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 UC, très UC

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Mes petits secrets
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MessageSujet: UC, très UC   Dim 24 Avr - 0:40


   

Sereryse Yncerith Balshilek


A woman is like a tea bag - you can't tell how strong she is until you put her in hot water.



   
NOM ❧ Balshilek, née Brepareth. Une famille assez vieille et riche pour mériter l'honneur de s'allier de la sorte aux Balshilek, qu'importe que leur principal haut-fait ait été la construction du premier rempart de la ville; les âges et leur main-mise sur les carrières dans les montagnes ont fait le reste  PRÉNOMS ❧ Sereryse Yncerith. Des prénoms qui ont une histoire, comme on le lui a répété tout au long de son enfance. Une histoire sans intérêt, comme le murmure Norhwenar à l'occasion, dans le silence de leur lien. SURNOM(S) ❧ Un surnom ? Pour une fille née longtemps après son frère, seul autre enfant de la famille ? Non. Seul Norhwenar lui a accordé un, Seryse devenu Cerise, en référence à leur goût commun pour ce fruit qui égale jusqu'à leur amour des pommes. A moins que les "Madame" désintéressés de son mari ne comptent comme un surnom ? ÂGE ❧ 52 ans qu'elle ne paraît pas, résultat d'une existence confortable et privilégiée à défaut d'être emplie d'affection, ainsi que de son appartenance à une famille dont les membres paraissent notoirement dotés d'une exceptionnelle juvénilité. EN CE MOMENT JE SUIS A ❧ De l'Autre côté et désormais dépourvue de toute âme, sans avoir la moindre idée de comment elle a fini là. ORIENTATION SEXUELLE ❧ Hétérosexuelle par défaut, et peu convaincue par la chose qui n'est pas des plus distrayantes. STATUT CIVIL ❧ Mariée, et matriarche de la branche de son époux Leodeheris. Pas qu'elle ait beaucoup de choses à gérer sur ce plan, son fils étant d'aussi loin qu'elle le sache encore de l'Autre Côté et sa belle-fille rejetée par le chef du clan. CLASSE SOCIALE ❧ Née une cuillère en argent dans la bouche parmi la haute bourgeoisie, elle est de par son mariage de ceux qui sont considérés comme nobles. MÉTIER ET/OU ÉTUDES ❧ Femme au foyer docile et effacée, responsable de l'hôtel de Leodeheris, et toute autres choses associées à son rang d'épouse. Elle ne saurait de toutes manière rien faire d'autre, et ne se rend pas même compte de toutes les compétences qu'elle possède en manière d'organisation et de gestion. GROUPE ❧ Boussoles SOSIE ❧ ... Michelle

   

   
Caractère

❧ Sereryse, quelque part, est brisée. Ou tout au moins émiettée, morceau d'elle tombé en Poussière avec les années, usé par les années et les espoirs déçus. Enfant active et joyeuse, quoique repliée sur elle-même, n'éprouvant nul besoin de compagnie en dehors de celle de son daemon, le silence a toujours été son allié, tout comme l'obéissance. Une obéissance accompagnée de rêveries, de questionnements, enfant curieuse avide de comprendre, de percevoir les fonctionnements des choses, de connaître les raisons, les pourquoi. Étrange mélange d'indépendance et de docilité encouragé par sa mère, qui lui a appris à diriger ce qu'elle a d'ambition - et contrairement aux apparences, Sereryse en a, en dépit de tout, trop fière pour en être dépourvue - vers ce qui serait attendu d'elle plus tard. Aider la réputation de son époux, remplir son rôle d'épouse à la perfection, être une Dame, tout simplement.

Mais cette éducation pragmatique n'a pas pu éteindre le désir de Sereryse d'avoir une véritable famille, d'être appréciée de son époux, respectée, estimée, et c'est ce désir qui au final l'a brisée. Pour se faire, elle a courbé ce qu'elle avait d'indépendance, rempli plus avant encore le rôle attendu d'elle, sans faire de vagues, sans se rendre compte qu'en jouant son rôle d'épouse, et en manquant à se révéler, elle n'a fait que confirmer encore et encore ce que son époux pensait d'elle. Soumise. Dépourvue de personnalité. Sans curiosité intellectuelle. Mondaine. Superficielle. Un rôle qu'elle a choisi de remplir, celui qui lui permettait d'exploiter sa force, cette capacité qu'elle a à dénouer le réseau des faits et des exagérations dans les rumeurs et commérages dont elle se régale sans s'en cacher pour mieux comprendre les liens entre les gens, leurs faiblesses, comment les amener discrètement à elle, comment les amener à mettre plus en avant encore le nom des Balshilek.

Mais maintenant, la donne a changé, et Sereryse a perdu ce qu'elle avait de plus essentiel, son daemon. Et avec lui sa docilité, les années d'effacement, les leçons de sa mère sur ce qu'il était attendu d'elle. Sois la plus fidèle alliée de ton époux, mais que jamais il ne sache l'importance de ce que tu fais pour lui n'a plus lieu d'être. Ne serait-ce que parce que son ultime chance de réaliser son rêve de petite fille qui a mué en espoir désespéré avec les années - être enfin regardée par son époux comme sa partenaire et non un fardeau - s'est envolé en Poussière, comme l'âme de ce fils qu'elle aime tant sans avoir réellement oser le lui montrer, sans avoir réellement osé le défendre, parler pour protéger son nom.

Elle est devenue folle en plus d'être brisée, Sereryse, discrétion perdue. Elle parle désormais, a embrassé ce qu'elle avait de plus ambitieux, cette part d'elle qui n'aime rien tant qu'avoir de l'influence et qu'elle a si longtemps dirigé vers une autre cause que la sienne. Elle reste silencieuse, introvertie, mais uniquement jusque l'occasion se présente, présentant front après front selon les circonstances et ce qui la servira le mieux sans elle-même savoir si elle ment ou non. Elle n'a plus vraiment conscience de qui elle est, Sereryse. Juste de ce qu'elle veut.

Le pouvoir. Le respect. De tous. Même celui de son époux, si elle ose un jour se confronter de nouveau à lui. Si elle ose un jour se présenter devant lui, mutilée comme elle l'est.

Quelque part, peut-être qu'elle l'aime, en dépit de la crainte et de l'amertume. Un sentiment non désiré, un sentiment non mérité. Elle ne sait pas. Norhwenar saurait, lui. Mais il n'y a plus de Norhwenar, et avec lui, elle a perdu tout ce qui lui offrait un certitude quant à son identité.

 
Questions

CE QUE JE PENSE DE LA POUSSIÈRE ❧ Longtemps, Sereryse a pensé la Poussière mauvaise, dangereuse, comme on le lui a enseigné, idée qu'elle puisse autre la traversant à l'occasion sans jamais réellement parvenir à s'implanter. Mais elle a changé d'avis désormais, et ne considère plus la Poussière ni bonne ni mauvaise. Elle la trouve cruelle à la place, de leur offrir le confort et la sécurité d'un daemon par son accumulation tout en laissant la possibilité de leur retirer par sa fragilité et son incapacité à survivre de l'Autre Côté. La Poussière se joue d'eux, et s'amuse de les voir tenter de lui survivre.
   CE QUE JE PENSE DE L'AUTRE COTE ❧ Il est magnifique, pour tout ce que ce monde n'est qu'un instrument de torture élaboré. Il offre le confort des plaines, la chaleur anesthésiante du thé, pour mieux les piéger dans ses moindre coins et recoins, leur volant les dernières étincelles de Poussière qui parvenaient à subsister au fond d'eux. Si il n'y avait pas cette faim dévorante de Poussière, ce manque à ses côtés, Sereryse aurait sans doute élu d'y rester, se creusant une place et laissant Telgram loin derrière elle. A la place, elle n'a que ce vide artificiel et cette illusion de liberté, et son esprit trop vide calcule comment tirer avantage des qualités de l'Autre Côté pour mieux survivre une fois retournée dans son monde.
   CE QUE JE PENSE DES AMPUTES ❧ Elle les craint et elle les plaint, pour tout ce que longtemps ils n'ont été que des ombres à ses yeux, fantômes gémissant indignes de toute compassion. Palareth a changé la donne en étant condamné à rejoindre leurs rangs, attention de la matriarche soudainement portée vers eux. Elle n'a pas aimé ce qu'elle a vu, pour tout ce qu'elle n'a pas tenté de faire plus que les observer, et elle n'aime pas ce qu'elle vit, maintenant qu'elle compte parmi eux. Sereryse refuse sa condition et refuse l'idée de souffrir éternellement de la sorte, planifiant comment améliorer sa condition et celle des autres Amputés de Telgram dont le crime a déjà été payé. Tous ne méritent pas une agonie qui durera jusqu'à la fin de leur vie, après tout. Et les autres peuvent continuer à pourrir dans les Souterrains, pour ce qu'elle se soucie d'eux.



   
NOM DU DAEMON ❧ Norhwenar, un nom insensé et dépourvu de passé, un nom qui chante quand on le prononce et est devenu un quasi-secret entre eux avec les années. APPARENCE ❧ Binturong de 70 m de long à la queue tout aussi longue, Norhwenar pèse une vingtaine de kilos et mesure une cinquantaine de centimètres de haut. Avec son épais pelage noir, ses yeux bruns et sa truffe sombre, il serait particulièrement difficile à voir s'il n'était les poils blancs mêlées à sa fourrure, et ses moustaches blanches plantées en éventail, le faisant ressembler à une énorme peluche. Mais il possède la dentition menaçante des carnivores, et de longues griffes puissantes, qui ajoutées à sa taille et son poids lui confèrent un aspect un peu plus intimidant qu'il ne l'aurait été autrement. QUAND S'EST-IL FIXE ❧ Norwhenar est de ces daemons qui avant même d'être fixés adoptaient souvent leur forme définitive, capable de passer des semaines sans changer. Mais sa véritable fixation s'est produite lorsque leur mariage s'est refermé autour d'eux, à l'insu de tous. POURQUOI CETTE FORME ❧ Pourquoi un binturong ? Pourquoi un animal discret et docile, curieux et joueur, introverti et patient ? Aucune forme ne leur irait mieux, animal effacé une proie parfaite en apparence, tempérament doux qui semble aisément dominé, et apparence pourtant assez intimidante pour ne pas avoir à craindre ses prédateurs. Il reflète le paradoxe de Sereryse, l'expose à quiconque est capable de le voir, et rit avec elle de voir ignorées les dents et les griffes menaçantes au profit du reste de l'apparence inoffensif. S'IL DEVAIT CHANGER D'APPARENCE ❧ Peut-être changerait-il pour un animal plus agressif, plus direct, ou pour un animal plus discret et effacé... Si le choix ne relevait que de lui, il serait un buffle du Cap ou un markhor, et qu'importe les difficultés que telles formes engendreraient. Au moins les gens sauraient-ils au premier regard qu'ils ne sont aussi inoffensifs qu'ils veulent le faire croire, et se défendront sans hésiter.
   

   
Caractère

❧ Norhwenar, c'est la diversion parfaite. Il a son apparence de peluche qui fait oublier sa taille, son poids, ses dents et ses griffes, et surtout, il a son caractère. Un daemon silencieux, pour les gens, c'est un daemon idiot, même dans les classes supérieures où un daemon qui prend librement part à la conversation est parfois bien vu. Ce que les gens ne voient pas, c'est que le daemon n'est pas aussi simplet qu'il le semble. Oh, n'en doutez pas, il est distrait et maladroit, Norhwenar, se cognant aux meubles, se prenant des murs, attention partout sauf sur son environnement. Pas le daemon que l'on attend venant d'une noble, pour sûr.

Et pourtant, il est craint à travers la maisonnée pour une raison, ce daemon terrifié par Andrastarias. Et il y a une raison à cela. Si Sereryse se fait aisément oublier, conversation se déversant autour d'elle, Norhwenar est pour sa part libre d'observer. Peu intéressé par les réflexions profondes, il se contente de transmettre ce qu'il remarque à sa moitié, parfaitement satisfait de n'être qu'un témoin et un messager. Il n'ambitionne pas d'être plus, ne l'a jamais fait. A la place, il traite les choses comme un jeu, daemon faisant de ses responsabilités un jeu élaboré avec lui-même. C'est la seule chose qui retient réellement son attention, les jeux, avec sa moitié. Aussi a-t-il fait de leur vie exactement ça. Combien de fois Sereryse pourra-t-elle faire preuve d'intelligence en public sans que cela soit remarqué. Combien de temps le binturong mettra-t-il à inculquer aux nouveaux employés les standards de la maisonnée. Combien de responsabilités pourront-ils soutirer au maître d'hôtel sans qu'il ne se plaigne. Tout est un jeu.

A part sa relation avec sa moitié, aussi inégale puisse-t-elle sembler. Sereryse est tout pour Norhwenar, le centre de son univers, quand le binturong semble n'être qu'une petite partie de son monde. Il la suit du regard, plein d'adoration, elle le flatte à peine du bout des doigts en passant. Il s'assoit à ses pieds, attendant patiemment d'être invité sur ses genoux, elle ignore sa présence avant de le satisfaire d'un geste. Mais cette froideur apparente n'est que le sommet de l'iceberg, tandis que leur lien résonne en permanence d'échanges et d'émotions, daemon jamais entièrement mis de côté par sa moitié. La matriarche a besoin de son daemon à ses côtés autant que le daemon dépend d'elle, et la présence de l'un annonce fatalement celle de l'autre. Ils sont les gardiens de leurs secrets respectifs, et le seul être en qui ils aient entièrement confiance. L'une a juste appris à se détacher de son âme, quand l'autre n'en a jamais vu l'intérêt.

 
Anecdotes

❧ Petite fille, elle rêvait du jour où elle serait fiancée, puis mariée. Mariée, elle rêve du jour où elle sera veuve; elle a abandonné l'idée de jamais recevoir ne fut-ce qu'un peu d'estime de la part de son époux depuis la disparition de son daemon. ❧ Ignoré de tout ceux qui ne font pas partie du personnel de la maisonnée, Norhwenar est plus craint des serviteurs qu'Andrastarias; aussi distrait qu'il soit, le daemon semble tout savoir des gestes du personnel, et ne leur laisse rien passer. ❧ La première rencontre avec Leodeheris a donné le ton de leur mariage; le daemon distrait a trébuché dans les escaliers, son humaine s'est vue déséquilibrée à son tour en voulant le rattraper, Leodeheris muet a assisté à leur humiliation et ne s'est jamais demandé si telle maladresse pouvait avoir une cause.  ❧ N'en doutez jamais, la matriarche aime son fils, pour tout ce qu'elle n'a jamais eu le courage de le montrer devant son époux, préférant à la place se glisser le soir dans sa chambre pour déposer un baiser sur son front pendant que son âme s'enroulait autour de Guinerain un instant avant qu'ils ne leur faille s'éclipser de nouveau. ❧ Fort heureusement pour Leodeheris, il n'était pas chez eux lorsque son épouse a appris la condamnation de son fils; à cet instant, elle aurait été capable de le tuer: qu'est-il advenu de la famille avant tout ? Abandonner son fils aux loups ne fait pas de son époux un bon juge; juste un mauvais père. Lui offrir ne fut-ce qu'un conseil n'aurait pas entaché sa réputation. ❧ Il en est qui pensent Sereryse stupide, du fait du mutisme de Norhwenar. Elle les laisse penser de la sorte; les gens ne surveillent pas leurs mots autour des idiots. ❧ Elle aime les pommes autant que son fils, et a plus d'une fois ordonné aux serviteurs d'en joindre une au repas de Palareth lorsqu'il était condamné à manger dans sa chambre, enfant. A ce jour, elle se demande toujours si il sait qu'elle était derrière le fruit rouge posé sur son plateau. ❧ Disposant d'une notion de la justice et de la loi bien plus souple que celle de son époux, et plus pragmatique que celle de son fils, Sereryse a fait retrouver l'homme qui a dénoncé ce dernier et l'a fait abandonner dans les Souterrains. Techniquement, ce n'est pas un crime, et qu'importe s'il est peu probable qu'il y survive. On ne trahit pas impunément et un Balshilek et une dette de cette importance. ❧ Si elle aime son fils, elle aime tout autant ses neveux et nièces, et a une affection toute particulière pour les filles de Governel, Elspeth en particulier. Elle l'envie de faire de la sorte repousser ses fiançailles.  ❧ Si Sereryse a perdu son âme, elle n'a pas perdu son pragmatisme, et la dame Balshilek écoute avec attention tous les bruits qui courent sur les passages clandestins et réapparitions de daemons, accumulant des feuilles de thé et attendant le bon moment avec impatience. Elle a les coupables de son arrivée en ce monde à trouver et à détruire, et un fils à serrer dans ses bras. Un mari à gifler, aussi. Si elle retrouve son âme.


   


   

Bonjour ! Moi c'est Prénom, sur la toile on me connait sous le pseudo de Pseudonyme. J'ai âge ans et je vis à pays/région. J'ai trouvé le forum via endroit et je le trouve petite impression ! Pour finir je dirai : petit mot/suggestion/question

   

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MessageSujet: Re: UC, très UC   Sam 30 Avr - 16:59


   

Ma vie, mon histoire


My heart will never forget what it’s like to fade in and out of time, to never know if one year or a thousand have passed by, to torture yourself with the idea of your soul trapped behind ice for all eternity.

   "Redressez la tête, Mademoiselle. Votre port se doit d'être tel le cygne qui glisse sur un lac, tout de dignité et de grâce, sans jamais laisser le moindre effort paraitre. Bien. Maintenant, les épaules en arrière. Plus loin, Mademoiselle, dois-je ressortir le balai ? Levez le menton. Épaules en arrière. Basculez votre bassin. Vos bras, Mademoiselle, vous êtes un cygne, pas une vulgaire oie ! Surveillez votre bassin, rentrez les pieds. Épaules !"

Ordres de la gouvernante qui se succèdent tandis que la fillette pâle s'excuse du mieux qu'elle peut, daemon roulé en boule sur lui-même, parfaitement indifférent et endormi comme elle voudrait tant l'être encore alors que sa posture est corrigée encore et encore, reproches laissant la place au lourds poids d'un livre sur sa tête et à la prison d'une baguette de bois dans son dos. Surtout, ne pas le laisser glisser, ne pas le faire tomber, ou la gouvernante sera fâchée et ira se plaindre auprès de Père et de Mère, encore. Elle déteste bien assez l'inertie de Nor. Sereryse s'en fiche, elle. Elle lui raconte le soir, et elle le sait, elle, qu'il n'est pas tout le temps endormi, en dépit des apparences. Il aime juste être perdu dans leurs pensées, ce n'est pas si grave. Et puis, vraiment, apprendre à marcher comme il faut à Nor ne servirait à rien. Il est trop distrait pour ça, il s'y emmêlerait encore plus les pattes. Même Père a fini par le reconnaitre, avant de déclarer qu'il espère que la forme de Nor ne sera pas aussi affligeante qu'il l'est. Ils n'ont pas compris ce qu'il voulait dire par là, jusqu'à ce qu'Emiscas explique. Nor ne fait pas noble. Mais il n'a que cinq ans, Nor, comme elle. Si on lui dit à elle qu'elle grandira pour être une parfaite Demoiselle, surement Nor grandira aussi, pour être le parfait daemon d'une Demoiselle ? Pas qu'il ne soit pas déjà parfait. Nor est le meilleur, pour Sereryse. Même si parfois, elle aimerait qu'il fasse plus attention à ce qui l'entoure. C'est bien de remarquer que leurs poupées ne sont pas alignées sur un axe parfait, mais elle préfèrerait qu'il remarque les consoles, portes, et autres. Elle a beau être habituée et ne plus rien laisser paraître, le choc même étouffé reste toujours aussi surprenant.

Il n'empêche, à cinq ans, si l'on omet les leçons de la gouvernante (quel intérêt à connaître les principales villes de Telgram ? Balgram est la seule ville qui compte. Et le traité d'Hiras Lilaten est assommant. La Poussière n'est pas bonne, elle le sait, est-ce qu'elle a vraiment besoin de lire ce livre ? Il est dur, elle ne comprend pas tous les mots, et même le dictionnaire n'aide pas, elle est obligée d'aller chercher ce que veulent dire certains mots qui servent à en expliquer d'autres. Nor dit que c'est le but, que ça agrandit son vocabulaire. Elle trouve juste ça tédieux. Un mot appris dans le dictionnaire. Elle trouve ça joli, comme mot, tédieux.) la vie est belle, elle joue, apprend à monter à cheval, à danser, et a même parfois le droit d'accompagner Mère lorsqu'elle va faire des visites ou des achats ! Emiscas prend même le temps de l'aider dans sa calligraphie, quand il n'est pas à l'école d'architecture. Ça a fait râler Père, comme choix de carrière, jusqu'à ce que Mère remarque que cela étendra leur influence. Elle a retenu ce mot, Sereryse. Influence. Quelque chose de bon, quelque chose d'important. Pas comme la Poussière.

Six ans, sept ans, rien ne change, si ce n'est ses corsets dont la circonférence diminue lentement (Mère lui caresse la joue et la laisse mettre un peu de son parfum à chaque fois que la gouvernante lui annonce qu'il est temps de changer de corset; Sereryse vit pour ses instants où sa mère si blonde lui fait ce sourire fier et partage son odeur avec elle: elle a l'impression d'être spéciale à ces moments, et pas juste la petite sœur au daemon impossible d'Emiscas si brillant). Les leçons se succèdent et se ressemblent, cours de maintien où Mademoiselle râle toujours après ses épaules qui ne sont jamais assez loin en arrière pour son gout, leçons de danse et de bonnes manières auxquelles Mère ne manque jamais d'assister ne fut-ce qu'un instant, scrutant tout et fronçant les sourcils en direction de Nor tandis qu'il se fait chat ou singe et danse tel une ombre derrière elle, agile et gracieux uniquement lorsqu'il est entouré de musique, longues heures passées à dessiner, à coudre et broder et crocheter et faire de la dentelle et peindre et servir le thé (il y a des serviteurs pour ça, pourtant, non ? Mais non, ce serait trop simple...), et apprendre à faire la conversation et tant de choses encore, jusqu'à ce que sa tête tourne et tourne. Heureusement qu'il y a les visites, où elle peut rester sagement assise aux côtés de Mère, et prétendre qu'elle n'entend rien à ce qui se dit autour d'elle quand elle commence à interroger Mère après pour cerner comment elle influence les gens, et les leçons pour lui apprendre à tenir sa future maison. Si Sereryse aime les visites et observer comment Mère obtient ce qu'elle veut sans jamais que personne ne suspecte rien, Nor n'est jamais si concentré que quand on leur explique comment choisir ses employés, tenir ses comptes, faire un menu... A eux deux, ils engrangent tout, et se jurent d'être une maîtresse de maison et épouse aussi parfaite que Mère, toujours irréprochable même lorsqu'elle s'efface devant Père pour mieux l'aider en secret. Elle commence à donner des leçons en secret à Sereryse, à lui apprendre comment déterminer quand agir et quand obéir, comment aider son époux dans le plus grand des secrets, tandis que leur huitième anniversaire approche. Ils n'ont pas la moindre idée de pourquoi maintenant, mais Sereryse et Nor s'en délectent malgré tout.

Et puis ils ont huit ans, et Père les convoque dans son bureau rempli d'échantillons de pierres et minéraux, et leur annonce qu'il leur a trouvé un fiancé. Leodeheris Balshilek, et il sourit, tandis qu'il explique qu'il a seize ans, et est brillant, et étudie pour devenir juge, et qu'il s'agit d'une occasion unique pour leur famille. L'esprit de Sereryse trace aussitôt le lien. Influence. Cette union en apportera à Père, et il s'en réjouit. Elle s'en réjouit aussi, pour tout ce que ce mot reste nébuleux dans son esprit. Elle n'a peut-être pas compris ce qu'est l'influence, mais elle sait que c'est une bonne chose. Elle espère qu'elle en apportera à son fiancé aussi. Mère a toujours dit que le mariage est une alliance, et que son rôle est de faciliter la vie de son époux et de lui donner des héritiers, et elle se promet de faire de son mieux.

Les choses commencent mal, malheureusement. Ils se sont préparés pourtant, cheveux de Sereryse et pelage de Nor qui s'est fait terre-neuve à l'épaisse fourrure pour l'occasion (il parait que son fiancé a un daemon canin, et c'est la seule forme canine que Nor accepte de prendre) coiffés à la perfection et brillants, jolie robe blanche ornée de broderies dont elle a dessiné le motif elle-même, chaussures neuves, tout était parfait, vraiment, tandis qu'ils ont commencé à descendre l'escalier. Même vu d'en haut, Sereryse trouve son fiancé intimidant, et se demande si elle lui amène de l'influence, au final. Il n'a pas l'air très content d'être là, il ressemble plus aux visiteurs qui viennent voir Mère parce qu'il leur faut lui retourner sa visite (Sereryse sait que Mère visite ces gens un peu plus qu'elle ne le ferait autrement, juste pour le plaisir de les voir ainsi devant elle, mécontents d'être là mais contraints par les règles de l'étiquette à rester), et la chienne à ses côtés est encore plus intimidante. Nor s'inquiète, tente de rester concentré, de marcher comme il faut, comme on leur a dit qu'un daemon de la haute société doit marcher, tandis qu'ils descendent lentement les marches et franchissent le palier, abordant la seconde volée de marches. Le tapis qui couvre les pierres a été franchement secoué, remis en place par les mains habiles des serviteurs, et Nor se crispe malgré lui en notant que les poils d'un motif ne sont pas alignés comme les autres. Il ne faut pas, il faut rester concentrer, mais il veut tellement les remettre en place... Il résiste, vraiment, tandis qu'il continue de descendre, mais ils l'obsèdent, et ses pattes s'emmêlent, et Sereryse tente de le rattraper, oubliant un instant qu'il est exceptionnellement un chien et pas une de ses formes habituelles plus petites (sauf quand il se fait binturong, mais même là, il est plus petit, plus léger) tandis qu'elle tente de le rattraper, Père assistant à la scène avec une expression horrifiée, son daemon ours s'avançant comme d'instinct alors qu'ils dégringolent de concert les dernières marches et se redressent aussitôt, fillette contenant tant bien que mal ses larmes et âme se retenant de lécher ses plaies, saluant de concert à la place, tremblant de peur, de honte et de douleur.  

Père se fâche ce soir-là, et Mère lance un regard déçu et soupire ce soupir qui dit qu'elle attendait mieux d'eux. Lorsqu'elle va se coucher, le ventre creux et Nor redevenu binturong blotti entre ses bras, Sereryse est certaine qu'elle a tout gâché, et que son fiancé la déteste. Ils n'ont pas vraiment parlé, tandis qu'elle lui servait le thé de ses mains tremblantes, yeux brillants de larmes contenues alors que ses bras protestaient le poids de la porcelaine, et ils sont tombés, et Nor n'a pas voulu parler, comme d'habitude, se blottissant à la place sur ses pieds, fixant la chienne imposante et se retenant de se faire souris sous son regard. Leur fiancé les impressionne, et ils veulent l'impressionner en retour, mais ils ne savent rien de lui, si ce n'est qu'ils ne semblent pas l'intéresser. Ils ne comprennent pas. Pourquoi ces fiançailles, s'il n'y trouve aucun intérêt ? A moins qu'ils n'aient fait si mauvaise impression que même l'influence qu'ils devaient lui offrir semble ridicule en comparaison... Ils se jurent en silence de lui prouver qu'il a tort, qu'ils peuvent être des compagnons qui lui rendent la vie plus facile et qui le rendent encore plus influents, alors même que les larmes coulent enfin, chaleur de l'édredon et moelleux du matelas palissant face à la déception qu'ils ressentent envers eux-mêmes. La prochaine fois, ils seront parfaits, comme Mère. Ils se le promettent.

Et les années passent, lancinantes, languissantes, dans une routine qui se forme lentement et les satisfait étrangement. Assister aux leçons avec une vigueur qu'ils n'avaient encore jamais éprouvée jusque là, danser, aussi légers et gracieux l'un que l'autre, Norwhenar (le temps de Nor est passé, il faut être grand désormais, être responsables, puisqu'être enfantins tel que leur âge devrait leur permettre n'a mené qu'à leur ridicule) prenant l'habitude de garder une mélodie en tête en permanence pour mieux contrôler sa distraction. La méthode est efficace, même si les bleus restent une part de leur routine, daemon trop porté à la distraction et trop attentif aux détails au détriment de son environnement pour que même la musique l'aide entièrement. Mais il gagne en grâce, alors même qu'il semble de plus en plus dépendant envers sa moitié qui semble de plus en plus froide avec lui en retour. C'est le masque qu'ils ont choisi, celui de la parfaite héritière, discrète et aimable, plus occupée de ses leçons et des ragots que des jeux de pouvoir auquel elle assise pourtant, avec son daemon qui dénote une certaine lenteur d'esprit, pour tout ce qu'elle peut paraître charmante. Même Mère finit par s'y laisser prendre, sourires fiers laissant la place à des regards soucieux quand elle pense qu'ils ne la voient pas. Mais Norwhenar voit tout ce que les gens veulent leur cacher, c'est sa spécialité, ce qu'il aime le plus, voir les détails et les analyser, en tirer leur substance et transmettre tout ce qu'il en extrait à Sereryse. Elle préfère les mots, les ragots et commérages, écouter sous couvert de n'être pas entièrement là, et manipuler les gens à distance, simplement en tissant à son tour un réseau de commérages et ragots. Ils sont pleins d'informations, et en la maitrisant, elle obtient enfin ce qu'elle désire. De l'influence. Invisible, intangible, mais réelle. Ils en parviendraient presque à être sereins à l'idée que le mariage se rapproche inexorablement, certains qu'ils seront à la hauteur de leur époux.

Mais dans le même temps, ils s'en rendent bien compte, Sereryse et Norwhenar, que leur masque les dessert là où Leodeheris est concerné. Les rares fois où ils l'ont revu (croisé, plutôt, lors d'obligations sociales et de bals, Sereryse sortie en société en dépit de son jeune âge et de ses fiançailles à l'insistance de sa mère), la froideur de leur fiancé n'a pu passer inaperçue. Mais qu'importe, même si leur orgueil leur hurle de lui prouver qu'ils valent infiniment plus qu'il ne le pense. Même si malgré eux ils le craignent, intimidés par sa présence, Norwhenar effrayé par les crocs de la chienne charismatique. Ils se trouvent gourds en sa présence, daemon perdant ses mélodies et se réfugiant dans les bras ou sous les jupons de sa moitié pour ne pas se ridiculiser plus avant, tandis qu'elle plaque presque à son insu son masque plus fermement contre son visage, éventail narrant mille et une choses insignifiantes, sourires et rires coulant de ses lèvres tandis qu'elle se régale de chaque ragot et ne laisse pas échapper le moindre mot qui puisse faire suspecter ses intentions. Et danse bien sûr, Norwhenar une ombre étrangement gracieuse qui s'enroule autour de ses chevilles sans la gêner ou suit dans son ombre. La différence d'âge aide, à sa façon; nul ne s'attend à ce que les fiancés se fréquentent, Leodeheris est un adulte quand elle n'est qu'une enfant encore, pour tout ce qu'elle est désormais femme. L'argent fait rester jeune même quand on a quinze ans, journées toujours passées à étudier et à se bâtir un réseau au sein des jeunes filles de son âge et de son rang. Officiellement. Officieusement, elle se sert de son argent de poche (ce qu'elle ne met pas de côté, d'une manière presque obsessionnelle, juste au cas où) pour servir de mécène à quelques personnages à la langue bien pendue et aux rêves touchant.

L'échéance se rapproche lentement, Norwhenar restant de plus en plus longtemps sous sa forme de binturong, préférant laisser croire à leur famille qu'ils sont fixés et ne changeant de forme que dans l'intimité de leur chambre. Ils sont presque certains que ce sera sa forme finale, ce binturong, mais pour l'instant le daemon comme sa moitié sont encore libres de changer, même si le mariage se rapproche, Mère les entraînant dans les préparatifs et essayages, robe d'un blanc pur ornée de perles et dentelles délicates, couronne de fleurs fabriquée par Sereryse elle-même à son insistance. Elle espère toujours apprendre à connaître son fiancé, quitte à devoir attendre qu'il soit son époux, et peut-être apprendre à l'aimer, et à être appréciée en retour. Mère dit que ce genre de choses vient avec le mariage, affection et familiarité et respect le fruit des années communes, et ils espèrent qu'elle a raison. Parce que Leodeheris est imposant, et plaisant à l'oeil, et peut-être que son âme ne fera pas toujours peur à Norwhenar ? Peut-être parviendront-ils à créer un foyer agréable, un où des enfants pourront grandir qui feront honneur à leur père et à leur nom ? Une petite part d'elle espère en dépit de tout, qui ne peut s'empêcher de grandir, jusqu'à prendre racine lorsque la date fatidique s'annonce. Elle en sourit même lorsque Mère l'éveille, chose exceptionnelle, et l'aide à se préparer.

L'appréhension a grandi à la même mesure que l'espoir, et les deux l'étouffent tandis que des mains versent l'eau sur elle, la savonnent, l'enduisent de crème parfumée à la délicate odeur avant de la vêtir, servantes habiles bouclant ses cheveux et les arrangeant en un chignon élégant qui transforme son visage, rend ses traits plus matures, alors même que les pinceaux rehaussent oh si peu ses yeux et joues, reflet se transformant sous ses yeux. Ses doigts se crispent, désireux de se perdre dans la fourrure de Norwhenar, Norwhenar tenu à distance par les autres daemons sous prétexte qu'il abimerait sa robe et qui la fixe, aussi perde qu'elle. Ils se sentent tels des pantins tandis qu'on prépare Sereryse, bouquet glissé entre ses doigts gourds de crainte. Et si elle se fait des idées ? Et si tout se passe mal, et si il ne présente pas à la cérémonie, ou la refuse devant tous, Non résonnant à travers la salle des mariages du Palais de Justice ? Elle sent à peine les mains qui l'entraînent et l'installent dans la voiture, Norwhenar ignorant toutes remarques et se dissimulant sous la traine. Ils peuvent sentir la différence tandis qu'ils descendent de la voiture, daemon figé dans sa forme alors qu'une chair de poule envahit les bras de sa moitié. Ils y sont, Palais de Justice imposant devant eux, cortège les escortant à l'intérieur, bras de son père une ancre. La petite part d'elle qui espérait que son fiancé l'ait attendue au dehors, qui espérait une quelconque miette d'attention pouvant justifier ses espérances, pleure en silence. Norwhenar trébuche, soupir échappant à Père dont les doigts se resserrent sur son bras en écho au grondement de son ourse de daëmonne. Une protestation se fige dans la gorge de Sereryse, réprimée envoyant les portes. Ce n'est pas le moment de parler, pas le moment de causer un esclandre, de défendre Norwhenar. De toutes manières, elle ne le pourrait pas, tandis qu'elle observe le dos de son fiancé. Sûrement, ce n'est pas un présage, cette indifférence même aujourd'hui... juste de la retenue. Sûrement elle n'est pas si méprisable ? C'est une bonne union, une union avantageuse. Sûrement il le voit, et viendra à l'apprécier ?

Ou peut-être pas, et elle reste tiraillé entre espoir et crainte, vœux plus murmurés que parlés, daemon dissimulé derrière elle pour échapper au regard de la chienne. Les anneaux glissent, reste de la journée se déroulant sous ses yeux sans que vraiment elle y participe, pensées tournant toujours dans son esprit, yeux incertains cherchant son époux dans l'espoir d'un quelconque signe d'affection. La fillette qui s'était jurée de gagner l'estime de son fiancé lui semble soudain bien loin, remplacée par cette créature tremblante.
   
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