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 « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle

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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Dim 24 Jan - 16:17

Dark Night

worst nightmare



Acouphène sourd, son strident qui me coupe soudainement du monde, de la foule agitée qui s'échappe dans tous les sens, libérant des lamentations au fur et à mesure que la poussière d'or s'élève dans les airs. Respire Pal, respire. Les gestes sont automatiques pour contrer le vertige, bras enserrant Hélionne bercée avec nervosité tandis que l'autre main, retient Li avec difficulté, le tout pendant que mon esprit s'est totalement déconnecté de la réalité qui s'encre difficilement. Ma mâchoire n'est plus qu'une crispation douloureuse, dents entrant en conflit alors que le regard lointain, trop lointain cherche une réponse, un coupable, une définition, un son, un mot, une syllabe.

Je semble avoir soudainement été frappé par la foudre, gestes s'enchainant avec rapidité comme s'ils avaient attendu un signal pour provoquer une réaction en chaine. Ma main saisit le châle de Li, attachant Hélionne, dont les plaintes incessantes me déchirent, dans mon dos afin de libérer mes bras pour saisir Liscialle qui tourne de l’œil, la portant tant bien que mal pour trouver une issue, me frayer un chemins entre les hurlements et colonnes de particules d'or, le tout au pas de course. Mes jambes hésitent, ne savent pas où aller, ne savent pas s'il faut quitter la ville, maigre espoir que ce cauchemar ne soit qu'à Balgram. Hélas la réalité dans les cris dans mon dos et le poids entre mes bras me tire vers ce "chez nous" temporaire. Des mots m'échappent, probablement de réconfort, mais je ne parviens pas à y faire attention, langue aussi crispée que le reste alors que seuls mes pieds assurent les mouvements.

Les marches sont une épreuve colossale, bras commençant à lâcher à peine leur prise, mais elles sont gravies quatre à quatre. Je perçois la douleur sourde, la déchirure qui se fait sourde et me nargue, profitant de mon élan de panique, de mon imagination, de mon besoin d'une voix intérieure et familière, pour faire surface, m'indiquant encore et encore ce que les deux êtres que je transporte peuvent éprouver. La porte s'ouvre d'un mouvement de coude, posant ma femme dans le lit alors que je file déjà vers la cuisine, sortant une bouilloire et une théière. Je ne prends même pas le temps d'attendre que l'eau sois chaude, la retirant tiède pour faire infuser les précieuses feuilles dans la précipitation. Je profite de ces quelques minutes pour ôter le corsage de Liscialle histoire de la laisser respirer, mains tapotant ses joues pour qu'elle revienne à elle avant de lui enfoncer le bec de la théière dans la bouche.

Je détache enfin Hélionne de mon dos, une main saisissant un mouchoir plongé au préalable dans le précieux liquide d'or, insistant pour qu'elle le mettre en bouche et tète ne serait-ce que quelques goûtes alors que je m'installe sur le bord du lit. Je ne parviens plus à penser, regard vide sur note fille qui semble se calmer, ne faisant plus que renifler tout en gardant le tissus imbibé entre ses gencives. La monstruosité de la chose me donnait envie de défaillir, d'envoyer le moindre objet me tombant sous la main dans les murs, de remettre la faute sur un coupable à qui je voulais faire vivre mille tourments. Ma prise se resserrait, jetant un regard a Li pour voir si elle allait mieux également, émotions remontant peu à peu, partagées entre colère, dégoût et tristesse. J'en avait oublié mon propre mal, perdu entre le reste qui me rongeait tout autant, bouillonnant de l'intérieur comme jamais. Le crime était de taille, on venait d'arracher l'âme de ma femme et ma fille, on venait de les arracher sans aucune pitié et je savais parfaitement ce qu'elle éprouvaient dans les moindres détails.  
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Liscialle E. Balshilek

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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Lun 25 Jan - 22:59

Dark night

Nightmare gone real


   
Ma conscience revient lentement, tapes sur mes joues m'extirpant de l'inconscience, douleur aigüe étouffée avant d'avoir eu le temps de s'installer par la théière entre les lèvres, thé coulant avec obéissance dans ma gorge, étouffant le manque. Étrangement, je n'arrive plus à paniquer, comme déconnectée tandis que je me redresse péniblement, serrant la porcelaine entre mes mains, regard se posant sur Hélionne qui tète un tissu humide puis sur Palareth. J'ai la sensation de les contempler de loin, comme si je me trouvais piégée sous la surface du lac tandis qu'ils étaient restés sur le rivage.

Ma main me semble lourde tandis qu'elle se ferme sur le pied d'Hélionne lentement, reste de mon corps suivant et se blottissant contre celui de Palareth, visage se dissimulant au creux de son cou, théière enserrée dans ma main. La douleur tente de se frayer un chemin sous les quelques gorgées de thé, étouffée, enchaînée au fond du lac où je suis piégée par des chaînes de thé qui déjà s'effritent, trop fragiles. Est-ce que ce que vit Pala à chaque instant, l'attente de la douleur, le répit temporaire, la déconnexion de tout ce qui l'entoure, la distance qui semble impossible à combler, le froid qui envahit ses os et menace de les réduire en poussière de l'intérieur ? Les larmes coulent d'elles-mêmes à cette idée, expression d'une peine que je ne ressens que dans la manière dont le lac donc je tente en vain de percer la surface se fait plus profond, plus sombre. Étrange manière de se noyer.

"Hélionne ? Elle a assez de thé ?"

Je ne reconnais pas ma voix, étouffée par la peau chaude de Palareth qui ne parvient pas à chasser l'eau qui s'est infiltrée sous ma peau pour mieux me geler, frissons réflexes m'agitant sans le moindre succès. Aucune intonation ne l'anime, aucun rythme, mélodie usuelle des mots piégée sous la surface aussi surement que moi. Mes lèvres se crispent, manquant mordre le cou de mon mari avant que je ne me recule légèrement, fixant la théière sans la comprendre. Je sais que je dois boire, liquide me tentant, promettant de renforcer les chaines dont les premiers maillons ont cédé. Mais je ne parviens pas à prendre la décision, eau continuant d'alourdir mes muscles, mes bras, tandis que la peau d'Hélionne au creux de ma paume ne m'atteint plus. Les profondeurs m'attirent inexorablement, m’enlaçant et m'éloignant de la surface, premières aiguilles de glace me transperçant sans me faire réagir.

"Je... devrai peut-être boire ?"

Je ne suis pas certaine, regard cherchant celui de Palareth en attendant sa réponse tandis que de nouveaux pics de glace s'infiltrent sous ma peau et que l'eau se gèle dans mes os, les faisant se fissurer sous la pression. La surface du lac se transforme lentement en un écran de glace, m'isolant fermement de la surface et de ma famille.
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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Mar 26 Jan - 12:17

Dark Night

worst nightmare



Les doigts minuscules de ma filles enserrant un doigt qui tient le tissus imbibé m'extirpant un bref instant de mes pensées, regard toujours aussi vide se posant douloureusement sur elle. Les quelques goûtes de thé semblaient avoir eu un effet bénéfique, cessant les pleurs tout en parvenant presque à la faire somnoler, paupières à moitié clauses. Je fronçais les sourcils, essayant de me remémorer les pages lourdes et terriblement ennuyeuses de l'oeuvre d'Hiras Lilaten. Les enfants doivent forcément être moins touchés par le mal, par la déchirure, pour une fois que ces mots me paraissent rassurants, apaisent un brin ma frustration sans pour autant la faire taire. Ma prise se resserre, enlaçant Hélionne un peu plus, ne sachant pas vraiment lequel de nous deux est maintenu par l'autre en cet instant.

Hélas on ne pouvait pas vraiment en dire autant de Li, visiblement à moitié dans le gaz. En cet instant même, je suis incapable d'être doux, de sortir une parole rassurante, de voir le côté positif, il n'y en avait pas, il n'y avait rien à apposer sur ce genre de chose, il n'y avait rien pour en rire, pour tenter de voir le bout du tunnel et il n'y en avait jamais eu. Je me contente de lui laisser mon épaule, acquiesçant à peine en supposant qu'Hélionne allait mieux, enfin mieux, c'était tout un concept quand on venait de nous arracher une part de nous-même. Au moins ce fut bref, épargnant une longue agonie. Cette pensée m'arrache une longue inspiration emprunte d'ondes négatives, lion en cage prêt à sauter à la gorge de n'importe quoi pour le dévorer.

L'interrogation de Liscialle ne fait que me mettre un peu plus les nerfs en pelote, ignorant pourquoi une part de moi aimerait la secouer dans tous les sens pour qu'elle se reprenne. Je ne devrais pas avoir à lui faire boire cette foutue théière, je ne devrais même pas avoir besoin de tenter de la consoler un tant soi peu, je ne devrais même pas attendre que Delenrorn ne daigne enrouler ses ailes autour d'elle. Je constate que notre fille a fini par s'endormir, mouchoir imbibé entre les lèvres, tétant à peine de temps à autre. Par mesure de précaution, je prend le temps d'aller la poser dans son berceau, par crainte que mes mains crispées ne lui fasse mal par mégarde, bien que perdre mon support n'était certainement pas une bonne chose.

Je reviens à Li, lui enfonçant la théière dans la bouche qu'elle soit consentante ou non après avoir remonté les manches de ma chemise, une main s'enfuyant dans ses boucles brunes que mes doigts détachent dans la foulée. « Laisse couler, de longues gorgées, quitte à la vider et à te forcer. Il n'est pas coupé et il y a la dose, ça devrait aller mieux, pas totalement, mais mieux quand même. Encore ! » Ma voix ressemble d'avantage à celle d'un professeur autoritaire et sec qu'à celle d'un mari inquiet et rassurant, prêt à la gaver de thé s'il le fallait. Je la forçait, ne baissant pas le bec alors que c'était ma propre soif qui montait, me chatouillant tout en faisant trembler un brin mes doigts. Depuis combien de temps n'avais-je pas eu droit à un breuvage pur et parfaitement dosé, exécuté dans les règles de l'art ? Non Pal, ne te déconcentre pas, tu régleras cet autre problème après tes priorités.

« Écoutes, concentre-toi sur le son de ma voix, ne te laisse pas aller, surtout pas ! Je vais régler ça, je vais trouver une solution, n'importe quoi et quitte à passer des nuits le nez plonger dans les livres à manger de la Poussière à chaque repas. On va les ramener d'accord ? Mais ne sombre pas, s'il te plait. Reste forte d'accord ? Tu ne voudrais pas dérailler comme moi mh ? Tu nous imagines avec un tel débit de paroles à longueur de journée ? Hélionne va vouloir se faire adopter. Imagine surtout nos stocks de thé, à trois sur quelques feuilles, autant déménager directement de l'Autre Côté et commencer une culture parce qu'on ne va plus pouvoir s'en sortir. Tu nous vois en train de nous battre pour une simple tasse ? D'ailleurs profite, on commence dès la prochaine, je crois que les deux tiers de notre stock est passé dans cette théière. Faite dans les règles de l'art tu peux me croire, même s'il devrait être plus chaud, mais vu l'urgence. Tu veux que je te fasse couler un bain chaud ? Je pourrais y mettre les feuilles de thé, se baigner dans une tasse géante tu imagines ? Le rêve. » Les mots ne s'arrêtaient plus, sortant encore et encore comme un minuteur jusqu'à-ce que l'air manque. Panique se mêlant aux tremblements que je tentais de dissimuler par de grands gestes. J'étais prêt à la secouer comme un prunier pour qu'elle se reprenne, m'ayant débloqué tout seul pour être remonter sur ressort, lui suppliant du regard de se reprendre.
 
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Liscialle E. Balshilek

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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Jeu 28 Jan - 22:46

Dark night

Nightmare gone real


 
Le thé coule dans ma gorge, placé là de force par Palareth, liquide m'étouffant et me noyant tandis que je tente de le boire aussi vite qu'il ne coule, ma main enserrant le poignet chéri, m'y agrippant tant bien que mal tandis que je tousse et bois, délaissant la théière avec soulagement une fois le mal éteint, rendant une certaine clarté à mes pensées, et poussant les rares gorgées restantes vers Palareth avec détermination. Je ne doute pas qu'il en ait besoin aussi, pas maintenant que je sais ce qu'il vit au quotidien avec une précision, une exactitude, qui me lève le cœur. En partie parce que j'aurai voulu ne jamais vivre cela, mais surtout parce que ma fille, notre fille, subit la même chose. Combien de gens ont été atteints de la sorte ? Certains plus fragiles que d'autres y auront-ils succombé ? L'idée me révolte, surface de glace et chaînes brisées me laissant libre de m'extraire de ce lac sombre où j'étais perdue, mes émotions me suivant. J'espère ne pas y retourner lorsque les effets du thé se dissiperont, scepticisme et crainte me soufflant de concert que cela ne sera pas si simple; comme si ce lac était la forme adoptée par les miettes d'âme qui me restent, liquides et létales sans le manchot qui y évolue.

Un maigre rire m'échappe face au flot de paroles de Palareth, images absurdes et presque cruelles, inquiétude perçant derrière chaque mot, mes mains se perdant dans sa chevelure tandis que je le fixe, rapprochant nos fronts avec fatigue. Même avec le thé qui me réchauffe et qui fait taire le lac qui gronde de ne plus avoir son empereur nageant dans ses profondeurs, je me sens transie de froid, peut-être un effet secondaire de la séparation, un sur lequel la boisson dorée ne peut rien ? Je me rapproche davantage de mon époux, profitant de sa chaleur tandis que je soupèse chaque mot, péniblement. La colère gronde en moi, et je ne veux pas la laisser transparaître, je ne veux pas nourrir celle de Palareth, ni faire subir tel spectacle à Hélionne. Qu'elle dorme. Peut-être ses rêves et ce tissu suffiront-ils à garder le mal à distance.

"Un bain ? Ensemble ? Si tu veux bien... j'avoue être gelée, mais je ne veux pas te laisser... Pour le reste... il semblerait que mon esprit trouve plus intéressant de me noyer que de me faire parler. Ironique, non ? J'en aurais presque peur de me baigner seule, pour tout ce que notre bac n'est pas très profond..."

Ma voix se fait murmure tandis que j'admets être peu rassurée à l'idée de m'immerger seule. Il n'y a pas juste la peur. Ed se baigne avec moi, c'est aussi simple que ça. Nous prenons notre bain ensemble, en dehors des quelques occasions où Palareth et moi avons pu partager notre baignoire, mon âme râlant contre la température de l'eau tandis que je râle contre ses plumes qui gonflent et contre la place qu'il occupe. Un rituel parmi une multitude d'autres, désormais inaccessible. Je ne veux pas me baigner seule. Si je me baigne seule, j'admettrais qu'Ed n'est plus là. Je n'en ai pas la force. Je veux profiter du répit offert par le thé pour tenter de me voiler la face, juste cette fois. Un soupir m'échappe tandis que je reprends la parole.

"Je trouverai bien un endroit où acheter du thé de l'Autre Côté, même si sa qualité est incertaine. A trois... mieux vaudra sans doute le concentrer davantage et tenter d'en boire moins que le contraire, nos stocks s'épuiseront vite dans tous les cas."

Je préfère ne pas penser à l'idée de partir vivre de l'Autre Côté, de renoncer à jamais à la possibilité que nos âmes puissent revenir, en dépit des rumeurs qui courent et que j'espère vraies. Si des daemons sont réapparues, peut-être Guinerain, Ed, ou surtout le daemon d'Hélionne pourraient faire de même ? L'idée est enchanteresse, précieuse bulle de savon, et probablement tout aussi illusoire. C'est ce dont j'ai besoin pour l'instant, tandis que je délaisse mes vêtements, rideaux presque clos préservant ma modestie tandis que j'approche du bac rempli d'eau chaude avec lenteur, chair de poule et tremblements envahissant ma peau à la vue de l'eau qui clapote encore d'avoir été versée. Je n'aurai jamais pensé pouvoir être effrayée par cet élément que j'aime tant, tâtant la surface du bout du pied et laissant un regard teinté d'appréhension à Palareth, espérant qu'il me rejoigne. J'ai besoin de ses bras autant que de thé, tandis que je sombre avec prudence dans l'eau, me mordant la lèvre pour retenir un gémissement tandis qu'elle grimpe autour de moi. Le bac n'est pas profond, je ne risque rien. Je ne risque rien.

Je veux les bras de Palareth autour de moi.

Je veux Delenrorn.
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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Ven 29 Jan - 13:29

Dark Night

worst nightmare



Ce fut tout de même avec une certaine appréhension que la théière presque vide retrouva mes doigts, regard scrutant Liscialle avec inquiétude en attendant qu'elle me montre que son esprit allait parfaitement bien. La pensée parasite du thé revint, doigts portant le bec à mes lèvres par mécanisme, accueillant les quelques dernières gorgées, certes trop peu nombreuse, avec grand plaisir. Cela suffirait pour l'instant, appréciant le goût non coupé et délicieusement parfumé dans un long soupir d'aise que je ne pu contenir. Un grand cru efficace et qui apaisait les maux. Poussière, ça faisait un bien fou.

Je n'avais pas quitté Li du regard, théière vide se posant à l'aveugle sur la table de chevet. Son rire ne fit qu'accentuer mes craintes, sourcils se fronçant en une fraction seconde. Était-elle en train de perdre pied ? De dérailler ? Il n'y avait rien de drôle à cette situation après tout. La colère sourde et glaciale refaisait surface, crispant à nouveau chaque muscle. Ses mots ne firent qu'empirer la chose, m'apportant des détails dont je me serait bien passé, bien que je les connaissait déjà. Les mots ne faisaient que concrétiser la chose, la rendre plus grave encore. Je me permets le luxe de préparer une nouvelle théière le temps que l'eau coule dans le bac, ré-infusant les nombreuses feuilles qui avaient servies pour la première. Le tout en observant les moindres faits et gestes de Liscialle avec appréhension. La tasse est plus que bienvenue, ingurgitant une quantité considérable du breuvage dans un silence absolu.

Le fait même qu'elle cherche ma présence dans l'eau n'est pas naturel, c'était rare, exceptionnel même, me faisant hésiter un instant alors que son regard me cherche, avant de reposer la porcelaine vide, couches de vêtements s'accumulant sur une chaise au fur et à mesure. J'ignore comment je peux me glisser dans le bac plus étroit que notre ancienne baignoire, j'avais tout de même une bonne tête en plus que Delenrorn après tout, puis mon corps n'était pas recouvert de plumes qui prenaient une bonne partie du volume. Je finis par me glisser dans son dos, faisant monter le niveau considérablement tandis que mes bras l'enlacent, emprisonnent sa chair dénudée contre la mienne. Mon front se colle sur son épaule, tâchant de limiter ma respiration qui pourrait trahir mon ressentit.

L'étreinte finit par me détendre, muscle se décontractant, lèvres trouvant son cou alors que quelques doigts caressent doucement un bout de peau que je ne peux voir, supposant être un avant bras. Le silence, les faibles lueurs dans cette obscurité, rendent le malaise encore plus présent. Mes doigts nerveux finissent par s'occuper des boucles brunes, les humidifiant pour les savonner avec précaution, m'y attardant. Elles sont plus prétexte qu'autre chose, alors que mes lèvres ne trouvent plus de mots, comme si on venait de me couper les cordes vocales. Dans un sens, ça doit lui faire du bien, pour une fois que je reste silencieux et que les sons ne d’emballement pas comme ils le font d'habitude. Une fois les mèches propres, je m'attaque à son dos, doigts en profitant pour tenter de la détendre, insistant près de sa nuque de des omoplates.

Tout se fait dans un étrange automatisme, regard perdu dans le vide qu'elle ne peut heureusement pas voir, pensées lointaines et déconnectées, enfin si on pouvait appeler ça penser. Je ne sais hélas pas vraiment à quoi je pense, images s'enchainant encore et encore, appuyant bien sur le crime, inquiétude se mêlant au reste. La seule chose concrète qui tourne, c'est qu'il est de mon devoir de prendre soin d'elles, même si je suis bien placé pour savoir que ce genre de chose ne se comble pas, même avec toute l'affection du monde.
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Liscialle E. Balshilek

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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Ven 29 Jan - 17:35

Dark night

Nightmare gone real


 
L'eau monte tandis que Palareth me rejoint, longue exhalation m'échappant en sentant ses bras se refermer autour de moi, son visage au creux de mon épaule, mes mains se nouant d'instant aux siennes tandis que le lac dans mon esprit s'éclaircit légèrement, eaux moins troubles se réchauffant insensiblement. Ou peut-être est-ce la chaleur du bain qui me pénètre enfin, chassant le froid de mes os et de mes veines, pression diminuant enfin. Ma tête bascule tandis que les lèvres de Pala se glissent dans mon cou, doigts glissant contre ma peau avant de se perdre dans mes cheveux et mon dos, gestes doux me laissant glisser dans une torpeur qui m'emprisonne aussi sûrement que le lac. L'idée fait naître une pointe d'anxiété en moi, peut-être que je me trompe ? Que c'est l'eau qui me fait imaginer tout ça, liquide m'étreignant prenant la forme de Palareth pour m'empêcher de me débattre ? Sauf que l'eau n'a pas de bras, et ne sent pas comme lui... mais si mon nez est immergé lui aussi, l'eau a pu changer son odeur...

Mes yeux s'écarquillent un instant tandis que l'eau glisse le long de mes cheveux et emporte le savon, ma respiration se bloquant pour s'assurer que je ne rêve, ongles errant légèrement sur la cuisse de mon mari. Il est solide, et il est toujours là même si je ne respire plus, ça devrait être bon... si le lac joue à prendre sa place, ce sera plus tard, quand le thé aura quitté mon organisme. Je crois. Je respire de nouveau, veillant à faire clapoter l'eau un instant pour couvrir le sifflement de mon exhalation. Je ne veux pas inquiéter Palareth. Il ne mérite pas ça. Je dois être forte, pour nous trois.

L'eau lèche ma peau et me fait frissonner tandis que me retourne dans les bras qui m'étreignent, doigts se perdant dans les cheveux de Palareth pour lui rendre la pareille, mains en coupe recueillant l'eau pour humidifier la masse sombre avant que le savon ne se mêle aux mèches épaisses, moussant lentement, mes ongles grattant légèrement, doigts massant, glissant dans sa nuque et le long de sa mâchoire avec légèreté. Je devrais sentir un bec contre mon cuir chevelu, des plumes sous mes doigts, pas des doigts et des cheveux, idée enfouie au fond du lac, maillon supplémentaire à la chaîne qui n'attend que de pouvoir me noyer de nouveau. Le silence est étrange, peu naturel, pesant. Etrangement, j'ai déjà pris l'habitude des longs discours entortillés de Palareth et de ses grands gestes qui font rire Hélionne et le rendent semblable à un jouet trop remonté, image attendrissante couvrant la terrible réalité.

De nouveau mes mains se coupent, eau glissant lentement et emportant le savon, encore et encore, tandis que je veille à ce qu'il évite les yeux de Pala, comme je le ferai avec Hélionne, lèvres se nichant contre sa joue tandis que mes doigts glissent une dernière fois pour s'assurer que tout le savon a été chassé. Je voudrais parler, mots bloqués dans ma gorge, incertains de ce qu'ils voudraient dire, eau infiltrée entre eux les empêchant de s'épanouir et de s'assembler. Mes yeux se ferment un instant, mains glissant le long du torse familier, visage s'y dissimulant le temps de quelques respirations. Trop de mots, trop de questions, trop d'inquiétudes. Vais-je rester à jamais comme cela ? Comment allons-nous faire pour le thé ? Que va-t-il advenir d'Hélionne, privée d'âme comme elle l'est ? Pourra-t-elle seulement aller à l'école, jouer dehors, aller au parc comme le ferait un enfant normal ? Pourra-t-elle supporter de se voir entourée de daemons, vision lui rappelant chaque jour ce qu'on lui a arraché sans la moindre raison ? De loin, l'idée revient, d'autres ont vu leurs âmes disparaître, quantité impossible de citoyens désormais réduits à des morceaux errants, comme nous le sommes. Peut-on seulement encore dire de Palareth qu'il est un Amputé, si tout le monde l'est ?

"Je me demande si nous pourrions aller à la banque désormais... ils ne verront certainement plus de différence entre nous et le reste de leur clientèle..."

Murmure amer et incertain qui s'échappe finalement, bouts de mots assez petits pour se faufiler hors de l'étreinte aquatique, tandis que le savon retrouve mes mains et glisse le long du torse de Palareth, bulles le suivant. Ce n'est pas une image créée par l'eau ça, pas avec l'odeur de savon et la mousse qui se forme sous mes doigts et qui rend l'eau laiteuse en se dissolvant. Je doute que le lac aime beaucoup le savon. Ça rend l'eau trouble, mais un bon trouble, un trouble blanc et laiteux et presque rassurant. Un trouble de baignoire, un trouble où il est impossible de me noyer. Pas alors que Palareth est avec moi.
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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Sam 30 Jan - 0:47

Dark Night

worst nightmare



Le regard de Li m'inquiète, cherchant à le percer pour savoir si elle allait bien, si elle tenait bon, si son esprit ne se perdait pas dans les eaux troubles, cédait au mal et au doux murmure de la déchirure. Le tout alors que ses doigts se perdent à son tour dans mes cheveux, fermant les yeux alors qu'elle fait dégouliner l'eau. Mon index se lève, effleurant à peine son épaule, visage s'imprégnant de mon inquiétude malgré moi. Je n'aime pas qu'elle soit si silencieuse, pas alors qu'elle est dans son élément de prédilection, pas alors que l'eau l'entoure. Mes bras se ferment une nouvelle fois autour d'elle, caressant son dos malgré la sensation étrange que procure le contact humide.

Je ne sais que répondre à sa question, me contentant de hausser les épaules alors que tout ça m'échappe. La savonnette m'est indifférente, laissant les doigts de Liscialle opérer, supposant qu'elle avait elle aussi besoin de s'occuper les mains. En d'autres circonstances, nous profiterions probablement de l'instant, nous laisserions probablement emporter par quelques sentiments pour le moins déraisonnables. Or, j'ai l'impression que je vais bientôt me réveiller, comme si ce n'était qu'un mauvais songe. La fête chaleureuse que j'aimais tant s'est définitivement changée en nuit cauchemardesque. Mon front trouve celui de Li dans un long soupir, fermant les yeux un instant.

C'est alors qu'un gazouillis me fit revenir à la réalité, rire de notre fille s'élevant dans la pièce. Si le son était rassurant, je me demandais si ce n'était pas un effet de la séparation et du thé, folie quelconque envahissant notre pépite. Enfin jusqu'à-ce qu'un aboiement de chiot, précédé par un caquètement d'oiseau s'élève à son tour. J'écarquillais les yeux, aidant Liscialle à sortir avant de bondir hors du bassin, prenant à peine le temps d'enrouler une serviette autour de moi, manquant de glisser sur le parquet à cause de mes pieds humides alors que j'accours en direction du berceau. Se pourrait-il que ? J'éclatais de rire, probablement à cause de la nervosité, constatant que le jeune Daemon au nom encore inconnu passait d'une forme à l'autre tout en se blottissant contre sa moitiée, tentant visiblement de la rassurer. Je ne sais pas si c'était le fait d'avoir bu du thé pur de l'Autre Côté alors que je n'en avait pas eu depuis des semaines, si c'était une hallucination, si le feuilles étaient de mauvaises qualité, mais Liscialle semblait le voir aussi.

« Tu crois que... ? » L'interrogeais-je complètement largué, n'y comprenant plus rien. D'abord il disparaît, puis réapparaît. Étais-ce différent parce qu'il s'agissait d'un enfant ? Peut-être que Delenrorn allait lui aussi réapparaître. Peut-être que Guine... La pensée fut chassée immédiatement de mon esprit, censurée par automatisme, ne préférant pas m'y raccrocher. Après tout ce n'était pas vraiment la même chose, enfin du moins ce n'était pas les mêmes circonstances. Dans le fond, j’espérais que ça marcherait, qu'au petit matin j'entendrai la voix familière et manquante dans mon esprit, je la sentirai se blottir dans mon cou, je la regarderai bondir dans tous les sens avant de se glisser dans les pattes de Delenrorn, je ne sentirai plus jamais ce feu abominable qui me nargue.

Une main alla chatouiller le ventre d'Hélionne accentuant les gazouillis alors qu'elle gigotait dans tous les sens, avant de la prendre dans mes bras, oubliant que j'étais encore trempé, cheveux dégoulinant dans mon dos. Mon regard se posa sur le Daemon redevenu fennec, perché sur le bord du lit. « Où étais-tu passé toi, mh ? J'espère que les autres te suivent. » Comme s'il allait me répondre. Mes lèvres effleurent celles de Li dans un baiser furtif, retrouvant un brin d'optimisme et assez d'énergie pour soulever Hélionne et lui faire faire l'aéronef, Daemon devenu papillon voletant autour de nous, qu'elle tente d'attraper alors qu'elle rit aux éclats.
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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Lun 1 Fév - 20:31

Dark night

Nightmare gone real


Ephémère moment de paix tandis que mon front et celui de Palareth reposent ensemble, silence comme allégé par la proximité tandis que l'eau palpite et lèche ma peau en une promesse silencieuse et lourde de dangers. Silence pour une fois presque apaisé, rompu par un gazouillis enfantin, presque alarmant, mes yeux se levant vers le berceau d'Hélionne, enregistrant à peine les dernières parcelles d'or, oreilles saisies par un pépiement qui se fait aboiement. Impossible. Impossible, tout dit que c'est impossible, l'expérience, mon éducation, tout hurle à l'hallucination, raison comme folie. Un tour de l'eau, ça ne peut être qu'un tour de l'eau.

Mais Palareth la voit aussi, précipitation nous faisant émerger du bec, mon mari prenant un instant pour enrouler une serviette autour de lui, geste me rappelant de faire de même, long châle épais trouvant mes épaules et couvrant ma silhouette, eau dévorée par la matière tandis que j'approche le berceau à mon tour, hésitante, main trouvant l'épaule de Palareth dont la question fait écho à mon trouble. Est-ce qu'Ed, est-ce que Guine, vont revenir de la sorte ? Ou est-ce une exception propre aux bébés, aux enfants, à ceux dont les âmes sont encore malléables ? Machinalement, mes yeux balaient la pièce à la recherche de nouvelles particules d'or, d'une silhouette massive toute de plumes, d'un mince ruban de fourrure au regard malin, sans succès, paupières s'abaissant un instant avant de se relever, se posant sur notre fille complète qui rit sous les chatouilles de son père. Qu'importe. Hélionne va bien, et je souris à son âme tandis que les rires résonnent toujours.

"Tu nous as fait peur, rayon de soleil."

Mes lèvres s'étirent en un nouveau sourire sous celles de Palareth avant que je ne me recule, l'observant faire tournoyer Hélionne dans les airs, rire se répercutant contre les murs, serviette déchue à ses pieds, menaçant de le faire trébucher. D'instinct je me rapproche, esquivant les pieds volants de notre princesse, bras se nouant autour de mon époux mettant fin au tournoiement incessant avant que notre fille ne soit malade, pied éloignant le tissu humide par la même occasion.

Mais laisse-le tomber ! Enfin, prends-lui Hélionne avant, qu'elle se fasse pas mal...

Mes yeux s'écarquillent, tête pivotant brusquement à la recherche de la forme qui fait part intégrale de mon être, sans succès, manchot toujours aussi absent. Mes bras se resserrent autour de Palareth, craintifs, joie balayée par une vague de terreur. Encore une hallucination ? Un nouveau tour de l'eau mécontente que je l'aie quittée ? L'idée fait renaître le froid dans mes veines tandis que je me presse davantage encore contre mon mari, me mordant les lèvres pour retenir la question qui veut s'échapper, l'observant à la place, simplement heureux, Hélionne gloussante dans ses bras. Non, mieux vaut garder ce que j'ai cru entendre pour moi. Je ne veux pas être celle qui efface son sourire, mes lèvres s'étirant à la place difficilement en une mimique tandis que je chatouille Hélionne du nez, pied errant frappant mon visage par erreur en échange me tirant un rire pâle.

Le doute forme toujours une boule en moi, pulsante au fond de mes os au même rythme que l'eau du lac qui monte en clapotant, menaçante. La pensée m'échappe malgré elle, tentative, perdue sans le lien pour la guider vers l'esprit qui est censé être extension du mien.

C'est toi ? Ou est-ce que j'hallucine ?
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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Sam 6 Fév - 19:55

Dark Night

worst nightmare



Je ne parvenais pas à déterminer si Liscialle allait mieux, si la réapparition de l'âme de notre fille l'avait un brin apaisée, si elle se raccrochait à ces quelques éclats de Poussière d'or qui s'évaporaient peu à peu dans le berceau. Je fis redescendre Hélionne de son nuage coupée par sa mère qui tente visiblement de nous éviter une chute potentiellement mortelle. Mes yeux trouvent le plafond d'instinct, comme si j'étais la maladresse incarnée, comme si notre fille était en âge d'être choqué par cette nudité accidentelle.

Cela dit j'ai un doute quand à l'étreinte de Li, la sentant se presser un peu plus avec cette impression que ce n'était forcément une étreinte des plus positives. J'embrasse brièvement son front, lui rejetant quelques une de ses mèches de cheveux encore humides en arrière. « Tu es trempée Li, ça dégouline. » Je dépose soigneusement Hélionne rejointe par son Daemon sur le lit pour l'affaire de quelques minute, le temps de faire bouillir de l'eau pour le thé par mesure de précaution. Peut-être que je me trompe, peut-être que c'est juste le doute qui la tiraille et non une douleur qu'elle tenterait de me dissimuler. A quoi bon d'ailleurs ? Ce n'était pas comme si je ne pouvais ressentir la chose.

Je prends soin de me sécher en quelques secondes à peine, enfilant une chemise de nuit avant d'attraper une serviette pour lui sécher les cheveux afin qu'elle ne prenne pas froid, rendant les lourdes mèches brunes plus légère, réadaptant leurs ondulations que j'aime tant.  Il n'y aurait rien de pire qu'une amputation, que j'espère toujours aussi temporaire que celle de notre fille, et de tomber malade au même moment. Mon regard se pose distraitement sur notre trésors et son Daemon plus semblable à un jouet mécanique qui s'emballe qu'autre chose. Ses passages d'une forme à l'autre dans ses bonds finissent par me faire rire, tension s'y mêlant pour accentuer les éclats. J'ai la vague impression de regarder Guine qui rebondit inlassablement sur le lit, regard se baissant instantanément pour se perdre dans un vide lointain, rire s'éteignant. Je finis par embrasser le front de Liscialle, la délaissant pour faire ré-infuser notre réserve qui vient de partir en fumée, nous versant deux tasse maintenant que nous n'étions plus dans l'urgence. Nous devions y aller avec parcimonie désormais et rien que cette idée me fit grimacer. Entre le thé couper et diminuer les tasse, ça ne m'enchantait guère.  

Le son si particulier des pattes d'un manchot sur le sol me fait froncer les sourcils, tournant la tête en direction de l'amas de Poussière d'or qui venait d'apparaître au milieu de la pièce. Je repose l'une des deux tasse, celle destinée à Li dans un sourire en coin, regard balayant la pièce à la recherche d'une autre silhouette se dissimulant sous l'or. C'était ridicule, idiot de ma part, surtout vu le silence. La tasse se porte à mes lèvres, laissant ma femme et son âme profiter de ces instants mérités, laissant mes doigts se perdre dans les quelques éclats restant. Comment ça marchait ? Est-ce que si je la met dans mon thé ? Est-ce que si je la mange ? C'était le moment de faire des expériences non ? Quoi que je risquais probablement de me retrouver avec un second Delenrorn, même humour, même amour pour me rendre la vie compliqué, même lenteur dans les déplacements. Tout compte fait ce n'était peut-être pas une si bonne idée que ça, un Delenrorn c'était déjà bien assez.

Je laissais tomber la Poussière pour en revenir à ma tasse, de toute façon elle s'évaporait de plus en plus. Je prends place devant le feu en tournant le dos à la scène, peut-être un brin boudeur, peut-être même jaloux alors que je ne m'en rend pas bien compte, pris de déception, profitant de la chaleur qui s'en émane pour que les dernière parties de mon corps sèchent correctement.  « Cesse donc un peu de faire l'enfant boudeur. » Mes yeux s'écarquillent, manquant de m'étouffer avec le thé alors que la voix lointaine résonne dans mon esprit. Je cherche son origine, parcourant notre petit appartement du regard, faisant plusieurs fois le tour, hagard. Je finis même par me pencher pour observer en dessous des meubles. Rien, le néant, le vide. Les secondes passent et je ne suis plus certain, c'était probablement mon imagination, une réflexion que mon esprit a transformée en se mêlant à un souvenir de voix. Ça ou ce thé ré-infusé pour la troisième fois qui n'était vraiment pas bon du tout.
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Liscialle E. Balshilek

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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Mar 9 Fév - 13:43

Dark night

Nightmare gone real


Mes yeux se ferment tandis que je me fais docile sous les mains de Palareth, serviette séchant doucement mes cheveux tandis que mon châle boit l'eau restée contre ma peau, s'alourdissant à mesure qu'il s'humidifie, poids glacé me faisant me presser brièvement contre Palareth avant que je ne me recule, paupières relevées découvrant le spectacle qui le fait rire de la sorte, sourire naissant sur mes lèvres. Il ressemble à Guinerain lorsque nous étions enfants, ce minuscule daemon, aussi débordant d'énergie qu'elle, aussi sautillant. Qui sait, peut-être Hélionne suivra-t-elle la tradition officieuse des Balshilek, se fixant sur un mustélidé elle aussi... Il me semble que le père de Palareth, ce juge si froid, ce si parfait Balshilek, est le seul à ce jour à ne pas avoir un mustélidé pour daemon. Comme si l'incarnation de tout ce que cette famille est censée être ne comprenait elle-même pas toutes ses nuances. Ironique.

Une mince protestation m'échappe tandis que Palareth s'éloigne, contact léger contre mon front presque insuffisant. Mes doigts glissent contre Hélionne, évitant aisément son âme bondissante, la chatouillant et me délectant de ses rires, châle oublié au sol. Doucement, je la prends dans mes bras, la laissant s'accrocher à mon sein et téter, lèvres vigoureuses et doigts maladroits, attention entièrement concentrée sur elle alors que je dégage un bras, passant maladroitement mon chemise de nuit. Les épaules glissent, aidées par les boutons ouverts pour mieux garder ma fille contre ma peau et faciliter son repas. J'en manque jusqu'au son des pattes contre le plancher, jusqu'à la Poussière dorée qui vole au coin de mon champ de vision, concentrée sur le trésor dont la tétée se fait plus lente.

Je ne manque par contre pas la sensation étrange du lien reconstitué, émotions si familières retrouvant aisément leur place, faisant monter les larmes aux yeux tandis que le lac retrouve son calme, eaux transparentes chutant brutalement en température pour mieux accueillir le manchot en leur sein.

Hélionne retrouve son berceau sans protester, daemon la suivant, tandis que mes bras se referment autour de mon âme, plumes épaisses glissant entre mes doigts tandis que l'odeur étrange qui lui est propre et les ailes de Delenrorn m'encerclent, bec se perdant dans mes cheveux avec soin avant de tracer frénétiquement mon cou et mon visage du mieux qu'il le peut, mes doigts l'imitant, émotions valsant d'une extrémité à l'autre du lien pour nous rassurer avant que nous ne nous détachions, rassurés, mon âme soucieuse allant inspecter le daemon anonyme tandis que je rejoins Palareth, bras se nouant autour de son cou et visage s'y abritant, chaleur du feu réchauffant mon dos.

Je reste muette, doigts glissant dans les mèches sombres encore et encore, attention partagée entre l'odeur de mon époux, sa présence entre mes bras, et le lien restauré. Trop de séparations, trop de retrouvailles, esprit confus incapable de se décider sombrant dans le silence alors qu'Ed rit doucement avant de se rapprocher, prudemment, pattes m'effleurant tandis que son bec s'incline vers Palareth.

"Elle va revenir. Si on a pu revenir, elle le peut aussi, c'est la plus futée de nous quatre après tout. Faut juste lui laisser encore un peu de temps. Sinon, faudra aller trouver un des responsables et l'obliger à la faire revenir, si ils savent nous faire disparaître, ils doivent pouvoir la ramener. Je crèverai les yeux de leurs daemons si c'est ce que ça prend."

Conviction implacable qui me persuade moi-même, tête opinant en silence sans la moindre hésitation tandis que mon étreinte se resserre, mon âme glissant un instant son bec dans mes cheveux avant de légèrement se reculer. Il comprend désormais, nous comprenons, et sa rancœur s'en est en grande partie dissipée, daemon rancunier apaisé de voir que nous n'avons pas soufferts plus que nécessaire, plus qu'il n'était inévitable que nous souffrions.


Dernière édition par Liscialle E. Balshilek le Mar 9 Fév - 19:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Mar 9 Fév - 16:54

Dark Night

worst nightmare



Je ne prête plus attention à ce qui se passe dans mon dos, regard se confrontant à la moitié de thé qu'il reste au fond de la porcelaine, hésitant. A vrai dire je n'en connaissais pas l'origine, c'était toujours Liscialle qui les ramenait. Les paroles de la tenancière de cabaret me revinrent à l'esprit, cette histoire de bons ou mauvais thé était probablement sérieuse, surtout en ce moment. Peut-être que l'inquiétude des dernières heures a contribué à faire apparaître les effets secondaires. Ou alors c'était tout simplement mon propre esprit qui se jouait de moi, réflexions internes changeant de ton et d’intonation. Il ne restait que le vide après tout, pas de sentiment de complétude, pas la moindre esquisse de lien, le silence et c'était tout, pire le brasier sourd et indomptable me narguait encore et toujours. Dans le doute mon esprit interroge, appelle, répète en boucle le nom d'une chose qui n'existait plus, sans recevoir de réponse.

Je rendis l'étreinte soudaine de Liscialle, le tout suivit d'un long soupir. Je finis par céder, portant la tasse à mes lèvres, geste automatique à force de l'avoir fait. La douleur est particulièrement amère en cet instant, m'étant imaginer l'interdit. J'esquisse un sourire vide en direction de Delenrorn, tout de même bien content de retrouver sa masse de plumes aux côtés de ma femme. Je ne suis cependant pas intimement convaincu par ses mots, notant par ailleurs l'absence de toute pique ou moquerie douteuse m'étant destinée. Y aurait-il du progrès ? Fallait-il une amputation temporaire pour qu'il se calme ? Encore un peu et je fondait dessus, moi qui m'était toujours demandé quelle consistance un manchot pouvait avoir, si ça ressemblait à celle d'un oreiller chaud et douillet.

« Je suis moins optimiste que toi Ed. As-tu déjà vu de tes yeux un Daemon réapparu après un voyage de l'Autre Côté, même après des années ? On ne sait pas ce qui a provoqué cette chose pour l'instant, c'était différent de ce qu'on vit là bas, pas le temps de faiblir, très rapide et fort heureusement ça n'a pas duré, mais cela ne m'a pas influencé pour autant, je me sens pour ainsi dire comme d'habitude, quoi que plus contrarié, mais il y a de quoi. Et crois moi; ce n'est pas faute de vouloir me joindre à toi et de leur crever les yeux si coupable il y a. »

Le ton est las, regard fuyant dans les flammes du poêle qui dansent dans un doux crépidement, m'efforçant de garder ma contenance autant que possible, doigts se perdant dans les mèches encore humides de Li. Elle n'avait pas besoin d'en voir d'avantage, de connaître l'étendue de ma déception, surtout qu'il ne m'était plus vraiment permis de mentir sur l'étendue de ma déchirure et de mon mal pour la rassurer. Elle savait et là était tout le problème. Sans parler que tout cela se mêlait à la rancœur, à la colère sourde et glaciale de leur avoir ôté leurs âmes, même temporairement.

« Et pourtant durant une seconde j'ai cru que... enfin oubliez ça, il vaudrait mieux changer de fournisseur de thé, je ne suis pas garanti par sa provenance et surtout sa qualité. A mon avis il est plutôt douteux, surtout ré-infusé et à forte quantité. Au moins vous allez bien ? Même si j'aimerai que tu racontes une blague Delenrorn, juste pour être certain. »  

Nouveau long soupir, suivit de nouveaux appels, propres pensées se répercutant sur les parois de mon esprit dans un raisonnement. Je cherche à me repasser les quelques mots, ton déjà trop lointain pour que je puisse véritablement l'identifier, l'analyser, le repasser en boucle encore et encore. Frustrant. Dérangeant et je n'aime pas ça, comme si une montre avait trouvé le moyen de s’introduire dans ma tête pour la manipuler.  
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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Mar 9 Fév - 21:13

Dark night

Nightmare gone real


Mes doigts errent encore et encore dans les cheveux de Pala tandis que je l'écoute répondre à Ed, ton las et mots presque vaincus faisant monter une vague brûlante en moi, lac brusquement bouillant tirant un sifflement de douleur à Ed, nos regards se croisant un instant, interloqués et inquiets, décision muette d'y penser plus tard et de cacher le phénomène à Palareth prise en l'espace d'un instant, commune et ferme. Il faut que je me calme, longue exhalation m'échappant tandis que mon visage retourne se nicher contre le cou familier, tentant de calmer la surface bouillonnante du lac qui brûle Ed, me concentrant sur l'odeur qui m'entoure, l'aile prudente qui m'effleure, les rires d'Hélionne et les cris de son âme. Lentement la surface retrouve son calme, température chutant dans mon esprit, mon âme se détendant en réponse. C'est étrange. Comme si ma colère avait blessé Ed. Je ne sais même pas si c'est normal, me raccrochant à ses murmures rassurants au fond de mon esprit.

Si j'étais en colère jusqu'ici, j'ignore dans quel état l'aveu partiel de Palareth me met, ce et pourtant durant une seconde j'ai cru que... me mettant hors de moi, dans une rage glaciale qui force la présence de mon âme à quitter mon esprit pour s'en préserver, épaississant la rage tandis que mes mains délaissent les cheveux de mon mari, se saisissant de son visage aussi doucement qu'elles le peuvent et le forçant à croisant mon regard. Je dois avoir l'air d'une furie de la sorte, regard assombri de rage, visage probablement livide, mâchoire crispée par la colère, mais qu'importe.

"Je vais bien, on va bien, Hélionne et son âme vont bien. Et tu vas aller bien, même si je dois aller chercher un des responsables et lui arracher comment il a fait disparaître nos âmes et comment les faire réapparaitre moi-même, ou aller récupérer du thé de l'Autre Côté moi-même."

Euh, Cia ? Tu me fais un peu peur, là...

Le murmure hésitant me fait fermer les yeux, front trouvant celui de Pala, vaincue tandis que les mots continuent de s'échapper, plus calmes, presque résignés.

"Même si nous n'avons pas vu de réapparitions de Daemons nous-mêmes, les rumeurs courent, et les réactions du Conseil elles-mêmes en disent long. Comme le fait que les rumeurs soient apparus d'un coup, sans un seul murmure préalable. Il faut que ce soit possible. Sinon, peu importe la différence dans nos processus d'Amputation, Ed et le daemon d'Héli ne seraient pas réapparus. Peut-être qu'il faut plus de temps lorsque l'on revient de l'Autre Côté, peut-être qu'une multitude de facteurs joue qui n'a pas joué dans notre cas, je veux quand même y croire. Ne serait-ce que parce que la réaction de ton père serait sans doute des plus distrayantes à observer..."

Je me permets un sourire à cette idée, Ed plongeant de nouveau dans ce lac dangereux que notre lien semble être devenu, émotions se mêlant en courants mélodieux et blocs de glace paresseux. Il faudra méditer ensemble un peu cette nuit, nous blottir l'un contre l'autre, nous perdre dans notre lien, pour tenter de comprendre. Quand Palareth sera endormi, quand il ne pourra pas s'inquiéter de ce que cela signifie pour nous, et pour lui si - quand - il aura retrouvé Guinerain. A mon tour de le préserver, tandis que je lui enlève sa tasse en riant, la déposant à nos côtés le temps de l'embrasser, me blottissant davantage contre lui, Ed levant le bec au ciel devant le spectacle dans une fausse mimique d'exaspération.
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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Mar 9 Fév - 23:58

Dark Night

worst nightmare



Le visage de Liscialle se métamorphose, prenant une teinte et une expression que j'ai du mal à reconnaître, écarquillant les yeux tout en subissant les soubresaut de sa colère sourde. Ma femme semble s'être envolée pour laisser place à un bouillon d'émotions négatives. Je reste dans l'incompréhension une longue minute avec cette impression que Delenrorn est dans ce même état, hagard, perdu, à des millions d'années. Mes lèvres s'ouvrent, se referment, méditent, l'intérieur bout, repasse les mots en boucle, ton que je ne peux supporter, furie que je ne reconnais pas.

Les mots continuent, reprennent, plus calme, mais toujours aussi cinglant. Je reste de marbre, plante verte qui encaisse le regard dans le vide et se contentant de respirer le temps que ma langue se décide, le temps que mon esprit veuille reconnecter mes organes et membres. Même si pour une plante, je respire à l'envers et j'ai le teint plus rose, quoi que j'ai probablement du virer au blanc. Le marbre est donc probablement plus adéquat. Je supplie intérieurement, mentalement, appels s'amplifiant, cherchant à nouveau ne serait-ce qu'une syllabe, un simple bruit, une preuve tangible d'un contact rassurant. Le néant, encore et toujours face à moi-même, me piétinant un peu plus. Comme si les choses allaient soudainement changer après tant de temps.

J'esquive l'étreinte, me relevant, tournant pour trier, remettre ne ordre, peut-être penser, même si réfléchir avant d'agir ou de parler n'est plus du tout mon fort. Je me saisis de la tasse pleine abandonnée, destinée originairement à Liscialle. Une consolation, attentions qui visiblement n'étaient pas réciproque. Son contenu est ingurgité en une demi-seconde, m'efforçant de ne pas envoyer la porcelaine vide dans le mur. Je m'étais découvert un véritable don pour cette technique lorsque j'étais contrarié, visant souvent dans le mille. Je ferais probablement un malheur aux fléchettes.

« Non. Ça ne va pas, tu ne vas pas bien, rien ne vas correctement et tu ne tournes plus rond ! Une furie ! Tu ne sais même pas ce qui s'est passé et te voilà en train d'y mettre un coupable ou des explications en tout genre ! Et si c'était naturel, un petit problème temporaire de poussière du genre atmosphérique ? Oh et pour information je pense avoir assez travaillé au Palais de Justice et avoir assez étudié la sentence pour savoir que ses rumeurs sont ridicules, lancées par quelques illuminés qui se retrouvent à dorloter des animaux domestiques ! Ou encore des farces pour voir comment les amputés vont tomber dans le panneau. Si c'était si beau et coloré et si simple de se débarrasser de ça, on ne parlerai pas de sentence digne de la peine capitale et on ferait du simple tourisme de l'Autre Côté ! Comment peux-tu savoir avec conviction après quoi ? Une heure ? Ne compare en aucun cas ta situation à la mienne. Et je t'interdis de parler de mon père ! Pas alors que tu aboies et vocifère comme son Daemon. »  

Le ton monte, probablement aussi virulent que le sien, mot toujours plus fort que le précédent, teint blafard virant au rouge, bras s'emballant dans la tirade, s'emmêlant dans des gestes incohérents. Je finis par faire volte-face, grognant presque tout en me rhabillant, grommelant encore et encore de façon incompréhensible. Les jointures de mes doigts deviennent livides, empoignant ma veste la plus chaude pour aller prendre l'air, bien que l'ambiance ne risque pas d'être joyeuse dans les rues entre plainte de douleur et probablement retrouvailles. « Pal s'il te plait... » Je me pince l'arrête en haut du nez, inspirant un bon coup tout en me figeant. Du calme Pal. J'achève la phrase, pensée fugitive, signe que ce thé est vraiment immonde ou ce que je refuse d'entendre.
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Liscialle E. Balshilek

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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Mer 10 Fév - 13:00

Dark night

Nightmare gone real


Colère. Mains m'évitant, me repoussant, mots s'échappant, cruels, blessants, mérités. Insultants, oh si vrais. Qu'est-ce qui m'a prise, pour me faire parler de la sorte, me faire perdre mon calme, me mettre dans cette colère que Palareth ne méritait pas, qu'importe qu'elle ne soit pas dirigée vers lui ? Mon visage s'abaisse, boucles l'abritant, tandis que le sang me fuit plus encore, se dissimulant dans les tréfonds de mes veines tandis que le lac monte brutalement, se referme de nouveau autour de moi, plumes de mon âme me frôlant jusque dans mon esprit, dans notre lien, seule chose encore réelle à mes sens. Je ne m'en inquiète pas, mots tournant encore et encore dans mon esprit à mesure qu'ils tombent, si semblables à une pluie d'épées, détruisant tout sur leur passage. C'est mérité. Je le mérite. Et je reste prostrée, enregistrant à peine les gestes irrités de Palareth tandis qu'il se rhabille.

La veste entre ses doigts sonne presque comme un glas, voix d'Ed implorante résonnant un instant dans le petit appartement, sans que je puisse savoir auquel de nous deux il parle, à qui ce "S'il te plaît !" s'adresse. Probablement à Palareth. Pourquoi est-ce qu'Ed me demanderait quelque chose ? Ma colère le blesse, ma peine le piège sous l'eau avec moi, l'empêche de remonter à la surface pour s'isoler dans ses propres émotions, comme si la rivière étrange de notre lien et ses courants ascendants et descendants n'était plus, remplacée par ce lac où nous nous mêlons et nous blessons l'un l'autre, peinant à nous distinguer pour peu que la négativité nous submerge. Il faut... je ne sais pas ce qu'il faut. Me lever ?

Les jambes tremblent tandis que je me redresse, tapis épais laissant place au parquet froid, plus solide que la boue qui couvre le fond d'un lac, plus stable, mon âme se glissant dans mon dos pour m'épauler un instant avant d'aller veiller sur Hélionne et son âme, s'assurer qu'ils dorment paisiblement. Ma main hésite en dépit de tout, se fermant timidement sur un pan de veste tandis que je n'ose pas me rapprocher davantage, incapable de franchir ce gouffre que j'ai mis là, entre nous. Qu'est-ce qui m'a prise ? J'ai été si cruelle... et pourtant, je pensais chaque mot, certaine que les rumeurs sont vraies, même maintenant, même après les dénégations de Palareth. Mais je n'aurais pas dû parler de son père. Pas dire ces mots, trop légers, trop dédaigneux, trop négligents. Ils se sont échappés d'eux-même, rancœur trouvant la parfaite faille. Que n'auraient-ils pas pu rester cachés, hors d'atteinte, au fond du lac, et ne jamais voir la lueur du jour !

Mon visage reste abaissé tandis que je fixe ma main, enregistrant à peine l'humidité le long de mes joues qui brûle mes yeux tandis que je force les mots à sortir de là où ils se sont noyés.

"S'il te plait... reste. Tu ne veux probablement pas me voir, mais il fait froid, et il fait nuit. S'il te plait ? Je n'aurais pas dû dire ça... je suis désolée..."

Furie... il n'en reste pas grand chose maintenant, et je ne peux pas m'empêcher de me mépriser, de m'être adonnée à la colère comme ça, de supplier de la sorte, Cia... mental me faisant secouer la tête tandis que je tente de me reprendre, de redresser mes épaules courbées. Qu'est-ce que j'espère ? Lui faire suffisamment pitié pour qu'il reste ? Ridicule. Comme si ça allait fonctionner. Je ne fais probablement qu'aggraver les choses, main délaissant le tissu épais qu'elle a cousu et brodé pour distraitement s'enrouler autour de mon ventre, sentant à peine les ailes d'Ed les rejoindre, comprimant la peine et le regret en une boule lourde et étouffante. Était-ce si mal, de refuser de croire que cette soirée ne soit qu(une coïncidence, un caprice du ciel, et de préférer suspecter une intervention humaine, tentative d'aggraver la Sentence ou expérience manquée ?

"Je suis tellement désolée... "

Désolée de m'être mise en colère devant toi. Désolée d'essayer de te cacher que ça ne va pas. Désolée de vouloir croire à quelques murmures dépourvus de preuve. Désolée d'avoir trainé ton père là-dedans. Désolée de ne pas comprendre...
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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Mer 10 Fév - 17:35

Dark Night

worst nightmare



Trop de choses. Trop de changements, d'émotions, de faits, de hasards, de corrélations, de mots, de sensations et pas assez d'oxygène, de répit, de calme, de souffle, d'explication, de logique, d'ordre, de discipline. Tout bouillonne, s'emballe, part en vrille et explose, même mon esprit ne sait plus quoi comprendre, plus comment procéder ou même réfléchir. La fatigue commence à prendre le pas sur les turbulences, tout comme l'exaspération et la fuite. Soirée épouvantable, pourrie jusqu'au fond des entrailles et rien ne pourrait plus changer ça. Je ne sais plus d'où viennent les supplications, peut-être de Liscialle, de Delenrorn, de mon propre esprit, d'un fantôme que je cherche en vain depuis que le premier amas de poussière d'or s'est retrouvé au milieu du salon.  

Ma main continue de masser l'arrête de mon nez, remontant jusqu'à mes tempes pour tenter de faire disparaître ce mal de crâne foudroyant. J'entends à peine les supplications, les chouinements de Liscialle ressemblant à des excuses qui ne font qu'empirer la chose. J'ai l'impression qu'il y a un mur, que l'un de nous est immergé et que les choses passent mal la paroi invisible et presque imperméable. Je n'ai pas envie de me battre durant des heures, plus maintenant, j'en ai assez. J'en viens à la jalouser, envier la caresse de son âme, leur probable conversation silencieuse dans leurs esprits, leur lien revenu comme par magie. Je regrette de m'être laissé aller dans de faux espoirs, déception grandissante de seconde en seconde de façon douloureuse. Je vais probablement encore devoir abuser du thé alors que j'ai cette impression de ne plus pouvoir en avaler une seule goûte.

Je remet la veste en place, résigné, regard se baissant pour se perdre à des années lumière d'ici. « Reprends-toi. » Le ton est sec, las, épuisé. Peut-être qu'en ce moment l'éducation remontait, m'y dissimulant, m'y accrochant alors que mon regard doit probablement ressembler à celui de mon géniteur lorsqu'il se trouvait dans la même pièce que ma mère : vide et dépourvu de toute chose. Il ne manquait plus que la réplique du sourcil haussé de façon dubitative et la réplique serait exact. Je reste là, planté comme un piquet, droit et sans failles en apparence seulement.

« Vous feriez mieux d'aller dormir, il est plus que temps et vous en avez vraiment besoin. » Je tente de mettre le ton et les pleurs sur le compte de la fatigue, entre douleur, panique et retrouvailles, il y avait probablement de quoi. Je n'aurai qu'à passer la nuit près du feu, j'étais habitué à rester éveillé une fois le noir recouvrant tout, me relevant de temps à autre durant le sommeil de Liscialle, par habitude. Puis j'avais besoin de trier, méditer, tenter encore et inlassablement mes appels pour m'assurer qu'il n'y avait pas d'hallucination. Je voulais être certain avant d'en parler, de penser à ce que la voix entendue n'est pas la mienne, d'oser imaginer que les choses pourraient aller mieux, beaucoup mieux.

Hélas ce ne serait pas avec les pleurs et autres cris, ne faisait qu'augmenter la tension ambiante, que j'allais y arriver. D'un autre côté la crainte prenait le pas, s'infiltrant tel un serpent venimeux qui sifflotait en boucle que cette amputation laisserait des marques sur Liscialle. D'autres doutes firent écho plus paranoïaques, comme si ma femme ne pouvait plus me supporter seul, se raccrochant à un espoir pour tenter d'espérer retrouver notre vie. Je n'étais plus qu'un écho après tout. Je ne voulais plus écouter ces murmures, me brisant un peu plus dans mon égo à chaque théorie qui apparaissait.
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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Mer 10 Fév - 23:14

Dark night

Nightmare gone real


Reprends-toi. Les mots sonnent presque comme une claque, le vouvoiement qui s'en suit comme un glas, combien même je le sais s'adresser simplement à mon âme et moi. Il m'est impossible de ne pas retrouver le juge froid qui me toisait lorsque j'avais le malheur de le croiser dans les couloirs de sa demeure tandis que je cherchais la dernière cachette en date de Palareth dans ce regard morne qui me semble me traverser. Je préfère ne pas imaginer ce qui hante son esprit tandis que j'acquiesce en silence, hésitant un instant entre rejoindre mon âme sur le sofa et me glisser dans le lit dont je suppose que l'autre moitié restera froide, avant d'opter malgré tout pour les draps familiers, m'excusant auprès d'Ed de le laisser de la sorte. Une part de moi ne peut s'empêcher de craindre d'aggraver les choses en rejoignant le corps chaud et emplumé de mon âme, courant froid parcourant un instant les profondeurs du lac balayé par un courant tiède, compréhension de mon daemon semblable à un câlin spirituel. Je m'en voudrais presque tandis que je ferme les yeux et plonge dans notre lien-lac, d'avoir toujours Ed même avec notre lien devenu si étrange. Palareth est toujours seul, lui. L'injustice de la situation me révolte. Pourquoi les âmes disparues n'auraient-elles pas pu revenir quand les nôtres se sont évaporées ? La surface du lac s'agite un instant avant de s'apaiser, soupir las de mon daemon dans mon esprit l'apaisant et m'invitant à dormir dans l'espoir d'une quelconque différence demain.

Je me réveille en silence, m'extirpant des draps avec prudence, main plaquée devant ma bouche retenant les sanglots qui tentent de s'échapper et l'amertume que le cauchemar a laissé dans ma bouche, odeur du sang emplissant mon nez même maintenant que je me suis échappée. Ed se redresse alors que je me glisse dans la cuisine, allumant une bougie à l'aveuglette, mon âme saisissant dans son bec mon panier à ouvrage tandis que j'attrape tissus, pièces et patrons à l'aveugle, les déposant sur la table avant de préparer du thé, tasse de thé de l'Autre Côté maintenue au chaud au cas où Palareth en aurait besoin plus tard et thé normal et nettement moins agréable au palais maintenant que j'ai goûté au breuvage apaisant refroidissant à proximité de mon bras.

Les plumes d'Ed m'entoure, bec se perdant contre mon cou tandis que mon âme se presse contre mon dos en dépit du dossier de chaise qui lui fait obstacle, replongeant dans le sommeil. Mes mains glissent distraitement contre ses ailes, baiser déposé contre son bec avant que je retourne à mon ouvrage, vérifiant les éléments déjà coupés et cousus, assemblant, indifférente au temps qui passe et aux quelques bâillements qui m'échappent tandis que l'étoffe vert sombre continue de prendre forme sous mes doigts, laissant place à une redingote à la coupe simple que je prends un malin plaisir à doubler de soie de la meilleure qualité dont je dispose. C'est au final la seule excuse que je puisse réellement donner, ce vêtement, espérant qu'il ne sera pas mal interprété, pas jeté à ma figure alors que je sélectionne les boutons ornés de délicates fleurs de théiers et les couds, veillant à les attacher solidement, mes doigts s'engourdissant lentement.

Un nouveau bâillement m'échappe tandis que ma tête bascule contre celle de mon daemon endormi, portant mon thé froid à mes lèvres tandis que je laisse le lac froid aux courants étrangement si tièdes m'envelopper un instant, sombrant malgré moi de nouveau dans le sommeil.
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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Jeu 11 Fév - 11:05

Dark Night

worst nightmare



Long soupir qui s'échappe de lui-même une fois que Liscialle se retire. A partir de là, les gestes deviennent automatiques, cherchant coussins et couverture pour m'installer aussi confortablement que possible sur le parquet. Je prépare une nouvelle théière, cherchant d'autres feuilles dans la réserve amaigrie, grimaçant lorsque je les coupe avec du thé tout ce qu'il y avait de plus normal. Je pars à la recherche de quelques ouvrages aux titres bien précis traitant de théologie expérimentale sur la Poussière, espérant qu'ils étaient toujours en notre possession. Je n'en retrouve qu'un ou deux, ce qui devrait suffire pour cette nuit. Je rejoins enfin mon coin du feu, m'enroulant dans la couverture après avoir placé méticuleusement mes lunettes rondes sur mon nez.

Du calme et de la tranquillité, seul le crépitement des flammes subsiste encore, couvrant les paires de respirations ensommeillées qui s'élèvent. Les pages tournent, les yeux se perdent dans les mots, cherchant une explication, une réponse potentielle, une théorie. Le tout alors que mon esprit appelle, cherche une issue pour tenter de retrouver sa moitié inaccessible. Je finis par laisser tomber au bout d'un temps, attention absorbée par les chapitres avant de se perdre et de s'envoler. Les poses s’enchainent, décontractant mes membres, s'allongent et s'affaissent de plus en plus sur le sol, en écho avec mes paupières. Le sommeil finit par vaincre.

Le rêve est à l'image du reste ; compliqué, tordu, surréaliste, paroi de glace épaisse et imperméable de plusieurs mètres se dressant entre mon âme et moi, brisant notre lien, tentant en vain de la percer, griffes et ongles faisant écho, mots et cris se répercutant sans la traverser. Les doigts me brûlent, les poings s'enchainent avec la sensation que chaque coup me brise les os. La douleur se propage, plus sourde, tranchante et la poussière d'or fini par s'envoler, fin terminant toujours et encore de la même façon.

Le réveil est immédiat, plainte ravalée tant bien que mal, comme à mon habitude. Quelques doigts se tirent d'eux-même vers la théière avec la même énergie qu'il faudrait pour escalader une montagne ou l'un des Champignon géant de l'Autre Côté. Le faible crépitement du feu rend les chose encore plus insupportables, donnant l'impression que c'est mon corps entier qui est en train de se consumer. Le bec se porte enfin à mes lèvres tant bien que mal, menaçant de renverser son contenu entre mes doigts tremblant. Le liquide, devenu froid et donc peu terrible en goût, apaise et éteint l'incendie.

Je reste là, à reprendre mon souffle durant quelques secondes, voir quelques minutes. Une main finit par ôter les verres toujours sur mon nez, les posant soigneusement sur le livre qui se referme et avait été abandonné sur mon estomac. Je me redresse tant bien que mal en grimaçant, le dos un brin courbaturé après m'être endormi sur le sol inconfortable. Les cliquetis et mouvement de tissus à peine perceptibles me parviennent, plus attiré par la lumière que par leur son. Je fronce les sourcils en apercevant Liscialle coudre à cette heure alors que j'ai la terrible envie de me trainer jusque dans les draps du lit, bien que le sommeil serait probablement toujours agité. La nuit était longue, même si quelques piaillement provenant de l'extérieur indiquaient que l'aube n'était pas loin. Je me lève pour m'approcher prudemment, jambes encore en réveil et ne voulant pas avoir à faire à la furie de la veille. Enfin d'il y a quelques heures serait plus exact. Mes doigts se posent d'instinct sur la tasse chaude qu'elle semblait avoir laisser à disposition, chaleur du thé éteignant définitivement mon brasier interne. « Qu'est-ce que tu fais ? » Lâchais-je entre deux gorgées, ton retrouvant sa normalité et regard posé sur ses doigts qui travaillaient dans la semi-obscurité.  
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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Jeu 11 Fév - 13:40

Dark night

Nightmare gone real


Le thé glisse dans ma gorge, froid et âpre, tandis que je cligne des yeux et tente de chasser le sommeil qui s'insinue lentement autour de mes membres, aussi insidieux que l'eau, reposant la porcelaine distraitement avant de retourner à mon ouvrage. J'ai bien avancé, redingote presque achevée sous mes doigts, attendant d'être ornementée comme il se doit. Il faut finir les boutonnières avant, points s'enchaînant tandis que mes doigts reprennent leurs protestations, doigts d'Ed s'agitant dans son sommeil en une réponse instinctive, léger cliquetis s'élevant dans le silence. Je ne note même pas l'entrée de Palareth, occupée à ma tâche, tremblement de la flamme qui m'éclaire placé distraitement sur un quelconque courant d'air, son de la tasse chaude soulevée et des gorgées entendu mais incompris.

Mes mains se figent d'instinct au milieu d'un point, visage se redressant brusquement et nuque craquant, me tirant une grimace tandis qu'Ed gigote dans son sommeil, caresse sur son aile l'apaisant et le renvoyant à ses rêves alors que je fixe Palareth, esprit fatigué peinant à saisir ce qu'il fait dans la cuisine. Quand est-il entré ? Je le pensais endormi, ou perdu dans sa lecture, incertaine de ce qu'il faisait tandis que j'échappais à mon cauchemar. Mes dents mordent ma lèvre, hésitantes, avant de la relâcher. Je ne veux pas risquer cette paix tentative, relâchant le tissu et saisissant la porcelaine froide entre mes mains, regrettant qu'elle ne puisse réchauffer mes paumes et apaiser mes articulations engourdies.

"Une redingote ? Je me souviens de tes mesures, et extrapoler là où elles ont changé était assez facile, il suffisait d'observer le tombé de tes anciennes quand tu les remets... C'était censé être une surprise..."

Mes yeux retombent machinalement sur l'étoffe, traçant les lignes du tissu avant que mes mains ne délaissent la tasse de nouveau, jouant un instant avec l'aiguille, finissant la boutonnière sur laquelle je travaillais avec agitation, à la recherche de quelque chose qui puisse les occuper avant que la pointe ne s'enfonce de nouveau avec ses consœurs dans son coussin. Ma voix est aussi basse que celle de Palareth, l'idée d'Hélionne endormie, entière et paisible, la maintenant à ce niveau. Mais l'hésitation qui teinte mes mots tandis que je parle, l'incertitude, ne peut être placée que sur mon compte. Sur le coup, j'avais pensé que ce serait une bonne idée, cette redingote verte et ses boutons fleuris de thé, avec sa doublure de soie noire et sa coupe simple que je comptais relever de quelques broderies le long des poches et poignets, vêtement approprié pour se balader hors des Limbes, juste assez à la mode pour passer inaperçu, que l'absence d'âme visible soit mise sur le compte d'un daemon minuscule plutôt que d'une Amputation... simple espoir, mais espoir quand même, crainte que Palareth se sente confiné dans les Limbes et envie de l'aider à en sortir, à limiter le risque...

De nouveau, je me mords la lèvre tandis que je me relève, présentant mon travail avec timidité, terrifiée à l'idée qu'il soit mal pris, qu'il pense que je le crois mal habillé ou que je regrette l'époque où je jouais à border des rubans assortis à cravates ou gilets pour Guinerain quand je veux simplement retrouver le plaisir que j'avais avant, à voir mon mari porter mon travail, à coudre pour lui, testant des points, des motifs, pour voir le tissu prendre vie au fil de ses mouvements.

"Tu veux l'essayer ?"

La question m'échappe malgré moi, instinctive, mes yeux cherchant ceux de Palareth tandis que j'attends sa réponse. Poussière, que je peux me maudire d'avoir installé cette tension entre nous, cette crainte en moi...
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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Sam 13 Fév - 15:42

Dark Night

worst nightmare



Je sursaute au même moment que Liscialle, ma tasse manquant de faire envoler le reste de son contenu. Le tout est suivit d'un long bâillement d'éveil. Certes je manquais de sommeil, même avec cette capacité à dormir peu et conserver mon énergie inépuisable durant la journée. A moins que ce ne soit la fatigue qui me donne cet effet d'avoir consommer des litres et des litres de caféine, enfin soit. Toujours est-il que mon bâillement fut accompagné d'un long étirement, provoquant un craquement douloureux au niveau de mon dos endolori. Ce sol n'était définitivement pas confortable, heureusement qu'il y avait eu la chaleur du feu.

« A cette heure ? » L’interrogeais-je une fois la raison de l'insomnie donnée. Je haussais finalement les épaules, je pouvais bien parler avec ma lecture. La rancune des dernières heures, le surplus de choses, de mots et d'évènements semblaient s'être envolés, curiosité prenant le pas sur le reste, à la manière d'un gosse lunatique qui pardonnerait trop facilement après une punition. Machinalement, je tirais la chaise voisine, m'y installant avec ma tasse qui se vidait au fil des minutes dans les mains. Je l'observe de façon religieuse, regard suivant ses doigts, le trajet du fil, cherchant à quoi cet amas de tissus, dont j'ai du mal à identifier la couleur dans l'obscurité, peut ressembler.

Mes paupières cessent peu à peu de se cligner trop vite, derniers signes de sommeil s'évacuant alors que mon esprit reconnecte le reste. Mes doigts finissent par tourner la petite cuillère encore et encore, faisant disparaître un morceau de sucre dans le liquide d'or alors que mon ennui commence à prendre le dessus. Je n'avais jamais compris comment Liscialle pouvait rester là des heures entières à s'acharner sur un vêtement, comment elle avait la patience de rester en place et d'y aller jusqu'au bout. D'un autre côté je ne comprenais déjà pas moi-même comment j'avais pu passer environ une décennie le nez dans de la paperasse. Rien qu'y penser me fait frissonner, un véritable supplice qui au final n'avait tout de même pas su assurer un avenir brillant à notre fille.

La question arrive juste à temps, relevant la tête plongé dans le mouvement du thé. Je me prêtais donc au jeu, comme je l'avais toujours fait, reboutonnant correctement le col de ma chemise avant d'enfiler ce qu'elle qualifiait probablement d'objet du pardon avec soin et précaution, ne voulant pas abîmer son ouvrage avant qu'elle ne l'ai terminé dans ma précipitation. Je fermais soigneusement la boutonnière, notant la présence du motif bien connus en laissant échapper un léger rire, regard se levant vers le plafond, amusé par ce détail.

« Alors ? De quoi j'ai l'air ? J'ai du mal à contempler le résultat, mais ça m'a l'air plus que bien. » La questionnais-je, satisfait, en tournant sur moi-même à plusieurs reprises, sourire se dessinant sur le coin des lèvres, s'élargissant au fur et à mesure. Mes doigts finirent par se perdre un instant dans ses boucles, évitant soigneusement le manchot assoupi qui semblait la prendre en otage.
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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Sam 13 Fév - 17:11

Dark night

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Un haussement d'épaules me tient lieu de réponse à la question de Palareth, heure un détail auquel je n'ai prêté aucune attention, mes sourcils se fronçant un instant en entendant le craquement de son dos. Ce doit être douloureux, le sol n'est pas vraiment un endroit approprié pour dormir, qu'importe les couvertures et oreillers dont il l'a recouvert... Mais je me mords la lèvre et retiens les mots, peu désireuse de relancer un conflit en en faisant la remarque, sourire m'échappant à la place en le notant prendre place à mes côtés du coin de l’œil tandis que je poursuis mon travail un moment encore, silence seulement troublé par le tintement de la cuillère contre la faïence et par le bruissement du tissu.

Mon sourire s'agrandit en voyant Palareth passer la redingote, soupir de soulagement en entendant son rire à la vue des boutons manquant m'échapper alors que je le contemple et m'approche, échappant à l'étreinte des ailes d'Ed relaxées par le sommeil, observant le tombé du tissu et le tirant doucement de ci-de là pour rectifier son tombé, satisfaite. Mes yeux se ferment un instant, doigts se fondant dans mes boucles, se rouvrant tandis que le contact rassurant cesse et contemplant la silhouette de mon mari et le vêtement qu'il a essayé avec fierté.

"Tu es superbe. Et elle le sera aussi une fois terminée, je dois surtout décider quels motifs y broder, maintenant."

Peut-être que je pourrai reprendre le motif des feuilles et fleurs de thé autour des poignets ? Les motifs végétaux sont certainement appréciés en ce moment, et les boutons semblent avoir plu à Palareth... Mais je crains qu'abuser du motif ne risque de le rendre trop aisément reconnaissable... Peut-être mélanger des fleurs de thé et de pommier ? Il faudra que je dessine des modèles, pour me décider, idées se formant dans mon esprit sans réellement qu'aucune ne me séduise.

Une épingle se glisse dans le tissu, marchant un pli que je désire corriger dans le dos, avant que je ne l'aide à ôter le vêtement, laissant mes doigts courir le long des épaules de Palareth, sourcils se fronçant lentement en considération, lissant doucement la peau seulement couverte par le tissu léger de la chemise. Je peux sentir la tension qui y est nichée, la raideur qui s'en est emparée, tandis que j'hésite un instant encore, incertaine, avant de me lancer.

"Ton dos a l'air douloureux... tu veux que j'essaie de te masser un peu ?"

Je peux me souvenir d'une époque où la question n'aurait pas même nécessité de réflexion, qu'importe celui qui la posait. Mais la situation n'est plus la même, et la réponse n'en est plus évidente tandis que mes doigts continuent d'explorer le dos de Palareth doucement, trouvant de nouvelles tensions, avant de retomber à mes côtés, bras se nouant machinalement autour de ma taille, mes pieds me ramenant à proximité de mon âme endormie, refuge inconscient. J'espère qu'il acceptera... Face à cette douleur là au moins, je ne suis pas entièrement impuissante.
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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Jeu 18 Fév - 12:28

Dark Night

worst nightmare



Je ne bouge plus, devenu mannequin de bois le temps que les mains expertes de Liscialle réajustent le tissus, enfonçant les dangereuses épingles pour pouvoir apporter quelques finitions. Au fil des années, j'ai appris à être un parfait modèle et support, une véritable plante verte qui prend son mal en patience et se laisse bercer par les doigts. Il n'y avait que pour ça d'ailleurs, peut-être un instinct de survie afin d'éviter les piqûres. Heureusement ma femme n'était pas comme les autres couturières, ennuyeuses qui n'osaient même pas prononcer un mot par peur d'être renvoyées malgré mes tentatives de discussions.

Cela dit il y avait toujours une tension palpable que je pouvais ressentir à travers son toucher, concrétisée par des mots qui me font soupirer. Comme si la question se posait. J'avais l'impression qu'elle était soudainement une chose fragile à deux doigts de se briser sous mes yeux. Mon pouce vient machinalement effleurer sa joue, esquissant un sourire à moitié vide et désolé. Les excuses ont du mal à sortir, en générale plus gestuelles que verbales, au moins un trait de caractère familial bien encré, un brin en trop de fierté, d'égo et une tonne de chose faisant de moi une tête de mule.

Mes lèvres finirent par trouver les siennes, les effleurant un instant avant de m'éloigner vers les flammes en ôtant ma chemise histoire de faire ça dans les règles. « Voilà ce qui arrive quand le sommeil prend le dessus. » Je m'installe en tailleurs sur les coussins, attendant les doigts de fées de la brune qui sont le bienvenue, reposant soigneusement ma paire de lunettes sur mon nez tout en reprenant ma lecture interrompue quelques heures plus tôt. Concentration qui ne dure hélas pas longtemps, secoué par les mains adroites, me crispant un instant lorsqu'elles atteignent un endroit sensible.

Je finis par capituler, abandonnant les pages qui se referment pour faire tomber Li à la renverse, cherchant son sourire dans des chatouilles, riant comme un môme en train de faire une mauvaise blague, me retenant tant bien que mal de ne pas réveiller notre pépite. Les gestes ralentissent, voulant éviter qu'elle se fasse mal, surtout vu la proximité du feu. Les chatouilles se transforment peu à peu en caresse, la contention en étreinte, les rires s’éteignent sur sa peau, embrassant une épaule, un cou, un coin de lèvres. Je la rassure tant bien que mal, gestes à l'appui, oubliant le conflit des dernières heures, la soirée difficile, compliquées qu'il fallait rattraper, réparer, recoudre.  
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MessageSujet: Re: « Dark Night » ❧ Ft. Liscialle   Jeu 18 Fév - 13:39

Dark night

Nightmare gone real


Doigts tristes contre ma joue, excuse muette à laquelle je suis habituée plus qu'à des mots que je sais difficile d'accès pour Palareth, en dépit de l'aisance avec laquelle ils lui échappent désormais. Le prix de son éducation et de sa famille, une tendance à laquelle je me suis faite il y a des années déjà, quand mes robes et ses pantalons étaient encore courts. Cette caresse sur ma joue, ce baiser léger, la chemise de mon mari qu'il ôte tandis qu'il s'installe de nouveau sur les coussins, ce sont toutes les excuses dont j'ai besoin, sourire rassuré glissant sur mes lèvres alors que je me glisse derrière lui, mes doigts s'attaquant à leur tâche. Je peux sentir chaque tension, noter la raideur qui s'installe tandis que je défais un nœud, voir le mouvement des pages qui cessent bien vite de tourner, me rendant étrangement joyeuse. Cette intimité m'avait manquée.

Un son surpris m'échappe tandis que je me trouve prisonnière de Pala, mains trouvant aisément mon ventre, mes côtes, tous ces points qui ne manquent jamais de me faire rire ou soupirer. C'est le rire qui s'échappe, ce soir, tandis que je l'étouffe tant bien que mal contre ma main pour ne pas risquer de réveiller notre trésor endormi, victime impuissante. Le rire s'apaise lentement tandis que les mains joueuses se font câlines, étreinte amusée se faisant tendre, lèvres trouvant ma peau, m'apaisant toujours plus avant, me rassurant, face à ces gestes familiers jusqu'ici retenus. Ma chemise de nuit disparait à son tour, peaux se trouvant et s'échangeant leurs chaleurs, derniers rires se faisant soupirs avalés dans un baiser.

Les braises rougeoient tandis que nous sombrons, nous communiquant leur chaleur à travers la couverture qui nous recouvre, membres enlacés alourdis par le sommeil. La surface du lac se referme sur moi tandis que je rejoins mon âme dans l'inconscience, odeur de mon mari me berçant aussi sûrement que les battements de son cœur contre mon oreiller, torse me servant d'oreiller, doigts reposant contre mon dos à travers les boucles enroulées autour d'eux. Les premiers bruits de la journée qui reprend dans les Limbes ne sont qu'un bruit parmi tant d'autres qui s'insinue dans mes rêves et les rythme, tandis que nous dormons enfin.
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