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 « And the days blur into one » ♦ Ft Liscialle

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MessageSujet: « And the days blur into one » ♦ Ft Liscialle    Lun 12 Oct - 20:47

And the days blur into one

Retrouvailles hasardeuses



Doux bruit des badauds et de la vie qui grouille dans les rues aux petites heures du matin. Pas le temps d'observer les silhouettes, de s'attarder sur leurs attitudes, leur imaginer une vie, un nom, un métier, une famille, car l'heure tourne. Je peux sentir Guine qui s'accroche tant bien que mal à mes mèches de cheveux, roulée en boule sous mon haut de forme. Je ne peux m'empêcher de rire lorsqu'elle me lance un reproche mental par rapport aux secousses. Après tout si elle voulait une promenade confortable, ce n'était ni l'instant, ni l'endroit. « Aïe ! » Je sursaute, ôtant instantanément le couvre-chef de mon crâne pour que le furet descende sur mon épaule. « Tu vas finir par me rendre chauve, fais attention. » Elle s'excuse en baissant la tête, se calant à moitié dans mon col, de toute manière elle a eu aussi mal que moi, ça lui servira de leçon.

J'accélère le pas après un coup d’œil furtif à ma montre, à deux doigt de rater le début du procès et Poussière sait que je risque de me faire découper en morceaux par Père si cela arrivait. Je reste persuadé que son Daemon rêve de poser ses crocs sur Guinerain. Dossier en main, haut de forme que je n'ai pas pris le temps de remettre en place de l'autre, je coupe par quelques raccourcis qui donnent sur la Grand Place. « Doucement Pal, je vais tomber si tu continues » Je soupire tel un enfant boudeur à la remarque mentale de Guine, ralentissant, mais juste un peu.

Mon prénom résonne, me stoppant net dans ma course. Comme si ça ne suffisait pas. Fronçant les sourcils, je cherche la coupable du regard, supposant par la voix qu'il s'agissait d'une demoiselle. Et là, je me retrouve face à un manchot qui me regarde avec un drôle d'air, reculant d'un pas par surprise, Guine relevant son museau pour mieux analyser l'oiseau. Est-ce que c'était lui qui venait de m'appeler ? Pourquoi un manchot voudrait m'appeler d'ailleurs ? A qui appartenait ce Daemon ? Sceptique, je finis par tomber sur son humaine, n'arrivant pas immédiatement à remettre une identité sur son visage pourtant familier, métamorphosé par rapport à notre dernière rencontre.

Ce fut le saut affectueux de Guine sur l'oiseau qui me fit réaliser. « Liscialle ! » Je me trouvais soudainement stupide de ne pas les avoir reconnu de suite, eux avec qui nous avons partager tant de choses bien des années plus tôt. J'hésite un instant à lui ouvrir mes bras pour une étreinte avant de me rétracter : ce n'était pas le bon endroit pour ce genre de choses. Puis elle était devenue femme, traits enfantins n'étant plus qu'une vague trace presque invisible, ce n'était pas convenable, nous n'étions plus des enfants. Depuis combien de temps nous ne les avions pas vus ? Le regard de Guinerain perchée sur Ed me fait totalement oublier mes obligations et ma course folle vers les tribunaux, visiblement elle n'y pense plus non plus ou se cache bien de le signaler, plan déjà en tête. « Comment tu... enfin vous allez tous les deux ? » Les mots ont du mal à sortir, s’emmêlant. A vrai dire je ne sais pas trop par où commencer, même si des milliers de questions me brûlent les lèvres. Où vit-elle ? Où travaille-t-elle ? Est-elle mariée ? Pourquoi un Manchot maladroit ? Que fait-elle dans ce quartier ? Se souvient-elle de nos instants de complicité ?  
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MessageSujet: Re: « And the days blur into one » ♦ Ft Liscialle    Lun 12 Oct - 22:15

And the days blur into one

It's been a long few years...


La brume s'accroche encore à la ville, jetant un voile de tulle humide sur la ville lorsque la porte de notre petite chambre de bonne se referme derrière nous, Ed s'élançant dans les escaliers et me forçant à les dévaler à sa suite, côtes protestant le choc de la pierre contre le corps bien remplumé de mon immature Daemon. La lumière qui emplit la ville est encore teintée de gris, réchauffée par endroits par les flammes que jettent les réverbères encore allumés qui me tirent un sourire ravi alors qu'Ed se redresse enfin et commence à se dandiner à mon côtés. Je dois me dépêcher, aller chercher mes affaires à la boutique avant de devoir traverser nombre de rues pour aller chez ma cliente. Elle m'attend pour dix heures précises, et je ne peux pas me permettre d'être en retard. Je marche aussi vite que possible, ce qui n'est hélas pas très vite. Le manchot à mes côtés n'est pas taillé pour la course - il n'est pas taillé pour ces rues de pierre.

Il est déjà neuf heures passés quand enfin nous nous engageons sur la Place Centrale, Ed observant les gens autour de nous comme à son habitude tandis que je réajuste mon sac de couture qui s'obstine à glisser, regard dérivant de ci-de là. Un instant, une silhouette attire mon attention, la longue forme dégingandée qui traverse précipitamment la Place. J'ai la sensation de connaître ces longues enjambées désarticulées, mes sourcils se fronçant en considération. C'est absurde, vraiment, mais Ed est aussi curieux que moi et envisage sérieusement d'appeler si je ne le fais pas. Le cri m'échappe enfin, traversant la place, trois petites syllabes qui roulent si aisément sur ma langue et que je regrette sitôt prononcées. Et si ce n'est pas lui ?

Mais il s'est arrêté, regard trouvant d'abord Ed qui le fixe en retour, droit dans son habit de plumes lisses et brillantes, bec incurvé arrogamment dressé tandis qu'il attend d'être reconnu, me tirant un sourire alors que je rejoins mon Daemon, main s'égarant par habitude le long d'une aile incurvée, mes yeux traçant les traits de l'homme en face de moi. Je connais définitivement cette mâchoire, ces yeux, même transformés par la puberté et les années de séparation. Et Ed reconnait la furet, riant lorsqu'elle lui saute dessus, me tirant un sourire tandis que sa joie m'envahit, grandissant lorsqu'enfin mon Pala... non, monsieur Palareth, nous ne sommes plus des enfants après tout, l'écart de nos stations un gouffre béant dont je ne suis que trop consciente maintenant que je vois le dossier entre ses doigts, me reconnaît. Cela me met mal à l'aise. Apprendre que je ne pourrai plus jouer avec m'avait semblé un drame, à l'époque, et le revoir maintenant, si différent, si adulte, est déstabilisant. Mais il faut bien répondre, et un sourire espiègle se peint aussitôt sur mes lèvres tandis qu'Ed se pavane pour le bénéfice de Guine.

"Nous nous portons à merveille, Monsieur Palareth, merci. Et vous ?"

Ce n'est pas naturel, de l'appeler de la sorte, les syllabes semblables à des pierres, maladroites et lourdes, déplaisantes, mais il faut bien s'en servir, même si elles me rendent plus gênée encore. Ed vient aussitôt à mon secours, ailes s'ouvrant avec excitation alors que ses pattes malhabiles frappent le pavé.

"Ça faisait longtemps ! C'est bizarre de vous revoir, surtout Guine, je n'aurai jamais cru que tu deviendrais un furet, mais ça te va bien, on dirait que tu viens de cambrioler une banque ! Tu t'es fixée il y a longtemps ? C'est bien d'être un furet ? Tu peux courir vite ?"

Avalanche de questions qui me tire un soupir de désespoir, mon visage se réfugiant un instant dans mes mains alors que je supplie mentalement Ed de se taire. Poussière, qu'est-ce que Pa... Monsieur Palareth va bien pouvoir penser ? Il va nous croire terriblement impolis ! Toutes ces années sans le voir, et Ed qui semble déterminé à vouloir faire mauvaise impression et me mettre en retard tout à la fois... Encore qu'au vu du soleil, j'ai encore un peu de temps. Je suppose qu'attendre d'être congédiée et profiter encore un peu de la présence tant manquée ne me fera pas beaucoup plus de mal... 
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MessageSujet: Re: « And the days blur into one » ♦ Ft Liscialle    Mar 13 Oct - 17:44

And the days blur into one

Retrouvailles hasardeuses



Mon regard se pose un court instant sur Guine tournant atour d'Ed encore et encore, parvenant presque à me donner le tournis. Je la supplie mentalement de se calmer avant qu'elle ne donne la nausée au pauvre Manchot, ce ne serait pas terrible pour des retrouvailles après tant d'années. Combien de temps qu'on nous avait séparé, arraché l'un à l'autre avec pour seul au revoir un vague regard et signe à travers la fenêtre devant laquelle je pouvait rester des heures. Ça avait été dur et ça avait surtout marqué le début d'un ennui plus que mortel.

D'ailleurs la scène prenait un air de déjà vu lorsque le bout de femme prit la parole. En cet instant je nous voyait haut comme trois pommes, la petite Liscialle et Delenrorn venant de faire irruption dans notre demeure sous nos yeux emplis de curiosité, Guine évacuant instantanément les tensions sous la forme d'un chiot, les pattes avant incitant au jeu avant que je ne tire la petite fille par le bras avec un grand sourire enfantin sur les lèvres. Je n'avais jamais aimé les formes trop froides, les mots trop compliqués et strictes, les gestes distants, les vêtements trop serrés et habillés (comme aujourd'hui), j'aimais les familiarités, me rouler dans la boue et répondre sur un ton qui n'était pas censé être digne de mon rang. Salle gosse j'étais et salle gosse j'étais en partie resté. « Monsieur Palareth... » Je répétais la formule machinalement, riant légèrement tellement je trouvais ça feux venant de sa part, écart d'années ou non. Nous avons bien trop partagé que pour laisser un si gros écart, un gouffre invisible, se former, en tout cas je refusais. « Ça fait si longtemps que ça ? » Je resserre le dossier entre mes bras, sourire espiègle, afin de m'empêcher de lui ébouriffer les cheveux et la décoiffer. J'en meurs d'envie, voulant profiter de cette bonne tête que j'avais en plus qu'elle, mais elle régirait plus que mal surtout qu'elle semble se rendre quelque part avec ce sac. Puis elle a probablement murit contrairement à moi, trop vieille pour ces enfantillages, entrée dans l'univers sombre et froid des adultes comme je me plais à le nommer.

Au moins Ed n'a pas changé, toujours aussi bavard bien qu'il ait l'air beaucoup plus maladroit sous cette forme. Je recule d'un pas lorsque je le vois s'agiter, de peur qu'il me touche par mégarde, alors que Guine m'escalade en riant pour retrouver mon épaule, son perchoir favori. « J'aime beaucoup, je pense que je suis faite pour les cambriolages et me faufiler partout, mais c'est sur que je cours plus vite que toi, ça n'a pas l'air pratique d'être un Manchot surtout sur du pavé. Quelle drôle d'idée ! Mais regardez-moi ce joli costume de plumes, un vrai gentlemen, il ne manque que le chapeau ! » « Guine ! » Pas le temps de la retenir, mon Daemon s'était lancé tout seul dans les boutades douteuses, me mettant aussi mal à l'aise que Liscialle. Elle se moque de moi pour que je me détende et me le fait clairement comprendre.

Dix heures sonne au clocher, me faisant sursauter et réaliser que cette fois, j'étais vraiment en retard. « Nom d'un... ! » Élan de panique, ma tête se tourne vers la direction qui mène aux tribunaux avant de se poser sur ma montre que je viens de sortir de ma poche en espérant que la cloche avance. « Je suis vraiment désolé, il faut que nous... » Pas le temps de finir ma phrase que Guine saute sur le sol avec son regard dépité qui me supplie de laisser tomber dans une mutinerie. « S'il te plait Pal... » Je marmonne quelques secondes, combat interne pour qu'elle opère, mais elle reste là, plantée devant les pieds de la brune et les pattes de l'oiseau. D'habitude c'était plutôt l'inverse, elle qui me suppliait de ne pas protester. Je me mords l'intérieur de la lèvre en lui envoyant l'image du Daemon de Père, mais elle ne semble rien vouloir entendre, bien décidé à ne pas vouloir remplir nos obligations.

Au bout d'une longues minutes d'affrontement, je capitule dans un long soupir résigné. Elle n'aura qu'à expliquer cette absence. Le furet finit par sautiller et lève son museau vers Ed et Li avec une idée derrière la tête. « Vous alliez quelque part ? C'est important ? Même si Pal s'occupe de justifier ? Il a des feuilles vierges dans son dossier, il devrait pouvoir arranger ça. Enfin sauf si c'est un rendez-vous amoureux. Si on allait petit-déjeuner ensemble ? Tu as faim Liscialle ? » Jamais je n'ai eu autant envie de disparaître ou de me fondre dans un petit trou noir, remettant en place mon haut de forme comme s'il pouvait me permettre de dissimuler une partie de mon visage qui virait au rouge. Je suppliait Guine d'arrêter et de se taire, elle en avait fait assez pour l'instant.
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MessageSujet: Re: « And the days blur into one » ♦ Ft Liscialle    Mar 13 Oct - 19:06

And the days blur into one

It's been a long few years...


Un instant je peux voir le visage de mon ami d'enfance s'imprimer sur les traits de l'homme qui me fait face alors qu'il me répond, le même sourire espiègle aux lèvres, expression si familière du petit garçon qui m'entraînait dans ses bêtises d'un seul regard, et ce depuis ce jour où je me suis retrouvée devant lui, terrifiée dans ma robe du dimanche, Ed bravant sa peur en sentant la mienne et voyant la petite chienne pleine d'énergie que Guine était devenue. A l'époque, il ne lui avait fallu que quelques minutes pour nous convaincre d'abandonner toute formalité une fois les adultes partis, et l'enthousiasme actuelle de la furet ne peut que me tirer un soupir impuissant. Nous sommes incapables de leur résister, aujourd'hui comme hier, et ma tête se secoue doucement tandis qu'Ed se rengorge sous les compliments. Comme si son égo n'était pas assez gros. Je peux le voir prêt à se vanter, ma main se fermant instantanément sur son bec, recevant un regard noir en échange qui me fait rire légèrement avant de déposer un baiser là où ma main se trouvait. Pauvre Ed trop bavard contraint au silence quelques instants !

La cloche fait cesser mon rire, le sang quittant aussitôt mon visage et me laissant glacée de panique alors qu'Ed se colle contre moi, m'encerclant de ses ailes. Dix heures. Je suis en retard, juste comme ça, minutes perdues dans un voile de réminiscences, sans la moindre excuse valable à offrir. Vaguement, je note que Palareth semble lui aussi paniqué, contrairement à Guine qui s'adresse à lui, les mots incompréhensibles à travers le son de l'horloge qui se répercute encore et encore dans mon esprit tel une condamnation, le murmure calme de Delenrorn reprenant lentement le dessus. Mes yeux se ferment un instant alors que je me ressaisis, se déposant sur le Daemon de Palareth alors qu'elle s'adresse directement à moi, Ed approuvant aussitôt sa suggestion et levant un bec suppliant vers moi.

"On est déjà en retard, Cia... Tu sais que ça sera pire si on arrive en retard plutôt que de ne pas venir du tout, et regarde, ils peuvent nous fournir une excuse ! Madame ne retiendra pas ça sur ton salaire si tu as une excuse, s'il te plaît ? T'as à peine bu une tasse de thé ce matin, tu ne voudrais pas faire un malaise pas vrai ? Et tu as encore mal aux côtes, je le sens. S'il te plaît ? Ça nous fera du bien !"

Je sais pourquoi il a parlé à voix haute. Il veut que Palareth et Guinerain l'entendent, qu'ils l'appuient de sorte que je ne puisse pas faire autre chose que céder, et l'idée m'amuse quelque part au fond de mon être tandis que je le fixe. Si je me concentre sur lui, que j'occulte Palareth et Guinerain, je pourrai peut-être résister, être responsable. Comme toujours. Comme il faut. Mais ma voix est boudeuse en dépit de mes efforts alors que je réponds à Ed, mes bras pressant mon sac de couture contre moi, juste au cas où. Il serait capable d'essayer de me l'arracher.

"La faute à qui si j'ai mal aux côtes ? C'est toi qui as décidé de glisser en bas des escaliers, pas moi ! Et tu sais que je ne risque pas de malaise, ce n'est pas non plus comme si la journée était finie ! Tu exagères..."

Ma voix se coince dans ma gorge alors que le sang envahit de nouveau mon visage, me rendant compte de ce que je viens de dire. Je viens d'admettre qu'il m'est arrivé de passer la journée sans manger, de m'évanouir en rentrant chez moi, devant Palareth. Palareth qui s'est toujours inquiété trop facilement et qui ne peut sans doute pas imaginer devoir décider entre manger et chauffer son logement. J'ai beau gagner ma vie, certains mois sont difficiles, et Ed vient de retourner ce fait contre moi. Je suis battue, et il sait que je le sais, bec frottant doucement mon bras pour m'encourager alors que j'accepte l'offre de Guine, Ed retrouvant aussitôt son énergie.

"On allait chez une cliente, pas un amoureux, il faudrait déjà que Cia ait une vie sociale pour que quelqu'un lui fasse la cour. Pala, c'est vrai que tu peux nous trouver une excuse ? Vrai de vrai ? Parce que sinon, c'est vous qui devrez couvrir pour l'argent qu'on nous retiendra, surtout que Cia doit rac..."

De nouveau ma main se ferme sur le bec de mon manchot, le reste de sa phrase se perdant dans un son étouffé tandis que mes lèvres se fixent dans un sourire crispé. Poussière, je voudrais que le sol s'ouvre sous moi en cet instant, qu'un Passage s'ouvre là où je me tiens et m'emporte de l'Autre Côté, mes yeux suppliant Palareth de dire quelque chose, n'importe quoi, pour mettre fin au malaise que nos Daemons semblent prendre un malin plaisir à créer.


Dernière édition par Liscialle E. Balshilek le Sam 17 Oct - 21:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « And the days blur into one » ♦ Ft Liscialle    Mar 13 Oct - 23:40

And the days blur into one

Retrouvailles hasardeuses



Ah si seulement je pouvais m'éloigner de ce fichu Daemon soudainement trop bavard, fuir loin pour me tapir dans l'une des salles du palais de justice qui me hérissait le poil. Parfois Guine parlait trop, même si en général c'était plutôt l'inverse. Elle sait bien me le rendre, c'est certain. Je me cramponne à mon dossier en la fusillant du regard pour m'empêcher de l'attraper par la peau du cou avant de courir loin d'ici. « Arrête de paniquer et détends-toi, on dirait qu'elle t'intimide. » Nouveau regard noir à son message, qui Poussière merci n'est pas à voix haute, me faisant un peu plus monter le rouge aux joues. « Tu ne payes rien pour attendre. » Lui répliquais-je outré dans un marmonnement interne et inaudible.

Heureusement ou malheureusement, je ne suis visiblement pas le seul à souffrir des caprices de mon Daemon, Delenrorn et Liscialle se lançant dans une confrontation audible qui me fait instantanément baisser les yeux à nouveau vers Guine, responsable de tout ce remue-ménage, qui se colle contre ma jambe pour l'escalader à nouveau, fière comme un paon de voir que Delenrorn marche dans son jeu. Elle plante de temps à autre ses griffes dans ma peau par mégarde, ce qui me fait grimacer. Malgré les années, ses tentatives d'escalade sont toujours aussi hasardeuses, si bien que je finis par la poser moi-même sur mon épaule, mes doigts effleurant son dos courbé dans une caresse, avant qu'elle ne nous fasse à nouveau mal à tous les deux.  

Entendre cette confrontation me met encore plus mal à l'aise, n'ayant jamais manqué de rien, ce genre de vie m'est inconnue, bien que ça ne doit pas être facile tous les jours. Je n'ai pas à me plaindre à ce niveau, je suis tombé dans la bonne famille, même si le "bonne" est relatif. Il y a des désavantages même lorsqu'on baigne dans la fortune, à commencer par le contrôle excessif, les règles, les formules de politesse interminables. Néanmoins ce n'étais pas le genre de détails que j'allais pointer pour l'instant. Tout ce que je reteint ce fut que Liscialle était du genre à se tuer au travail sans prendre le temps de se nourrir. Rejoignant soudainement l'avis et la proposition de Guine, je commençait à faire l'inventaire des pâtisseries dans mon esprit. Un endroit chaud, tranquille et surtout où tout était bon serait parfait.

Ed me fit sortir de mon inventaire, méditant un instant sur le comment je pourrais faire tourner la chose. Je n'aimais pas user de ma condition, des mes avantages, mais d'un autre côté je n'avais guère envie de laisser passer ce moment, ces retrouvailles. Maintenant que Guine avait décidé de ne pas me laisser aller vaquer à mes occupations, j'avais envie de poser mes centaines que questions qui me brûlaient les lèvres. Je sais pertinemment que mon fichu nom de Balshilek sur un document peut faire passer beaucoup de choses. Mon regard voyage entre le Manchot et la jeune femme avant d'ouvrir les lèvres. « Et bien on peut imaginer que vous avez travaillé pour moi en urgence et vous signer une attestation pour votre employeuse. Dans quoi est-ce que tu travailles ? » J'esquisse un sourire en coin pour les rassurer, faisant signe à la brune de me donner son sac quitte a le prendre de force si elle refuse. Ma question était à double sens, voulant satisfaire ma curiosité, mais aussi tenter de voir si je peux potentiellement lui donner du travail pour alléger ses fins de mois, désormais inquiet de sa condition. Nous n'étions pas du même monde et ce depuis le début.

Sac une fois sur mon épaule, Guine enroulée autour de mon cou tout en riant intérieurement vu la réussite de l'opération, je tends un bras à Liscialle, attendant qu'elle le prenne avant de me diriger vers une pâtisserie plutôt réputée du quartier. Quitte à lui offrir un repas pour rattraper toutes ces années perdues, enfermé dans cette académie qui s'apparentait à un manoir hanté et hostile à mes yeux, autant le faire correctement. Encore une fois, j'use de mes avantages contre mon gré, demandant une table tranquille et loin de toute l'agitation beaucoup trop bourgeoise à mon goût. Je n'ai pas non plus envie de mettre Liscialle mal à l'aise et l'obliger à nous exposer. De toute manière je n'ai pas non plus envie de me forcer à prendre des manières que je juge disproportionnées pour coller avec le lieu, je ne veux pas faire ça avec elle, priant pour qu'elle soit restée une bouffée d'oxygène dans mon univers malgré le temps. Guine reste perchée sur mon épaule, prenant place sur une chaise doublée de velours rouge. La situation me paraît soudainement étrange, assis là, tous les quatre, autour d'une table. Les questions et les mots ne veulent plus sortir, cordes vocales qui semblent s'être envolées. Mon regard se pose sur la longue liste de pâtisseries le temps de retrouver l'usage de ma langue, observant mon amie d'enfance du coin de l’œil, détaillant ses traits, ses boucles brunes attachées. Guine est étonnamment silencieuse, comme si elle attendait que j'ouvre les hostilités.  
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MessageSujet: Re: « And the days blur into one » ♦ Ft Liscialle    Mer 14 Oct - 11:19

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Piégée, je suis piégée, ma main toujours close autour du bec de mon Daemon qui continue son discours mentalement, m'incitant encore et encore à céder alors même que je me suis déjà avouée vaincue, répliquant vertement de la même manière, vive dispute silencieuse qui ne parait pas sur nos visages et s'interrompant presque aussi vite qu'elle a commencé, notre attention se reportant de concert sur Palareth. Un travail en urgence ? L'idée n'est pas mauvaise je suppose, même si un sourire amusé courbe mes lèvres à l'idée du genre de travail que ce pourrait bien être et de l'expression de Madame en lisant un tel mot. La pauvre risque de devoir s'asseoir tant le choc sera grand, un Balshilek qui emploie l'une de ses employées ! Un Balshilek qui collabore avec une petit maison de couture du village ! Il faudra sortir les sels. Le ton d'Ed est parfaitement plat, me tirant un rire tandis que j'abandonne mon sac à mon ami d'enfance et glisse mon bras dans le sien, le geste bizarrement formel venant de lui.

"Je suis couturière, chez Madame Didescus. Ça va faire quelques années déjà, c'est elle qui m'a appris le métier, et j'ai accepté quand elle m'a offert une place ensuite. Et toi ? Que fais-tu, hormis inciter des couturières à délaisser leur travail au profit de ta compagnie ? "

La phrase est sortie d'elle-même, taquine, alors que nous nous mettons en marche, Ed suivant péniblement et me contraignant à nous faire ralentir, peu désireuse de le perdre ou de trop étirer la distance entre nous. Nous sommes certes chanceux, pouvant avoir plus d'une dizaine de mètres entre nous, mais je ne désire pas pour autant nous infliger une douleur inutile. Poussière merci, Palareth ne nous mène pas très loin, dans une pâtisserie dont j'ai entendu certaines clientes parler, une légère rougeur envahissant mes joues alors que nous entrons. Ce sol couvert d'épais tapis, ces murs à moulures et sièges confortables tendus de velours me mettent mal à l'aise, Ed tressaillant nerveusement derrière moi, silencieux. Nous ne sommes pas à notre place ici, ni le manchot malhabile ni la couturière dans sa robe sombre aussi bien coupée soit-elle, et un élan de gratitude me saisit alors que nous sommes conduit vers une table isolée, main pressant doucement le bras de Palareth en un remerciement silencieux avant de l'abandonner, me glissant dans un siège, regard analysant l'opulent décor qui nous entoure, esprit cherchant désespérément quelque chose à dire pour briser le silence.

"Ils sont agréable ces tapis, ça change des pavés. Et puis ça doit être dur de trébucher dessus ! Vous venez souvent ici ?"

De nouveau une main monte à mon visage alors qu'Ed rouvre le bec et met fin au silence dans un fracas terrible qui malgré moi m'amuse et me fait sourire, tension délaissant mes épaules. Pourquoi continuer à m'inquiéter de ce lieu où je ne pourrai en temps normal jamais entrer, je suis avec Palareth pour la première fois depuis des années et mon manchot est aussi éternellement immature que d'ordinaire, incapable de paraître adulte. Il en serait pourtant capable... mais il juge l'effort inutile, préfère rester fidèle à lui-même, certain que cela ne gênera pas nos vis-à-vis. Je ne peux pas m'empêcher d'espérer qu'il a raison tandis que j'ôte enfin mes gants, Ed s'en saisissant aussitôt pour les placer devant lui, curiosité m'envahissant lentement tandis que de nouveau j'observe celui qui jusqu'ici était resté petit garçon dans mon esprit. Le voir si adulte est étrange, déstabilisant. Il est devenu bel homme et je ne comprends qu'à moitié pourquoi noter cela fait monter une infime rougeur à mes joues. En quoi cela importe-t-il, qu'il est grandi dans sa mâchoire et que ses yeux aient gardé cette expression si particulière qui m'a menée à de nombreuses robes déchirées ? Et qu'importe que la coupe de son veston mette sa carrure en valeur et que son tissu souligne discrètement la couleur de ses yeux ? Et vraiment, pourquoi est-ce que je trouve si étrange d'enregistrer tout ces détails, les classant dans un recoin de mon esprit. Je suis couturière, n'est-il pas normal que je sois attentive à ces détails ? Jamais je n'ai trouvé étrange le fait d'analyser le port et les vêtements des gens autour de moi, jusqu'ici... alors pourquoi maintenant, alors que je commençais enfin à me détendre ? Comme c'est irritant.

"Monsieur Balshilek ne vous en voudra pas trop, de manquer le travail ? Je doute qu'il croit que tu avais un besoin urgent de mes services, ni même qu'il apprécie d'entendre mon nom d'ailleurs..."

Je crains ne pas avoir choisi un bon sujet de conversation pour me distraire de mon trouble, mais il aura eu l'avantage de m'éclaircir les idées, inquiétude remplaçant la gêne. Monsieur Balshilek est terrifiant, l'ogre de nos cauchemars d'enfance, et je ne désire pas que Palareth ait des problèmes avec lui par ma faute.
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MessageSujet: Re: « And the days blur into one » ♦ Ft Liscialle    Jeu 15 Oct - 22:52

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Retrouvailles hasardeuses



Couturière, ironique pour quelqu'un qui déchirait ses robes sans arrêt, même si j'étais plus coupable qu'elle. Je ris légèrement à cette pensée, ce souvenir me passant par la tête. Peut-être qu'elle a été traumatisée de toutes ces robes qui finissaient avec des accrocs à force de l'emmener dans de drôles d'aventures et des explorations en douce dans des pièces qui nous étaient interdites. Je n'ai d'ailleurs jamais compris le concept de pièces interdites dans une demeure, c'était un petit peu provoquer le mal, toucher la curiosité avec une belle mimine bien plate. J'étais un de ces enfants qui faisait exactement tout le contraire de ce qu'on attendait de lui, avec le recul, c'était plus pour attirer l'attention d'autre chose. « Parfait, tu n'auras qu'à me faire un costume dans ce cas. Quitte à trouver une excuse, autant le faire jusqu'au bout mh ? Puis j'aimerai bien porter quelque chose fait de tes mains. »

Mon sourire s'évapora à sa question, Guine se blottissant un peu plus en priant que je ne parle pas trop avec mes points de vues qu'elle jugeait un brin trop idéalistes, regard s'assombrissant un instant, un peu honteux de ce que j'étais censé répondre. C'était tout de même drôle, être dans le meilleur domaine, celui qui faisait la fierté de la famille depuis plusieurs générations, mais ne pas assumer pleinement. J'aurai probablement du me vanter, l'impressionner en répondant fièrement avec le sourire, mais impossible, l'horrible sentence me revenait sans cesse à l'esprit, me faisant frémir. « Greffier stagiaire. » Deux mots marmonnés et à peine audibles, sortit avec peine de mes lèvres qui les expulsaient non sans un certain dégoût. Avec un peu de chance, elle n'insistera pas et passera à autre chose. De toute manière elle devait bien se douter que ce n'était pas ma tasse de thé, à des millénaires des ambitions que j'avais à l'origine.

L'observation en coin de la jeune femme me met légèrement mal à l'aise, sensation de chaleur qui augmente dans la pièce et ces habits beaucoup trop serrés pour que je puisse respirer convenablement. Dans un raz-le-bol et un grognement, je porte une main sur ma cravate large, ôtant son nœud pour déboutonner le bouton de ma chemise maintenant le col haut fermé. Je laisse échapper un long soupir de soulagement maintenant que j'ai l'impression de moins être étouffé par ces couches. Nous sommes hors de la vue des autres clients, isolée et je me fiche bien que Liscialle me voit à moitié débraillé, elle avait vu pire venant de ma part. Cela dit, Guine me reteint mentalement de m'attaquer à ma redingote en queue de pie, je lui obéis à contre cœur, mais elle n'a pas entièrement tord, nous étions dans un lieu public, même dans notre petit salon privatif et un Balshilek prenant ses aises, ce n'était pas forcément bien. Heureusement, mon Daemon fait diversion pour que le geste paraisse plus naturel, répondant à Ed. « Souvent oui, Pal est accro à leurs tartes aux pommes, il pourrait en manger toute la journée. »

Grâce à Guine, je ne peux plus me réfugier dans la carte, devenant suspect alors que j'avais mon péché mignon lorsque je venais ici. Encore une fois, je reste persuadé qu'elle l'a fait exprès. La question de Liscialle provoque instantanément un regard en direction de Guinerain qui m'avait entrainé la dedans. « On trouvera bien quelque chose, puis il n'est pas obligé de connaître les détails. » Sourire en coin pour la rassurer. Durant un bref instant, je l'imagine au coin du feu, petites mains s'appliquant sur du tissus, regard noisette et son visage de poupée concentré, petit nez légèrement en trompette lui donnant ce petit air espiègle et amusant. J'ai presque envie de le tapoter du bout de l'index pour voir s'il restera relevé. C'est indéniable, Liscialle est devenue élégante, maturité enjolivant ses traits. Je détourne le regard rapidement lorsque Guine rit intérieurement, me rendant compte que je la dévisageait malgré moi et probablement comme un abruti. « Tu es certain que tout vas bien Pal ? » Son ton est moqueur, se jouant de moi alors que je me sens totalement impuissant face à cette situation.

La serveuse me sort de ce moment gênant, laissant mes invités se décider avant d'indiquer que ce sera "comme d'habitude" pour nous, soit un thé avec une touche de miel et, sans surprise, un morceau de tarte aux pommes. Une fois congédiée je reviens à la brune, mots toujours coincés dans ma gorge, ne sachant toujours pas par quoi commencer, quoi aborder. Je finis par me lancer, à mes risques et périls. « Où est-ce que tu vis ? Qu'est-ce que tu aimes faire ? Vous aimez toujours autant l'eau ? Quelle question Delenrorn est un manchot, ça va de soi. Tu as d'autres passe temps maintenant ? Tu viens souvent dans ce quartier ? » Guine me freine, me disant d'y aller mollo avant de l'effrayer à tout vouloir balancer d'une seule traite. Elle n'a pas tord, la nervosité fait que je m'emballe très vite.
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MessageSujet: Re: « And the days blur into one » ♦ Ft Liscialle    Sam 17 Oct - 21:22

And the days blur into one

It's been a long few years...


Les yeux d'Ed s'agrandissent en voyant Palareth se mettre plus à l'aise tandis que le petit salon me semble soudain exigu. Il y a quelque chose de flatteur dans le fait qu'il soit capable de se laisser aller de la sorte, preuve qu'il se sent toujours bien en ma compagnie, mais les quelques flashs de peau que j'entraperçois sont bien plus intimes et puissants que les corps partiellement dénudés que je vois dans le cadre de mon travail, seulement revêtus de chemise et autres sous-vêtements. Sans doute parce que nous sommes seuls dans cette petite pièce confortable. L'environnement doit me perturber. Cela ne ferait pas sens autrement. Je connais Palareth depuis ce qui me semble toujours, nous nous sommes baignés ensemble l'été, avons partagé des siestes, daemons blottis ensemble ou dans nos dos respectifs. Même si il est clairement devenu homme, en dépit des quelques traces d'adolescence qui s'accrochent encore à ses membres et ses traits, je n'ai aucune raison de lutter contre l'envie de rougir et détourner le regard. Mais je reste légèrement mal à l'aise, forçant Ed à intervenir. La réponse de Guinerain a au moins l'avantage de nous amuser tandis que nous répondons de concert.

"Oh ? Je suppose que cela veut dire que tu ne grimpes plus aux arbres pour voler des pommes ?"

"Tu devrais voir Cia quand c'est la saison des marrons chauds, elle a tout le temps le bout des doigts brulés à ne pas vouloir attendre qu'ils refroidissent !"

L'arrivée de la serveuse me sort de ma contemplation de Palareth et de l'inquiétude que penser à son père me cause, Ed redressant la tête tandis que nous choisissons un thé noir légèrement citronné et un gâteau aux noix, faussement calmes, mes mains se nouant entre elles pour me centrer, Ed pliant distraitement mes gants du bout du bec, nos yeux se levant de concert sur Palareth alors que ses questions se poursuivent, amusement nous envahissant en réponse. Une de mes mains se lève timidement avant de se poser sur la sienne, hésitante à se retirer mais restant malgré tout, mes doigts enregistrant la peau plus douce que la mienne et sa chaleur.

"Respire, je ne compte pas disparaître ! Je vis près de l'hôpital des Soupirs, nous avons une chambre de bonne, c'est très agréable, même si Ed aime un peu trop descendre les escaliers sur le ventre au lieu d'essayer de les descendre normalement. Et pour le reste... je brode, en général. Et je fais du pain. Ou nous allons nous promener dans la vallée, c'est agréable."

"Et on nage, bien sûr. Cia peut rester quatre minutes sous l'eau, désormais ! On passe la majeure partie de notre temps libre au lac, en fait, soit on nage ensemble soit Cia prend une barque pour qu'on ne soit pas trop éloignés. C'est bien, c'est comme un pique-nique, sauf qu'on est tout seuls ! On vient rarement ici par contre, on a aucune raison d'y aller à part quand les clients ne veulent pas se déplacer, maintenant."

Ed a tout naturellement pris le relais, expansif comme toujours, ne dissimulant pas l'amertume dans sa voix alors qu'il finit son discours. Il est légèrement blessé que nous n'ayons reçu aucune lettre, aucun signe de vie, même si j'ai pour ma part accepté que Palareth ne l'aurait sans doute pas pu combien même il l'aurait voulu. J'ai confiance en lui, je ne doute pas qu'il aurait tenté de prendre contact avec nous si il avait eu cette option, combien même son père lui aurait interdit. Je peux me tromper, mais j'en doute. Mon optimisme n'est pas injustifié, même après toutes ces années. Nous nous sommes reconnus après tout, c'est bien la preuve que je suis autant restée dans ses pensées que lui dans les miennes, non ? Attention, tes pensées prennent un tour dangereux. Qu'importe la voix raisonnable d'Ed dans mon esprit, dépourvue de son usuelle note d'humour. Ma main quitte enfin celle de Palareth, rassurée. Il semblerait que j'ai choisi le bon moment, la serveuse revenant et déposant le délicat service à thé et les deux théières devant nous, pâtisseries dans leurs jolies assiettes de porcelaine émaillée les rejoignant. Je peux sentir l'intérêt d'Ed, souriant en réponse. Il n'a certes pas besoin de manger, mais ça ne l'empêche pas d'aimer le thé. Son cou s'incurve alors qu'il prend la première gorgée, comme à notre habitude tandis que je fixe Palareth.

"Et toi, qu'es-tu devenu ? J'espère que tu as conservé des passe-temps, ce serait bien morne sinon ! J'ai tant de mal à t'imaginer au Palais de Justice, il a l'air si morne et lent, et toi... bien, tu ne l'es pas. Vous allez au lac, parfois ? L'on pourrait s'y retrouver, ce serait agréable de passer une journée ensemble sans avoir à manquer à nos responsabilités..."

Les mots se sont échappés spontanément, sang montant à mes joues en réponse tandis que je prends une gorgée de thé pour me donner une contenance et tenter d'ignorer la manière dont mon Daemon s'est redressé, fusillant Palareth du regard, le mettant au défi de disparaître de nos vies maintenant que nous avons partagé un thé. Je ne m'en offusque pas, me contentant de déposer une main sur son aile et de lui glisser une bouchée de gâteau. Il veut simplement me protéger. Conspirer pour nous permettre de passer une partie de la journée ensemble ne l'empêche pas de s'inquiéter pour moi. J'espère qu'ils ne s'en offusqueront pas.
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MessageSujet: Re: « And the days blur into one » ♦ Ft Liscialle    Dim 18 Oct - 18:52

And the days blur into one

Retrouvailles hasardeuses



Guine se blotti un peu plus dans mon cou désormais en partie dénudé comme si ça pouvait me détendre. Le fait qu'elle s'amuse et se moque de moi en ce moment même, m'irrite en partie. Cela dit je dois avoir l'air bien ridicule et elle aurait probablement tord de ne pas le faire. Mes doigts se glissent distraitement dans la fourrure de son dos, courbe apaisante qui m'aide à reprendre mon souffle. Je ris à la réponse de Liscialle, me revoyant jouer les alpinistes sur les branches d'arbres, Guine guettant sous forme de moineau. « Non en effet. Même si c'était beaucoup plus amusant, surtout la partie où le propriétaire nous courrait après en hurlant. » Je lève les yeux au ciel, j'aimais beaucoup l'adrénaline à l'époque c'était certain, même si d'un autre côté, je serai bien capable de recommencer. Je note dans un coin ce que Delenrorn vient de souffler, péchés mignons désormais exposés au grand jour par nos Daemons respectifs.  

Les mots s’emmêlent, se perdent, se mélangent, l'air manque tout doucement dans mes poumons. Si Guine arrive en partie à me faire taire, le contact chaud de la main de Liscialle me scelle la bouche instantanément. Je dois être écarlate, sentant mon visage en feu. « Mais non Pal, tu ne fais pas une combustion spontanée. Par contre tu devrais refermer ta bouche. » La voix interne de Guine fait écho à ma pensée, non je ne brûle pas, tout va parfaitement bien. Je referme aussitôt les lèvres, regard se fixant sur nos mains qui se chevauchent l'espace d'un instant, m'imprégnant de sa chaleur tout en bannissant les autres pensées parasites comme le rire de Guinerain qui semble prendre conscience de quelque chose qui m'échappe. Il n'y avait plus que cet impact entre nous, peau conte peau. Que dois-je faire ? La laisser là ? La retourner pour lui offrir ma paume ? Entrelacer nos doigts ? Les manières et autres normes dans mon esprits s'emmêlent, se perdent, peut être avec ce que je n'ose pas qualifier d'envies. Mes oreilles enregistrent vaguement les sons sortant des bouches de mes interlocuteurs répondant à mes interrogations. Fort heureusement, l'odeur de la tarte aux pommes encore chaude me sauve et me fait revenir à la réalité, bien que le contact cesse alors que je n'en avait pas forcément envie.

Je peux désormais traiter les informations, les sons devenant des mots et je ne peux m'empêcher de leur lancer un sourire en coin. Ils forment un bon duo ces deux là, c'est le moins qu'on puisse dire. D'un côté j'envie leur liberté, faire ce qui leur chante sans subir les foudres une fois rentré. A force, j'ai appris à baisser la tête, à me comporter comme je le devais, à rester droit, la bouche scellée malgré cette envie irrésistible de l'ouvrir. Se baigner dans un lac est l'exemple même des choses que je ne dois pas faire, comme un crime répréhensible et digne de passer par le tribunal. Les seules baignades autorisées hors de la demeure sont tout simplement les thermes et certainement pas celles réservées à la classe moyenne. On pardonnait ce genre de bêtises à un enfant, pas à un adulte.

« Pourquoi ne pas faire une rampe avec une planche de bois ? Ça ferait un chouette toboggan ! Je veux bien venir le tester voir si ça fonctionne, en même temps Li pourrait faire un costume à Pal. » Mon Daemon s'emballe peut être un peu vite à vouloir se glisser dans leur intimité, je ne sais pas trop quoi penser, même si l'imaginer retrouver un instant d'amusement et de complicité avec Ed me fait sourire. Elle descend de son perchoir, s'installant sur mes genoux pour prendre appui sur la table avec ses deux pattes avant. Je rapproche instinctivement la tasse d'elle, la laissant imiter Delenrorn en plongeant son museau dedans pour laper la boisson avec sa langue. Elle apprécie la chaleur du thé, les arômes dans sa petite bouche. Autre tradition, je lui laisse la pointe de ma part de tarte, la sectionnant soigneusement avec la cuillère pour lui tendre.

Je ne peux m'empêcher de ricaner à la remarque de Liscialle, haussant un sourcil. « Toi aussi tu trouves que le tableau ne convient pas ? Il sonne faux et nous sommes les seuls à le voir hélas. Honnêtement ? Je déteste ça et depuis le premier jour où on m'a forcé à mettre les pieds dans cette fichue académie, juste après votre départ. Être le bourreau qui sépare Daemons et Humains ce n'est pas pour moi. » Je baisse le ton histoire que personne d'autre n'entende, on ne sait jamais. Je prend une gorgée de thé histoire d'effacer ce début d'air de dégoût sur mon visage, opinion clairement exposée. Peut être qu'il est un peu tôt pour faire de nouvelles confidences et retrouver un semblant de complicité. Nous sommes au moins d'accord sur une chose avec Guine : nous voulons que ce creux entre nous, forgé par les années, disparaisse à nouveau. Nous ne voulons pas nous perdre encore une fois, absence terriblement lourde qui nous pesait constamment. La proposition de la brune me fait bêtement sourire, haussant les épaules même si ce genre d'invitation signifiait prendre des risques. « Pourquoi pas ? Ou aller voler des pommes dans un verger. » Je ris légèrement tout en entamant mon morceau de tarte. Je réalise soudainement que le lac impliquait probablement de se baigner et donc une tenue légère. La brûlure de mes joues revient en imaginant honteusement la scène dans mon esprit, si je me fichait bien de ma propre pudeur, celle de Liscialle en revanche... Je manque de m’étouffer, toussant tout en essayant de bannir la pensée pour le moins...fantaisistes. Guine éclate de rire, une fois de plus.  

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MessageSujet: Re: « And the days blur into one » ♦ Ft Liscialle    Dim 18 Oct - 21:15

And the days blur into one

It's been a long few years...


Les couverts sont silencieux tandis qu'ils entrent en contact avec nos pâtisseries, tasses délicatement reposées dans leurs soucoupes, silence planant un instant tandis que nous offrons les premières bouchées à nos Daemons, rituel apparemment commun qui me tire un sourire avant que je ne goûte à mon gâteau, yeux se fermant de plaisir. La texture moelleuse, le goût marqué des noix adouci de miel et de vanille, la tiédeur de la pâte, tout est impeccable, mon sourire s'agrandissant alors qu'Ed reprend une gorgée de thé et remercie poliment Palareth en notre nom, en profitant pour suggérer qu'ils passent chez nous pour son costume plutôt qu'à la boutique. Aussitôt mes yeux se rouvrent et se posent sur le manchot à la silhouette faussement détendue. Il manigance quelque chose. Je suppose qu'il veut simplement passer plus de temps avec Guinerain, jouer avec comme avant, cela ferait sens. Mais je le suspecte de vouloir aussi tester sa moitié, le pousser à agir à l'encontre des principes des Balshilek, comme une vengeance.

Et si c'est le cas ?

Un soupir m'échappe, bref. Avec tout ça, je n'ai pas répondu à Palareth, suis restée silencieuse pendant sa confidence si dangereuse comme pendant sa réponse à ma proposition, le rire de Guinerain balayé comme si il était venu d'Ed et mis sous le coup d'une quelconque moquerie, mon regard se levant aussitôt vers le regard si vert, le scrutant avant que de nouveau ma main s'approche de la sienne, doigts pressant légèrement les siens.

"Tu es trop passionné pour un tel métier... Les rares fois où j'ai pu croiser d'autres gens de ce milieu que ton père, ils semblaient tous si froids, si sévères... Tu n'es pas comme eux. Mais peut-être que tu réussiras à rendre ton métier supportable ? Même si je ne suis pas certaine de comment, je suis sûre que tu trouveras un moyen."

La patte d'Ed écrase discrètement mon pied, me rappelant que ma foi aveugle en Palareth peut lui sembler quelque peu étrange après tout ce temps et faisant monter le sang à mes joues. Poussière, il semblerait que nous passons notre temps à rougir, chacun à notre tour, pour une phrase ou un geste. C'en devient ridicule, mes dents se refermant sur la chair de ma joue après que j'ai repris une gorgée de thé, douleur me rappelant à la réalité. Nos tasses se vident lentement, nos assiettes aussi, conversation entrecoupée de silences, joues rougissants, mes doigts restant contre ceux de Palareth sans raison réelle, simplement pour profiter du contact si rassurant. Mais au final, il faut bien que nous partions, mot de justification glissé dans mon sac de couture, soigneusement. Une part absurde de mon être espère que Madame me laissera le garder. Juste pour pouvoir nous prouver que ceci n'était pas un rêve particulièrement réaliste.


Notre petite chambre est bien rangée, paravent dissimulant mon lit, pains encore chauds refroidissant sur le rebord de notre fenêtre, Ed tournant en rond encore et encore dans le coin que nous avons choisi de changer en un quasi-salon, péniblement, causeuse, tabouret et table basse occupant l'espace, quelques ouvrages dans leur panier sur le sol. Ce n'est rien de grandiose, et je prie la Poussière pour que Palareth ne s'y sente pas trop à l'étroit, mais ni Ed ni moi n'y croyons. Il a grandi dans les immenses corridors et vastes pièces de la demeure des Palareth, mon chez-moi fait en comparaison bien petit. De temps à autres, nerveusement, j'observe ma petite pendule, traquant l'écoulement des minutes, m'agitant de ci-de là en attendant l'heure fatidique pour mieux bondir sur mes pieds lorsque enfin l'on frappe, Ed se précipitant vers la porte. Sans grande surprise, il ne parvient qu'à trébucher, douleur brève et piquante envahissant nos visages alors que son bec entre en contact avec le plancher. Ma robe crème me semble bien peu appropriée, bien trop tard pour la remplacer par quelque chose de plus sombre, de moins décolleté, qui dissimule mes clavicules et la naissance de mes seins. Étrange comme une robe qui me semblait si modeste me semble soudain plus appropriée pour aller au bal. Ouvrir la porte n'a jamais été si difficile. Et si ce n'était pas eux ?

"Entrez, entrez ! Ne vous en faites pas pour Cia, elle n'a juste pas l'habitude de recevoir des gens ! Pala, il faudra que tu goutes le pain, je te parie que ça sera un des meilleurs que t'auras mangé, j'en mettrais bien une aile à couper mais franchement, je suis déjà manchot, ça ferait répétitif."

Je peux sentir le sang brûler mon visage tandis qu'Ed désormais relevé s'immisce entre la porte et moi, me faisant reculer tandis qu'il accueille nos invités avec un enthousiasme débordant. Doucement, je me replace devant lui, reculant et le contraignant à faire de même, faisant signe à Palareth d'entrer, sourire d'excuse aux lèvres.

"Oh Poussière... ne l'écoute pas, je t'en supplie, et surtout ne ris pas, il n'arrête pas avec cette blague ridicule depuis qu'il s'est fixé, je doute de tenir encore trois ans. Tu veux un thé ? L'on pourrait voir quel genre de costume tu désires dans le même temps."

Mon Daemon trépigne derrière moi, appelant Guinerain et lançant des suggestions de jeux à tout va, soupir m'échappant. Ce manchot est intenable lorsqu'il est excité, et en cet instant ? Il déborde simplement d'énergie et d'impatience.

"Pas d'escaliers. Pas de suite. Tu vas devoir trouver autre chose en attendant, Delenrorn."

Il ne tarde pas à trouver en effet. Jouer à cache-cache. Dans notre chambre de bonne, alors qu'il est nettement plus grand que Guine. Je suis actuellement curieuse de savoir ce que cela pourra bien donner.
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MessageSujet: Re: « And the days blur into one » ♦ Ft Liscialle    Lun 19 Oct - 13:54

And the days blur into one

Retrouvailles moins hasardeuses



Je me torture l'esprit depuis des jours, Guine se moquant de moi pour ne pas changer, bien qu'elle tente tout de même de me rassurer. Qu'est-ce qui m'a pris d'accepter, de lui offrir du travail et surtout de prendre mes mesures. La pièce était tombée après coup, une fois l'excitation des récentes retrouvailles estompée. Bien entendu ce n'était pas la première fois qu'une couturière s'occupait de moi, loin de là, mais il y avait quelque chose d'étrange dans le fait que ce soit Liscialle qui le fasse. Hélas Guinerain me fait bien comprendre que je suis en train de m'emmêler les pieds dans quelque chose qui me dépasse. Je nie tant bien que mal, m'offusquant, mais elle est une part de moi et il est difficile de se mentir à soi-même. Liscialle est devenue femme, jeux d'enfants disparus au profit des responsabilités et je la trouve élégante, jolie, mais inaccessible. Je ne devrais pas être là, à monter les marches, je ne devrai pas penser comme ça depuis des jours à cette rencontre, je ne devrais pas avoir le sourire aux lèvres et Guine ne devrait pas être aussi impatiente que moi.

Mon Daemon abandonne mon épaule, me devançant, à bondir de marche en marche. Elle s'arrête pour m'attendre, voulant éviter la douleur inutile. On avait compté une fois dans un jeu d'enfant, au centimètre près, la distance qu'on pouvait avoir entre nous. Onze mètres et quarante-deux centimètres avant de commencer à ressentir la douleur. De toute manière il est rare que nous atteignons de telles distances. Je monte péniblement, ne voyant pas grand chose derrière ce bouquet de fleurs probablement disproportionné pour le lieu. Moi qui avait tenté de tout faire pour ne pas être trop remarqué au niveau vestimentaire, ayant opté pour des vêtements simples qui feraient pâlir mon géniteur, afin de ne pas trop ressortir du lot dans ce quartier, mais le côté ridicule de la chose ne m'aidait pas.

Guine frappe pour moi, petit bruit presque ridicule à cause de sa petite taille, alors que j'arrive seulement sur le palier. Une fois la porte ouverte, elle ne manque pas de sautiller, à deux doigts de bondir sur le pauvre Delenrorn qui venait probablement de faire une chute au son qu'on venait d'entendre avant que la porte s'ouvre. Je tente tant bien que mal de sentir l'odeur du pain fraîchement préparé, mais le bouquet aux couleurs chaudes pour la maitresse des lieux m'en empêche. Je ne peux me retenir de rire à la blague douteuse du manchot, levant les yeux au ciel tout en pénétrant dans ce petit cocon qui change terriblement de ces pièces disproportionnées et trop grandes dans lesquelles nous sommes habitués à vivre. « Toujours autant d'humour à ce que je vois. »

Je me tourne enfin vers la maitresse des lieux, lui tendant mon offrande comme l'usage le veut, en ayant pris soin de la choisir sans lis, me remémorant qu'elle ne parvenait pas à les supporter. Pendant ce temps, Guine a déjà escaladé la tête du manchot empereur, guettant déjà la cachette idéale de son perchoir. Elle est très douée pour ce genre de jeu, il faut dire que sa forme aide. En revanche je suis plutôt sceptique quand à la taille de son compagnon qui promettait de rendre les choses assez drôles. J'accepte le thé volontiers avant de m'imprégner des lieux, l'odeur du pain chaud prenant possession de mes narines maintenant qu'elles n'a plus d'obstacle.  « Ça doit être confortable de vivre ici et ton pain à en effet l'air délicieux. Sinon je vais peut-être viser un peu grand et je m'y prends peut-être tard, mais il me faut quelque chose pour le bal de Balgram. Le reste, je te fais confiance, je n'y connais pas grand chose là-dedans. » « Il faut que mon Pal soit beau ! Même s'il n'a pas encore de cavalière. » Mon Daemon disparaît dans un coin pour se cacher et entamer le jeu, insistant bien sur cette dernière phrase pour me mettre mal à l'aise, m'envoyant un message subliminal gros comme le palais de justice.
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