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 Liscialle E. Balshilek ❧ No matter what

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MessageSujet: Liscialle E. Balshilek ❧ No matter what   Mer 30 Sep - 21:52


   

Liscialle Eravita Balshilek


Remember you are half water. If you can't go through an obstacle, go around it. Water does.



   
NOM ❧ Balshilek, née Toleras PRÉNOMS ❧ Liscialle, Eravita SURNOM(S) ❧ Une seule et unique personne peut m'appeler Li, comme seul mon Daemon peut m'appeler Cia. Pour les autres, je suis Lis, ou Lissie. ÂGE ❧ 30 ans EN CE MOMENT JE SUIS A ❧ Balgram, attendant avec plus ou moins de patience le retour d'une certaine personne. ORIENTATION SEXUELLE ❧ N'ayant jamais été qu'avec mon époux, je ne peux que me présumer hétérosexuelle. STATUT CIVIL ❧ N'ai-je pas tout juste dit que j'étais mariée ? CLASSE SOCIALE ❧ Fille d'une gouvernante, ma classe sociale est on ne peut moyenne, combien même mon mariage l'aurait élevée en apparence. Croyez bien que je suis une parvenue, et qu'on me laisse rarement l'oublier. MÉTIER ET/OU ÉTUDES ❧ Des études ? C'est bien trop coûteux. Quand à un métier... avant, je gérais simplement mon foyer. Désormais ? Je sers ivrognes et âmes esseulées dans une taverne des Limbes, quand je n'exécute pas quelque travaux de couture chez moi. GROUPE ❧ Rouages SOSIE ❧ Jenna Coleman
   

   
Caractère

❧ Mon caractère... voilà une question des plus difficiles. J'ai parfois l'impression d'être morcelée, écartelée entre Li, Cia, Lissie, et la mère que je suis devenue. Et pourtant je sais que ce n'est pas le cas, que je suis toujours une seule et même personne en dépit des changements que mon tempérament peut subir d'une circonstance à l'autre.
Au plus profond de mon être, je suis fidèle et loyale, même si ces tendances se battent avec mon pragmatisme avec lequel elles entrent si souvent en conflit désormais. Mais il y a aussi cette flamme brûlante en moi, avide de sensations, d'émotions, de découvertes, attirée vers les gens et les choses tel un papillon vers une flamme. Je ne peux y échapper, ils forment mon essence même, la somme de ce que je suis. Ensemble avec mon obstination et ma fierté, cocktail étrange qui m'offre une certaine inflexibilité dans mes idées, et une grande résilience face aux évènements. Poussière sait que j'en aurai eu la confirmation plus d'une fois au cours de ma vie.
Avoir une tendance certaine à la joie et à l'optimisme m'aide, je l'avoue, autant que m'aide le fait d'avoir des gens à mes côtés. Je crains de ne pas être faite pour la solitude, même si je peux la tolérer. En cela, ma fille est une bénédiction, et je la défendrai bec et ongles si nécessaire. Elle aura ce qu'il a y a de mieux, j'en fais le serment, et je n'ai qu'une parole. Mentir n'est qu'un gâchis de salive et d'imagination qui pourrait être mieux exploitée dans une histoire ou un jeu quelconque.

Mais je suis aussi morcelée, éparpillée en éclats de femme à 'en plus savoir lesquels m'appartiennent et lesquels sont le fruit des circonstances. Suis-je cette femme affectueuse et tactile que j'étais avec Pala, ou cette femme amère malgré elle qui se sent incroyablement trahie que je suis maintenant ? Suis-je cette serveuse souriante qui prête une oreille attentive aux clients et n'hésite jamais à leur glisser quelques mots de réconfort, ou cette couturière sombre et effacée qui peut travailler en silence pendant des heures jusqu'à ce que ses doigts protestent ? Suis-je cette créature impulsive qui a persisté à défendre son époux en dépit du bon sens, ou cet être calculateur capable de tout pour assurer sa survie et celle des siens ? Je ne sais plus moi-même, pour être honnête.

 
Questions

CE QUE JE PENSE DE LA POUSSIÈRE ❧ La Poussière ? Je ne sais qu'en penser. On m'a enseignée, comme à tous les autres, qu'elle était mauvaise et détestable, mais... l'Autre Côté, qui la dévore, n'est-il pas pire ? Si la Poussière est ce qui donne forme à nos daemons, comment peut-elle être entièrement mauvaise ? Je ne comprends pas, vraiment. Entre ce que j'ai appris et ce que j'observe, il existe un gouffre, et je me trouve simplement incapable de réconcilier les deux, me laissant dans une incompréhension totale. Je ne sais plus quoi penser de la Poussière, je ne sais plus ce que je devrais en penser !
   CE QUE JE PENSE DE L'AUTRE COTE ❧ Je le maudis, tout comme je maudis celui qui a découvert le premier Passage. Si il n'y avait l'Autre Côté, rien de tout cela ne serait jamais arrivé, Palareth serait toujours à mes côtés, Guinerain serait toujours à sa place, perchée sur Ed, discutant avec lui. A la place, je dois compter chaque jour dans l'attente du retour de mon mari, réprimer ma terreur à l'idée du sort qui a failli être le mien et mon amertume à l'idée qu'être condamnée avec mon époux aurait sans doute été préférable à cette attente et cette anxiété sans fin tout juste relevés par le mépris de ceux qui nous entourent. L'Autre Côté est responsable, de par son existence-même. Si il n'avait pas offert une solution si parfaite au Conseil lors de sa découverte, Pala n'aurait jamais eu à jouer les justiciers. Et il saurait qu'il a une fille.
   CE QUE JE PENSE DES AMPUTES ❧ Au vu de ma situation, pensez-vous vraiment que cette question est la plus délicate et appropriée qui soit ? Mon époux a été Sentencé ! Et je travaille dans les Limbes, constamment entourée d'Amputés, encore que je devienne lentement écœurée par ce terme. Je peux affirmer ne pas les craindre, et si je ressens toujours un certain malaise autour d'eux, conséquence de leur mutilation, je ne peux m'empêcher de les apprécier, aussi fous qu'ils soient. Leurs récits aident à rendre l'absence de Palareth légèrement moins intolérable, même s'ils ne font que renforcer mon anxiété à son égard, et je prie chaque jour pour qu'il réchappe à leur sort et me revienne vite. Je le connais, il est fort. Mon mari ne subira pas le même sort que les gens que je sers, il ne succombera pas au vide qui doit grandir en lui en ce moment-même.



   
NOM DU DAEMON ❧ Delenrorn, plus communément nommé Ed, son nom étant apparemment imprononçable. Pourtant, je ne me souviens pas avoir jamais eu de difficultés à le prononcer... APPARENCE ❧ Ed est un manchot empereur, longue silhouette d'un mètre vingt vêtue d'un costume de noir et de blanc, ses oreilles et sa gorge soulignés de jaune, quand il n'est pas tout de gris et de brun dans sa robe d'éclipse. A quarante kilos, avec son bec noir et lilas, il peut sembler ridicule, se dandinant maladroitement derrière moi. Mais il est d'une élégance rare dans l'eau, et ses plumes brillent en permanence d'un éclat obsidienne, plumage dense et isolant, ailes trop minces pour lui permettre de voler parfaites pour l'aider à se refroidir ou à se propulser dans l'eau tandis que je tente péniblement de le suivre, pattes maladroites se fermant habilement sur les poissons. Au final, son apparence dépend de quand vous le croisez, créature lourde et ridicule ou forme élancée et gracile. QUAND S'EST-IL FIXE ❧ Nous nous sommes fixés tard, à seize ans, de la manière la plus simple qui soit. Nous nous sommes regardés, chacun de notre côté de la bassine qui nous servait de baignoire, Ed ayant pris cette forme qu'il aimait prendre pour me dérider, et nous avons su, réellement su, qu'il n'y aurait plus d'autres formes. Finis les poissons, finis les pinsons, que vive l'empereur. POURQUOI CETTE FORME ❧ Pourquoi un manchot ? Quelle bonne question. Parce que nous sommes le reflet l'un de l'autre, bien sûr. Mais surtout parce que nous avons le même amour des oiseaux et de l'eau, du froid et de la neige, du ridicule et du sérieux. Il est certes comique quand il se déplace, mais il est imposant, et d'une rare élégance dans l'eau. Il est plus fort que vous ne le pensez. Chez lui comme chez moi, les apparences sont trompeuses et l'eau si calme cache bien des courants. S'IL DEVAIT CHANGER D'APPARENCE ❧ Ed est têtu, n'en doutez pas, et il a ses lubies. Il aime sa forme. Mais s'il devait en changer ? Alors il serait rollier à longs brins, coloré et apte à voler.
   

   
Caractère

❧ Delenrorn est... particulier, dirons-nous. Paradoxal, surtout. Son essence même est faite de loyauté et de fermeté, rocher au milieu de la tempête, insensible aux moqueries que sa forme pourrait provoquer. Altruiste et ouvert, il aime les gens, aime les Daemons, aime plaisanter en dépit de son sens de l'humour quelque peu déplacé et désastreux, et n'hésite jamais à se placer en défenseur de la veuve et de l'orphelin, apte à garder la tête froide en toutes circonstances, parfait leader. Mais il est aussi cet être curieux qui met son bec partout et ne manque de se brûler, cette créature jalouse et possessive qui ne supporte pas les secrets et adore les machinations et conspirations. Tenace et bavard, il peut aisément noyer les gens sous les mots, les coupant encore et encore, faussement irrespectueux, dans le simple but de leur faire dire le mot de trop, reconnaissant aisément qui a des secrets et faisant en sorte de les obtenir.
Il est celui que je dois constamment contenir, et qui n'hésite jamais à m'ouvrir ses ailes quand j'en ai besoin, un véritable gamin quand il m'estime trop sérieuse, un diable à ne pas irriter faute de se trouver couvert de poil à gratter, si extraverti et pourtant plein d'amertume, désormais. Nous avons été blessés, et Delenrorn est rancunier. Chaque souffrance qui nous ait infligé est mémorisée, et sera rendue au centuple pour peu qu'on lui en donne l'occasion. Accompagnée de blagues désespérantes, bien sûr. Cela ne serait pas drôle sinon.

 
Anecdotes

❧ Je ne supporte pas les lis; leur odeur ne manque jamais de me faire éternuer ❧ Il est aisé de savoir quand je suis triste; Ed m'enlace et nous caressons mon ventre de concert ❧ Je suis une excellente nageuse, et capable de rester plusieurs minutes sous l'eau; une nécessité pour pouvoir suivre mon Daemon, et quelque chose qui nous apaise tous deux ❧ Je ne me souviens pas être jamais tombée amoureuse de Palareth, ils ont toujours été une évidence; il fait partie de ma vie depuis si longtemps que je ne peux que supposer que mes sentiments pour lui ont pris racine durant mon enfance même ❧ J'ai dû mettre notre maison en location, et habite désormais dans les Limbes, près de mon lieu de travail; cela m'a permis de ne vendre aucune des affaires de Pala, et qu'importe les commentaires pointus de ma belle-famille en ces très rares occasions où nos chemins se croisent ❧ Avant, m'endormir était ridiculement aisé; une fois la longue forme de mon époux accrochée à moi, je pouvais simplement sombrer dans un sommeil reposant. Désormais, les cauchemars se succèdent, et je me prends à craindre l'obscurité, moi aussi ❧ N'insultez pas mon époux, ou n'importe quel Amputé, en ma présence. Je n'ai pas la langue dans ma poche, et je suis réputée pour mon frapper de plateau ❧ J'adore faire du pain; mélanger le levain et la farine, l'eau, attendre que ma pâte lève, la pétrir encore et encore: c'est étrangement cathartique ❧ J'ai découvert que j'étais enceinte peu de temps après la condamnation de Pala, et je me désole toujours autant de ne pas m'en être rendue compte plus là. Il aurait eu une raison supplémentaire de me revenir - de nous revenir ❧ Je peux comprendre que les Amputés aiment le thé; comme eux, j'ai pris l'habitude d'en boire, et je trouve ça infiniment plus agréable que le café


   


   

Bonjour ! Moi c'est La faible, sur la toile on me connait sous le pseudo de Cornel. J'ai 24 ans ans et je vis dans un frigo. J'ai trouvé le forum via un dédoublement cérébral et je le trouve épique ! Pour finir je dirai : Une tasse de thé ?

   

LES BOTTINS:
 



Dernière édition par Liscialle E. Balshilek le Dim 4 Oct - 0:48, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Liscialle E. Balshilek ❧ No matter what   Mer 30 Sep - 21:53


Ma vie, mon histoire


Never lose hope. Stay strong, you never know what tomorrow brings.

"Surtout n'oublie pas, Lissie, Monsieur Balshilek a bien voulu faire une exception et te laisser venir, mais tu ne dois rien faire qui puisse le contrarier. Tu verras, Monsieur Palareth est très gentil, je suis certaine que tu passeras une bonne journée, et demain tu pourras retourner chez Mam Scipiak comme d'habitude, d'accord ?"

Ma tête s'incline en un accord silencieux alors que Delenrorn change de forme, mon pinson se faisant renard arctique et s'enroulant autour de mon cou, langue rapeuse sortant un instant pour me lécher le nez et me tirer un sourire. J'ai hâte de rencontrer Monsieur Palareth, Maman me raconte si souvent ses aventures et ses bêtises, mais je suis aussi terrifiée. C'est le fils du maître, et je suis juste la fille de la gouvernante. Je ne devrais même pas être là, vraiment. C'est juste que notre voisine ne peut pas s'occuper de moi aujourd'hui, et même si le renard sur mes épaules en est ravi, je suis beaucoup plus réservée. Et si je fais une bêtise ? Et si Monsieur Palareth ne m'aime pas, et qu'il fait renvoyer Maman par ma faute ? Des histoires de ce type circulent à l'école, et nous sommes tous terrifiés et heureux de ne pas pouvoir entrer en contact avec les enfants des classes supérieures en les entendant. Et maintenant je suis là. Mes mains tremblent tandis que je m'incline en une courtoise révérence devant le petit maître, Delenrorn se changeant aussitôt en phalène pour se cacher dans mes cheveux, d'un coup aussi timide que moi. Et si il ne nous aime pas ? Ma peur a raison de la timidité de mon Daemon qui se fait ourson polaire avant de se presser contre moi, poils blancs se déposant aussitôt sur le tissu de ma robe. Maman ne va pas être contente, c'est ma robe du dimanche.

"Enchantée, je suis Liscialle Toleras, et voici Delenrorn. C'est un honneur de vous rencontrer, Monsieur Palareth."
"Bonjour ! Appelez-moi Ed, et elle c'est Lissie, c'est plus facile à dire il parait !"

Je ne sais pas si c'est le fait que j'ai osé me présenter ou la forme de chiot que le Daemon de Monsieur Palareth a pris, mais Delenrorn a retrouvé son habituelle exubérance, se faisant phoque à mes côtés et me tirant un soupir par la même occasion tandis qu'il roule sur lui-même et me lance un regard suppliant. Il veut jouer... moi aussi je veux jouer, mais j'ai promis à Maman d'être sage ! Mais Monsieur Palareth et sa Guinerain nous proposent de jouer, et je ne peux pas refuser sans sembler impolie. Qu'est-ce que le monde est compliqué, quand on a cinq ans ! Enfin... je suppose que nous pouvons jouer à un-deux-trois-soleil. Delenrorn et Guinerain n'auront qu'à participer séparés de nous, ce sera drôle. Et Maman sera moins fâchée que si nous avions joué à Cache-Cache ou au Policier et à l'Amputé.

Sauf que Maman ne s'est pas fâchée, et Monsieur Balshilek non plus. D'un coup, je me retrouve tous les jours dans la grande résidence de pierre sombre, retirée de l'école de sorte à assister aux leçons avec Monsieur Palareth, apparemment parce que je suis une bonne influence sur lui. Je ne sais pas si c'est le cas, mais je sais que j'aime ces longues heures passées ensemble à jouer et discuter pendant que Delenrorn et Guinerain s'amusent, aussi vifs et énergétiques l'un que l'autre. Elle a cependant un sens de l'humour infiniment supérieur à celui de mon Daemon, même au bout de deux ans passés ensemble.

Orik vient de nous annoncer la nouvelle. Monsieur Balshilek ne veut plus qu'on passe de temps avec Guine et Palareth, et je peux sentir les épaules de Cia s'affaisser alors qu'elle supplie notre mère du regard de nous dire que c'est juste temporaire. Mais non, nous n'avons plus le droit d'entrer dans la grande demeure, pas même pour transmettre une missive urgente à Orik et Maman, qui a dû nous réinscrire précipitamment à l'école. Il ne nous reste plus que deux ans de scolarité, heureusement ! Je ne sais pas si Cia en supporterait plus, déjà qu'elle doit forcer un sourire chaque fois que quelqu'un la plaint. Elle reste joyeuse et s'est refaite des amis, nous n'avons jamais eu de problème pour ça après tout, mais je peux voir ses yeux errer sur la façade sombre chaque fois que nous passons devant. Il lui manque, peut-être même un peu trop, et j'en veux terriblement à Monsieur Balshilek et à son maudit loup de nous avoir séparé de Guinerain et Palareth. En cinq ans, ils ont eu le temps de nous devenir presque indispensables, même si nous choisissons de continuer à aller de l'avant. Finir notre scolarité, entrer en apprentissage chez une couturière, grandir, encore et encore. Et pourtant, je continue de changer, jusqu'à ce que Cia ait seize ans et que notre regard se croise dans la grande bassine remplie d'eau auparavant chaude. Manchot empereur je suis et je resterai. Et Cia redevient joyeuse et taquine, et laisse doucement le passé aller.

Et le temps continue de passer, Cia devient couturière à part entière, employée là où elle a fait son apprentissage, dans le quartier historique, errant à travers les rues tandis que je la suis tant bien que mal pour aller voir les clientes qui ne veulent ou ne peuvent se déplacer. On en a l'habitude, du haut de nos dix-neuf ans, et j'ai appris à me déplacer aussi vite qu'il m'est possible, observant les gens autour de nous tandis que Cia veille à ce que rien n'arrive aux étoffes qu'elle transporte. Heureusement, on se rend au travail et non chez une cliente lorsqu'on les croise dans la rue, grands yeux bruns de Cia s'agrandissant alors que son nom lui échappe machinalement. J'avoue être aussi surpris qu'elle. Quelque part, c'est juste trop beau pour être vrai... et je tiens à ce que la réalité rejoigne le hasard. Guine aussi, ça tombe bien.


C'est étrange, d'avoir retrouvé Palareth, rendu si différent par les années, et pourtant toujours aussi familier, et je peux entendre Ed rire doucement chaque fois que nous rentrons chez nous après avoir volé un peu de temps, joues roses des sourires de mon ami d'enfance. Les conversations sont d'emblée naturelles, gêne disparaissant en un éclair, mains errant le temps de replacer une cravate, une mèche de cheveux jusqu'à ce que le dernier pas soit franchi avec l'aide de nos daemons, issue inéluctable, souffle disparaissant alors que les lèvres se rencontrent et gagnent en assurance. Cela fait quelques mois que je l'ai retrouvé, des années que je l'avais perdu, et pourtant il est toujours aussi familier, toujours aussi familier, émotions enfantines muant aisément en sentiments plus adultes pour lesquels Ed ne manque jamais de me taquiner quand nous sommes entre nous. Je m'en moque. Je sais que je l'aime, j'aime Palareth.

Les baisers volés et étreintes dissimulées se poursuivent, un an passant depuis nos retrouvailles dans un doux murmure, Ed ravi d'avoir retrouvé sa compagne de jeu et inventant constamment de nouvelles distractions tandis que je me délecte du temps que je passe avec Palareth. Et malgré tout, nous nous trouvons pris au dépourvu lorsqu'il s'agenouille devant moi, avant que le joie ne prenne le dessus. J'ai passé des mois à refuser de penser à cet exact scénario, trop consciente du gouffre entre nos classes, certaine qu'un moment viendrait où les responsabilités prendraient le pas. Mais non, il m'a choisie ! Moi ! Et je ne peux que sourire et me presser davantage contre mon Pala pour lui voler un baiser, larmes de joies contenues derrière mes paupières.

J'ai vingt ans, et me voilà mariée, conservant mon travail de couturière jusqu'à ce que Palareth devienne greffier. De mon côté, je finis par quitter mon emploi, le salaire de mon Pala nous supportant tandis que j'observe avec délice mon ventre qui s'arrondit doucement, capable de passer heures à le caresser, ailes d'Ed m'étreignant par derrière, mon Daemon et mon époux aussi fascinés et protecteurs l'un que l'autre. La vie est belle, les jours se succédant sans vague, entre les discussions, les rires, et les caresses, petite vie commençant à remuer, nous tirant des sourires, prénoms lancés d'un bout à l'autre de la pièce ou murmurés dans l'obscurité de notre chambre.

Peut-être qu'on était trop heureux, peut-être même que c'est ma faute, que j'ai glissé une fois de trop dans les escaliers pour faire rire Guine en dépit de l'état de Cia, je ne sais pas. Mais je ne peux pas oublier la douleur qui nous a envahis, le sang qui couvrant les cuisses si pâles de Cia, l'horreur et la terreur absolue qu'on a ressentis, la façon dont elle a enlacé son ventre, suppliant encore et encore la petite vie dedans de s'accrocher, priant à quiconque l'entendrait, implorant jusqu'à la Poussière de sauver son bébé, leur bébé. A accoucher malgré elle de leur bébé trop jeune, aussi impuissante que son Pala pendant que j'essayais de cacher la scène à Guine.

S'en remettre... je suis pas sûr qu'on s'en soit jamais entièrement remis, en fait. D'un coup, notre chez nous est devenu bien silencieux, Cia se figeant parfois dans une douleur fantôme ou un accès de peine, mains se portant à son ventre redevenu si plat et vide, mes ailes l'enlaçant pour la soutenir comme je l'ai toujours fait. Et pendant ce temps Pala et Guine qui rentraient assombris du travail, mornes et silencieux, aussi fantomatiques que nous. Mais progressivement, nous avons tous repris pied, premiers rires timides s'échappant, jusqu'à ce qu'en apparence tout aille bien. J'ai même réussi à me laisser glisser de nouveau le long des escaliers, les dévalant à toute vitesse, même si d'un coup c'était devenu bien moins drôle. Les protestations de Cia qui disaient que ça lui faisait mal semblaient bien moins exagérées, maintenant... là où avant, je la taquinais et lui disait qu'elle exagérait et que mon plumage nous protégeait. La bonne blague...

Mais bon, on se disait tous les deux que ça allait mieux, même si Cia n'arrivait pas à retomber enceinte. Palareth et Guine sont même passés Greffier en Chef. Et les choses ont changé de nouveau. Ils rentraient plus tard, étaient plus renfermés, plus secrets, plus fuyants. Et moi, je pouvais voir la douleur qui envahissaient les yeux de Cia pendant le jour, quand ils étaient loin de nous, là-bas dans l'immense bâtiment, entourés de dossiers, tandis qu'elle cousait et brodait et faisait le ménage ou du pain pour s'occuper les mains et l'esprit et tenter de faire taire les doutes, de se convaincre qu'il ne la trompait pas, que c'était juste une surcharge de travail, pas un secret quelconque. Elle n'a jamais demandé. Elle a toujours eu une confiance absolue en son Pala, même au plus fort de ses doutes. Elle était sûre qu'il finirait par se confier. Et à la place, ils l'ont emporté.


Il ne m'a pas trompée. J'aurai préféré, au final. Tout plutôt que ces questions incessantes, ces accusations, ces gens qui m'accusent d'être la complice de mon époux et me déclarent dans le même souffle trop peu éduquée, trop bête pour que cela soit possible. Ed (Delenrorn, parce que je ne l'ai jamais vu aussi en colère, masse inamovible soudainement menaçante en dépit de son apparence toujours aussi décalée par rapport au reste du monde) est fou de rage, grondement sourd résonnant constamment au fond de mon esprit, insultes adressés à Pala et étrangement même à Guinerain entrecoupées de questions inquiètes quant à mon état et de conseils pour m'aider à garder ma dignité même face à l'humiliation et à l'horreur de la situation. Nous sommes innocents, nous le savons. Et au final, ils s'en rendent compte.

Palareth n'est pas innocent, lui, et une part de moi se sent incroyablement trahie lors de son procès, écoutant la litanie de tout ce qu'il a fait qui allait contre la loi et reconnaissant partout ses empreintes, sa passion, son amour de la justice, son idéalisme. Je peux reconstituer son raisonnement, et nous ne pouvons pas lui en vouloir de sa décision, ni de son geste. Mais ça ne change rien au fait qu'il nous ait blessé avec ses secrets, en fait ça ne fait qu'amplifier la douleur. je veux lui en vouloir ! Je veux avoir une raison de me sentir aussi trahie, aussi blessée, comme si de nouveau une main s'enfonçait en moi et m'arrachait ce que j'ai de plus important en dehors d'Ed. Je veux une raison valable, quelque chose qui aide les six mois à venir à passer plus vite. Mais je n'en ai pas.

Pire que tout, l'univers semble déterminé à rendre ma situation toujours plus difficile. Ed et moi ne tardons pas à nous rendre compte que je suis enceinte, me faisant fondre en larmes pour la première fois depuis que Pala m'a été enlevé. Il ne sait pas, il ne sait pas que j'attends notre enfant, et je ne sais pas comment faire pour assurer notre situation. Je sais juste que je veux que ce bébé naisse, et soit en bonne santé. Je ne peux pas revivre ce qui s'est produit lors de ma première grossesse, pas sans mon Pala. Ed prend sa place, mon roc comme à l'habitude. Nous respirons, et nous réfléchissons. J'ai refusé de valider les commérages sur Pala, refuser de salit son nom et de laisser d'autres le salir, et les premiers effets se font déjà sentir, les gens s'éloignant instinctivement de nous. Je ne trouverai pas de travail maintenant. Alors nous nous adaptons. Je vends mes bijoux en dehors de quelques pièces offertes par Palareth, je vends certaines robes, quelques objets décoratifs, quelques œuvres d'art. Pas qu'on m'en donne leur vraie valeur, mais qu'importe. C'est de l'argent, c'est de ça que j'ai besoin en ce moment.

Notre foyer trouve une famille qui veut bien de lui, tandis que je déménage dans les Limbes, emportant les affaires de Pala et ce que j'avais commencé à préparer pour nos enfants en plus du strict nécessaire. L'endroit... m'effraie, pour être honnête. Mais ils ont entendu parler de Pala, eu des échos du procès, savent ce qu'il a fait. Pour la première fois, cela joue en ma faveur, et j'obtiens une place de serveuse dans une taverne-salon de thé (j'ignorais qu'un tel lieu pouvait exister, mais l'endroit me fascine) tandis que je trouve un logement non loin. Il n'est ni très confortable ni très accueillant, mais j'ai un toit, et j'ai un endroit où cuisiner et dormir et reposer mes pieds le soir, et faire quelques travaux de couture qui me rapportent quelques pièces de plus et aident le temps à passer.

Cia n'est pas seule à scruter son ventre avec anxiété et le caresser doucement. Mes ailes ne sont pas seules à se poser dessus parfois, mon cou s'inclinant pour que je puisse reposer mon bec sur la courbe qui grandit chaque jour. Ses collègues, son patron, lui glissent des restes à ramener chez nous le soir. Nous sommes là depuis quelques mois maintenant, ma tête de mule obligée de réduire ses horaires à la taverne et compensant en acceptant davantage de travaux de couture, le cap fatidique déjà passé (j'ai pu voir la tension quitter son corps quand elle s'est réveillée, cuisses vierges de sang, bébé remuant toujours doucement en elle), voisins venant quelques fois discuter, collègues passant à l'occasion. Étrangement, nous arrivons à nous faire une place ici, et je peux voir la manière dont nous commençons lentement à devenir de véritables résidents des Limbes, dont nous nous tenons loin des souterrains, dont nous écourtons nos séjours hors de notre quartier. Mais nous écourtons toutes nos promenades, en ce moment. Cia est enceinte depuis huit mois déjà.

Et enfin, enfin, elle accouche, et nous souffrons tous deux, mains pâles aux doigts rendues calleux par la couture et la taverne crispés sur les draps et sur mon aile tandis qu'elle tente de contenir ses cris et ses larmes. Ça ne m'empêche pas de l'entendre appeler Pala parfois, et je n'aurai jamais cru pouvoir le haïr plus que lors de son procès, mais je voudrai le tuer en ce moment, parce que Cia refuse de le croire mort et que je ne peux pas m'empêcher de la croire. Et malgré tout il n'est pas là, quand c'est lui qui devrait entendre le premier cri de cette si petite fille, c'est lui qui devrait la déposer dans les bras de Cia et pas la sage-femme qui s'occupe de notre coin des Limbes, et Guine devrait être là pour se blottir avec moi contre ce petit bout de Daemon, et ce n'est pas le cas. La seule chose qui m'empêche de détruire la photographie sur la table de chevet est le sourire de Cia alors qu'elle nourrit leur fille et murmure doucement son nom, encore et encore, litanie d'Helionne Ria Balshilek. Un des noms qu'il avait choisi, dans le cas où ils auraient une fille un jour. C'est le cas, maintenant, et il n'est pas là pour la rencontrer. Je suis heureux que ce ne soit pas un héritier que Cia lui a donné, et tant pis si c'est incroyablement mesquin de ma part. Je dois les protéger, toutes les deux.

Mais c'est dur. Cia est têtue, et elle retourne vite au travail, Helionne à côté d'elle tandis qu'elle coud, reprise, rapièce, doigts gourds le soir maintenant que l'automne est là, économisant la lumière de la bougie autant que possible. Elle n'est pas encore autorisée à rester debout longtemps, et ronge son frein en attendant. L'ambiance de la taverne lui manque, les rires, les confidences entre deux tasses de thé, les regards fatigués et plus ou moins lucides des employés et des clients, le thé glissé vers elle par le patron. Bientôt, elle sera assez forte pour, et alors elle y retournera, Helionne accrochée dans son dos, son Daemon accroché dans le mien. Et de nouveau, elle comptera les jours dans l'espoir que le prochain marque le retour de son Pala.

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