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 « Where No One Goes » ❧ Ft. Avaïane

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MessageSujet: « Where No One Goes » ❧ Ft. Avaïane   Mar 31 Mai - 18:43

Where No One Goes

Let the wind carry us to the clouds, hurry up, alright, we can travel so far as our eyes can see


Les pas sont maladroits, aube se levant à peine alors que nous sommes au beau milieu de nulle part, dans la brousse la plus totale. Qui l'aurait cru, que j'aurai enfin trouvé un passage si élégant, y mettant les pieds par moi même et sans qu'on ne me pointe une arme dans le dos. Nous avions tout de même hésité, déglutissant avant de prendre notre courage à deux mains. Deux semaines serait notre maximum, tout dépendrait de l'état de Guinerain. Maintenant que nous y étions, deux semaines me paraissait bien optimiste, faiblesse prenant déjà possession de notre lien, commençant une nouvelle fois à le ronger. Mais maintenant nous connaissions les stades, les étapes et saurions à quel moment il serait grand temps de faire demi-tour pour retrouver Telgram et faire marche arrière dans ce processus douloureux.

Le village ne devait pas être bien loin, presque certain de reconnaître ces ondulations sinueuses tapissées de fleurs. Autant commencer par abuser un peu de l'hospitalité d'Avaïane contre une montre. Quitte à faire nos recherche durant plusieurs jours, autant trouver un endroit où se loger. Les tentes aux couleurs chatoyantes ne sont que de mauvais souvenirs que ma moitié aimerait éviter au possible, images de notre séparation hantant son esprit et notre lien. D'ailleurs elle reste silencieuse, dubitative, économisant son énergie alors qu'elle a déjà le regard vitreux. Elle observe le chemin emprunté, museau sortant du capuchon où elle s'est installée pour mieux observer. Je prends le temps de commenter, pseudo guide qui a parcouru la région durant de nombreux mois.  

Les quelques lueurs de maisons apparaissent, lumière du jour pas encore assez claire pour les plus matinaux. Nous n'avons pas dormi, mais qu'importe, nous voulions faire vite. Mes pas nous emmènent machinalement vers l'atelier de l'horlogère, Guinerain s'enroulant dans le capuchon pour s'y reposer le temps qu'Avaïane arrive et ouvre, montre Telgramienne déjà dans ma main et sourire de mioche prêt à l'accueillir. La silhouette frêle d'Avaïane se dessine au bout de longues minutes, prise d'assaut en moins d'une seconde par mes bras qui l'emprisonnent.

« Avaïaaaaaane ! Mais où étais-tu passée l'autre fois ? Je vous ai cherché durant des heures ! Non mais me faire des frayeurs pareilles ! Tu devrais te couper les cheveux. Regarde je t'ai amenée une montre de Telgram, tu me diras si cette créature te paraît moins dangereuse que les autres. M'enfin j'en doute, toutes des manipulatrices capables de faire de nous leurs pantins. Je suis certains qu'il y a un complot des montres qui vise à les faire devenir maitresses du monde. Oui je sais, je ne devrais pas dire ça en ta présence. Tu tires une drôle de tête ? Un fantôme ? Tu as perdu ton tournevis préféré ? » « Peut-être que c'est la réaction normale d'une personne se demandant ce que tu fais là. » Fit ma moitié dans un long soupir, déjà exaspérée par ma tirade. Je relâche enfin mon étreinte, la laissant respirer avant de reprendre.

« Effectivement j'oubliais ! Je dois rester ici pour quelques jours, rien de bien grave, je suis juste venu chercher quelqu'un. Une femme, la cinquantaine, enfin non moins que ça visuellement parlant, à peu près cette taille, un brin trop maniérée avec un binturong. En admettant que tu saches ce qu'est un binturong, un truc avec beaucoup de poils entre le koala et un félin. Et si tu ne visualises pas un koala, alors je ne peux plus rien pour toi ! C'est tout de même la base un koala. Peut-être que ce ne sera pas quelques jours, mais quelques heures si tu l'a vue. Enfin longue histoire. Un peu comme son retour tiens, là aussi ça dois te faire un effet "jaivuunfantôme". En fait... Bah j'en sais fichtre rien ! C'est un peu com... » « Mais cesse donc un peu de l'assommer de mots comme ça, regarde, elle réalise à peine, tu pourrais y aller en douceur ! Tact et maîtrise, on dirait que ce monde te retourne encore plus le cerveau. Par ailleurs, Avaïane, je n'ai pas encore eu l'occasion de te remercier d'avoir veillé correctement sur Pal durant mon... absence. »
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MessageSujet: Re: « Where No One Goes » ❧ Ft. Avaïane   Mer 1 Juin - 21:19

Where no one goes

What are you doing here ?


   
Je suis paisiblement endormie pour la première fois depuis plusieurs jours, rêves passant dans mon esprit en une brume éphémère faite de montres brillantes et de grands yeux sombres et liquides facettés de particules d'or, lorsque le son d'une clochette tintinnabulante m'arrache à la si reposante torpeur, grognement machinal m'échappant. Je ne souhaite que replonger dans la chaleur de mes oreillers et couvertures, alors même que mes orteils se crispent en sentant les planches froides contre eux. Je ne peux pas ne pas répondre, pas quand il pourrait s'agir d'une urgence. Qui sait, peut-être une montre a-t-elle expiré durant la nuit, victime de quelque maladresse durant le sommeil de son propriétaire ? Peut-être quelqu'un doit-il faire régler sa montre en urgence, sous peine d'être en retard à son propre mariage ? Je ne peux pas simplement tourner l'oreille et prétendre ne rien avoir entendu, long châle de laine étreint autour de moi alors que je descends pieds nus, chaussons probablement oubliés devant la cheminée comme à l'ordinaire, ma main tremblant tandis que j'ouvre prudemment la porte.

Qu'importe ce que j'ai pu imaginé en me préparant, voir Palareth devant moi, furette à peine visible sur sa tête dans la lueur blafarde de l'aube, n'est certainement pas que j'imaginais, sursaut et hoquet de surprise m'échappant. Je ne peux que me raidir, réflexe machinal, tandis que des bras m'étreignent et qu'un déluge de mots s'abat sur moi sans prévenir, me trouvant noyée sous leur poids sans en saisir la moitié. Je n'en ris pas moins, ravie de voir mon ami, avant d'enfin être reposée sur mes pieds, écoutant la jolie daemonne sermonné sa moitié un instant avant que de nouveau les mots ne se déversent, sourire amusé m'échappant par réflexe. Je parviens à mieux écouter cette fois, sourcils se fronçant tandis que je tente de trouver la personne qu'il me décrit, esprit parcourant mes nouveaux clients, les derniers Amputés que j'ai croisé. Une femme qui fait moins de cinquante ans avec un... binturong... avec elle. Qui est censé ressembler à je ne sais quoi. Mes yeux clignent, et clignent de nouveau en entendant Guinerain me remercier, mes joues rougissant malgré moi.

"Ce n'est pas la peine de me remercier, c'était un plaisir, et je suis ravie de te savoir de retour. Tout va bien ? Tu ne te sens pas trop fatiguée j'espère ? Et Palareth, tu n'as aucun autre détail à me donner sur la dame que tu cherches ? Il y a bien des femmes qui sont arrivées, mais la plupart ne correspondent pas..."

Parler à un daemon est quelque peu étrange, et une part de moi s'inquiète à l'idée qu'elle puisse se vexer de mon tutoiement ou de la manière dont je m'adresse directement à elle. Peut-être ai-je commis un énorme faux pas ? Un doigt se porte à ma bouche tandis que je réfléchis tandis que l'autre tient la si jolie montre telgramienne, mes yeux parcourant le cadran avec délice, l'envie de l'emporter dans mon atelier pour la démonter et percer ses secrets montant lentement en moi. Je peux déjà dire qu'elle n'est pas tout à faire à l'heure, elle a sept secondes d'avance, mais peut-être nos deux mondes ne sont-ils pas tout à fait alignés dans leur temporalité ? L'idée est certainement intéressante à soupeser, et je note d'y revenir plus tard, sourire reprenant place sur mon visage alors que je fixe le duo familier.  

"La montre est splendide, merci, j'ai hâte de l'étudier de plus près ! Et vous pouvez rester ici si vous avez besoin d'un logement, bien sûr. Sinon, pour en revenir à votre question... il y a bien une femme qui est venue à plusieurs reprises, mais elle n'était pas particulièrement maniérée... enfin, il ne me semble pas, elle n'est pas très bavarde, je ne connais même pas son nom. En tout cas, je sais qu'elle ne vit ni dans le village ni dans le campement, elle fait probablement partie de ceux qui restent dans le désert. Elle a toujours l'air très triste... et elle refuse toujours de rester pour un thé ! Si tu me décrivais la personne que tu recherches, je pourrai probablement te confirmer si c'est elle." 

Les mots s'échappent, anxieux et précipités, tandis que mes mains jouent avec la si belle montre, et je ne tente pas de les retenir. J'aimerai prendre le temps de demander à Palareth comment il va, pouvoir lui dire que j'ignore comment je suis revenue ici, mais je n'en ai pas le temps, il me faut me concentrer sur l'essentiel. Je ne suis que trop consciente de la menace qui pèse de nouveau sur lui, de la Poussière qui anime la belle furette en train de se faire dévorer plus vite que les secondes ne s'écoulent, et je ne peux pas risquer d'être complice de sa disparition si elle se produit de nouveau. Ils ne méritent pas ça, et je ne peux que prier pour qu'ils trouvent vite qui ils cherchent et rentrent à Belgram. Peut-être me laisseront-ils les suivre, que je puisse étudier de plus près leurs horloges et mécanismes ?
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MessageSujet: Re: « Where No One Goes » ❧ Ft. Avaïane   Jeu 2 Juin - 11:18

Where No One Goes

Let the wind carry us to the clouds, hurry up, alright, we can travel so far as our eyes can see


Moue boudeuse, interrompu dans mon élan et mes mots, comme toujours. Guinerain s'en amuse, venant se frotter à ma nuque en guise d'excuse tout en se retenant de rire, se perchant ensuite sur mon épaule après avoir enlevée l'amas de tissus destiné à me tenir chaud. Elle ouvre la gueule, prête à répliquer alors que je me venge, pénétrant dans l'antre d'Avaïane et lui imposant notre présence dès le matin. « On discutera après, il nous faut du thé ! » Je laisse sacoche, lourde cape et redingote à l'entrée, jambes se dirigeant automatiquement vers la théière et les si précieuses feuilles. Autant commencer par un petit plaisir après tout ? Loin du goût ignoble des feuilles trop sèches et à la provenance douteuse, qu'on peut trouver dans les Limbes Balgramienes. Cela ferait probablement du bien à Guine d'ailleurs.

« Tu n'imagines même pas à quel point le thé qu'on peut trouver à Balgram est ignoble. Trop sec, hors de prix, ayant perdu en goût et vendu par des gens louches et très peu... enfin pas très... tu visualises, je ne vais pas te faire un dessin. En plus il est si rare et précieux qu'on doit le couper avec d'autres thés balgramiens. Si tu savais depuis combien de mois je rêve d'en boire une véritable tasse fraîche et juteuse. D'ailleurs je compte bien faire mes réserves avant de repartir, pas comme la première fois où j'ai été stupide de penser qu'il serait simple de s'en procurer. Si on en revient à cette histoire de dessin, tu n'aurais pas une feuille et un stylo ? Ce sera plus simple. Et ne t'inquiète pas pour Guinerain, elle tient le coup, juste une question d'économie d'énergie, elle est solide, pas vrai ma vieille ? » « Ose encore une fois m’appeler "ma vieille" et je te mange un doigt. »

Les mots sortent encore et encore alors que je me sers dans les armoires sans aucune gène, préparant le Thé dans les règle de l'art, n'hésitant pas à m'imprégner de la délicieuse odeur enivrante des feuilles. Le liquide d'or fini par être versé dans les tasse, l'une d'elles tendue à Avaïane avant de plonger sur la seconde, maquant de me brûler la langue au passage. « Poussière ! » Extase qui caresse doucement mon palais dans un long soupir d'aise, m'installant sur une chaise pour laisser mes jambes se reposer quelques instants après cette nuit de marche. Après tout, à trop forcer, cela risquait d'accélérer le processus d'amputation.

La tasse est posée sur la table alors que je me saisis de la plume avec concentration. Dessiner se révèle plus compliqué que je ne l'aurai imaginé, mon esprit ne guidant pas ma main comme je l'aurai désiré. C'est parfaitement médiocre, grossier, enfantin, surtout de mémoire, alors que je n'avais pas revu le visage visé depuis trop longtemps. Contrairement à la musique, le dessin était une pratique que je n'avais jamais appris de manière académique. Guine ne préfère pas se moquer de mon manque de talent, bien qu'elle n'en pense pas moins, bondissant sur la table pour aller laper quelques gorgées de Thé dans l'espoir de ralentir la chose, d’apaiser le feu qui nous brûle et nous consume déjà, à moins que ce ne soit pour retenir un fou rire.

« Voilà, c'est à peu près ça ! En moins abstrait, plus réaliste. Non, laisse tomber, ce n'est pas du tout ça. La pauvre me tuerai de l'avoir représenté de la sorte. Pas très bavarde reste plausible cela dit, même si refuser du thé serait parfaitement ridicule et idiot. Ah oui elle aime beaucoup les pommes, même si je suppose que c'est plus compliqué à identifier avec tes goûts étranges, comment ton organisme peut-il les rejeter ? C'est une logique qui m'échappe complètement. » « Il vaudrait mieux que je prenne le relais Pal, puisque c'est un véritable monstre mal formé que tu décris là avec ton portrait. On cherche la mère de Palareth, grande blonde élégante aux yeux bleus et des sourcils qui lui donnent un air sévère. Elle devrait avoir à ses côtés une sorte d'animal sombre aux grands poils, silencieux et maladroit, il vaut mieux le préciser, qui fait facilement penser à une énorme peluche. Elle se nomme Sereryse, Sereryse Balshilek et lui Norhwenar. »

Le discours de ma moitié vaut effectivement mieux que le mien et ma tentative médiocre de recréer une image que j'aurai pu montrer dans tout le village. Nous gardons toujours espoir que le binturong soit encore à ses côtés, image d'elle seule nous donnant le tournis et refusant de s'imposer dans notre esprit. Mes doigts effleurent distraitement le dos de la furette alors que nous attendons une réponse, une piste, savoir par où commencer.
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MessageSujet: Re: « Where No One Goes » ❧ Ft. Avaïane   Lun 6 Juin - 22:50

Where no one goes

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Un rire m'échappe alors que Palareth prend ses aises, nous préparant un thé et parlant tout du long, la situation si familière en dépit du passage des mois et de la présence presque étrange de la furette. Je connais infiniment mieux Palareth que je ne la connais elle, et pour tout ce que je lui parle comme si elle était une personne, une part de moi ne peut s'empêcher d'être perturbée par sa présence. Les daemons sont trop peu courants pour que je sois familière avec, protégés jalousement par leurs moitiés avant leurs disparitions, et la délicate silhouette dorée à mes côtés lors de la Fête des Lanternes n'a rien à voir avec Guinerain. Elle parle, est solide, réelle, et une part de moi ne peut s'empêcher d'être déstabilisée, presque effrayée, autant à l'idée de l'offenser qu'à l'idée de ce qu'elle représente. Il ne faut pas qu'Ana la voit, jamais. Elle tenterait immédiatement de partir pour Telgram.

J'accepte la tasse dans un sourire, la sirotant tandis que j'observe Palareth dessiner sans grand succès, résultat incompréhensible à mes yeux. Il s'en rend compte, fort heureusement, se laçant dans un nouveau discours alambiqué interrompu par Guinerain bien plus précise dont les mots me font cligner des yeux et boire mon thé de travers, gorgée brulante coulant dans mes poumons et me faisant tousser, ma tasse rapidement abandonnée échappant de justesse au pire. La mère de Palareth ? Ici ? Une grande femme blonde et solennelle ? Je m'étrangle tant du thé que de l'idée, larmes coulant le long de mes joues alors que je masse désespérément mon sternum, me redressant enfin et prenant une grande gorgée d'air qui manque me précipiter dans une nouvelle quinte de toux.

"Je crains que cette description ne corresponde à la femme dont je te parlais, physiquement du moins, j'avoue qu'elle avait l'air plus triste que sévère, lorsque j'ai pu la croiser. Mais je suis désolée... elle est Amputée, je n'ai jamais vu son daemon. Je ne peux donc pas entièrement te confirmer que c'est elle, d'autant que j'ignore son nom. Tout ce que je suis en mesure de te dire, c'est qu'elle ne fait pas partie de ceux qui ont choisi de résider dans les Plaines. Oh, et elle semble faire des stocks de Thé, pour tout ce que je ne l'ai jamais vu en boire."

Elle est étrange, cette femme, au point que je ne puisse pas ne pas l'observer lorsqu'elle se montre au village, et je ne vois guère de ressemblance avec Palareth. Il tient de son père je suppose. Je me demande, reprenant mon thé et le sirotant un instant avec de m'emparer du crayon et du papier, griffonnant rapidement l'Amputée. Je suis plus habituée à croquer mes mécanismes, le résultat clairement infidèle à la réalité, mais j'ai la sensation de pouvoir la reconnaitre dedans. Probablement parce que son visage est si présent dans mon esprit en cet instant qu'il pallie même aux déficiences de mon dessin. Je peux au moins me consoler en me disant qu'il est plus réussi que celui de Palareth. Quelle fierté, vraiment... Absurde. C'est absurde, et je prends une gorgée prudente de thé, liquide éclaircissant mes pensées. Le manque de sommeil ne me réussit pas.

"Si jamais, c'est elle sur le dessin, pas que je pense lui avoir fait honneur. Elle a une beauté particulièrement digne, il faut l'admettre, s'il s'agit bien de ta mère elle est magnifique. Veux-tu rester te reposer, ou préfères-tu que je te coupe des tartines et te trouve une gourde pour prendre du thé avec toi ? Je dois avoir un sac et une carte quelque part, cela peut peut-être faciliter tes recherches. Ils sont à toi si tu les veux."
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MessageSujet: Re: « Where No One Goes » ❧ Ft. Avaïane   Ven 10 Juin - 10:20

Where No One Goes

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J'ignore si la réaction d'Avaïane est due au discourt de Guinerain ou au fait qu'elle lui adresse directement la parole, après tout, ils n'étaient pas du genre animaux qui parlent dans ce monde. J'avais agis comme tout autre sentencé normal lors de ma première venue, le type même à vouloir garder constamment ses yeux sur sa moitié, jalousement, sans oser s'approcher des locaux curieux, elle n'avait donc que trop peu vu la furette à l’œuvre. C'est étrange comme réaction tout de même quand j'y repense avec le recul. Peut être que nous sommes plus détendus, que nous savons qu'une sortie nous accueillerait avant une nouvelle déchirure. « Doucement ! Ce n'est pas le moment de mourir étouffée avec du thé. Même si dans ce cas là on pourrait plutôt dire mourir noyée à cause du thé non ? C'est tout de même plus poétique et certainement plus agréable comme mort. C'est Guine qui te met dans un état pareil ? Elle ne va pas te mordre. »

Et là, c'est le drame, alerte rouge et tout le reste. Le poil de mon Daemon se redresse, crocs à moitié dehors en retenant un grondement lorsque le mot "amputée" s'élève, écho à mes ongles qui s'enfoncent dans le bois de la table alors que je bouillonne. Le seul mot qui nous vient en tête est qu'il s'agit d'une vaste blague, qu'Avaïane nous ment, que ses propos sont tout à fait surréalistes et qu'elle a bu trop de thé pour aujourd'hui, même si la tasse que je viens de lui tendre est la première de la journée. Je n'aime pas ce mot "Amputé", si vulgaire, faux, qui bourdonne aux oreilles lorsqu'on le prononce, qui englobe une catégorie et stigmatise et je n'aime certainement pas qu'il sorte des lèvres de l'horlogère, de toute manière je n'aime pas le discours qu'elle tient tout court.

« Cela est faux. Tu dois confondre et te tromper. » Affirmation répliquée de façon irritable, droit et glacial, doigts enserrant la furette qui cherche tout autant le contact que moi. Nous n'en croyons pas un mot, elle se trompe d'individu, jamais nous ne pourrions être en retard, pas après être parti dans la précipitation, pas après nous être véritablement battus pour enfin venir d'un commun accord. Pas la peine de paniquer, elle ignorait le nom de sa visiteuse, puis des blondes aux yeux bleux, ce n'est pas un phénomène rare et ça court les rues.

Une crainte absurde nous empare alors que l'horlogère commence un dessin rapide, emprise se resserrant sur ma moitié alors qu'elle observe, nos regards rivés sur le papier faisant écho. Chaque trait est un supplice et je ne peux m'empêcher d’éprouver une sorte de jalousie dans sa façon de faire, faisait disparaître définitivement ma tentative ratée et mon échec cuisant dans le fond de ma poche après l'avoir roulé en boule d'une main. J'ai cette impression que c'est tout de même bâclé, pas ressemblant, un visage inconnu qui me laisse de marbre. Guinerain semble plus partagée, voyant peut-être un regard similaire. Partagé, une fois de plus, ce qui ne fait qu'augmenter ce sentiment dérangeant d'irritation et douloureux. Ma vision fini par l'emporter, se rangeant au bout de quelques secondes, perdant la ressemblance qu'elle avait cru percevoir l'espace d'un instant. « Nous ne pensons pas qu'il s'agisse d'elle. » Son ton est nettement plus détendu et soulagé que le mien, mes muscles refusant de se détendre, seul mon bras se dirigeant vers la tasse de porcelaine pour la saisir. Visage neutre, je fais au possible pour me servir de mon éducation afin de dissimuler nos sentiments.  

« Je ne vais pas dire non pour le thé et la carte devrais nous être plus qu'utile, même si je préfère me fier à ma mémoire. C'est Guine qui a peur de se perdre, enfin ce n'est pas comme si nous avions plusieurs semaines devant nous. Pour le reste, j'ai des réserves de tarte aux pommes. Je ne t'en propose pas je suppose ? Tu ne sais vraiment pas ce que tu rates, je peux affirmer que celle de ma femme est la meilleure de tout Telgram et certainement de tout l'Autre Côté. Nous aurons juste besoin d'un endroit où passer la nuit si nous ne nous éloignons pas à vrai dire, hors de question de rester là dehors à se faire manger par Poussière sait quelle horrible bête, on a déjà bien assez avec ce qui nous mange. Enfin on peut imaginer qu'il s'agit d'une horrible bête invisible je suppose. » La détende se fait au fur et à mesure, la décontraction regagnant mon être alors que les mots s'enchainent encore et encore. Il n'y avait plus qu'à entamer les recherches, bien que nous ne savions absolument pas par où commencer tellement ce monde était vaste.
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MessageSujet: Re: « Where No One Goes » ❧ Ft. Avaïane   Lun 13 Juin - 12:21

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J'observe Palareth observer mon dessin, mes traits déjà rendus anxieux par ses mots si froids  se crispant davatange tandis que je vois son visage se figer, ses muscles se contracter, me reculant machinalement pour établir une légère distance en un mouvement instinctif. Je ne crains rien pourtant, je le sais, Palareth ne s'en prendrait pas à moi, mais l'habitude gagne sur la confiance, et je reste prudente, regard refusant de le lâcher au cas où un étrange mouvement d'humeur le prendrait. Je ne sais pas, peut-être que retrouver son daemon l'a rendu plus instable, après tout. Il ne m'avait encore jamais parlé de la sorte. Je ne le connais pas, cet homme complet, et je doute que venir ici alors qu'il a retrouvé sa moitié soit généralement considéré comme la marque d'un homme sain d'esprit. Je suis partagée, entre la joie toujours présente de le revoir, et de le savoir complet, petite note d'espoir de revoir un jour cette créature juste entraperçue qui est mon âme, et crainte de sa réaction. Mes muscles ne parviennent pas à se défaire de leur tension anxieuse lorsque le verdict de Guinerain tombe. Je peux voir la tension qui anime encore Palareth. Il y a un doute, même s'ils ne l'admettent pas. Et je n'aime pas ça, je crains les mots qu'il va prononcer lorsqu'il recommence à parler. J'ai peur de Palareth. Pathétique, vraiment...

La tirade qui suit me détend quelque peu, mots s'écoulant à une vitesse proprement palarethienne et contenu tout aussi rassurant, sourire exaspéré m'échappant face à cette énième remarque sur mon incapacité à manger des pommes. A croire que mon organisme commet un véritable crime en refusant ce fruit... Peut-être que c'est parce que je n'ai pas Eysteinn, que je ne peux pas manger de pommes ? Comme un symptôme supplémentaire de son absence ? Ce serait étrange, quand même, et je chasse l'idée pour opiner à la place, m'éclipsant le temps d'attraper une de mes plus grosses gourdes et ma carte, le papier soigneusement enroulé dans un tube de cuir imperméabilisé. Elle ne risque pas la pluie, quelque chose qui sera probablement utile, même si il ne pleut guère à cette saison. Palareth cherchera peut-être au Nord, après tout...

"Sais-tu par quelle région tu comptes commencer ? Le Nord n'a pas vraiment de campement, ni même des conditions telles que l'on peut vraiment s'y réfugier, mais cela te laisse l'Est, l'Ouest et le Sud... encore qu'il me semble avoir entendu que les campements de l'Ouest étaient déserts en ce moment. Ce qui est normal, c'est la saison des moustiques et des mouches-brûlots après tout. Tu es sûr de ne rien vouloir d'autre ? Oh, et la deuxième chambre est prête, ne t'en fais pas, tu peux y poser vos affaires si tu veux."

Une main s'élève, jouant machinalement avec ma tasse, la conscience de ma tenue me revenant brutalement et me faisant chauffer les joues. Je suis terriblement indécente, et je me prends à balbutier quelques excuses et inviter Palareth à faire comme chez lui tandis que je grimpe mes escaliers et me barricade dans ma chambre, passant des vêtements aussi vite que je le peux. Je finis en tenue de travail, jupe ample, chemise aux manches ajustées de sorte à ne pas gêner mes mouvements, et gilet soigneusement boutonné, chaussures tapant contre le bois des escaliers. Qu'importe. Je mets rapidement de l'eau à chauffer de nouveau, avant de me préparer d'épaisses tartines de beurre et de confiture, en laissant quelques-unes de côté pour Palareth et Guinerain. Il ne faudrait pas qu'ils entament leurs stocks avant l'heure, surtout s'ils n'ont que de la tarte, je ne doute pas qu'ils la dévorent rapidement après tout. Et au vu de l'heure, ils auront probablement faim. Ou pas. Je ne me souviens même plus si je leur ai déjà proposé à manger, tête tournant face au poids des évènements, mon attention se reportant au final sur ma nouvelle montre. Mes doigts la caressent doucement, chainette passée autour de mon cou tintant doucement contre mes ongles. Le silence pèse autour de moi, sans que je sache le soulager, sifflement de la bouilloire bienvenue lorsqu'il résonne à travers la pièce.

"Tu veux davantage de thé, Palareth ? Quelque chose à manger ? Un coup d’œil à ta montre ?"
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MessageSujet: Re: « Where No One Goes » ❧ Ft. Avaïane   Jeu 16 Juin - 14:08

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Nous oublions instantanément le dessin, esprits préférant passer à autre chose, se contentant d'observer Avaïne qui opère, ne prêtant aucune attention à sa tenue légère (trop légère) de la nuit, comprenant à peine pourquoi elle disparaît en haussant les épaules alors que la carte se déroule déjà sur la table. Jamais je n'avais consulté une carte de ce monde lors de mon précédent "voyage", laissant l'aventure et les longues journée vides et creuses prendre le pas sur les risques et la rationalité. Il y avait clairement des zones inconnues, même si trop improbable, dépourvues de vie et de campements, certainement dangereux et risqués. Nous n'étions pas là pour faire du tourisme et Guine ne manqua pas de le souligner alors que mes doigts tracent divers sentiers et frontières, la curiosité ne cessant d'augmenter de seconde en seconde. Un itinéraire se trace doucement notant les conseils de l'horlogère avec soin pour les prendre en compte.

Nous remarquons à peine la présence de la propriétaire des lieux qui reviens s'affairer tout autour, ajoutant des provisions à nos provisions. Au moins c'est clair, nous n'allons certainement pas mourir de faim. La phrase me fait sursauter, interrompant nos réflexions sur les lieux à visiter en priorité, Guinerain tentant de me dissuader au mieux de commencer par les tentes aux alentours du village, préférant occulter notre premier séjour. Je hausse d'abord les épaules, terminant la tasse qui était restée posée sur la table alors que je replie soigneusement la carte.

Les yeux sombres de la furette se lèvent au ciel alors que le mot "montre" est prononcé, me suppliant de ne pas saisir la perche et ne pas m'embarquer sur ce sujet. « Je n'ai besoin de rien, même si je t'avoue que j'aimerai un bon stock de feuilles de Thé à emmener avec moi, histoire d'avoir enfin une boisson décente. Il faudra juste faire ça de manière discrète, je n'ai pas envie de m'y retrouver de nouveau pour une période nettement moins... confortable. Tu crois que tu pourrais m'en cacher dans des montres cassées ? Enfin non beaucoup trop lourd et ça prendrait trop de place, puis ça me ferait une belle jambe un énorme sac de montres cassées, en plus de te faire de la mauvaise publicité. C'est presque excitant, j'ai l'impression de commencer un trafique de Thé, même si je ne compte évidement pas le vendre, c'est purement égoïste. Ma montre va très bien, enfin je suppose. J'espère juste qu'elle ne fera pas comme la précédente, devenue complètement folle. Tu sais que j'ai perdu six mois pour rien ? Vraiment c'est ridicule, à croire que tout le monde avait raison et que je ne voulais rien entendre, mais je reste persuadé que c'est de sa faute, elle m'a envoûté. Non celle-ci me paraît fiable, qu'en dis-tu ? Même si je n'ai pas de temps à perdre, je pourrais probablement te la laisser, même si je risque de me perdre encore une fois dans les heures, jours et mois. »

La furette commence à s'impatienter, crocs tirant sur ma manche pour que je cesse et ferme enfin la bouche. « Je pense qu'on va devoir y aller Pal, la pauvre va finir par avoir la migraine si tu continues à caqueter de la sorte. » Nous aurons effectivement tout le loisir de discuter des montres et de leurs desseins démoniaques un autre jour, si notre recherche se révèle fructueuse. Je me lève en attrapant notre kit de survie wonderlandien, y glissant la carte avant de saluer l'horlogère, ignorant si nous reviendront le soir même maintenant que nous avions les itinéraires à suivre.
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