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 DEFI N°1 « Daemons Daemoniaques » ❧ Ft. Avaïane

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MessageSujet: DEFI N°1 « Daemons Daemoniaques » ❧ Ft. Avaïane   Dim 10 Avr - 13:52

Turn to Dust

Oppositions de Mondes



Vingt-troisième jours, zéro heure, quarante-huit minutes et dix-huit secondes. Dix-neuf. Vingt. Vingt-et-une et ainsi de suite. Pas besoin d'avoir une chandelle d'allumée pour entendre les cliquetis de la montre qui continue de faire avancer ses aiguilles de façon terriblement fourbe. L'insomnie me guette, une fois de plus, cherchant à faire taire cette voix monstrueuse qui s'introduit, tel un voyeur un peu pervers, dans l'intimité de mon esprit et de mes pensées. C'est à devenir complètement fou, à perdre la raison et la sensation d'être partagé en deux s'accentue de jour en jour et de minutes en minutes.

Il fallait que j'arrête de me focaliser sur le temps, à appréhender à quel instant la chose se produirait, où cela serait définitif. C'est drôle, plus j'avançais et plus les questions saugrenues prenaient le dessus : est-ce que ma conscience serait coupée en deux ? A deux endroits en même temps ? Serais-je coincé dans le corps d'un animal poilu alors que mon propre corps serait possédé par un autre ? Est-ce que ça vous déchire la personnalité, ne prenant que quelques traits de caractères qui disparaissent et vous change ? Est-ce que je resterai moi-même ? Est-ce une conscience externe ? Un être qui est vous sans être vous et avec qui vous devez absolument tout partager le restant de votre vie ? « Tu devrais bientôt le savoir. » La mâchoire de crispe d'elle-même alors que l'intruse, tente une fois de plus de s'immiscer dans mes pensées et réflexions. Au début, ce n'était qu'un murmure, des réflexions personnelles avec ma propre voix, un chuchotement qui semblait avoir pris son indépendance, tel un insecte, un parasite qui tourmente votre esprit sans cesse et cet insecte avait un nom, elle me l'a murmurée comme on nommerait un instrument de torture. Hélas, il faudra m'y habituer. Je crois que je parviendrai à supporter la présence physique, enfin dans la mesure où la chose ne prend pas une forme colossale et impossible à transporter discrètement, mais la présence intrusive dans ma tête en revanche, je n'en peux déjà plus, elle me rend dingue.

Agacé, incapable de devoir supporter ma tête qui se parle toute seule avec deux partis différents, je finis par quitter les draps, me couvrant avant de sortir et d'aller chercher un peu de réconfort et de thé. L'heure est déraisonnable et l'horlogère m'en voudra probablement de tenter une telle intrusion, mais j'avais besoin d'avoir un interlocuteur réel, enfin deux interlocuteurs, j'admets. Je m'étais habituée à croiser ces doubles personnes, à les côtoyer, à devoir tenir une conversation double, je m'étais fait à la présence d'Eysteinn au côté, et jamais bien loin, de l'horlogère, mais je ne parvenais pas à me faire à l'idée que j'allais devenir un double moi aussi et vu comment mes entrailles me réclamaient du thé en hurlant, ce n'était plus qu'une question d'heures.

Dès les premiers jours, j'avais compris où Avaïane dissimulait son double de clef, me l'appropriant le temps d'ouvrir la porte et de me glisser dans sa chambre. Rien que l'image ferait probablement bondir ma femme qui devait déjà tirer la grimace à l'idée de me retrouver avec l'un de ces... animaux de compagnie encombrant, trace indélébile de mon crime et de ma sentence qui resterai à jamais, entravant mon esprit pour le faire basculer dans une folie digne d'un trouble de la personnalité multiple. « Avaïane ? Tu dors ? » J'hésite à continuer mon chuchotement, à faire part de mon inquiétude, à lui dire que je suis terrifié parce que la chose va se produire, que je l'ai encore entendue et que je ne le supporte déjà plus.

« Tu ne devrais pas avoir si peur, on dirait que tu m'imagines comme la pire des criminelle ou comme un fauve qui va te dévorer. Tu n'es pas un tueur en série, je ne vois donc pas pourquoi tu t'inquièterais que j'en sois une. C'est d'un ridicule ! » Je ne parviens même pas à l'éteindre, à la faire taire, obligé d'entendre la tirade jusqu'au bout alors que mes doigts tremblants ont pour réflexe de se porter sur mon crâne. « Stop ! Stop ! Stop ! Non pas encore ! » Mes protestations sont inutiles, devenant presque ridicules, je sais que je lutte en vain, que c'est un effet secondaire qui nous arrive à tous et peu importe notre rang ou même nom. Mes membres se crispent, se plient, s'enroulent en boule sur le sol, près de la cheminée qui crépite à peine. Je veux rentrer, retrouver Balgram, éviter ce sort atroce, enlacer ma femme, oublier ce pour quoi j'ai été envoyé ici, j'en viens presque à regretter mes actes.
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MessageSujet: Re: DEFI N°1 « Daemons Daemoniaques » ❧ Ft. Avaïane   Lun 11 Avr - 0:04

One to two

Split yourself up, spit yourself out


Tic-tac, tic-tac, écho délicat des sabots d'Eysteinn sur le plancher tandis qu'il tourne en rond et s'amuse à suivre le rythme exact des secondes qui s'écoulent alors que je les compte dans un murmure, doigts s'emmêlant dans mes cheveux, les tressant et attachant un ruban à leur extrémité. Il est tard, lumière de la lune et de la bougie nos seuls éclairages, mais nous devions finir notre commande avant de penser à dormir. Nous nous sommes engagés à la rendre demain après tout, et être en retard, manquer au délai sur lequel nous nous sommes engagés, n'est pas envisageable.

Mes doigts mouchent la chandelle, Eysteinn bondissant avec sa grâce habituelle sur le lit et s'y installant confortablement tandis que je me redresse, chemise de nuit bruissant autour de moi alors que mes doigts se perdent dans son pelage court, si différent de cette fourrure de lapin que j'ai si souvent caressée, enfant. Tout le monde pensait qu'il deviendrait lapin, nous y compris. Jamais il n'avait pris cette forme qui est la sienne, cet oréotrague aux pattes délicates qui marche en dansant et bondit avec agilité, capable de se percher n'importe où pour observer son environnement. Au final, nous préférons cette forme. Elle est confortable, elle nous sied. Je ne sais pas comment font les gens de Telgram pour vivre seuls. Comment peuvent-ils supporter la solitude ?

Ton Palareth devrait bientôt rencontrer son autre, non ? Je me demande quelle forme elle aura...

Un murmure m'échappe à cette idée, possessif ignoré (c'est une des habitudes d'Eysteinn, de classer les gens de la sorte, il y a ceux qui sont à moi, ceux qui sont à lui, ceux qui sont à nous... et les autres. Ils sont la majorité, il estime aussi peu que moi le manque de ponctualité de la plupart de nos compatriotes...) au profit d'un rapide calcul. Oui, elle devrait bientôt apparaître, sa voix commence déjà à être entendue Palareth, après tout. Il ne l'apprécie pas. Je ne comprends pas vraiment pourquoi, il ne sera jamais seul une fois qu'il aura un daemon mais bon... Telgram ne semble pas les aimer. Etrange. Ce monde me perturbe, à rejeter quelque chose d'aussi naturel, d'aussi merveilleux qu'un daemon, vraiment... Eysteinn a pitié d'eux, pour sa part, quand il ne se vexe pas d'être considéré comme une abomination. Heureusement qu'il suffit que je lui fasse une nouvelle montre pour l'apaiser.

Le son de la porte qui s'ouvre nous fait dresser l'oreille et nous relever, cri de protestation de Palareth me faisant bondir, suivie de près par mon âme qui me dépasse dans les escaliers, bondissant du haut des marches quand il me faut les dévaler. Machinalement je prends mon ami dans mes bras, le berçant près de la cheminée désormais éteinte et froide, alors qu'Eysteinn tourne autour de nous avant de s'adresser à ce qui à n'en point douter doit n'être que l'air aux yeux de Palareth. De nous deux, il est celui qui fonce droit au cœur du problème, quand je me soucie plus de saisir la situation d'ensemble. C'est ce qui fait de nous de si bons horlogers.

"Vraiment, je ne sais pas ton nom, mais tu ne penses pas que tu devrais laisser le pauvre garçon un peu tranquille ? Il te rencontrera bien assez tôt, inutile de te faire haïr de lui plus que nécessaire, il ne peut pas aider le fait qu'on lui ait laver le cerveau, tu sais. Il finira par t'aimer, tu fais partie de lui, mais respecte ses craintes, et je sais que tu m'entends, donc n'essaie même pas de me répondre dans son esprit, je ne t'entendrais pas, donc ça ne servirait à rien. A ce rythme tu seras là d'ici quelques jours, tu peux bien attendre, non ? Au minimum, ça aidera votre rencontre à mieux se passer. Crois-moi, tu ne veux pas qu'il te tape dedans comme on a déjà vu quelqu'un le faire. Le pauvre homme a passé une heure blotti sur lui-même, après. Mais bon, j'avoue que ça l'a aidé à accepter la situation. Et non, ce n'était pas une suggestion, et j'espère que tu n'es pas assez stupide pour le prendre comme tel."

"Tout va bien, Palareth ? Tu veux un peu de thé ? Une couverture et un livre ? Ou simplement venir te coucher ? Est-ce que tu as pris la peine de manger, au moins ? Tu es livide..."

Ma voix croise celle de mon daemon, grave et chantante, toutes de s sibyllins et de l liquides, tandis que nous nous inquiétons chacun à notre face du futur Dissocié. Eysteinn espère en silence que la daemonne paraisse bientôt, et j'approuve en mon fort intérieur. Cette attente sans fin précise, juste du temps qui s'écoule et rapproche d'une issue inéluctable mais indéfinissable, est simplement révoltante à nos yeux. Pourquoi n'y a t-il pas un délai précis au terme duquel la Dissociation se fait, plutôt que ce vague de vingts à trente jours qui emplit chaque Sentencé de crainte ? Vraiment, ils ne méritent pas cette attente...


Dernière édition par Avaïane L. Maulindath le Mer 13 Avr - 21:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: DEFI N°1 « Daemons Daemoniaques » ❧ Ft. Avaïane   Mer 13 Avr - 17:54

Turn to Dust

Oppositions de Mondes



Les ongles s'enfoncent de plus en plus, malgré la présence d'Avaïane qui vient d'apparaître. Mon esprit cherche la source, la menace, mais ne parvient à rien, juste à la faire taire un instant alors que je la sais toujours présente, je peux le sentir, cet insecte qui a du se faufiler en moi alors que je dormais. Si ça se trouve, il s'était déjà bel et bien matérialisé, un puceron qui s'est glissé dans ma chaire pour me torturer un peu plus, se cachant dans mes cheveux pour ne pas que je l'attrape. Je sais que je ne dois pas l'écraser, le réduire en miette, le mettre dans un bocal et le jeter dans un fleuve ou même océan, je me suis forcément renseigné sur le sujet.

« Vois le bon côté des choses, un insecte tu peux le dissimuler. En admettant que je sois insecte, ça reste encore à définir, je ne suis pas certaine de la forme, ça dépend de toi. Espérons juste que ce ne soit pas un marsouin ou une baleine, toi qui a le mal de mer... » Mes bras changent de cible, s'accrochant à Avaïane à la dernière partie phrase, ne supportant décidément pas que la chose s'introduise dans mes souvenirs, dans des choses personnelles.

Je sursaute tout de même au son de la voix de l'oréomachinchosenomtropcompliquéaretenir. « Oréotrague. » « Je ne t'ai pas demandé de corriger le fil de mes pensées ! » Répliquais-je à haute voix, irrité. Avoir une bestiole qui s'introduit dans son esprit et forcée de vous coller aux bottines était une chose, mais j'avais encore beaucoup de mal avec cette notion d'animal parlant et capable de sortir de longues tirades dans notre langue. Encore quelque chose qui avait de quoi me rendre fou. Rien n'étais rationnel ici, juste dignes d'histoire fantaisistes et absurdes. Certes, c'était joli, mais une fois qu'on allait au delà de la surface et du paysage. Ce n'était pas non plus comme si je n'avais jamais croisé de "dissociés" à Balgram, mais en général leurs animaux, ou daemons (peu importe le nom), restent muet pour éviter de trop attirer l'attention.

Je la supplie du regard, bien qu'elle ne sait pas y faire grand chose, omis m’assommer et me faire sombrer dans l'inconscient, la couverture ou même un livre n'y feront rien. A moins qu'elle ne connaisse un passage secret où un endroit ou tout le processus s'arrête et fait marche arrière. « Sors-moi de là Ava, il faut que je me carapate en vitesse » La supplication sort d'elle même, balbutiée et à peine audible, tel un môme qui supplierai sa mère de lui demander n'importe quoi. Mes lèvres ne peuvent pas s'empêcher de reprendre, le regard toujours aussi suppliant, terrifié. Mes doigts se serrent un peu plus autour d'elle.

« Ça va arriver, ça me brûle les doigts, les orteils, les pieds, le ventre, tout et je suis presque sûr d'avoir vu de la Poussière quelque part. Enfin pas sur tes meubles, le truc doré et un peu louche. Quoi que si, il y a tout de même pas mal de poussière sur tes meubles, tu devrais probablement passer un chiffon au lieu de monter une pendule demain. Ça y est, ça commence, je deviens dingue ah ah, c'est comme un insecte désagréable dans ma tête qui me mange la cervelle en pompant les informations. Sauf que ça ne fait pas le "bzzzz" habituel, c'est encore plus énervant qu'un moustique. On ne peut ni le voir, ni l'attraper, juste l'entendre et attendre qu'il nous pique parce qu'en plus il est télépathe et sait où viser au bon moment. Tu crois qu'il y a moyen de le faire sortir avec des aiguilles d'horloge ? Comment tu fais pour supporter ça ? J'ai envie de me jeter la tête sous un train pour que tout explose enfin comme une grosse pastèque. » Je finis par manquer d'air, pas habitué à déblatérer de la sorte, prenant une bonne minute à reprendre mon souffle, la boule au ventre, ce qui n'aide pas à faire circuler l'air. A moins que l'insecte ne soit dans mon système respiratoire, j'allais certainement avoir un problème s'il décidait de m'empêcher de respirer.
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MessageSujet: Re: DEFI N°1 « Daemons Daemoniaques » ❧ Ft. Avaïane   Mer 13 Avr - 20:36

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Split yourself up, spit yourself out


Eysteinn piétine, pointe de ses sabots heurtant le sol dans un son léger tandis que je tente d'apaiser Palareth, obéissant en silence à sa requête et nous redressant précautionneusement, pieds trainant contre le plancher tandis que je nous guide dehors, installant le Balgramien sur le banc du jardinet, mon âme m'apportant une couverture dans laquelle l'entourer avant de bondir et de se percher sur le rebord du puits, sentinelle immobile, témoin des balbutiements de Palareth. Je le berce dans mes bras pour l'apaiser, main lissant ses cheveux, comme si il était un enfant. Il est assez perdu pour en être un, et j'hésite, partagée entre rentrer chercher de quoi prendre soin de lui et de quoi me couvrir, et le besoin de ne pas le laisser seul.

Je m'occupe de lui. Je t'appellerai si besoin est.


J'acquiesce sans un mot, pressant doucement l'épaule de Palareth avant de rentrer nous faire du thé, grimpant passer ma robe de chambre alors que l'eau et la soupe chauffent. Tout du long, je peux entendre la voix d'Eysteinn se répercuter dans mon esprit, calme et posée, tandis qu'il s'adresse à Palareth. Mon daemon est d'une honnêteté qui me déconcerte moi-même, chacune de ses pensées partagée avec moi. Je m'y suis faite, me prenant machinalement à faire de même.

"Tu t'y feras, tout le monde s'y fait. Nous avons beau naître comme cela, ne connaître que ça, tout le monde ne se fait pas d'emblée au fait d'être deux, même en n'ayant jamais été un. Certains tentent de traverser, de se rendre à Telgram pour se défaire de nous. D'autres établissent des barrières dans leur esprit, jusqu'à ce que le lien se trouve étouffé, presque muet. Pour notre part... toutes nos pensées sont partagées, communes, au point que parfois on ne sache plus de qui elle vient. Tous les liens sont différents, toutes les relations aussi. Mais l'accepter aidera toujours. Le refuser reviendrait à te renier toi-même. Penses-y comme à ton subconscient, cette voix qui parfois semble t'inspirer ou te pousser à la prudence, cet instinct de conversation. Simplement, il est là, à tes côtés. Et selon sa nature, qui est aussi influencée par ta nature, il t'aidera différemment. Il en est qui ont besoin de se haïr, et ils haïssent leurs daemons. Ïane s'est toujours sentie seule, même dans sa famille, et nous sommes proches, trop proches aux yeux de certains, plutôt un que deux. Ton daemon... ton daemon fait partie de toi, il n'est que ton reflet, pour tout ce qu'il a aussi sa personnalité propre. C'est comme si ton reflet émergeait du miroir et vivait à tes côtés, mais se révélait être aussi sa propre personne. En moins perturbant quand même, je trouve. Avoir ton reflet à tes côtés, brrr... imagine, si tu as un jumeau, en plus... Tu existerais en quatre versions différentes ! Ce doit être un coup à haïr qui tu es ou complexer sur toi-même... ce serait vraiment malsain. Mais je m'égare, Ïane dit toujours que je devrais arrêter de lire des livres de théologie telgramienne, même si c'est intéressant. Puis elle est mal placée pour commenter, elle lit presque que des traités d'horlogerie. Je lui pique parfois, d'ailleurs. Mais bon, on est aussi obsédés par le temps l'un que l'autre. Tu trouveras ce que tu as en commun avec ton daemon, aussi. Si ça peut t'aider... penses-y comme à un ami. Cet ami qui s'est frayé de force un chemin dans ta vie, mais qui au final est d'une telle loyauté envers toi que tu ne peux pas entièrement le haïr."

Stey... je crois que tu devrais me laisser prendre le relais, te voir parler doit être assez perturbant comme ça, tu devrais peut-être me laisser finir ? Tu es un animal avant tout, à ses yeux, et les animaux ne parlent pas... Il te faudra attendre un peu pour pouvoir philosopher avec Palareth, je pense.

La tête si délicate de mon âme s'incline, murmure d'excuse adressé à Palareth avant que l'oréotrague ne s'enquiert de l'heure, bondissant du puits quand je lui réponds, grands yeux liquides fixant mes mains tandis que je nous sers du thé et place un bol de soupe chaude entre les mains de Palareth, sa tasse de thé attendant qu'il est mangé pour être remplie. Mon daemon se perche à mes côtés tel un chat, tête se glissant sur mes jambes, alors que je prends une gorgée prudente de thé, tic-tac des secondes nocturnes qui s'écoulent alors que nous rassemblons nos pensées.

"Si vraiment tu ne la supportes pas... nous chercherons une solution, c'est une promesse. Mais nous te demandons juste de lui laisser une chance. Est-ce que cela te semble équitable ?"

Nous attendons en silence la réponse de Palareth, Eysteinn se redressant et s'éloignant, tête s'inclinant tandis qu'il mange quelques trèfles, tant par gourmandise que pour apaiser notre ami. Nous sommes aussi troublés l'un que l'autre par le long discours qui lui a échappé tout à l'heure, si différent de sa manière usuelle de s'exprimer. Je sais déjà que si vraiment il ne supporte pas son daemon nous tenterons de l'aider, quitte à nous égarer dans le bois de Tulgey pour tenter de lui faire oublier avoir jamais vécu sans elle, quitte à chercher un Passage ignoré, pour tenter de le faire retourner dans son monde. Peut-être ce monde sans Poussière qui est le sien finira-t-il par reprendre son daemon ? Pour un peu je l'espérerai... Mais peut-être aussi sauront-ils s'apprécier ? Je ne sais pas, doigts jouant distraitement avec la montre passée à mon cou entre deux gorgées de thé. Le liquide me réchauffe et apaise mes pensées, rend aisé le fait de suivre deux fils de pensées en permanence. Sans lui, nous serions sans doute encore plus fous que nous ne le sommes déjà...
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MessageSujet: Re: DEFI N°1 « Daemons Daemoniaques » ❧ Ft. Avaïane   Jeu 14 Avr - 13:09

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Oppositions de Mondes



Avaïane n'a visiblement rien compris, m’emmenant dehors, juste dehors, dans le noir et l'obscurité mordante. Au moins il y avait de l'air, mais c'était tout. Chaque ombre devenait menaçante, ne faisant qu'augmenter le malaise face à cet insecte, ce grain qui n'allait pas tarder à se matérialisé pour me tourmenter un peu plus l'existence. Bien évidement le malaise pouvait être encore plus grand, Avaïane me laissant seule avec Eysteinn. La présence en elle-même de l'oréotrague ne colle pas, n'a aucune logique, mais alors lorsqu'il se remet à parler, cette fois en s’adressant directement à moi, je cru défaillir, un vertige m'emportant à moitié tandis que mes yeux s'écarquillèrent. Le discourt qu'il tient est pire que tout, chaque mot n'exprimant qu'un cauchemar auquel je ne pourrais me détacher. « Avaïaaaaane ? » Le nom sort tout seul, un appel au secours assez fort pour qu'elle entende de là où elle était, vite qu'elle revienne avant que je ne m'effondre ou assomme sa bestiole.

Heureusement la blonde revient, encore plus perdu lorsque son daemon se met à brouter l'herbe. Vraiment, ce n'était pas une bonne idée de venir, comme si elle allait être contre une dissociation, elle se plait à l'être et n'a connu que ça de son existence, n'a jamais été normale avec des pensées et un esprit imperméable. Une soupe atterrit entre mes doigts, son odeur me donne envie de vomir tellement j'ai l'estomac noué. « Pourquoi laisserais-je une chance à mon bourreau ? Cette chose me torture sans cesse avant même d'avoir pris une consistance physique. Ce n'est pas naturel, dans l'ordre des choses, ce n'est qu'une anomalie et forcément vous connaissez ça depuis toujours sans avoir rien connu d'autre. Admettons que par miracle et j'insiste bien sur le "par miracle" je finisse par le tolérer, il y a bien un moment où je rentrerai chez moi. Tu imagines ? Que dirait ma femme ? En admettant qu'elle n'ait pas déjà demander le divorce. Tu m'imagine fonder une famille en étant deux, condamné à avoir une bestiole voyeuse et incapable de laisser mes pensées en paix ? Jamais je ne me sentirais bien avec ça dans les pieds et j'espère pour lui, ou elle peu importe, que sa forme ne sera pas un fardeau aussi lourd que le reste. »

Le bol de soupe tremble, s'agite dans tous les sens, l'irritabilité se mêlant à la crainte dans un débit étrange. Pourtant j'ai la sensation de ne pas avoir été correct, pas vis à vis d'Avaïane, mais de moi-même. Comme si la chose, l'insecte, parvenait à me faire culpabiliser, à faire que je sois blessé avec mes propres mots. J'arriverai presque à en déceler de la peine, a moins que ce ne soit bel et bien de la peine. Pourtant je restait sur mes positions, ne regrettant pas chacun des mots prononcés.

J'abandonnais le bol qui me donnait la nausée, me relevant avec ce besoin de me dégourdir les jambe dans une sensation de fuite pour sauver ma peau et mon individualité. Je me rendait compte qu'en réalité je m'étais plus adressé à l'oréotrague qu'à son "maitre". « Voilà que je me mets à parler aux chèvres après qu'elle m'ait fait une tirade digne d'un grand acteur. Je dois vraiment devenir fou. » Le ton changeait, crainte reprenant le dessus dans de grandes enjambées qui tournaient en rond maladroitement. Je ne savais guère où aller de toute manière, à moins de trouver un passage inconnu des autorités dans la minute, je ne tenait pas à me faire exploser la tête à coup de pistolet. Encore une fois, l'air manquait, de plus en plus, sombrant dans une hyperventilation qui me laissait un goût de malaise, sentant des fourmillement dans les doigts et jusque dans mon crâne avec cette impression que j'allais mourir étouffé. Je ne tenais plus sur mes jambes, soudainement vidées et tremblantes comme des feuilles, tombant sur le sol où la crise d'angoisse se calmait peu à peu.

Pourtant la voix interne s'était tue, percevant juste sa présence et une vexation mêlée encore une fois à de la tristesse. Peut-être qu'elle ne se matérialiserai pas si je continuais à résister de la sorte. Je me mettais le doigts dans l’œil, la fameuse et tant redoutée poussière d'or commençait à apparaître, m'encerclant. Il n'y avait pas à dire, c'était joli, semblable à de la poussière de fée sortie tout droit des contes pour enfants. Dommage qu'elle soit si néfaste. Je serrais les dents, sensation de déchirement, qu'on m'arrachait en partie, qu'on me découpait en morceaux. Je me recroquevillait un peu plus, comme si ça allait aider, comme si mes bras allaient empêché que je ne me casse. Le supplice dura une bonne minute, mais semblait s'éterniser durant des heures. D'autres sensation vinrent le remplacer, celle du vent dans les poils, de l'herbe qui n'était pas sous moi, des sentiments et sensations qui et faisaient écho aux miennes. Je parvenais même à sentir la secousse qui visait à faire disparaître les dernières particules d'or.

Je ne savais pas trop si j'oserai un jour relever la tête, n'osant pas dans un premier temps, bien trop perdu entre toutes ces nouveautés, ces nouvelles intrusions si différentes de celles que j'avais connues jusqu'ici. Je finis par prendre une profonde inspiration après avoir un brin repris mes esprits, me redressant à peine. Nous avons tout deux le même mouvement de recul apeuré et maladroit, regards écarquillés se croisant dans un élan de panique collectif. Il était désormais à un bon mètre de moi, le double, la bestiole, l'insecte qui n'en était pas un, le poil hérissé, les oreilles baissées et visiblement tout aussi perdu. Une forme plus petite que mes plus grosses craintes, même si se promener avec un lion aurait probablement été rassurant pour de potentielles agressions dans les Limbes, au lieu de ça, j'avais droit à un minuscule furet aux yeux bandés.
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MessageSujet: Re: DEFI N°1 « Daemons Daemoniaques » ❧ Ft. Avaïane   Ven 15 Avr - 12:29

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Navré... je crois avoir aggravé la situation.

Nul vexation de la part d'Eysteinn devant la réaction de Palareth si ce n'est une profonde tristesse d'avoir échoué à le comprendre et à le rassurer, mon propre visage s'abaissant dans une peine partagée. Je peux voir le bol de Palareth trembler entre ses mains, jusqu'à ce qu'il l'abandonne, se redresse pour mieux tomber au sol, paniqué, terreur s'étendant jusqu'à moi, amplifiée par son discours, le tableau qu'il me peint et auquel je suis incapable de répondre. Que pourrais-je bien dire qui le rassure ? Son éducation et la mienne s'opposent, nos perceptions aussi. Rien ne pourra le rassurer, je le comprends enfin, si ce n'est rentrer "en une pièce" chez lui. Machinalement, je tombe à ses côtés, bras se nouant autour de ses épaules, alors que mon âme bondit pour rentrer chez nous, multiples allers-retours lui permettant de déposer lanternes de métal fin autour de nous et briquet sur mes genoux. Je cille un instant en les voyant, mémoire me revenant brutalement, de l'anxiété qui saisit mon ami la nuit. Comment ai-je pu l'oublier, comment l'avons-nous pu ? Le briquet tremble dans ma main alors que je replace la couverture autour de Palareth et me redresse, pieds nus faisant bruisser l'herbe. Les lueurs tremblantes des lanternes s'illuminent, cercle lumineux autour de nous qui fait écho à la lueur dorée qui chute du ciel et s'accumule autour du Balgramien.

Je me fige, Eysteinn pressé contre mon côté tandis que nous observons cette Poussière qui est pour nous mystique danser autour de l'homme à terre et s'en éloigner lentement, valsant devant lui tandis qu'elle cherche sa forme. Je me force à rester immobile, craignant qu'étreindre le Dissocié n'interfère avec le processus, regard buvant la Poussière lumineuse se serrer sur elle-même, prendre forme, éclat d'or se dissipant lentement pour laisser place à une fourrure putoisée et à des yeux brillants, griffes enserrant l'herbe, reflet de Palareth de toute évidence aussi perdu que lui. Mon souffle se coince un instant dans ma gorge, tremblante d'avoir assisté ce spectacle, tête de mon âme se glissant sous ma main en une caresse quémandée que je lui accorde aussitôt, doigts traçant ses cornes et son museau. Je crains la réaction de Palareth, les premiers mots échangés, Eysteinn quittant ma main pour approcher le furet tremblant un déclencheur.

En un instant, je suis agenouillée près de mon ami, serrant de nouveau la couverture autour de ses épaules et l'entrainant vers le banc, tasse de thé glissée de force entre ses doigts, lanternes brillant toujours autant, cercle de protection maintenant les ombres nocturnes loin de nous désormais tandis que je l'étreins et l'incite à boire du thé, mon daemon veillant sur l'âme qui prend ses premiers pas. J'aimerais parler, pouvoir dire quelque chose qui puisse rassurer Palareth, sans succès, file des secondes suspendu tandis que la Dissociation prenait lieu reprenant son cours et s'écoulant en un murmure moqueur au fond de mon esprit partagé. Je trouve cet état naturel, comme l'a dit Palareth, ne peux imaginer ma vie sans ces pensées qui font écho aux miennes, ces émotions qui résonnent doucement en moi, tel un clapotis de temps. Qu'est-ce que cela doit être, un esprit fermé, imprenable, imperméable ? Un esprit comme une prison, rien pour tempérer ni guider... L'idée m'est étrangère, incompréhensible. Est-ce qu'ils ne se sentent pas vides ?

Peut-être faudrait rentrer ?

Le murmure prudent me fait sourire un instant, vague d'amour envoyée vers mon âme avant que doucement mes mains ne se referment sur celles de mon ami, les pressant pour attirer son attention.

"Tu veux rentrer ? Tu es le bienvenu pour passer la nuit ici, si tu veux..."


Le vouvoiement pluriel veut s'échapper, reste piégé derrière mes dents, tutoiement familier restant fermement en place. Rappeler sa désormais dualité à Palareth n'est probablement pas la meilleure des idées... J'espère qu'il acceptera de rester, de sorte que nous puissions veiller sur lui et sur son autre. Peut-être la nuit leur portera t-elle conseil, leur offrira t-elle un terrain d'entente ? Je l'espère. J'espère qu'ils pourront se reposer, tandis qu'Eysteinn et moi nous ferons vigiles. Je sais déjà que d'autres lanternes seront illuminées cette nuit, éclairant ma chambre, et chassant les terreurs nocturnes. Palareth a assez souffert pour l'instant. Et je supplie la Poussière qu'il accepte cette nouvelle pièce de lui-même, et que sa femme fasse de même lorsqu'il la retrouvera.

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MessageSujet: Re: DEFI N°1 « Daemons Daemoniaques » ❧ Ft. Avaïane   Lun 18 Avr - 12:02

Turn to Dust

Oppositions de Mondes



J'ai l'impression d'être vide, que mon esprit n'est plus en état de réfléchir, comme en état de choc, figé dans cette seconde et cette esquisse de mouvement de recul. Si vide et d'un autre côté trop plein, sensation étrangères, pourtant si semblables en cette instant, se mêlant aux miennes. Je sens à peine les gestes d'Avaïane, mon corps emporté sur le banc sans qu'il ne puisse protester, le regard écarquillé rivé sur l'être qui me fixe de la même manière, comme si l'un de nous allait bondir sur l'autre pour le dévorer. Le mustélidé est contraint d'avancer et me suivre, la douleur mordante de la séparation et de l'étirement du nouveau lien rendant la chose plus concrète encore.

Ses premiers pas sont maladroits, patauds, hésitants et étrangement, je peux sentir cette sensation d'être sonné, de découvrir sa propre enveloppe dans la crainte que je ne tente de déjà la déchiqueter et de m'en débarrasser. La distance entre nous se conserve, l'un comme l'autre préférant être certain de calculer le taux de risques, d'acceptation. Ces échos si semblables aux miens finirent par m'arracher un rire, certes terriblement nerveux, mais un rire tout de même. Peut-être que nous n'étions effectivement pas si différents dans un sens et bel et bien des doubles.

La voix d'Avaïane fini par percer mon état de bulle figée qui recommence seulement à se mouvoir. Je ne préfère pas lui adresser un regard, préférant continuer à scruter l'autre, mon autre, avec attention. « Je préfère rester prendre l'air pour l'instant. » L'écho de nos vois mêlées ensemble nous fait sursauter, même phrase et même sentiment de ne pas vouloir être enfermé et confiné pour l'instant malgré la nuit noire et effrayante, enfin pas aussi effrayante que notre synchronisation exacte. Effrayant et... curieux ? Est-ce que c'était une tactique d'approche ? D’imitation en vue que la nouveauté passe plus facilement ? Cette pensée ajouta un peu plus de méfiance chez mon autre qui avait visiblement tout entendu.

« Un furet. » Le mot sort de lui même, rire, toujours nerveux, s'élevant. L'incompréhension face à la forme commence à monter, curiosité naturelle prenant le dessus. « Moi qui m'attendais à un moustique ou un insecte monstrueux au vol terriblement énervant... » Quoi que du point de vue énervant, il y avait de quoi en baver aussi, ce type de bestiole était du genre sur ressort. « Oh mais tu l'es aussi, crois-moi, on s'accorde à merveille. » La voix vexée, cette fois nettement moins sûre d'elle, refit son apparition. Un point partout visiblement. J'en aurait presque mal au cœur, sentiments m'affectant de plus en plus, contaminant les miens.

Qu'est-ce que cela faisait si nous nous touchions ? Est-ce que ses poils étaient doux ? D'autres questions envahirent soudainement mon esprit, faisant écho à celles de l'individu d'en face dont les oreilles se redressent en entament quelques pas. Ma main se tend, un brin hésitante en attendant un contact. C'était une drôle de sensation ce toucher, trois doigts glissant dans les poils putoisés en une brève caresse. Peut-être qu'Avaïane avait raison. Je ne ressentais rien de mauvais en cet être. Je ne sais plus. Le thé monte à mes lèvres, avalant une longue gorgée bénéfique. « Peut-être que je devrais lui laisser sa chance. » Répliquais-je enfin alors que le mustélidé se détend un brin, plus rassuré.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: DEFI N°1 « Daemons Daemoniaques » ❧ Ft. Avaïane   Dim 24 Avr - 19:52

One to two

Split yourself up, spit yourself out


Je reste immobile à ma place, Eysteinn un poids rassurant contre mon côté et mes cuisses, chaleur de son corps s'insinuant à travers ma robe de chambre pour mieux m'isoler du froid nocturne. Les secondes s'écoulent, mélodie que nous somme seuls à entendre, alors que nous observons du coin de l’œil Palareth faire connaissance avec sa moitié, hésitant un instant avant de nous redresser de concert. Nous sommes des intrus, et nous nous éloignons en silence, nous installant au bord du puits. Eysteinn trône au dessus de moi tandis que mes jambes pendent dans le vide, eau si loin en dessous d'elles, nos regards enregistrant en silence la main qui enfin se perd dans la fourrure putoisée.

Mes doigts font de même, errant dans le pelage de mon daemon tandis que sa tête repose sur mon épaule, silence parfait dans notre lien tandis que nous observons et écoutons le passage du temps. Il semble s'être ralenti, juste un peu, peut-être part courtoisie entre les deux moitiés qui commencent à s'apprivoiser. Ils semblent vouloir essayer, en tout cas, et nous nous approchons de nouveau, lentement, hésitants, question fatidique au bout des lèvres sans oser pour autant la prononcer. Je crains de buter Palareth, si je lui demande. Eysteinn craint que ce ne soit pas le bon moment, la bonne heure. Nous nous contentons de sourire, et de nous resservir en thé, remplissant de nouveau la tasse du Dissocié au passage. La situation me semble délicate, fragile comme les ailes d'un papillon.

Le ciel nocturne se couvre, nuages s'assombrissant tandis qu'ils s'amassent dans le ciel, et mon âme les trace du regard, nerveux. Il n'aime pas la pluie, n'aime pas être dehors sous la pluie, plutôt, insistant à la place pour que nous restions à l'intérieur, feu craquant dans la cheminée, thé fumant et intensément sucré à nos côtés, ragout embaumant notre intérieur tandis qu'il mijote lentement, nos yeux concentrés sur notre tâche. Il trouve cela confortable, rassurant, journée passée uniquement avec moi. Mais il espère que la pluie ne tombera pas, ce soir.

Nous sommes rapidement déçus, premières gouttes tombant et nous faisant frissonner de concert, regards se portant vers le couple à nos côtés l'espace d'un instant avant que je commence à tout rentrer, entraînant Palareth avec moi. Les gouttes d'eau grossissent, se font plus nombreuses, leur chute s'accélérant, Eysteinn exigeant que j'allume la cheminée lorsqu'enfin la dernière lanterne est rentrée, leur lumière envahissant la pièce rapidement rejointe par celle des flammes tandis que je frissonne.

"Vous n'êtes pas trop mouillés, ça va ? Vous voulez de la soupe, d'autre thé ? Des tartines ? Une couverture sèche ?"

Je souris, tandis que mon âme s'inquiète, museau s'aventurant jusqu'à se frotter un instant à la furette. La curiosité est en train de le dévorer, tandis qu'il n'a qu'une envie, la couvrir de questions.
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MessageSujet: Re: DEFI N°1 « Daemons Daemoniaques » ❧ Ft. Avaïane   Dim 24 Avr - 21:26

Turn to Dust

Oppositions de Mondes



Seule la pluie parvient à nous sortir de notre observation mutuelle, accroupi, l'autre en face, le museau frétillant par réflexe pur capturer les diverses odeurs. Je sens le bras d'Avaïane me tirer vers l'intérieur, m'obligeant à quitter mon double animal du regard, chose que je ne parvenais pas à faire seul depuis quelques longues minutes. Je me retrouve rapidement devant le feu, moins mouillé que la furette. Je suis presque certain de sentir la fraîcheur de l'eau dans ses poils m'arrachant un frisson. A la question d'Avaïane, je désigne le mustélidé, devinant aisément qu'il fallait que je serre le dents et tente une approche et un contact plus long.

Le bond me surprend, probablement autant qu'Eysteinn. Mon autre a les poils qui s’irisent suite au contact de l'oréotrague, instaurant une autre distance de sécurité avec lui en se glissant entre mes pieds, les crocs dehors. Nouveau, je suppose, je crois que je n'apprécierai pas le contact d'un illustre inconnu à peine arrivé dans ce monde. La proximité soudainement instaurée entre nous me laisse un instant perplexe, comme si j'étais devenu un repère, regard se posant sur la furette qui s'enroule presque autour de mon pied, plus dans la crainte que par attitude offensive.

Je me saisis d'une serviette, me penchant avec précaution pour ne pas me faire mordre, n'ayant pas encore compris comment les discussions mentales fonctionnaient. Je l'y enroule, essuyant ses poils en douceur et de façon méticuleuse. Nouvelle confrontation de regard, suivit d'un bâillement commun et synchronisé à merveille. Moi qui ne m'imaginait ne plus jamais pouvoir dormir avec une telle intrusion dans mon esprit, voilà que je sentais l'épuisement me tirer vers le fond, comme si la dissociation nous avait vidé de toutes nos forces, les avais coupé en deux et que les insomnies des dernières nuit voulaient enfin se taire. J'accepte la couverture d'Avaïane avec joie, m'installant devant les flammes chaudes et bienveillantes. Mes yeux se ferment peu à peu, ne sentant même pas mon autre venir se blottir contre moi en quête de chaleur rassurante.  
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MessageSujet: Re: DEFI N°1 « Daemons Daemoniaques » ❧ Ft. Avaïane   

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DEFI N°1 « Daemons Daemoniaques » ❧ Ft. Avaïane
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