de lui parler pendant des heures. Et bien sûr, sa beauté, déjà mentionnée, était un avantage agréable qui attirait quelques habitués, jeunes et vieux, au salon.
Et bien sûr, son petit cœur de jeune fille avait palpité pour des garçons. Des beaux et des plus banals, des gentils et des mauvais garçons, des délicats et des baraqués. Mais Rinke était inconstante et légère : un jour, elle s'éprenait de l'un, et le lendemain, elle avait déjà oublié sa flamme passagère.
Somme toute, cette légèreté inconstante caractérisait bien une jeune fille, qui, en dehors du salon de son père, ne faisait pas beaucoup d'efforts pour se montrer sérieuse. Toujours cette tendance à fuir le travail, à discuter plus que de raison, à se fourrer dans les situations les plus incongrues pour faire parler d'elle. Mais on faisait rapidement le tour : on n'avait pas grand chose à dire de Rinke, si ce n'est que malgré tous ses défauts, c'était une bien brave fille.
On avait d'ailleurs envisagé très tôt le mariage pour elle, en se disant qu'elle aurait tout à gagner à s'unir à un homme fort capable de reprendre l'affaire familiale lorsque son père ne pourrait plus l'assurer, car il était de plus en plus évident qu'il ne pourrait pas continuer jusqu'à un âge avancé.Or, il y avait au village un grand garçon, qui prenait ses grands airs avec la jeune fille mais qui n'était pas plus intelligent que Rinke, et qui aurait fait un bon parti. Solide travailleur dans les champs, il était malheureusement le cadet de sa famille et n'avait pas donc pas la chance de recevoir un héritage solide de la part de ses parents. Qui plus est, il aimait bien Rinke, qu'il taquinait tout particulièrement. Venetti ne semblait pas insensible au garçon, et les habitants du village voyaient déjà l'affaire conclue entre eux. Ils s'aimaient, ils avaient besoin l'un de l'autre, alors pourquoi ne pas les marier ?
Mais ce qu'ils oubliaient, c'était que l'affaire était bien plus complexe qu'il n'y paraissait. Le garçon, déjà, n'avait pas explicitement exprimé son accord ou son désaccord, comme s'il attendait la décision de Rinke avait de parler. Quant à la jeune fille, elle opposa un net refus, soutenue par un père qui prenait toujours le parti de sa fille. Quand on lui demanda pourquoi, Rinke répondit simplement qu'elle n'en avait pas envie. D'autres propositions de mariage eurent lieu par la suite, que Rinke refusa avec autant d'aplomb que la précédente.
Car si elle avait dû épouser quelqu'un, peut-être aurait-ce été ce garçon, en fin de compte.

Peu de temps après, Rinke décida de quitter la maison et de s'assumer financièrement en s'installant dans une petite baraque mal construite au bord du village. Les raisons de ce choix étaient obscures, car la jeune femme avait seulement dit qu'elle avait décidé de partir, et elle n'avait pas voulu s'expliquer davantage. Certains la critiquèrent pour laisser son père seul à la maison, tandis que d'autres regrettaient de ne pas la voir s'installer en ménage. Venetti n'y accordait pas vraiment d'importance. Sa maison biscornue n'était pas des plus pratiques, car elle n'avait pas de véritable chambre pour elle, mais elle était suffisante pour une personne seule. Après tout, auparavant, elle était occupée par un vieil homme qui ne recevait jamais de visite et qui venait de mourir l'année précédente. Son père était en tout cas favorable à ce départ : il ne s'était jamais vraiment remis de la perte de sa femme, mais il ne voulait pas voir sa fille en souffrir.
Qui plus est, Rinke continuait à servir au salon quotidiennement et ne réclamait pas beaucoup pour son travail. Rinke commençait à être expérimentée dans son travail, sérieuse et appliquée. Les bourdes étaient de plus en plus rares et les clients se disaient globalement satisfaits de l'accueil qui leur était réservé. Mais il ne fallait pas faire un bilan trop positif de la situation. En effet, le salon générait tout juste assez de bénéfices pour rester ouvert, mais guère plus. Ils avaient quelques habitués, mais la plupart d'entre eux étaient vieux. Lorsqu'ils mourraient, il n'y avait personne pour les remplacer. Quelques Amputés faisaient également un arrêt au salon de temps à autres. Ils ressentaient du soulagement en découvrant qu'ils n'étaient pas accueillis avec méfiance par le propriétaire des lieux. De temps en temps, d'autres habitants venaient leur rendre visite, mais cela s'arrêtait là. Ce n'était guère une affaire florissante.
L'établissement était d'ailleurs assez vieillissant, malgré des efforts faits pour l'entretenir. Rinke et son père remplaçaient au moins le mobilier qui était cassé, mais au lieu de moderniser l'endroit, ces remplacements ne faisaient que mettre en évidence le dépareillement de la salle. Ils avaient bien eu le droit pendant quelques temps à un mobilier échangé par un menuisier du village contre un crédit illimité, mais, celui-ci était mort accidentellement, lui aussi, laissant le salon dans un bien triste état. Les remarques du client récalcitrant qui avaient tant choquée Rinke quelques années plus tôt n'étaient d'ailleurs pas tout à fait infondées.

En fin de compte, le père de Rinke n'était plus capable de tenir l'affaire et l'avait donc laissée à sa fille. Peut-être était-ce la vieillesse, peut-être était-ce la maladie, ou un reste de ses chagrins passés, mais il avait perdu toute force et tout goût de vivre. Rinke l'avait d'ailleurs recueillie chez elle lorsqu'elle avait eu peur pour lui : il ne pouvait plus vivre seul dans la grande maison de son enfant. Son salon disposait désormais de nombreuses salles vides, car Rinke avait transféré une partie du matériel chez elle et avait vendu le reste. De quoi se lancer dans quelques aménagements.
Car c'était Rinke qui, en reprenant l'affaire, avec décidé d'en faire un cabaret. Malgré tout le respect qu'elle éprouvait pour son père, la jeune femme éprouvait le besoin d'imposer sa marque à l'endroit, d'en faire un lieu plus à son image, plus actuel, plus féminin, répondant davantage aux critères des clients
Exit le salon de thé, Venetti voyait plus grand. C'était d'elle que venait l'idée de transformer l'affaire en cabaret. Elle pensait en effet que le seul moyen de se développer était de donner aux clients une autre raison de venir que le thé, et quoi de mieux que les divertissements pour rassembler les habitants ? Rinke voulait donner dans le grandiose, faire briller les yeux de ses habitués blasés, en bref, gagner une petite célébrité locale qui pourrait lui assurer de bons revenus. Elle se mit donc à demander de l'aide aux habitants et à recruter des serveuses aux talents multiples.
Le résultat ne fut pas exactement à la hauteur des espérances de Rinke. En effet, redécorer entièrement le salon, même avec l'apport d'argent obtenu de la vente des membres, était trop onéreux. Les aménagements furent donc réduits au strict nécessaire : de nouvelles nappes, de nouveaux couverts, et surtout l'installation d'une scène, qui demanda à elle seule la plus grosse partie des capitaux. Mais le salon avait changé d'aspect, et on l'appelait désormais le cabaret Venetti. Qui plus est, la qualité des serveuses engagées par Rinke n'était pas assurée. L'une savait à peu près jongler, tandis les autres se contentaient de danser sur des airs diffusés sur le phonographe. Son projet aurait eu du succès dans une grande ville, mais dans son village, c'était déjà un exploit que d'avoir réussi cette transformation.

Cinq années s'étaient écoulées depuis. Le cabaret de Rinke était désormais bien ancré dans la région, mais il ne bénéficiait pas toujours d'une bonne réputation. Ceux qui n'aimaient pas les Amputés n'allaient pas y faire un tour, et ceux qui avaient un esprit un peu plus ouvert n'appréciaient pas forcément voir des étrangers au cabaret, même s'ils étaient originaires de l'Autre Côté. On allait au cabaret moins pour s'amuser – car la qualité des divertissements était vraiment médiocre – que pour colporter des ragots ou occuper une morne après-midi solitaire.
Rinke se disait femme heureuse. Elle dirigeait son affaire d'une main de fer, n'hésitant pas à exiger de ses filles plus que de raison pour le bien de son cabaret. Rinke entendait bien ce qui se disait parfois sur son dos. Toutes les remarques n'étaient pas toujours très agréables à entendre : femme de mauvaise vie, si ce n'est pire, incarnation du mal, grippe-sou avare et profiteuse... mais d'autres étaient plus valorisantes et mentionnaient la beauté de la patronne et de ses serveuses, et la bonne ambiance qui y régnait.
Alors, vérité ou mensonges ? Rinke se gardait bien d'en prendre parti dans cette querelle. Rinke, de façon générale, parlait beaucoup, mais ne donnait jamais son avis. Et il y avait bien un sujet tabou : sa vie privée. Rinke n'abordait jamais la question de son célibat, ni n'évoquait la santé de son père. Elle devenait alors un mur joyeux – mur parce que rien ne filtrait, mais joyeux parce qu'elle faisait de grands sourires.

Il n'y a pas qu'une seule façon de considérer Rinke et son cabaret. Les interprétations sont multiples. Certains la détestent. D'autres l'adorent. Mais n'est-ce pas le lot de tout être humain d'être aimé et détesté par ses pairs ?
   


Dernière édition par Rinke Venetti le Ven 8 Avr - 23:02, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Venetti ❧ Le poison de mon âme, c'est l'argent.   Mer 28 Oct - 16:03

Oh la jolie théière Bienvenue chez les fous du coup fangirl rainbow hughy
Si tu as des questions n'hésite surtout pas, puis pas d'inquiétude pour les codes mal foutus, ils changeront une fois que j'aurai eu quelques cours de codages intensifs yy
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MessageSujet: Re: Venetti ❧ Le poison de mon âme, c'est l'argent.   Mer 28 Oct - 16:18

Merci, beau jeune homme. What a Face
Pas de souci pour les codes, ce n'est pas grave.
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MessageSujet: Re: Venetti ❧ Le poison de mon âme, c'est l'argent.   Mer 28 Oct - 16:33

Une théière

Bienvenue à l'asile et bon courage pour ta fiche, ça promet en tout cas

Puis pauvre Furgule dont personne se soucie...
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MessageSujet: Re: Venetti ❧ Le poison de mon âme, c'est l'argent.   Jeu 29 Oct - 18:43

Merci, jolie demoiselle. ♥️
Tu penses déjà à lui, c'est plus qu'il ne mérite, je trouve. yy
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MessageSujet: Re: Venetti ❧ Le poison de mon âme, c'est l'argent.   Jeu 29 Oct - 19:43

Il est des nôôôôôtre !!

Félicitation mon petit !



J'ai beaucoup aimé te lire, j'ai hâte de voir ce que le phénomène va donner inrp, puis l'idée d'implanter un petit cabaret de l'Autre Côté est super originale, bref c'est avec plaisir que je te valide et en tant que grand bavard, je viendrai squatter dans tes liens. pliz

Félicitation ! Tu as fini ta fiche et tu viens d'entrer dans notre belle famille ! Mais avant d'aller gambader joyeusement n'oublie pas d'aller référencer ton métier et ton Poste à Pourvoir de famille ici. Une fois fait, tu peux aller créer ta Fiche de liens et Sujets. Si tu as des questions ou des suggestions, n'hésite pas à en faire part ici. Amuses-toi bien sur CA ! slip
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Venetti ❧ Le poison de mon âme, c'est l'argent.
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