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 Hello Darling ❧ Palareth

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MessageSujet: Hello Darling ❧ Palareth   Jeu 16 Juin - 18:01

Hello Darling

What are you doing here ?


   
Le soleil tape dans les dunes, baignant l'intérieur des tentes de rouge et matérialisant la douleur de ceux qui ont choisi de s'y réfugier, rouge comme le sang qu'ils ne verseront pas en dépit de la perte de leurs chères âmes. La plupart d'entre eux sont encore dans les tentes, évitant le soleil et ses rayons brûlants. Sereryse a choisi de sortir, long tissu enveloppant sa silhouette et dissimulant sa peau, seuls ses yeux émergeant de leur cocon de tissu. Le désert est agréable, la solitude et le soleil et le vent pour seules compagnies, résidents du campement se croisant sans un mot tels des fantômes. Le silence qui baigne l'endroit fait écho au silence dans son esprit, alimente la plaie qui palpite fiévreusement là où un binturong devrait être, et nourrit sa détermination à sortir de là. Mais il manque des informations, et elle n'ose pas tenter sa chance, pas sans elle. Pas si faire cela signifie prendre le risque que sa présence à Balgram et son état soient connus.

Pour l'instant, cependant, elle se contente d'errer entre les tentes, se dirigeant vers l'extérieur du camp, tissu bruissant contre le sable et trainant derrière elle, tel un linceul. De temps en temps, elle s'arrête, ramasse une poignée de sable, la laisse filtrer entre ses doigts, regard perdu dans le vide et pieds nus laissant des traces dans le sable. La chaleur brule la plante de ses pieds, mais elle persiste, avance en dépit de tout, dédaignant l'ombre. C'est une autre douleur, une qui diffère de celle qui gronde en elle en permanence. Une douleur qui distrait tout autant que boire du Thé le ferait, et qui présente l'avantage de ne pas lui ôter son contrôle d'elle-même en plus de son âme. Norhwenar lui aurait probablement dit de boire du Thé, et de le laisser goûter par la même occasion, mais il n'est de toute évidence pas là, et elle n'a aucune raison de boire ce liquide trompeur, en conséquence.

Les tentes se font plus espacées, enfin, rocher à la teinte rougeâtre apparaissant, et la matriarche du plus puissant clan de Balgram s'y installe élégamment, doigts arrangeant les plis du tissu autour d'elle comme ils l'auraient fait une robe avant qu'elle ne se fige, contemplant l'horizon. Elle peut avoir une forme sombre approcher, sourcil se levant avec hauteur tandis qu'elle attend de voir qui peut bien venir ici. Elle pourrait se lever, s'avancer, mais... pourquoi faire ? Elle préfère attendre. Attendre fait passer le temps plus vite, l'occupe. Et la silhouette se rapproche, largeur des épaules indiquant un homme, cheveux se révélant sombre, jusqu'à ce qu'elle puisse distinguer les traits du visage et se redresse, larmes aux yeux. Ce visage lui est familier, ces yeux dans lesquels elle a si souvent plongé son regard, accroupie, jupes s'étalant autour d'elle, et comme si souvent par le passé, elle s'approche, mains se levant et se saisissant de la mâchoire désormais large et ferme, yeux clairs embués plongeant dans les yeux verts de ce fils qu'elle n'a pas vu depuis si longtemps.

"Palareth... Que fais-tu ici, mon chéri ? Ce n'est pas sûr, il faut que tu rentres à Balgram le plus vite possible ! Et où est Guinerain ? Sûrement, tu n'as pas dépassé la fin de ta Sentence de tant de mois ? Vraiment, c'est à se demander pourquoi j'ai pris la peine de t'apprendre à lire l'heure ! Liscialle doit être folle d'inquiétude, comment peux-tu lui infliger ça ? Elle a beau n'être qu'une roturière, elle a protégé ta réputation de son mieux tout ce temps, le moins que tu puisses faire en retour est retourner chez toi au plus tôt ! Allez, file jeune homme, tu as une famille qui t'attend, et depuis longtemps !"

L'idée qu'il puisse être ici pour l'heure ne lui traverse pas l'esprit, et déjà elle tente de faire pivoter ce fils qui la dépasse d'une bonne tête désormais et de le convaincre de rentrer à Balgram, idée de partir avec lui reléguée dans le néant avant même d'avoir été considérée, inquiétude maternelle prenant le pas sur la froide logique et le calcul qui sont devenus son quotidien.
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MessageSujet: Re: Hello Darling ❧ Palareth   Ven 17 Juin - 11:54

Mirage ?

Non, je ne suis certainement pas un fils à sa maman.



Chaleur extrême et étouffante, l'air est lourd et notre gourde de thé s'est vidé trop rapidement à mon goût, ne laissant que le métal chaud. Guine préfère rester dans l'ombre, repliée dans la sacoche entre la gourde et un reste de tartine qui se dé-sèche. Ma redingote est posée par dessous le tout, roulée en boule pour servir de coussin, incapable d'endurer les couches successives de tissus. Les manches de ma chemises sont remontées au maximum, col ouvert en envoyant les bonnes manières à la trappe. La fourrure de mon daemon ne fait qu'accentuer cette sensation d'étouffement, sans parler que l'énergie commence de plus en plus à diminuer à cause de ce qui nous dévore. Voyons le bon côté des choses, nous avons semé le maniaque des angles boiteux et complètement fou, l'endroit des pires horreur n'est plus qu'un cauchemar lointain, même si nous commençons sérieusement à penser que ce désert est bien pire.

Quelque chose semble se dessiner au loin, nous confortant dans le fait que nous étions en réalité dans la bonne direction. Quelle idée de venir fouiller dans un endroit aussi chaud d'ailleurs. Quelqu'un semble être assis sur un rocher, traits semblant se modifier au fur et à mesure de notre approche afin de devenir familier. C'est probablement la chaleur et la soif, une hallucination et un mirage. L'illusion semble parfaite dans tous les cas, scrutant le moindre trait, la moindre expression. Elle avait pris en âge, traits durcit par les années sans pour autant l'affecter plus que ça. Probablement une nouvelle projection de mon esprit imaginatif.

« Tu pourrais me mordre s'il te plait ? » Le contact est plus que réaliste, tout comme les mots qui tombent, yeux s'écarquillant au fur et à mesure des paroles. Cela devient trop irréaliste, absurde, ne colle pas et ne parlons même pas de l'absence du binturong. « Apprendre à lire l'heure pour connaitre les mois ? Ne cherche plus, c'est une hallucination. » Son léger rire partage notre lien l'espace d'un instant. Dans tous les cas, nous n'aimons pas vraiment ça.

Malgré le temps (et probablement l'odeur vu qu'il n'y avait pas réellement de baignoire dans une épave fantomatique et le désert), je ne peux m'empêcher de l'enfermer dans mes bras, éludant ses questions et esquivant ses gestes visant apparemment à me faire faire demi-tour, contact bien trop réel pour un simple mirage. L'horreur commence à s'installer, depuis combien de temps était-elle là ? Beaucoup trop longtemps j'imagine si elle ignore mon retour à Balgram depuis des mois. Oh Poussière et Leodeheris qui n'a rien dit lors de nos entrevues si c'est le cas, ce qui ne fait qu'augmenter mon sentiment de déception envers lui. Ne s'inquiète-t-il donc pas de la disparition de sa femme ? Guinerain de renfrogne un peu plus dans son coin sombre, réalisant l'absence belle et bien réelle de Norhwenar. Je relâche la blonde en douceur, esquissant à peine un sourire alors que j'ignore par quoi commencer si ce n'est qu'une profonde inspiration.

« Poussière, depuis combien de temps êtes-vous là ? Je présume qu'il est... trop tard ? Pas la peine de me renvoyer à Balgram, j'y suis retourné il y a plusieurs mois déjà, je suis revenu pour vous chercher et, visiblement, personne n'a été assez courageux pour le faire. Sérieusement comment peut-on avoir peur à ce point de ce monde ? Quitte à ne pas assurer la protection de sa femme et honorer ses vœux. Enfin soit, si vous n'êtes réellement pas un mirage, je prendrais bien un peu d'eau, j'ai l'impression d'être un morceau de viande qui se dé-sèche au soleil et croyez-moi que parler avec la bouche dans cet état, c'est un supplice et si je vous demande de l'eau plutôt que du thé, c'est parce que je commence vraiment à être désespéré. Après un Thé ne serait certainement pas de refus, plus que bienvenue même. Par ailleurs faites vos valises, je suis plutôt pressé de rentrer, bien qu'à mon avis il vaudrait mieux attendre demain, mais les détails viendront après, j'ai l'impression que ma langue va tomber en poussière si je continue une seconde de plus. Pour mon excuse d'ailleurs, ce n'est pas que je ne sais plus lire l'heure, c'est ma montre qui s'est joué de moi, là est toute la différence, elles sont capricieuses ici. »

L'exaspération de ma moitié se fait sentir, n'ayant certainement pas la force de m'arrêter pour le moment, je lui ai de toute manière, formellement interdit de bouger ou même de dépenser trop d'énergie pour tenter de ralentir la chose. Au lieu de ça, je me contente de tendre un bras à notre Mère dans l'espoir qu'elle ne s'évapore pas dans l'air, ce serait stupide d'avoir dépensé les quelques restes de salive pour rien du tout.
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MessageSujet: Re: Hello Darling ❧ Palareth   Dim 19 Juin - 19:47

Hello Darling

What are you doing here ?


 
Les bras de son fils se referment autour de Sereryse, matriarche persistant de son côté à tenter de l'entrainer avec elle loin de ce lieu qui le menace se figeant un instant sous le contact avant de retourner l'étreinte avec toute la force qu'elle possède, ravie en dépit de revoir son fils et désolée de le trouver si changer par les années, d'avoir manqué de la sorte une partie de sa vie. Une moue fugace passe sur son visage alors qu'elle se trouve relâchée, avant que son nez ne se fronce tandis que Palareth parle. Elle trouve son débit étrangement familier, proche de celui qu'elle a elle-même adopté en certaines occasions, lèvres tressaillant de la ressemblance avant que l'idée ne disparaisse, main se glissant à la place dans le creux du bras de son fils le guidant à travers les tentes rouges, pieds nus protestant toujours le contact avec le sable brûlant. Une main remonte le tissu qui l'entoure le long de son nez, dissimulant son visage pendant que la distance qui les sépare de sa tente est traversée, odeur du Thé la heurtant sitôt qu'elle y entre, geste de la main invitant son fils à faire de même.

Elle s'installe calmement sur les tapis, délaissant le tissu fin qui l'isole du soleil, révélant sa robe ternie par la lumière et le sable, riche couleur désormais fanée, mains pâles massant ses pieds brûlés en surface après avoir indiqué à son fils de s'installer. L'intérieur de la tente est presque vide, quelques draps dans un coin sur une surface rembourrée en guise de lit, des bouquets de feuilles de Thé accrochés un peu partout, un bassin et une carafe d'eau, quelques bols et couverts. Elle n'a pas besoin de plus, sa fortune dissimulée dans le grand coffre de bois, sachets sur sachets de feuilles de Thé prêtes à être troquées à Balgram. Sereryse connait son droit, après tant d'années passées auprès d'un juge, la détention et la vente de Thé sont interdits, comme sa consommation. Mais elle entend le troquer, contre des faveurs, et ça, c'est la seule chose qui n'est pas un crime. Il faudra juste qu'elle veille à ne pas se faire arrêter avant de s'être délestée des sachets qu'elle compte prendre avec elle. Rien de trop compliqué, vraiment. Si elle trouve un Passage qui mène aux faubourgs ou aux Limbes. La situation sera autrement plus compliquée autrement.

"N'hésite pas à te faire un Thé, j'ai bien assez de feuilles pour ça, inutile de m'en faire par contre, je ne supporte pas cette boisson, elle est bien trop trompeuse. Mais je te comprends tout à fait, le temps est si obstiné, cinq semaines que je suis là et parfois j'ai la sensation que cela fait cinq mois. Ridicule, vraiment. J'aurai peut-être dû garder la montre de l'horlogère, tout compte fait. Charmante fille, je la ramènerai volontiers à Balgram, elle ferait une très bonne épouse, si l'on pouvait lui dénicher un artisan digne de ce nom, je n'en doute pas. Quoique les Pirereth ou les Tagrasis l'apprécieraient sans doute, elle sait travailler après tout. Bref, que disais-tu déjà, tout à l'heure ? Ah oui, ton père. Ne lui en veux pas, mon chéri, il a bien plus important à penser que se demander où je suis passée. Et vraiment, si tu es rentré, pourquoi revenir, surtout pour ta vieille mère ? Pas que je ne sois pas ravie de te revoir, mais vraiment, tu as bien d'autres préoccupations. Comment se porte ta femme ? J'ai entendu dire qu'elle s'était réfugiée dans les Limbes, tu l'en as sortie j'espère avant de venir me chercher. N'oublie pas que ta famille doit être ta priorité, je ne suis que ta mère, je passe bien après. Enfin, bref. Je suppose que tu connais quelque Passage pour rentrer ? Est-il très loin d'ici ?"

Les mains maternelles s'agitent, un grand carré d'étoffe déplié avant que le coffre ne soit ouvert, précieux sachets déposés au milieu, feu allumé pour faire chauffer de l'eau pour le Thé de son fils, brosse et robe de rechange ajoutées aux sachets avant qu'il ne soit soigneusement noué et déposé près d'une longue branche dépouillée de toute écorce, reste de son passage à l'Ouest. Elle n'y est pas restée longtemps, trop humide. Le désert est infiniment préférable, vraiment.

"Es-tu ici depuis longtemps ? J'espère que tu ne t'attends pas à ce que je retourne auprès de ton père, d'ailleurs, il est hors de question qu'il me voit dans tel état, son opinion de moi est bien assez basse comme cela. Non, vraiment, ce n'est pas envisageable, je préfère attendre que Norhwenar soit revenu, je ne doute pas que ce sera le cas, il ne m'aurait jamais laissée si ce n'était pour cet endroit, et je ne peux qu'espérer que l'absence de Thé dans mon organisme l'aidera à revenir plus vite. Dis-moi, saurais-tu où je pourrais un lieu décent où vivre dans les Limbes en attendant ? Quoique je puisse aisément me faire un campement dans les montagnes autrement, elles sont aisément navigables pour peu que l'on n'ait pas peur d'escalader un peu... Et tu ne m'as pas répondu, mon ange, où donc est Guinerain ? J'ose espérer que tu ne l'as amenée avec toi, la pauvre !"

Étrange succession de bribes d'informations lucides et de réflexions absurdes qui ponctue les gestes de la matriarche avant qu'elle ne retourne enfin sur les épais tapis, bol empli d'eau malheureusement plus tiède que fraiche porté à ses lèvres en substitut du Thé qu'elle abhorre tant, son jumeau déposé devant son fils alors que ses lèvres trouvaient son front en un baiser fugace.
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MessageSujet: Re: Hello Darling ❧ Palareth   Dim 19 Juin - 23:34

Mirage ?

Non, je ne suis certainement pas un fils à sa maman.



La force de l'étreinte me conforte (enfin si on peut appeler ça conforter) dans l'idée qu'elle soit belle et bien elle et non une illusion provoqué par le désert. L'absence de Norhwenar nous laisse un goût terriblement amer au fond de la gorge, comme si nous arions du nous rendre compte plus tôt, comme si nous aurions du venir ici il y a des semaines déjà. Je dissimule ma contrariété au possible, elle n'en peut rien de toute manière, enfin je suppose et je préfère garder ma rancœur pour les véritables coupables, ceux qui ont osés. J'emboite le pas, hâte de pouvoir enfin me poser quelque part et m'asseoir un instant. La nuit a été très courte et la température n'aide certainement pas.

Je ne peux m'empêcher de retenir un rire en pénétrant dans la tente, balayant du regard les divers endroits où le thé s'est invité. Plus prévoyante que moi visiblement, prête à ramener une réserve astronomique qui m'en donne le tournis, espérant secrètement qu'elle veuille bien partager. Je prends le temps de m'installer dans un long soupir d'aise, membres courbaturés bien content de se poser enfin. Je n'ai pas le temps d'ouvrir les lèvres que les mots de la blonde sortent encore et encore, tirade familière et sans fin qui s'étire en longueur. Je n'en perds pas une miette, parvenant à suivre le fil à la perfection alors que Guinerain reste abasourdie dans sa sacoche. « Je crois que ça ne va plus Pal, c'est la fin, je vois double... » Je lève machinalement les yeux au ciel, enserrant un peu plus ma prise sur le sac de cuir. Elle n'a cependant pas tord, la chose est déroutante, terriblement étrange et je ne peux m'empêcher de froncer les sourcils au fur et à mesure. Aurait-elle reçu un coup sur la tête ? Est-ce que c'est la chaleur ? Ou visiblement de famille lors d'une amputation ?

Je ne prends même pas le temps d'attendre que l'eau soit chaude, gorge tellement asséché et tournis donné par les trop nombreuses informations qu'il faut vraiment que je m'hydrate. Le bol est avalé à grande gorgées, soif s’apaisant peu à peu dans le plus grand des soulagement. Poussière, jamais de l'eau ne m'aura semblé si délicieuse et vitale. Le Thé viendrait après. Je pouvais désormais reprendre point par point, inspirant profondément avant de commencer, cette fois certain qu'elle suivrait mon débit.

« Ne pas vouloir en boire, c'est d'un ridicule et je me permet de vous contredire, je n'ai pas rencontré un seul amputé qui ne consommait pas de thé ayant récupéré son daemon, c'est totalement absurde et même plutôt l'inverse, tout ce que cela vous apporte c'est d'en souffrir. Cela dit, j'apprécie beaucoup ces réserves, je pensais également faire de même, vous n'imaginez pas à quel point il est dur de s'en procurer à Balgram de bonne qualité. Je devrais vous en faire boire de force. Ne pas en boire vous donne des idées étrange, que faites-vous dans un désert ? Ce n'est pas un endroit agréable à vivre et je me fiche bien de vous entendre brailler à propos du fait que vous n'êtes pas sous votre meilleur jour. Pourquoi être venu ? Cela me paraît évident oh et par pitié ne me parlez pas de lui. Puis ce n'est que quelques jours, un "petit" voyage d'affaire, Liscialle n'a rien à craindre, elle n'est plus dans les Limbes mais dans notre demeure, à s'occuper de notre fille, d'ailleurs nous devrions bientôt rentrer, vous pourrez la rencontrer. Elle est adorable, ma plus grande fierté, il faut l'avouer. Il y a effectivement un passage, je vais nous y conduire, mais probablement demain, j'ai besoin de repos avant d'affronter à nouveau le désert, vous n'étiez pas facile à trouver et m'avez donné du fil à retordre. Nous retrouverons Norhwenar, c'est une évidence, et vous ne pouvez rester sans lui. Je ne vais certainement pas vous laisser aller dans les Limbes et si vous êtes têtue au point de ne pas vouloir rentrer chez vous, nous vous hébergerons s'il le faut, nous devrions avoir une chambre de libre ou l'arrière boutique fera l'affaire. »

Je marque tout de même une pause, le temps de respirer et reprendre mon souffle. Mes bras, qui jusqu'alors ne cessaient de gesticuler, se mirent à préparer le thé, insistant du regard, presque suppliant pour qu'elle en avale ne serais-ce qu'une gorgée. Je n'aime pas vraiment ce que je venais d'entendre après tout, la savoir en train de se laisser souffrir de la sorte. Je mets encore un instant avant de répondre à sa dernière question, hésitant entre lui mentir et prétendre que Guinerain n'était pas revenue ou risquer d'envenimer les choses. Elle m'en voudrait plus que probablement d'être venu avec. Je finis par céder, conscient que ma moitié ne supporterai pas de rester quelques heures de plus enfermée dans un sac, ouvrant ce dernier pour la libérer dans un long soupir, la laissant aller laper un peu de thé avant de la ramener dans mes bras, mes doigts parcourant la courbe de son dos alors qu'elle s'installe confortablement en silence, l’œil vitreux et ne préférant pas user de l'énergie à s'exprimer à voix haute.

« Je sais ce que vous allez dire, mais ne pas l'emmener aurait comme qui dirait été compliqué et impossible. Ce voyage devait de toute manière être bref et nous aurions repris le chemin du retour si nous sentions que cela s'accélérait. C'est probablement une décision aussi ridicule que cette histoire de ne pas boire de Thé. Sachez que je n'ai jamais cessé d'en boire et pourtant elle est belle et bien revenue. Par ailleurs vous avez probablement bien fait de ne pas garder la montre, celle qu'elle m'avait offerte retardait de six mois, non mais vous y croyez ? Six mois ! C'est énorme et j'avais certainement mieux à faire que de rester ici. Certes c'est joli et plutôt agréable, peut-être mieux que Telgram sur certains aspects, mais je ne m'y vois pas y vivre. »

Le bol se porte à mes lèvres, liquide d'or faisant le plus grand bien, même si j'aurais largement préféré un thé glacée pour nous rafraîchir. Mes doigts continuent de parcourir nerveusement les poils putoisés, ma pauvre Guine épuisée et dont la fourrure accentue le malaise par ce temps à travers notre lien, cela dit nous ne rompons pas le contact pour autant, il était mérité, tout comme notre pause. « Cela vous embête si je vous vole un peu d'eau pour la rafraîchir ? C'est que nous ne sommes pas vraiment taillé pour le désert, surtout dans ce monde. Par ailleurs vous avez une idée de ce qui aurait pu vous amener ici ? Vous n'avez pas cherché après un passage, même gardé, menant à Balgram ? Je m'excuse d'être arrivé si tard, nous n'étions malheureusement pas au courant. »
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MessageSujet: Re: Hello Darling ❧ Palareth   Mer 22 Juin - 20:56

Hello Darling

What are you doing here ?


 
Poussière comme il parle, son fils, regard de Sereryse se teintant de surprise face aux mots qui s'échappent d'eux-mêmes et aux grands gestes qui les ponctuent, corps entier de Palareth semblant s'animer dans son enthousiasme. Elle suit le fil pourtant, aussi aisément qu'elle suit ses propres pensées et discours, amas de mots apparemment quelque chose d'une caractéristique familiale, et son esprit joue un instant avec l'image de Leodeheris lancé dans tel monologue avant de balayer l'image qui semble aller à l'encontre de tout ce qu'elle sait de son époux. Cela se produira le jour où Norhwenar parlera à haute voix, pensée de son daemon amplifiant la douleur qui s'est faite compagne de tous les instants à sa place chassant aussitôt l'image. Non, mieux vaut ne pas y penser, et se concentrer de nouveau sur les mots de Palareth. Le visage si pâle en dépit du soleil du désert se plisse de contrariété lorsque sa décision de ne pas devenir esclave du Thé est critiquée, remarque dédaigneuse de son fils envers son géniteur enregistrée pour plus tard, alors même que l'infime étincelle de soulagement qu'elle éprouve à savoir sa parvenue de belle-fille en sécurité est dédaignée. Une chose cependant la prend au dépourvu, surprise se peignant sur les traits patriciens. Une fille ?

Un sourire lumineux étire ses lèvres à cette idée, avant que son visage ne retombe en cette expression placide qui lui est propre, matriarche approuvant les plans de son fils d'un hochement de tête qui ne l'engage pas réellement et se redressant pour décrocher un bouquet de feuilles de thé séchées du fil où il était accroché, doigts agiles cueillant les feuilles pour les déposer dans un énième sachet de tissu en silence. C'est une excuse comme une autre pour ignorer l'expression de Palareth, le désir qu'il a de la voir boire du Thé clairement inscrit sur son visage. Elle ne le veut pas, elle veut ce vide douloureux, ce gouffre atroce au fond d'elle, elle ne veut pas avoir l'impression de pouvoir fonctionner sans son âme, pas plus qu'elle ne désire devenir dépendante de cette drogue. Son regard ne se relève qu'en notant Guinerain désormais sortie de l'épais sac, furette si active dans ses souvenirs désormais amorphe et languissante, sourcils blonds se fronçant de contrariété et de réprimande voilée. Elle désapprouve, vraiment, le fait que son fils soit venu la chercher et ait mis son âme de nouveau en danger, alors même qu'une petite part d'elle s'en réchauffe et qu'une autre soupire, parfaitement consciente du sens de la justice de son fils. Protecteur de la veuve et de l'orphelin encore et contre tout, son fils. Jamais elle ne l'a regretté autant qu'en cet instant, alors que ses mains se referment à regret sur un bol métallique emplie de ce Thé qu'elle vous aux gémonies, odeur emplissant ses narines et manquant lui lever le cœur.

Elle hésite, tasse maintenue devant ses lèvres sans qu'elle n'ose les y tremper, question de Palareth une diversion bienvenue. Le bol est déposée sans la moindre préoccupation de son contenu, une partie du Thé s'en échappant tandis qu'elle emplit le bassin d'eau et le dépose aux côtés de son fils, là où son âme pourra s'y rafraichir et y flotter sans efforts aucun de sa part, mains se refermant de nouveau sur son bol à regrets. L'odeur est révoltante tant elle est agréable, yeux se fermant en une prière avant qu'enfin elle ne prenne une gorgée, purement pour apaiser Palareth. Le goût est parfait, la température réchauffant sa bouche sans la brûler. Le liquide glisse comme de la soie dans sa gorge, instinct s'éveillant aussitôt, hurlant Plus, plus, toujours plus !, mains se crispant autour du métal comme pour ne plus le relâcher. Un instant la douleur fuse, perçante, avant de diminuer, comme étouffée par le liquide salvateur, yeux de Sereryse se rouvrant, émerveillement au fond de leurs prunelles. Et la douleur diminue de nouveau, l'émerveillement se muant en horreur tandis que la plaie causée par le vide semble presque se drainer de son infection, douleur un simple écho sourd au fond d'elle, comme un souvenir.

Un geste de la main envoie le bol au loin, restant de Thé absorbé par les tapis, alors que Sereryse se recroqueville sur elle-même, main plaquée contre sa bouche, tentant désespérément de lutter contre la nausée qui la secoue. Le soulagement a disparu, remplacé par une révulsion qui la rend fébrile, main libre cherchant à l'aveugle son bol d'eau et le drainant, le liquide coulant à grandes gorgées dans sa gorge manquant la rendre nauséeuse de nouveau. Elle ne peut pas sentir la douleur, le manque de Norhwenar présent mais comme captif au fond d'elle, comme isolé dans une cage de verre, et son esprit se rebelle contre la situation alors même que son corps en est soulagé. Les larmes coulent d'elles-mêmes, sel brûlant ses yeux et ses joues, hoquets muets agitant ses épaules. Elle n'aurait jamais dû boire, n'aurait jamais dû céder à la tentation en voyant son fils boire de la sorte, s'irriter de son refus, s'inquiéter de son âme retrouvée. Qu'importe. Elle a bu du Thé, elle a gouté au liquide doré, et elle s'en sent malade alors que la douleur qui lui prêtait sa concentration et alimentait sa rage et sa détermination à faner pour ne plus laisser que son souvenir.

"Combien de temps ? Combien de temps pour que les effets se dissipent ? Combien de temps pour que la douleur revienne ? J'ai besoin de la douleur, je n'aurai jamais dû boire, jamais ! Je veux la douleur, je veux Norhwenar, je veux la douleur si je ne peux pas l'avoir, comment ai-je pu boire ? Je l'ai trahi, j'ai essayé de l'abandonner, de prétendre que je pouvais être normale sans lui, oh Poussière... Combien de temps Palareth, s'il te plait, j'ai besoin de savoir, j'ai besoin de sentir son absence, d'avoir mal pour lui, s'il te plait..."

Les mots sortent d'eux-mêmes, étouffés de larmes, matriarche presque brisée tandis qu'elle se recroqueville contre elle-même, corps épuisé par la douleur constante tremblant de soulagement tandis que son esprit l'abreuve de protestations et proteste l'absence de Norhwenar comme la trahison que ces quelques gorgées de Thé représentent. Le reste est sans importance en comparaison, le retour imminent à Balgram, la fille de Palareth sur laquelle elle pensait l'interroger, le dédain renouvelé pour Leodeheris, le retour de Guinerain, quelle importance ? Elle veut la douleur, elle a besoin de la douleur, pour maintenir sa rage à flots et alimenter sa détermination, pour ne pas céder au charme trompeur de ce lieu, et les larmes n'en coulent que de plus tandis qu'elle continue d'implorer la Poussière de lui rendre sa douleur ou son daemon. Elle en a besoin, oh Poussière, elle a besoin de la douleur, elle a besoin de Norhwenar, toutes autres préoccupations balayées face au besoin qui la déchire.
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MessageSujet: Re: Hello Darling ❧ Palareth   Ven 24 Juin - 10:54

Mirage ?

Non, je ne suis certainement pas un fils à sa maman.



Le bassin d'eau est le bienvenue, frisson remontant le long de mon échine alors que sa fraîcheur caresse notre lien. J'en porte un peu à mon visage tandis que ma moitié ferme un instant les yeux d'extase, cherchant la position idéale pour profiter au mieux de son bain privatif. Je l'envie un instant, désireux d'ôter tout ce sable qui s'est glissé un peu partout. Visiblement plus fourbe que les montres, petits grains malicieux, capables de s'accrocher au moindre poil ou morceau de tissus pour vous suivre et vous espionner. Après tout le sable est intelligent, capable de s'allier à l'abominable chaleur pour vous faire tourner en bourrique et vous faire imaginer tout un tas de choses irréelles pour vous tenir à se merci. A cette pensée, je ne peux m'empêcher de passer doigts et ongles dans les poils humides de la furette, tâchant d'ôter au mieux les grains démoniaques qui se seraient agrippés à elle pour la dévorer. On ne sait jamais après tout, le sable d'ici est peut être en réalité de la Poussière morte qui tente de s'agripper à elle pour la transformer en sable.

Je préfère un instant fuir le regard probablement accusateur de la blonde, me rafraichissant à mon tour en dérobant un peu d'eau à Guine plus par excuse qu'autre chose. Je note tout de même la présence du bol de thé entre les doigts, victoire imminente. Le silence est étrange, comme si le manque de mots dans cette tente est anormal alors que justement les choses semblent redevenir normales. Ou pas puisqu'il n'aura fallu que quelques minutes pour que les choses dégénèrent, génitrice se repliant sur elle même alors que les mots désespérés fusent. Mes yeux s'écarquillent, surpris de cette réaction, peut-être un effet secondaire ? Peut-on considérer que le Thé est comme l'alcool et peut être triste pour certains ? Quelle drôle d'idée...

Dans un premier temps, je suis incapable de réagir, de savoir quoi faire, mais je finis par me saisir de la blonde, la secouant pour qu'elle se reprenne alors que son discourt me paraît ridicule, immature, digne d'un caprice. « Reprenez-vous bon sang ! On dirait une enfant capricieuse, c'est ridicule. A vouloir la supporter elle va vous rendre folle. C'est votre première gorgée je parie. J'ignore quand les effets se dissiperont, peut être une demi-heure, peut-être une heure ou deux, j'en bois constamment qu'est-ce que j'en sais. » L'irritabilité est palpable, colère sourde dirigée vers les coupables de cette amputation plutôt qu'elle, incapable d'être contenue une seconde de plus. Elle est cassée, c'est certain et j'en suis persuadé, forcément l'absence du binturong ne colle pas, n'est pas normale et fait dérailler le tout de façon bancale. D'un autre côté c'est la culpabilité qui augmente, nous aurions du le savoir plus tôt, nous aurions du venir plus tôt et n'aurions pas du perdre du temps inutile à nous disputer.

« Allons, calmez-vous, je suis certaine que Norhwenar ne vous en veut pas pour ça, que du contraire. Il aimerait probablement vous savoir en bonne santé, apaisée pour quelques instants et non malheureuse à vous laisser souffrir de la sorte. Il vous gronderait même probablement en cet instant. Jamais je n'aurai désiré que Palareth se laisse avoir mal de la sorte, d'ailleurs j'aime beaucoup ce Thé moi aussi, il nous rend plus fort face à notre déchirure, nous ne voulons pas la laisser gagner lorsqu'elle continue de nous tourmenter. Voyez ça plutôt comme une arme en plus. »

La voix de Guinerain était sans aucun doute beaucoup plus apaisante que la mienne, nettement plus calme, du moins en apparence puisque son irritation faisait écho à la mienne à travers notre lien, mais son jeu d'actrice est probablement aidé par sa faiblesse. Sa tentative sera probablement plus efficace que mes mots, bien qu'afficher la fragilité de notre lien encore tourmenté me déplaît. Elle s'était approchée prudemment, poils humides malgré ses secousses, ne laissant qu'une trentaine de centimètres entre elle et notre mère. Je dé-serre ma prise dans un long soupir résigné et contrarié, m'écartant légèrement pour la laisser respirer et qu'elle se reprenne, laissant ma moitié gérer pour éviter tout emportement de ma part, mâchoire se crispant de plus en plus.
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MessageSujet: Re: Hello Darling ❧ Palareth   Dim 3 Juil - 15:07

Hello Darling

What are you doing here ?


 
Elle peut sentir ses yeux bruler sous l'effet de ses larmes, Sereryse, température extérieure les faisant sécher rapidement sur ses joues, laissant seul le si précieux sel contre sa peau, mains frottant machinalement paupières et visage pour les chasser. Elle est redevenue silencieuse alors que les mots de son fils déchirent l'espace entre eux et que ses mains la secouent avec rudesse, épaules se crispant et lèvres se retroussant en une grimace féroce, animale, révélant ses dents, geste heureusement dissimulé par ses paumes. Les larmes ne coulent plus, chassées par la rage qui prend un instant la place de l'amour qu'elle porte à son fils, colère glaciale et ô combien dangereuse pour sa cible, la même colère qu'elle a ressenti lorsqu'elle a ordonné que celui qui a osé trahir son enfant soit abandonné dans les souterrains de Balgram, là où il périrait d'une mort lente et cruelle. L'instant d'après, elle exhale lentement, sifflement s'échappant d'entre ses dents serrées, mains se détendant de force. Du calme.

Un sourire glisse sur son visage en écho aux mots de Guinerain, rien de plus que le reflet de ce qu'ils attendent, sérénité en apparence retrouvée tandis qu'elle s'excuse délicatement, Sereryse, mots prononcés du bout des lèvres sans la moindre intention honnête derrière eux. La folie a temporairement pris le pas, matriarche se faisant simple reflet des attentes de son fils, se resservant une tasse de thé avec une hésitation non feinte et la portant à ses lèvres, l'inclinant légèrement. Elle ne boit pas pour autant, se contente d'agiter la surface, liquide humidifiant ses lèvres sans pour autant passer leur barrière. Qu'importent les promesses de la furette. Elle ne sait que l'apparence de son lien à Norhwenar, la proximité constante, l'indifférence apparente, la vénération de son âme. Elle ignore le besoin constant de l'autre, l'écho constant d'émotions et de pensées, une individualité coupée en deux plutôt que deux individus liés par la Poussière partageant des sensations communes. Le thé la rend peut-être plus forte face à la déchirure, aide à cicatriser leur lien, mais elle ne veut pas que le lien cicatrise Sereryse, pas avant d'avoir retrouvé l'autre moitié de son être, la part manquante de son être, celle qui la stabilisait.

Un geste de la main et elle délaisse la tasse en apparence seulement partiellement consumée, geste élégant la faisant se relever dans un long mouvement gracieux, semblable à un serpent au regard d'un bleu perçant plutôt que doré et hypnotisant. Ses pieds nus bruissent contre les tapis tandis que de nouveau elle s'active, long carré d'étoffe déplié de nouveau, ballotins de fruits séchés et noix ajoutés au milieu presque comme une arrière-pensée, petit kit allume-feu, couverture, avant d'être fermé de nouveau, sans le renouer cette fois. Elle vient de s'en rappeler, les bols seront sans doute utiles, mieux vaut les emporter.

"As-tu une idée du temps qu'il vous reste pour rentrer ? Et où nous faut-il nous rendre ? A l'Est, à l'Ouest, au Nord ? Il nous reste environ une heure à attendre avant que la fraicheur ne tombe et que nous ne puissions partir, tu pourras m'expliquer ton plan pendant ce temps pour rentrer discrètement."

Le bol a retrouvé le creux de ses mains, lèvres semblant y tremper en une mimique absente tandis que ses yeux se font lointains, trompeurs. Elle semble perdue dans ses pensées, Sereryse, quand son esprit s'active, soupèse ses réserves, celles que Palareth peut (ne pas) avoir, le temps nécessaire pour sortir du désert (quelques heures de marche à peine, le camp est sur l'extérieur de l'immense étendue, s'ils marchent bien, ils peuvent espérer sentir l'herbe épaisse des Plaines sous leurs pieds), paupières s'abaissant un instant avant de se relever, orbes clairs de nouveau perçants, lucides.

"Il nous faudra sans doute passer par les Plaines quoiqu'il arrive, faire de nouvelles réserves de nourriture. Dans le meilleur des cas, elles seront inutiles de ce côté du passage, mais mieux vaut les avoir. L'horlogère n'hésitera sans doute pas à nous aider, elle semble le genre à préférer nourrir quelqu'un plutôt que se nourrir. Nous pourrons lui laisser du Thé en remerciement, celui-ci est de la meilleure qualité. Il faudra sans doute que j'en profite pour me procurer une nouvelle paire de chaussures."
   
Elle n'est plus certaine d'où sont les siennes. Sans doute quelque part dans la tente, là où elle ne peut pas les trouver d'un simple regard. Elle ne s'en soucie guère. Marcher pieds nus est agréable, pour tout ce que cela manque terriblement de dignité, et la tentation est grande de prétendre qu'elle n'a plus de souliers, de sorte à pouvoir traverser le désert jusqu'aux Plaines pieds nus une dernière fois, lune l'éclairant juste assez pour éviter qu'elle ne marche sur quelque créature, sable s'infiltrant entre ses orteils et massant la plante de ses pieds tel un matelas étrange et vivant.
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MessageSujet: Re: Hello Darling ❧ Palareth   Sam 9 Juil - 1:40

Mirage ?

Non, je ne suis certainement pas un fils à sa maman.



Les sourcils se froncent d'eux-même, femme devenue créature inconnue et hostile, la soutenant du regard sans pour autant flancher, mâchoire crispée et impassible. Je ne la reconnais pas, parviendrait presque à ne pas retrouver ses traits, bien qu'ils n'ont pas tant changés que ça avec les années. Le soupir fini par l'emporter alors que seule Guine semble pouvoir la ramener à elle, voix de la raison, comme toujours. Elle retrouve mes bras, poils humides les rafraîchissant à peine alors que mes doigts remettent sa fourrure en place de manière automatique et méticuleuse. Les secondes me font presque oublier la créature à la fois humanoïde et bestiale, comme une hallucination provoquée par mon esprit. La chaleur du lieu n'aide pas, les heures de marches et la fatigue non plus.

La suite s'enchaine comme si de rien n'était, goût amer me restant tout de même en travers de la gorge. Je hausse les épaules à la première question, Guinerain complétant ma réponse gestuelle de manière parfaitement synchronisée. « Quelques jours, probablement, nous ignorons exactement les effets lorsqu'il s'agit d'une seconde fois. Probablement plus rapide, peut-être pas. il ne vaudrait mieux pas tarder dans tous les cas, je doute qu'une seconde amputation se passe aussi bien que la première. Enfin "bien", tout est relatif. Il y a un passage à l'Est, clandestin, mais nous pensons que n'importe quel passage ferait l'affaire vu que personne n'a été condamné. » Elle parle probablement un peu trop, me crispant un peu plus et accentuant la pression exercée dans son pelage.

Je préfère me concentrer sur le nombre de kilos de thé que je vais pouvoir emporter sans nous faire prendre. Liscialle me tuerai probablement pour ça, mais qu'importe, mon vice n'est certainement plus à prouver. Passer dire au revoir à Avaïane ne serait probablement pas une mauvaise idée, qu'elle ne s'inquiète pas de me voir disparaître. J’acquiesce donc en silence. Le mot "chaussure" me fait soudainement tressaillir, frisson parcourant mon échine à l'évocation de la nuit précédente.

« Poussière non ! Pas encore ! Pas vous ! Hors de question que je retourne dans cet espèce de trou à rats plus que probablement hanté ! C'est quoi cette manie de perdre ses chaussures ? Une nouvelle mode ? Un phénomène paranormal qui touche tout l'Autre Côté ? Je n'ai jamais eu ce problème. A croire qu'il faut désormais les attacher solidement et ne jamais les quitter. Je préfèrerai encore vous porter tout le long du chemin plutôt que de retourner chercher dans cette maudite épave ! » Oh que non, nous n'y retournerons pas.  « Surtout si ce fou de Leoker traine encore dans les environs. Il serait probablement capable d'avoir trouvé l'endroit assez anguleux à son goût pour y loger quelques jours. » Sarcasme qui me ferait presque sourire.

La fatigue prends le pas, il faut que nous nous reposions avant de reprendre la route. Nous rêvons un instant de bain frais, seule Guine pouvant se permettre ce luxe pour l'instant. Je n'ai pas de temps à perdre avec ce genre d'extras, la nuit serait longue et les heures de sommeil manquaient définitivement, augmentant la crainte que la déchirure ne s’amplifie encore plus vite. Nous optons pour un coin de la tente relativement confortable, m'y allongeant dans un long soupir de soulagement, furette s'enroulant sur mon torse alors que le sommeil l'emporte pour quelques heures bien méritées, d'autant plus que notre objectif était désormais atteint, ne restait plus qu'à rentrer et, si possible, pas en un seul morceau.
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Hello Darling ❧ Palareth
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