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 Joahlya C. Fiorino

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MessageSujet: Joahlya C. Fiorino   Ven 27 Mai - 22:37


Joahlya C. Fiorino


«Bancal c'est pas grave, bancal c'est très bien, mais tiens-moi à distance de mes désirs mesquins.» Fauve, Paraffine



NOM Fiorino ❧ PRÉNOMS ❧ Joahlia Clioty SURNOM(S) ❧ Jo ou Jojo ou Gamin ÂGE ❧ 20 ans et toutes ses dents! EN CE MOMENT JE SUIS ❧ Au boulot, à Balgram, dans une usine parmi d'autres, pleine de suie. ORIENTATION SEXUELLE ❧ De celle qui nous fait tourner les yeux au lieu d'assumer. Jo elle aime la douceur, la prestance, la légèreté des pas sur le bitume, les sourires doux, un peu comme maman... Mais Jo n'aime pas maman, elle aime juste ce qui est délicat. De toute façon personne ne lui dit rien quand elle lance un regard timide vers une femme, personne ne la voit, et un homme ça a le droit...STATUT CIVIL ❧ Célibataire, parce que y'a autre chose à faire. Et c'est compliqué de trouver une femme qui aime les femmes quand on est un homme... Vous voyez? CLASSE SOCIALE ❧ Classe ouvrière. MÉTIER ET/OU ÉTUDES ❧ Ouvrier, assistant machiniste. GROUPE ❧ Rouage. SOSIE ❧ Amra Cerkezovik

Caractère

Joahlya Clioti Fiorino. Un bien drôle de prénom pour le petit homme se tenant en face de nous. Bien trop grand pour ces frêles épaules, bien trop soigné pour ces frippes tâchées entourant ce petit tas d'os, bien trop pour cette personne qui souhaiterait se rapprocher du rien. Ce petit homme, tout d'abord, c'est une femme. On ne s'en rend pas compte au premier abord, avec ses cheveux courts en bataille et sa mâchoire carrée mais oui, Jo est bel et bien une femme, on le voit quand elle est nue. Ça n'arrive à personne de la voir nue de toute façon... Elle n'a pas trop envie de vous montrer qu'elle n'est pas ce qu'on croit, et puis pourquoi elle enlèverait ses vêtements d'abord?! Devant un homme? Non, hors de question. Être un homme c'est bien, et les hommes ne se fréquentent pas entre eux: ça lui va comme ça. Elle n'aime pas leurs grosses mains, leurs rires gras, leur grossièreté... Non, Jo préfère les femmes. Légèreté, douceur, calme... Pas vraiment ce qu'elle est, en somme. Mais elle aime côtoyer ce genre de personne... Bien qu'elle n'aie jamais eu l'occasion d'aller plus loin qu'un regard croisé dans la rue, furtivement. Comment elle oserait-elle parler à des personnes si... Différentes? Et de toute façon elles ont autres choses à faire, et puis on dérange pas les gens comme ça, et que le monde l'oublie lui va très bien.

La petite Joahlya n'est en effet pas très douée pour le relationnel. Peu bavarde, elle n'arrive pas toujours à comprendre les pensées des gens et ça la rend un peu nerveuse... Du coup elle préfère se cantonner à ses relations professionnelles. Elle écoute les histoires aux rares heures de pause ou de repas, sourit, acquiesce quand on lui donne un ordre, exécute. Les patrons sont contents, elle aussi, tout le monde a son compte. Elle se sent bien dans son travail: en pantalon, les mains dans le camboui ou sur les machines, dans l'usine, ça lui va très bien. Et quand elle rentre, elle se lave, et met à peu près les mêmes vêtements, à ceci près qu'ils sont plus propres. Les robes? Joahlya ne les a jamais vraiment aimées, alors même qu'avant elle avait une meilleure situation que maintenant, et qu'elle devait en porter. Finir dans les Limbes a eu le bon côté de lui permettre de porter des pantalons tous les jours. C'est plus pratique, plus simple, plus facile à faire aussi, donc plus facile à trouver dans ce coin-là quand on a rien, et elle s'y est toujours sentie mieux.

Mais à part ceci, vivre dans les Limbes n'a pas eu beaucoup de bon côté. Le pire, c'était l'ennui... Joahlya n'aime vraiment pas l'ennui, il lui fait peur, ce pourquoi elle était toujours dehors, et pourquoi aujourd'hui elle passe tant de temps au travail. Quand elle s'ennuie, Jo pense beaucoup trop à son goût... Elle n'aime pas vraiment où va le fil de ses pensées. Elle ne peut en effet jamais s'empêcher de penser au monde de son père... Oh, son père est adorable, elle l'aime plus que tout au monde et il le lui rend bien. Seulement... Joahlya ne croit pas qu'il soit fou. Non, malgré qu'il ai passé tant de temps dans le Wonderland il ne peut pas être fou, il est adorable avec elle et avec le reste du monde en général. C'est juste que... Il y a tant de couleurs dans ses yeux, quand il en parle. Tant d'animaux différents, tant d'horloges également... Il aimait ce monde-là, ça le rendait heureux. Était-ce mal d'être heureux? Enfin. Jo ne se donnait pas vraiment le droit de rêver à ce pays... Parce qu'elle n'en avait pas le droit. Tout d'abord, ça ne se faisait pas. Ensuite, pour ses parents, pour rester dans leur monde à eux, pour la chance qu'ils lui avaient donné de sortir des limbes... Enfin, pour Missa.
Jo ne doit pas penser au Wonderland car elle n'a pas le droit de penser des choses si... Étranges. Le Wonderland, c'est vivre sans Missa. C'est tuer son daemon, assassiner une partie d'elle-même... Mais est-ce mal de vouloir être heureux? Cette scission entre eux deux est effrayante. Un gouffre... Une partie de l'âme voulant manger l'autre pour être tranquille. De la folie. Est-ce vraiment mal de vouloir être heureux? Il ne faut jamais que personne ne connaisse ce désir qu'a Jo, que personne n'apprenne leur différent, que personne ne sache...

Est-ce vraiment mal d'être heureux?

 
Questions

CE QUE JE PENSE DE LA POUSSIÈRE ❧ La poussière? Elle y connaît pas grand chose. Son père a dévoré tous les livres qu'il a pu se procurer sur le sujet (c'est à dire peu vu sa situation et le nombre de livre existants...) et pense que c'est une bonne chose, alors elle aussi elle le pense.
CE QUE JE PENSE DE L'AUTRE COTE ❧ Elle veut y aller. Ardemment. Elle sait qu'elle n'a pas le droit de le vouloir mais elle en rêve. Sortir de cette vie toute faite d'apparence qu'est la vie à Telgram, découvrir d'autres choses, gambader dans les champs au milieu de papillons-toast (Son père les appelle comme ça, il trouve ça rigolo. Du coup ils en ont oublié le vrai nom...), se sentir libre... Ce serait si simple, si par exemple elle arrivait en courant voler ce paquet de pommes dans l'étalage... Mais elle ne peut pas, elle ne veut pas choisir entre la perte de son daemon et son bonheur. Du coup elle pense à autre chose et évite de penser à l'Autre Côté, sinon les disputes avec Missa sont quasi-inévitables. C'est mauvais un humain qui passe son temps à se disputer avec son daemon... C'est mauvais quelqu'un qui est en désaccord avec soi-même.
CE QUE JE PENSE DES AMPUTES ❧ Les amputés? Y'en a qui font peur. Mais y'en a des gentils hein! Ça dépend de pourquoi ils l'ont été, sûrement. Pourquoi ils ont été envoyé dans l'autre monde. Le père de Jo, il était gentil par exemple, et il l'est toujours, quoi qu'un peu différent. Ouais, les amputés, c'est comme le lait. Quand c'est bon ça fait grandir, mais parfois ça tourne et là... Rien que l'odeur fait fuir.



NOM DU DAEMON ❧ Missa APPARENCE ❧ C'est une genette commune. Sa fourrure est gris clair tachetée de noir, et sa queue porte les mêmes couleurs mais est rayées. Il ressemble à un chat avec de plus longues oreilles et un corps plus allongé. QUAND S'EST-IL FIXE ❧ Vers les 13 ans de la fillette. POURQUOI CETTE FORME ❧ Très discret, silencieux, doux, long aux traits fins. Vous ne savez pas duquel des deux je parle? Exactement. S'IL DEVAIT CHANGER D'APPARENCE ❧ Peut-être une fée. En train de boire du thé. Mais puisque ce n'est dans aucun glossaire, alors il aurait été un autre truc discret. Un élève ne voulant pas être interrogé?

Caractère

Missa est étonnamment semblable et différent de son humain. Lui aussi est discret et n'aime pas qu'on le voit. Lui non plus n'a pas vraiment eu le bon genre à la naissance, et se sent mieux dans le rôle de daemon féminin que la double identité de Jo lui offre par procuration. D'un naturel délicat, il a horreur de froisser les gens ainsi que toute forme de conflit. En avoir avec Joahlya lui brise toujours le coeur mais il faut malheureusement la raisonner... Il voit très bien, lui, dans les yeux de Xinart que c'est la folie qui le fait sourire. Il comprend bien la douleur... Il essaie de fermer les yeux sur le mal qui les ronge Jo et lui, cette coupure entre eux: une entité, un couple daemon/humain, deux pensées distinctes, comme deux âmes... Mais non c'est impossible, ils ont trop de points communs. Il va bien. Jo va bien. Après tout c'est normal d'avoir quelques petits accrocs... Non? Missa a peur. Il a peur que tout ne soit pas très normal chez eux. Alors il essaie de leur garder la tête hors de l'eau, autant qu'il peut...

 
Anecdotes

❧ Missa et Jo ont parfois (souvent) des problèmes de communication. ❧ Missa aime sa forme car si il passe pour un chat de gouttière, il est différent de ces simples animaux. ❧ Jo et Missa ont un goût très prononcé pour la nuit. ❧ Tous deux n'en ont pas toujours l'occasion mais adorent manger de la viande saignante.❧ Il arrive à Missa de parler de lui au féminin, c'est pour lui son genre naturel. ❧ Il arrive également à Jo de parler d'elle au masculin, habitude prise (avec plaisir) à cause du boulot. ❧ Jo et Missa ont peur de vieillir, ne se sentant pas vraiment prêts à affronter cette vie si compliquée, où leur sexe risquent de se voir avec le temps. ❧ Jo est fascinée par le Wonderland et Missa totalement effrayé.  ❧ Le problème de Jo et Missa peut s'apparenter à un dédoublement de la personnalité. Missa est le côté coincé dans la peur de la folie, Jo est le côté du fou niant totalement la folie. ❧ Pour l'instant, leur situation est stable et ils n'ont pas connus de problèmes majeurs. Personne ne se doute de leur désaccord.




Bonjour ! Moi c'est Charlie, sur la toile on me connait sous le pseudo de Liliandthemusic la parfaite. J'ai 18 ans et je vis à Montpellier si un jour j'arrive à y retourner entre les voyages et les jobs d'été.... J'ai trouvé le forum via Mad et/ou Dormouse qui m'ont fait du charme et je le trouve vraiment bof du coup je viens relever un peu le niveau ! Pour finir je dirai : qu'il fait faim.

Plus sérieusement je n'ai pas grand chose à dire excepté que: vous avez mis les bottins à la mauvaise place, vous les avez indiqué dans la présentation mais ils sont dans «démarrer», les deux places sont logiques mais du coup vous les avez mal indiqué What a Face! Je m'excuse du retard de la présentation, j'attendais toujours Loba... Qui avait fini sa présentation mais l'a perdue! Du coup tant pis pour lui je poste x)!

LES BOTTINS:
 

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MessageSujet: Re: Joahlya C. Fiorino   Ven 27 Mai - 22:39


   

Ma vie, mon histoire


Relative happiness is still happiness right?

  An 610. Le dernier des Skovilack, une des plus grandes familles bourgeoises, se meurt dans sa chambre. Ses filles, toutes mariées, aucune ne portant le même nom, se tiennent auprès de lui, silencieuses. Seul un homme bouge dans cette pièce où même la mort attend, se délectant du spectacle. Il prend le poul, tâte la gorge, penche la tête sur la poitrine, regarde toutes ses fioles les unes après les autres, verse une goutte de l'une un doigt de l'autre dans la gorge du sexagénaire. La respiration est sifflante depuis des heures, les paupières bougent à peine, le front est brûlant: le froid de l'hiver aura régalé son amie la Faucheuse une nouvelle fois. Dernier soubressaut de ce corps tachant de survivre, la lionne au pied du lit s'affaisse.

Alors Xinart se leva, blême. Il était le médecin familial depuis peu mais savait pourquoi les autres ne l'étaient plus. Chaque mort de la famille se résulte par le passage du «mauvais» médecin, l'«assassin», de l'Autre Côté. Il se retourna vers les sœurs, se demandant si il lui restait un espoir de les supplier. Il ne trouva que des regards assassins, froids. Cette famille était l'une des plus vieilles de la région, trois des quatre filles étaient mariées à un conseiller de la ville. Elles étaient donc très influentes, ce n'était un secret pour personne. Les passages, ça les connaissaient, le procès sera extrêmement court. Fermant les yeux, il se felicita amèrement d'avoir dit adieu à sa femme ainsi qu'à sa fille de quatre ans quand le garçon de service de la maison était venu le chercher. Il espérait ne pas survivre, une fois là-bas. Il entendit une porte s'ouvrir, un cliqueti, et l'acier froid des bracelets toucha ses poignets. Dehors, un hibou hulula, déchirant la nuit de son cri de désespoir.

~~~~~~~~

L'endroit était miteux mais il s'en foutait. Noir de suie, le jeune homme poussa la porte d'un coup d'épaule et entra dans le petit cagibi qui lui servait d'appartement. Il n'était pas peu fier de se le payer tout seul, cet appartement! De toute façon ses parents ne l'auraient jamais pu, ils ont déjà du mal à se nourrir eux. Fonçant dans la encore plus minuscule pièce qui lui servait de salle de bain, le jeune homme se déshabilla. C'était en fait une femme! Qui l'aurait cru, avec ses cheveux courts, ses bras musclés par le travail et sa mâchoire carrée? Personne, et c'était très bien comme ça. Elle enleva consciencieusement les bandelettes qui entouraient sa poitrine, cachant le peu de seins (les tétons, en fait) qu'elle avait. Faisant couler l'eau sur sa nuque, elle passa sa main dans ses cheveux, se rappelant de la première fois où elle les avait coupés.

Ce jour-là, elle devait avoir dix ans, elle avait joué dans la rue jusqu'à pas d'heure, triturant la terre de ses mains, et encore, on supposait qu'il n'y avait que de la terre... Les rues de ce coin-là n'étaient pas vraiment toutes propres. Quand elle était rentrée, crottée de la tête au pied, sa mère lui avait passée un soufflon. La pauvre femme était exténuée par son travail où ses 10 heures quotidiennes lui enlevait la force de s'occuper de la maison. Elle aurait bien laissé son mari travailler mais son salaire d'amputé ne suffisait à les nourrir tous les trois... Et encore ils avaient de la chance de n'être que trois! Aussi, quand Elandra vit sa fille entrer dans la maison aussi sale que la terre elle-même, elle ne put se retenir de hurler.
«Mais qu'as-tu fait encore pour te mettre dans cet état-là? Ne vas-tu donc jamais te comporter en jeune fille?! Comment voudrais-tu qu'on te marie un jour si tu n'arrêtes pas de te comporter comme un porc! Crois-tu que je vais te garder et laver tes vêtements jusqu'à la fin des temps? Mais pour qui me prends-tu?!»
Ce n'était pas vraiment son genre de hurler de la sorte. Mais ce soir-là c'en était trop. En rentrant du travail elle avait vu posé sur la table le courrier. Deux lettres: une concernant le renvoi de son mari de son énième travail, faute d'attention, une autre concernant la scolarité de Joahlya. La petite ne suivait plus, et si elle avait peiné à apprendre à lire et compter, essayer d'aller plus loin dans son enseignement ne servirait à rien. Aussi, on la laisserait assister aux cours jusqu'à la fin de l'année puisque c'était obligatoire, et on l'oublierait.

Excédée, Elandra regarda sa fille droit dans les yeux, se demandant ce qu'on allait faire d'elle qui n'était bonne à rien, si ce n'était se salir les mains. Elle regarda comment ses doigts et son visage était sale, la mine boudeuse de l'enfant en face d'elle, la façon dont elle se dandinait d'un pied sur l'autre, bras croisé, casquette trouée en travers de la tête, les yeux rivés vers le sol, silencieuse. Alors une idée, tout droit sortie des méandres de la folie, germa dans son esprit. Elle attrapa sa fille par le poignet, la traîna dans la salle de bain. La petite Jo ne savait pas très bien à quoi s'attendre, n'ayant pas trop l'habitude que sa mère manifeste une quelconque violence à son égard. Avant de comprendre de quoi il s'agissait, elle se retrouva encore habillée sous l'eau glacée. Surprise, elle poussa un petit cri qui ne fit réagir sa génitrice. Elle se reprit et, serrant les dents, elle regarda ses pieds encore chaussés, autour desquels tombaient l'eau salie... ainsi qu'une mèche de cheveux. Clac. Une deuxième mèche de cheveux. Clac. Les cheveux tombèrent les uns après les autres et Jo n'en revenait pas, la surprise la rendant muette, elle qui n'était déjà d'ordinaire pas très bavarde. Ce fut sa mère qui brisa le silence alors qu'un amas de cheveux et de terre bouchait le conduit d'évacuation.
«Tu n'as jamais touché à tes poupées. Tu ne t'es jamais sentie à l'aise en robe. Même ton daemon est plus délicat que toi, alors même qu'il est censé représenter la part masculine de toi... Mais je crois qu'on s'est tromps tu sais, on s'est tous trompé.»
Les mèches tombaient, l'eau coulait de plus en plus près de son crâne, ses vêtements trempés lui collaient à la peau, mais elle n'y faisait pas attention: elle était fascinée par les propos de sa mère, qui faisaient écho en elle plus que jamais. D'une voix douce, Elandra continua:
«On a toujours cru que tu étais une fille. On l'a vu à ton sexe, puis à celui de ton daemon. Avant que ton papa n'y passe, nos amis et quelques-uns de ses clients t'avaient offert des petites robes roses, des poupées. Tu ne les aimais pas. On s'est dit que tu devais être capricieuse, ou bien que tu voulais juste faire comme tes copains garçons. Mais tu n'étais pas comme eux non plus. Maintenant je crois que je comprends que nous avons fait erreur. Je crois que nous t'avons poussé à ne pas être toi...»

Y passer, ça voulait dire aller dans l'autre monde. Sa mère n'aimait pas vraiment parler de ça mais c'était leur vie maintenant. Joahlya ne revenait pas de ce qu'elle venait d'entendre. Était-ce si simple que ça? Pouvait-elle juste devenir un garçon, ne plus être qu'une fille à marier sans éducation? La dernière mèche tomba et Elandra fit doucement pivoter sa fille vers elle. Elle souriait et des larmes brillaient dans ses yeux. Mais ces larmes là, Joahlya ne les avaient jamais vues. Ces larmes, c'était des larmes d'espoir.
«Tu seras un homme ma fille. Tu auras un travail toute ta vie, tu ne seras pas obligée de dépendre de qui que ce soit. Tu seras notre fils, ma fille, tu seras notre Jo. Parce que tu l'as toujours été.»
Alors Elandra éclata de rire et serra sa fille -désormais son fils- trempé(e) dans ses bras. Jo, elle, était un peu étonnée du récent état des faits, mais tant que sa mère était contente alors elle l'était aussi. Elle aimait ses parents plus que tout au monde et faire plaisir à sa maman lui importait plus que de savoir si elle avait des cheveux ou non. Et de toute façon, être un garçon avait pendant longtemps été un rêve aussi, alors pourquoi ne pas s'en réjouir? Elandra continua à rire, dansant même avec elle, puis elle entreprit de déshabiller sa fille pour laver correctement ses vêtements et lui en mettre d'autres secs, tout en lui expliquant la situation.
«Nous allons écrire à ta maîtresse, lui dire que nous allons te changer d'école pour voir si tes résultats vont mieux. De toute façon ils ne courent jamais après de gens comme nous ici! Puis demain nous te changerons d'école et t'inscrirons en tant que garçon. Tu as Missa, ils ne te refuseront pas, même si ils verront de suite de quelle partie nous sommes. Et puis zut, on s'en fiche! Après tout il ne reste que quelques mois. Fais l'idiote si ça te chante, l'école n'a jamais été pour toi. Les cours finis on verra pour te faire entrer dans l'usine de trains, ils sont en pleine expansion, je suis sûre qu'ils auront encore besoin de bras. Tu pourras y travailler quelques années, avec nos trois travails pour trois personnes nous réussirons à te mettre un peu d'argent de côté et tu t'en iras d'ici, ne t'en fais pas! Tu t'en iras d'ici!!»
Et Elandra avait ri encore. "Les gens comme nous", "de quelle partie nous sommes", tout ça pour dire qu'ils étaient des limbes. Mais pour une fois ce n'était pas grave, ça jouait en la faveur de Jo: personne ne les connaissait beaucoup ici, ils venaient d'emménager après la mort d'une vieille amputée. Alors personne n'irait fouiner savoir si elle avait toujours été officiellement un garçon ou non! Tout irait bien. Quand Xinart rentra pour trouver un petit homme à la place de la fille qu'il avait quitté le matin-meme, il eu d'abord un air très troublé. Il resta enfermé quelques minutes dans le silence, le regard un peu perdu, puis finit par éclater de rire et laisser sa femme lui raconter son plan machiavélique, opinant du chef de temps en temps. Ainsi était né le petit garçon de la famille Fiorino.

Elle éteignit l'eau -toujours glacée, certaines choses ne changent pas après les années- en souriant. Il était bon de penser à ses parents. Elle les avait toujours chéris et ils le lui avaient toujours bien rendu. Il faut dire, un couple de médecin qui n'aime pas son prochain c'est bien dommage! Enfin... D'ancien médecins. Ils étaient assez réputés avant. Pas très riches, de la petite bourgeoisie, mais c'était assez pour avoir accès à des études correctes et avoir leur maison. Ils avaient toujours mis du cœur à l'ouvrage et beaucoup les appréciait pour ça, leur autre qualité étant évidemment leur discrétion. Mais tout bascula lorsque Xinart fut appelé cette fameuse nuit, pour cette famille odieuse. Pourquoi ne comprennent-ils pas que la vieillesse aussi tue? Nombre de médecin avaient tâché de leur expliquer, tous étaient passé de l'autre côté. Xinart n'avait pas fait exception. Alors depuis ils vivaient dans les limbes, Elandra pratiquant encore clandestinement la médecine, Xinart vaguant de job en job, pratiquer le rendant fou. Sa femme bien entendu avait refusé de divorcer, elle aimait son mari plus que tout. Elle avait préféré attendre son retour, subissant de plein fouet les conséquences de son amour: retrait du titre de profession, retrait de la maison, retrait des biens... Elle avait dû construire son avenir, celui de sa fille et de son mari à bout de bras, seule, attendant le retour de ce dernier pendant trois ans.

Bien entendu la peine de Xinart n'avait pas été de trois ans loin de là! Mais il disait s'être «perdu». C'est ce qu'il disait.... Les deux petits mois de peine qu'il avait écopés avaient suffi à le rendre fou et à le faire se perdre. Bien sûr, les rumeurs vont bon train à ce sujet! Certains disent qu'il s'était trouvé une autre femme, d'autre qu'il était accro au thé, d'autre encore (les plus cléments) qu'il avait voulu prendre le temps de dompter la folie suscitée par la perte de son daemon avant de rejoindre sa famille. Jo, elle, pense qu'il est resté plus longtemps par amour du Wonderland. Déjà par le fait qu'il ne l'appelle plus l'«Autre Côté», et ensuite par la manière dont brillent ses yeux lorsqu'il en parle. Mais il est vrai que son addiction au thé a totalement pu jouer dans sa «décision» de partir ou non! Avec ses connaissance en médecine, il a même essayé de s'en injecter une fois. Heureusement sa femme réussi à l'en empêcher et à lui faire promettre de ne jamais recommencer. Il promit, mais parfois, lorsque son regard se glisse vers une théière, Missa croit comprendre qu'il y pense encore. Avec sa vue perçante, il a même cru voir un petit trou au creu de son coude une fois, avant qu'un mouvement de l'homme ne replace sa manche dessus. Mais ce n'est pas grave, on ferme les yeux. Ces accès de folie n'ont jamais empêché Xinart d'être un homme aimant, à l'écoute de tous et totalement fou de sa fille. Ce qui est tout à fait réciproque: si Jo adore sa mère, elle idôlatre absolument son père, sûrement à cause de ces trois années d'absence. Ainsi, chaque mot de Xinart est une leçon à prendre, et si Missa lui rappelle que la folie peut y être pour beaucoup, Jo préfère faire la sourde oreille et laisser ses pensées s'envoler vers le Wonderland et toutes les histoires qu'a vécues son père, un sourire planté sur le visage. Car si Jo n'aime pas parler, elle adore écouter, au moins autant que son père adore raconter.

De temps en temps, Jo aime bien leur rendre visite. Quoi de mieux que de retourner manger les bons plats de maman et entendre les histoires loufoques de papa? Mais si elle veut paraître normal et faire oublier qu'elle vient des limbes, il faudrait arrêter d'y aller... Aussi, quand elle y va, elle tâche de se faire la plus discrète possible, encore plus qu'elle ne l'est d'habitude, envoyant Missa en éclaireur. Le reste du temps, elle reste cloîtrée dans son appart à manger les plats immondes qu'elle essaie de se préparer (elle n'a jamais été bonne en cuisine) ou allant se balader un peu plus en ville. Parfois, elle s'habille même présentablement pour pouvoir aller mettre son nez du côté plus beau, et donc plus aisé de la ville, loin des usines, sans qu'on ne la chasse. Mais ces excursions se font rares, elle manque malheureusement de temps à cause de son boulot. Car habiter le quartier ouvrier demande beaucoup de son salaire et avec le petit boulot qu'elle a, il faut qu'elle travaille entre 10 et 12h par jour pour pouvoir se le payer. Mais elle s'en fiche, elle aime son travail, surtout depuis sa promotion.

À son entrée dans l'usine, à ses 11 ans, elle avait travaillé avec ceux qui venaient des limbes. Son équipe travaillait côté charbon, là où on faisait bouillir l'eau pour que tout fonctionne correctement. En effet, afin que le travail de la vapeur soit plus efficace, les patrons préféraient la faire préchauffer au même endroit avant de l'envoyer dans des tuyaux, chauds aussi, à chaque machine afin qu'elle s'y évapore en peu de temps. Les collègues l'avaient acceptée, après tout ils étaient du même quartier, ils l'appelaient «Gamin», lui racontaient comment ça marchait avec les gonzesses qu'ils voyaient en plus de leur femme ou encore celles qu'ils avaient épousé un jour, lui racontant comment un jour elle (enfin il pour eux) fourrera aussi quand viendra son tour, et que jamais il (elle) n'oubliera la première fois que son visage se logera entre deux seins. Il faut dire ils sont pas tous fins fins dans les bas-fonds de l'usine! Eux ils s'en foutent des apparences, ils sont déjà au fond du gouffre. Bien sûr ils ne sont pas tous comme ça, y'en a qui essaient de sauver les pots cassés, juste qu'elle était tombée sur L'équipe. Mais maintenant les choses ont changées. Elle a réussi à passer parmi les gens de la classe plus... Enfin! Et les dialogues en ont grandement changé.

Ceci se passa quelques années auparavant: une fois que les cheminées avaient un problème, bloquant l'usine entière, Missa souffla à Jo de faire attention à ce qui se tramait. Peut-être était-ce leur chance! Jo posa alors sa pelle pour voir ce dont ils avaient besoin. Une cheminée était bouchée? Eh bien il suffisait que quelqu'un aille la déboucher. Sans un mot, la jeune fille pris un couteau en cas de problème et se glissa dans le tuyau sous le regard médusé des techniciens, dont le «EH gamin!» ne servit à rien. Missa, un peu plus délicat, attendit en bas pendant que Jo grimpait dans le tuyau. Il était tellement sale qu'il était facile de trouver des prises assez solides pour son petit poids! Et les minutes d'attente s'égrainèrent. Relancer les machines? Hors de question, déjà ça ne marchait pas et en plus on ne tuait personne ici, surtout si il avait un daemon assis devant vous. Encore qu'un amputé ça se couvrait facilement... Mais la disparition d'un humain pourvu de Daemon ça s'explique moins. Les techniciens commençaient à se demander comment on allait sortir le truc de là quand un chuintement se fit entendre, de la suie tomba en quantité monstrueuse sur la machine au bout de la cheminée, puis suivi une chose plus grosse, noire également. Cette chose-là bougeait: Jo allait bien, et avait tout débouché. Alors les hommes la felicitèrent, lui demandèrent son nom, lui serrèrent même la main. Quelque jours plus tard, elle avait alors 16 ans et l'habitude de manier le charbon depuis toute ces années, elle fut promue assistant du machiniste, avec un meilleur salaire et une meilleure condition. Ce fut à ce moment-là que Jo se découvrit une réelle passion pour les machines. Son chef, un homme droit et doux, lui promit qu'un jour quand il aurait besoin de quelqu'un pour prendre sa relève il lui expliquerait tout ça. En attendant, Jo était attentive au moindre de ses faits et gestes, bossait dur et longtemps, et personne n'était mécontent de son travail. C'est ce qui compte: le travail.

Se rhabillant, Joahlya entreprit de faire à manger. Joahlya... Quel drôle de prénom. Certes, il était joli, ce prénom. Mais pour elle... C'était peut-être un poil mal choisi. Elle n'avait jamais réussi à se sentir «Joahlya», aujourd'hui encore moins. Clioti, son deuxième prénom, n'en parlons pas! Elle le trouvait absolument ridicule. Le prenom d'une de ses grand-mère elle ne savait plus laquelle... Et à vrai dire elle ne s'y était jamais vraiment intéressée. Tout le monde leur avait tourné le dos de toute façon quand son père était devenu un amputé. Si seulement ils le connaissaient vraiment... Jo ne pensait pas qu'il souffre tant que ça, elle se refusait à penser qu'il soit fou, contrairement à Missa. Bien sûr, la perte de son daemon, son bel hibou, lui avait coûté... Jo ne se rappelle même pas quelle race s'était exactement. Elle était jeune à l'époque! Elle se rappelle juste à quel point il était droit, impressionnant, amoureux de la nuit (ce dont ont hérité Jo et Missa), assez fier de lui également. Cette fierté, Xinart l'avait perdue aussi, toute entière. Ne restaient maintenant plus que ses rêves, et ce désir honteux de retourner là-bas... Ça aussi il le partageait avec sa fille. Du moins avec une partie de sa fille... Missa ne voulait pas, évidemment. Mais Jo espérait y aller un jour... Peut-être...

Missa entra à ce moment dans la pièce, fusillant son humaine du regard. Elle aimait bien aller se promener dans la nuit (vivant sur les toits il était facile de rester à moins de dix mètres) pendant que Jo faisait sa toilette, en rentrant du travail. Jo l'ignora. Elle leur servit un bol d'une purée étrange à chacune et s'accouda à la fenêtre, laissant ses yeux se balader dans la nuit. Un jour peut-être, mais pas maintenant.
   
   


Dernière édition par Joahlya C. Fiorino le Ven 27 Mai - 23:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Joahlya C. Fiorino   Ven 27 Mai - 23:05

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voilà c'est tout slip Mais bien contente de te voir de retour dans la secte des rpgistes et surtout ici Nous faudra un lien delamortquituesamamyenstringleopard yy
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MessageSujet: Re: Joahlya C. Fiorino   Ven 27 Mai - 23:25

Il est des nôôôôôtre !!

Félicitation mon petit !



Bienvenue officiellement rainbow Jo et Missa promettent, je viendrai sans doute t'embêter pour un lien yy

Félicitation ! Tu as fini ta fiche et tu viens d'entrer dans notre belle famille ! Mais avant d'aller gambader joyeusement n'oublie pas d'aller référencer ton métier et ton Poste à Pourvoir de famille ici. Une fois fait, tu peux aller créer ta Fiche de liens et Sujets. Si tu as des questions ou des suggestions, n'hésite pas à en faire part ici. Amuses-toi bien sur CA ! slip
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MessageSujet: Re: Joahlya C. Fiorino   Ven 27 Mai - 23:38

Merci beaucoooouuuup!!
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MessageSujet: Re: Joahlya C. Fiorino   

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Joahlya C. Fiorino
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