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 La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)

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Rinke Venetti

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MessageSujet: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptySam 14 Nov - 15:59

La débauche est une ébauche.

Rinke & Palareth


Ne croyez pas que chaque jour se ressemble lorsque vous êtes à la tête d'un cabaret. La fréquentation de votre établissement varie fortement d'une journée à l'autre, vous donnant parfois l'impression d'être à la tête d'une affaire très rentable – auquel cas, votre fierté est telle que vous avez l'impression d'avoir avoir quelque chose de bien – ou bien d'une affaire qui prend l'eau – ravalant votre belle fierté, vous vous mettez en quête de moyens d'action plus efficaces pour vous attirer les faveurs des clients.
Ce jour-là, Rinke ne pouvait que se rappeler amèrement du succès limité de son cabaret. Les spectacles ne faisaient pas toujours recette, Rinke ayant d'ailleurs une petite idée du problème de qualité qu'ils présentaient. La jeune femme savait en outre que ce n'était pas l'idéal pour fidéliser les clients, qui ne revenaient plus lorsqu'ils avaient découvert toute l'offre de services que Venetti proposait. Le thé en lui-même, dont Rinke assurait pourtant la qualité, n'était pas un facteur assez attractif, car il s'agissait d'un bien trop courant. Le résultat était une désolation de l'établissement aux jours les moins fastes, une désolation qui n'arrangeait pas les affaires de la tenancière et qui lui faisait regretter les jours où son père prenait sur lui pour faire tourner la boutique.
Rinke multipliait donc les initiatives pour faire découvrir son cabaret au delà de sa clientèle habituelle. Elle qui n'était pas une femme d'affaires avait bien du mal à trouver les bons filons. Ses stratégies étaient pour l'instant restées peu concluantes. Rinke ne baissait cependant pas les bras face à ce succès mitigé. Elle continuait son travail minutieux de publicité. Elle demandait également à ses filles de faire un effort, leur expliquant que sans leur aide, Rinke devrait mettre la clé sous la porte, et qu'elles se retrouveraient donc sans travail. Or, si elles étaient employées par Rinke, c'était bien bien la preuve qu'elles avaient du mal à trouver mieux ailleurs.
Rinke se disait parfois qu'elle allait devenir vieille avant l'heure à ce rythme et s'user à la tâche. Mine de rien, cette question l'inquiétait bien plus qu'elle ne voulait bien l'avouer. Elle savait qu'un certain nombre d'hommes étaient plus enclins à venir s'ils savaient qu'une belle femme les attendait derrière le comptoir.

Son cabaret était étrangement vide ce jour-là. Rinke avait eu la chance d'accueillir un couple de passage cherchant à se désaltérer dans un endroit agréable. Après tout, le thé n'avait-il pas meilleure saveur dans les cadres les plus charmants ? Mais les clients habituels, eux, se faisaient rares. Ils étaient assidus, mais pas au point de venir tous les jours. Eux aussi avaient des choses à faire. De ces quelques fidèles, il n'y avait qu'un vieil homme qui jouait seul aux cartes. Rinke avait fait signe à une des serveuses de le rejoindre, mais cette dernière s'était montré incapable de jouer correctement. Attablée au comptoir, Rinke poussait des soupirs d'ennui éloquents. Pour une fois qu'elle n'avait rien à faire... Rinke détestait l'inaction. Elle savait bien qu'elle ne pouvait pas agresser les personnes dans la rue pour les forcer à venir s'installer chez elle – et ce n'était pas l'envie qui lui en manquait -, qu'elle ne pouvait pas contraindre les autres à faire ce qu'elle voulait. Or, ce sentiment était rageant. Rinke se sentait bloquée dans sa capacité d'action.
Le petit carillon à l'entrée, livrant passage à un client auquel la jeune femme ne s'attendait pas. Les yeux de Rinke s'agrandirent légèrement sous l'effet de la surprise. Elle se souvenait très bien de cet homme : elle l'avait bousculé quelques jours plus tôt et avait insisté pour lui offrir dédommagement à son cabaret. À son air, Rinke s'était dit qu'il ne devait pas fréquenter ce genre de lieu. Peut-être pensait-il qu'il s'agissait là d'un lieu de débauche. Rinke aurait répondu que la débauche n'était qu'une question de point de vue. Elle n'était qu'une tenancière, son rôle était donc de tenir la boutique, et non de faire des cours de morale. Mais peut-être cet homme-là n'avait-il pas d'opinion aussi tranchée sur le sujet. Il avait très certainement compris que l'établissement de Rinke était respectable - Venetti elle-même insistait sur le mot lorsqu'elle sentait que cette qualité était remise en doute lorsqu'on parlait de son cabaret.
Elle se redressa, prenant la peine de vérifier une énième fois que sa tenue était impeccable et la mettait en valeur, avant de quitter son comptoir pour venir accueillir son client. Il ne serait pas dit que Rinke manquerait du sens de l'hospitalité. La jeune femme ferait tout pour satisfaire son client et lui donner envie de revenir.

« Vous êtes venu, j'en suis absolument ravie ! s'écria-t-elle, superficielle, en tendant la main pour le débarrasser de son manteau. Je n'étais pas certaine que vous accepteriez mon invitation, car mon cabaret est modeste. Entrez, installez-vous, et dites-moi ce qui vous ferait plaisir. »

Dans ces moments-là, la simplicité de Rinke faisait des merveilles. Elle dispensait la tenancière de tout calcul mauvais pour mettre la main sur un client supplémentaire. La jeune femme s'ennuyait tellement que sa joie était totalement sincère. Elle ne gagnerait peut-être rien sur cette invitation, mais à long terme, elle y recevrait peut-être quelque chose.
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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptyJeu 19 Nov - 14:23

Dé-quoi ?

Se cacher les yeux et vite.



Tic tac d'une montre dont les aiguilles s'affolaient, oreille se collant contre l'objet, le tout avec un visage soucieux. Que fallait-il faire ? Mettre les doigts dans les rouages dans l'espoir de la faire souffrir pour qu'elle se mettre à rattraper son retard ? Est-ce qu'une montre pouvait ressentir le mal ? De toute manière elle n'avait guère de bouche pour le dire. Aller voir l'horlogère, qui de toute façon ne croira plus à ses histoires en affirmant que cette montre va Parfaitement bien (tout en insistant sur ce mot), serait inutile. Parfaitement. Il y avait un petit côté prétentieux dans ce terme, du genre à vouloir cacher des choses sous le tapis et ne montrer qu'une surface lisse et perméable. Si tout était si parfait, le monde ne serait probablement pas le même. Enfin "le", "les" serait plus exact. Mon esprit divaguait encore sous les cliquetis, frein de pensées hors d'état de nuire, voix silencieuse ayant disparue à jamais dans un milliers de particules d'or. Hélas, on ne pouvait même pas dire "en travaux" ou "reconstruction" dans mon cas, c'était "hors service" et puis c'était tout, point à la ligne, fin de l'histoire, fin du monde, déchéance, apocalypse. Doucement Pala, tu vas encore finir par te donner la migraine.

Malheureusement (ou heureusement, tout dépend du point de vue), la vive douleur, le monstre qui semblait avoir élu domicile dans mes entrailles, mit fin à tout ce cheminement de pensées ridicules et incohérentes. La montre retrouva sa poche, sauvée pour cette fois-ci, alors qu'il fallait désormais partir en quête du breuvage d'or si précieux sur ces terres. Me relevant maladroitement, silhouette malhabile se dépliant, j'entamais une marche jusqu'au premier endroit où je pourrais apaiser la plaie invisible qui recommençait à me tourmenter. Il fallait faire vite. Il fallait aussi avouer que se réfugier dans les plaines sans la moindre tasse ou gourde de thé n'était pas la chose la plus judicieuse. Enfin soit, j'avais du mal à penser à tout et surtout aux détails. Je n'avais jamais été un grand planificateur, d'ailleurs je ne serais certainement pas ici si ça avait été le cas.

Toujours est-il que je n'avais jamais été aussi vite pour parcourir la distance qui me séparait du petit village. J'entrais dans le premier bâtiment venu, sans même regarder s'il s'agissait de quelque chose de publique ou de privé, ce genre de chose était devenu habituel venant de ma part même si faire irruption n'importe où et n'importe quand, ce n'était pas terrible. Je saluais la tenancière, mains légèrement tremblantes dissimulées dans mes poches, sourire crispé en ravalant une plainte. Son visage m'était familier, ne parvenant pas de suite à le remettre sur cette femme qui m'avait bousculé quelques jours plus tôt. Ce fut l'accueil qui finit par me mettre la puce à l'oreille.

Je la gratifiait d'un signe de tête, me forçant à déboutonner ma redingote, désormais poussiéreuse et usée par les mois, sans encombre pour ne pas montrer signe du mal qui me rongeait. Sauter directement sur une théière ne serait certainement pas convenable, enfin je suppose. « Un thé ne se refuse jamais. » Voilà, restons naturel.

C'est alors qu'une petite phrase me revint à l'esprit, ou plutôt un petit mot qui me fit presque grincer les dents lorsque mon regard se posa sur l'une des serveuse en... très -trop- petite tenue : cabaret. Poussière ! Qu'est-ce que je venais faire dans un tel endroit. Trop tard, me voilà déjà dirigé à une table, à moitié assis, alors que mes yeux écarquillés avaient bien du mal à montrer cet "air naturel" que je m'efforçais d'avoir. « C'est très... exotique comme endroit. » Non je n'avais rien trouvé de mieux, sentant la chaleur affluer dans mes joues qui devaient plus que probablement virer au cramoisi. Je pouvais survivre, il suffisait juste de contrôler toute pensée et tout regard tout en me focalisant sur cette futur tasse fumante et au goût sucré. Après tout j'avais survécu à pire, enfin je crois...
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Rinke Venetti

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptyDim 22 Nov - 15:06

La débauche est une ébauche.

Rinke & Palareth


L'explication que cet homme lui donna pour justifier sa présence était typique des habitants de l'Autre Côté - un thé ne se refuse jamais - et c'est ainsi que Rinke identifia le nouveau venu. À première vue, il n'avait pas l'air d'un de ces déséquilibrés qui traversaient les passages, confirmant le jeune femme dans son intuition erronée. Il avait même l'air bien sous tous les rapports, quoique la redingote qu'il portait et que Rinke examina de biais semblait avoir fait son temps. Peut-être était-il un jeune homme de grande famille fauchée, ou alors l'un de ces nobles voyageurs comme on en voyait si peu par ici. Il devait connaître des tas de choses, notamment des poèmes, puisque c'était souvent le langage qui indiquait clairement la couche sociale à laquelle vous apparteniez. Rinke était donc légèrement impressionnée. Elle espéra que sa façon de le dévisager ne le dérangeait pas, car elle le dévorait du regard, comme un étrange spécimen qu'elle désirait disséquer pour découvrir son utilité.
Il n'était pas bon de faire durer davantage cet entretien à l'entrée de son cabaret. Rinke fit un rapide tour visuel de la salle pour déterminer le meilleur emplacement libre disponible, et trouva une place tout à fait confortable près du feu. Voilà qui conviendrait parfaitement à ce client si particulier.

« Si vous voulez bien me suivre, je vais vous montrer votre place. Au fait, vous pouvez m'appeler Rinke ou Venetti, comme vous préférez. »

Ce problème était réglé, mais il restait encore à déterminer la façon dont il désirait être appelé. Peut-être cet homme avait-il besoin de plus de formes ? Peut-être n'accepterait-il pas d'être appelé par son prénom en retour ? Rinke se creusait la tête tandis qu'elle l'amenait à la table qu'elle avait spécialement choisie pour lui. Monsieur, c'était trop formel, trop contraignant. Rinke n'allait pas le tutoyer dès la première rencontre, mais elle n'avait pas envie d'une relation trop figée avec ses clients. Elle préférait de loin les relations chaleureuses et décomplexées avec les autres.
Tout se passait très bien pour l'instant, et elle apprécia le compliment qui lui était fait. Rinke tenait justement à apporter une touche d'exotisme à ses clients, à sortir de l'ordinaire pour essayer de drainer une clientèle, elle se sentait donc tout à fait satisfaite de ce commentaire :

« C'est voulu. » assura-t-elle.

Elle s'apprêtait à s'éloigner lorsque la gêne de son client lui apparut. Il avait le visage rouge, comme s'il souffrait de la chaleur, et Rinke se traita d'idiote pour n'avoir pas pensé à ce détail. Tout le monde n'avait pas la même tolérance à la chaleur. Si les places près du feu étaient généralement les plus prisées, elle n'avait pas pensé qu'elle avait peut-être affaire à un homme plus habitué au froid. Le pauvre, il devait terriblement souffrir de la température trop élevée.

« Sacrebleu, je suis désolée, s'excusa Rinke, je n'avais pas pensé que la chaleur vous dérangerait tant. Je vais baisser le feu immédiatement, mais si vous désirez changer de place, faites-le moi savoir. »

Et sans laisser le temps au jeune homme de lui répondre, Rinke fondit sur sa cheminée, qui possédait un système rudimentaire de thermostat permettant de contrôler avec plus ou moins de succès la température à l'intérieur de la pièce. Il ne s'agissait pas de trop couper la chaleur, au risque de faire geler les futurs clients qui se poseraient près de la porte d'entrée, si jamais il s'en présentait assez pour remplir les tables jusque là. Lorsqu'elle estima que la température devait être plus supportable pour son client, elle revint vers lui et, sans tenir compte de ce qu'il lui disait – comportement typique de Rinke -, elle lui fit alors une troisième proposition, destinée à prouver que son sens de l'hospitalité était énorme.

« Ou sinon, en attendant que la température baisse un peu, pourquoi ne partageriez-vous pas la table de Roberto ? » Rinke désigna l'homme avachi à la table voisine. « Je suis sûre que vous auriez beaucoup de choses à vous dire. Il pourrait notamment vous recommander mes meilleurs thés, le temps que j'aille faire bouillir un peu d'eau. Qu'en dites-vous ? »

Si Rinke avait eu un peu plus de jugeote, elle aurait sans doute compris que cette association improbable n'était pas la meilleure des idées. L'habitué qu'elle avait désigné était un vieil homme édenté, aux cheveux sales et pouilleux, qui ne savait visiblement pas se moucher, puisqu'il passait son temps à renifler bruyamment. Il avait visiblement abusé de thé, car sa tête reposait sur son bras gauche, et sa tasse était perchée au bout de l'autre, comme s'il agitait une chope de bière. N'importe quelle personne un peu sensée aurait grimacé à la vue de ce spécimen.
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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptyMar 1 Déc - 13:17

Dé-quoi ?

Se cacher les yeux et vite.



Jamais je n'aurais pensé mettre les pieds dans un tel endroit, jugeant que mon mariage suffisait amplement que pour venir contempler quelques danses de demoiselles plus qu'aguicheuses. Je devais avoir l'air ridicule, non j'étais ridicule, à baisser le regard tant bien que mal tout en retenant de plus en plus cette plainte qui voulait sortir, la douleur s'aiguisant au fur et à mesure. C'est fou, même au fil des mois, elle ne parvenait pas à s’apaiser, comme si la déchirure grandissait encore et encore. Est-ce que la gérante venait de remarquer ce malaise malgré tous mes efforts pour le dissimuler ? Son regard me dévisageant me fit douter l'espace d'un instant. Surtout reste calme, les gorgées méritées arriveront bientôt, à la manière d'un gosse qui attend une friandise.

« Palareth » Répliquais-je, insistant un peu sur mes lèvres pour lui renvoyer un sourire, tout de même nerveux. Je n'avais pas envie d'user des formes, trop contraignantes, trop froides et surtout je ne pouvais absolument plus entendre ce "Monsieur Balshilek" trop impersonnel qui me classait dans une catégorie qui ne me mettait pas à l'aise, non pas que celle d'Amputé pseudo criminel me plaisait plus, loin de là. Dans ce monde j'étais Palareth, juste Palareth, sans aucune forme, classe sociale ou autre contraintes derrières, même si mes manières avaient tendance à me trahir.

Je gratifiait mon interlocutrice d'un signe de tête avant de prendre place au coin du feu. Un endroit parfait, au chaud et puis, je n'aurai qu'à contempler la danse des flammes pour me distraire. Tiens pourquoi s'excusait-elle de la chaleur ? Mes sourcils se froncèrent un instant, cherchant la cohérence, les mots que j'aurai pu prononcer de manière automatique sans m'en rendre compte mais rien ne vint. « Non non, c'est parfait, il fait un froid de canard dehors, ne vous fatiguez pas pour moi. » Bon d'accord en vrai il ne faisait pas si froid que ça, mais je tenais un tant soi peu à la distraction de mon regard pour ne pas le laisser se balader sur d'autres choses moins... enfin... Tiens est-ce qu'il y avait des canards dans ce monde ? Je ne me suis jamais posé la question. Mais cesses donc de triturer ton alliance de la sorte, ce n'est pas comme si Liscialle pourrait débarquer afin de me battre à mort pour être entré dans cet endroit. Surtout que mes intentions étaient nobles à la base.

La seconde option de distraction proposée par la jeune femme me laissa un tant soi peu sceptique. L'homme un peu plus loin ressemblait plus à un vieil ivrogne qu'à un client buveur de thé et je doutais fort que la conversation soit passionnante. Poussière, j'espère ne pas ressembler à ça quand je me met à boire un nombre incalculable de tasses d'affilée. Enfin j'étais désespéré, certes, mais pas encore à ce point là, enfin je suppose. « Je préfère avoir la surprise pour le thé. » Voilà c'est bien, esquive. Après tout je ne me voyais pas entamer une conversation alors que mes dents se serraient de plus en plus, il fallait que je me contienne encore un peu.

Non, n'ouvre pas la bouche, ça va encore sortir encore et encore, referme, vite. « Par contre je ne supporte pas la menthe, c'est plus fort que moi, mais il est impossible que j'en avale. Déjà ça a une texture bizarre et puis ça ressemble au goût de l'herbe. Non pas que je mange de l'herbe couramment, disons que j'aimais les expériences quand j'étais enfant, ça et les explorations. Enfin soit, je ne sais pas d'où vient ce dégoût certain pour cette plante, mais il n'y a rien de pire que de la menthe dans du thé, c'est la plante du mal, celle qu'on devrait craindre, je suis certains qu'elle pourrait nous empoisonner, qu'elle nous met en confiance avec son goût d'herbe innocent avant de passer à l'attaque et entamer une rébellion. Ouuuuuu aaaaah... Désolé ça commence à faire vraiment mal, c'est sortit tout seul. Sinon un peu de miel et un chouilla de sucre ce sera parfait. Enfin je parle trop je sais, c'est comme ça, ça part tout seul et je n'y peut rien, je ne comprend pas, c'est nouveau, enfin nouveau, ça fait quelques temps tout de même. » Trop tard, la nervosité et la douleur faisaient sortir les mots avant même que je ne les pense, accélérant le rythme au point que la fin devait être incompréhensible pour la brune. Oups.
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Rinke Venetti

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptyMer 9 Déc - 22:28

La débauche est une ébauche.

Rinke & Palareth


Aux yeux de Rinke, Palareth – puisque c'était ainsi qu'il désirait être appelé – était un homme vraiment étrange. Il semblait souffrir de la chaleur, mais il affirmait que la température était très bien ainsi. Qui plus est, il semblait avoir un intérêt limité pour le thé, ne préférant ne pas s'informer sur les différentes variétés que proposait Rinke. C'était, pour la tenancière, une erreur certaine, puisque chaque thé s'adaptait à un palais différent, mais on ne pouvait le découvrir qu'à travers un lent processus de dégustation et de cheminement. Comme un parcours philosophique, en quelque sorte. Il paraissait tout à fait impensable à Venetti de ne pas avoir envie de rentrer en contact avec son buveur de thé intérieur.
Peut-être – et l'idée fit frissonner Rinke malgré elle – était-il une sorte de masochiste. Le mot n'était pas anodin : il fallait toujours l'employer avec service, car il s'agissait d'une déviance très très grave. Peut-être Palareth aimait-il souffrir de la chaleur, peut-être aimait-il les mauvaises surprises et les amères déceptions. Si tel était le cas, Rinke devrait faire attention à lui servir son thé le plus imbuvable afin de le contenter, ce thé qu'elle servait à ses plus vieux clients, qui avaient besoin de sensations plus fortes et infectes pour se sentir tout à fait vivants. Mais si elle se trompait et qu'il était simplement le genre d'homme à rougir facilement, elle devrait au contraire faire particulièrement à ce qu'elle allait lui servir. Il fallait que le choix corresponde parfaitement à la personnalité de cet homme, même si Rinke seule savait comment elle effectuait des liens entre personnalités et thés. Les mélanges n'étaient pas toujours du meilleur goût.

« Cela veut dire que vous me laissez vous servir ce que je veux ? lui demanda Venetti. J'en suis absolument ravie, j'adore qu'on me fasse confiance, mais il va falloir qu'on en discute un peu »

Aussitôt, son client ajouta qu'il n'aimait pas la menthe, une information que Rinke nota scrupuleusement dans le coin de sa tête. Elle pourrait oublier son visage, ou même son nom, mais son peu d'inclination pour la menthe resterait toujours gravée dans sa mémoire. Elle serait même capable de ressortir cette information sur son lit de mort.
Rinke allait répondre qu'elle allait prendre en compte cette information, lorsque Palareth décida de continuer et de lui servir un véritable monologue visant à expliquer pourquoi il n'aimait pas la menthe. Le raisonnement semblait quelque peu décousu, car personne de sensé n'aurait pu penser qu'une simple feuille de menthe eût réellement l'intention d'empoisonner ses consommateurs, mais il plut à Rinke qui le trouva tout à fait cohérent. Nous n'avons, au demeurant, jamais dit que cette jeune femme était sensée. Elle applaudit le discours, reprise en cœur par le dégoûtant voisin de table de Palareth, qui ne comprenait pas vraiment ce qui se passait mais qui était toujours partant pour participer à la fête.

« C'était brillant ! commenta Rinke, transportée. Je n'avais jamais vu les choses de cette façon, évidemment, car je me sers beaucoup de la menthe, mais je crois que je m'en méfierai désormais. Rassurez-vous, vous n'êtes pas bizarre du tout, vous feriez un client idéal, je vous l'assure. » Pas sûr qu'il apprécierait le compliment. « Donc pas de menthe pour vous. Mais vous croyez que si elle bout, ses effets nocifs disparaissent, ou bien ils se trouvent au contraire augmentés ? Je n'ai jamais étudié la chimie, alors c'est le genre de chose que j'ignore totalement. »

Avouer son ignorance posait problème à Venetti, mais pas lorsqu'il s'agissait de questions vraiment complexes auxquelles elle n'avait pas de réponse. À vrai dire, cette question de menthe la passionnait tout autant que les récits des boussoles ou l'existence de la poussière, car il s'agissait d'un problème concret qui touchait directement à son existence. Cela paraissait trivial, mais l'avenir de la menthe dans les thés de Venetti était sérieusement en train de se jouer dans cette conversation surréaliste.
Mais ce n'était pas le seul motif d'interrogation que lui apportait ce personnage plein de mystère, que Rinke avait de plus en plus envie de voir attablé régulièrement à son cabaret – oubliées, les interrogations sur son possible sadomasochisme, il lui apparaissait désormais comme quelqu'un de bien. Quelques réminiscences étaient apparues pendant qu'elle discutait avec Palareth. Elle ne se souvenait plus qu'Avaïane lui avait parlé d'un certain Palareth et ne pensait pas à faire le rapport avec l'homme coincé qui se trouvait face à elle – si on avait demandé l'avis de Rinke, ils auraient fait un très joli couple. Mais qui n'aurait pas fait un joli couple aux yeux de Rinke ? Plus que le nom, ce qui avait frappé Rinke, c'était cette habitude du monologue qu'ils avaient tous les deux – et qu'ils partageaient en commun avec elle, même si la tenancière refusait de le voir. Ils étaient tous deux capables de parler longuement de sujets a priori inattendus comme l'horlogerie ou le complot des feuilles de menthe.. Rinke en était un peu troublée, mais il était encore trop tôt pour elle pour tirer des conclusions de ces observations. Pour les raisonnements logiques, le cerveau de Rinke pouvait se montrer assez lent, après tout.
Qui plus, ledit cerveau était déjà pleinement occupé à essayer de déterminer le type de thé qui plairait le plus à Palareth. Venetti avait besoin de poursuivre son investigation, et tant pis si elle monopolisait son attention pendant de longues minutes – elle n'avait rien de mieux à faire, de toute façon.
Elle présenta de façon succincte sa méthode, et fit comprendre à Palareth qu'elle n'allait pas le laisser se défiler.

« Bien, mais pour vous servir votre thé, je vais devoir vous poser quelques questions afin de déterminer le thé qui correspond le mieux à votre personnalité. Rassurez-vous, ce sera court, je n'en ai qu'une dizaine... ou un peu plus. » Pour faire passer la pilule, Venetti accompagna cette annonce d'un sourire charmant destiné à appâter et rassurer le client à la fois. « On commence ? Bien, alors dites-moi, vous pensez que les animaux mériteraient de dominer les hommes, ou que la domination de l'homme est justifiée ? »

Le rapport avec le thé semblait vraiment très lointain – peut-être pouvait-on argumenter qu'ils se trouvaient tous dans la nature, sur le modèle des argumentations moliéresques par exemple, mais ce n'était qu'une explication faible et malléable. En tout cas, il était évident que Rinke souhaitait déstabiliser son client pour l'inciter à révéler sa véritable nature, sans se rendre compte que celui-ci était déjà profondément perturbé par un environnement qui ne lui convenait pas du tout.
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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptyJeu 17 Déc - 20:02

Dé-quoi ?

Se cacher les yeux et vite.



Discuter, discuter, fallait-il encore que je puisse tenir une discussion, à croire que je n'aurai jamais cette tasse si précieuse, l'or liquide, l'extase infusé. Poussière, j'aurai mieux fait de lui donner le nom d'un thé précis avant que je ne finisse en boule sur le sol, tentant de calme le feu invisible qui me consume encore et encore. Après une tasse fumante et à l'odeur envoutante en revanche, je n'aurai pas dit non pour une discussion, même si le lieu n'était pas le plus approprié pour que je m'y attarde. Oh Poussière, si Liscialle l'apprenait, elle me ferait manger mon alliance que le tourne autour de mon annuaire sous la table depuis déjà trois bonnes minutes. Enfin à peu près trois minutes, je ne suis pas comme Avaïane après tout, avec un cadran et des aiguilles dans mon esprit qui fait des cliquetis constamment. Avoir une horloge dans la tête doit être atrocement affreux, à devenir fou, déjà la nuit lorsque je n'entend plus que le "tic tac" infernal, c'est tout bonnement insupportable.

Perdu dans le fil de pensées, je ne sais plus du tout où j'en étais avec la tenancière. Thé, discussion, menthe, ok et ensuite ? Je me contentais d'un sourire pour le moins ridicule, espérant qu'il soit tout de même crédible. Elle applaudit. Pourquoi elle applaudit ? Était-ce à cause de mon mélange de mots, ceux qui s'étaient enchainés au point de m'assécher un peu plus la bouche tout ça pour une pauvre feuille de cette maudite plante ? Son discours le confirma, me redressant légèrement sur ma chaise, plutôt fier de l'avoir impressionné par ce vomi de syllabes et autres sons. Le sourire se fit plus naturel, un brin surpris, mais tout cela flattait mon égo personnel. La douleur serait peut-être plus simple à supporter maintenant que je trouvais un certain intérêt à la discussion. Cela dit la jeune femme éveilla certaines interrogations avec ses questions.

« La menthe reste de la menthe, même bouillie, broyée, froissée, écrasée, cuisinée, réduite en poudre, infusée, pré-mâchée, flambée, émincée, chatouillée, épicée, mélangée, périmée, séchée, assassinée et plein d'autres participes se terminant par "ée". On n'appellerait plus ça de la menthe alors. Je suis même presque certain qu'elle a un lien avec la disparition des Daemons dans ce monde, son machiavélisme nous dépasse ! Mais hélas je ne suis pas chimiste non plus, à l'origine je suis Greffier, j'aurai du plutôt être scientifique, ça doit être plus amusant de faire des expériences pour contrer les effets indésirables de ces feuilles sorties du fin fond de l'antre de la Poussière. »

A vrai dire j'aurai préféré bien d'autres métier à la place de greffier tout court. Antiquaire, explorateur, brocanteur, chapelier, tout un tas de professions plus amusantes et qui au final ne m'auraient pas amenées ici dans cet univers qui certes n'est pas bien méchant, mais n'est pas ma maison. En tout cas mon discours était appuyé par de grands gestes, un peu trop dangereux si une serveuse se mettait en tête de passer à proximité juste à ce moment là. Je fronçais les sourcils à sa question, ne tentant même pas de chercher le rapport avec la boisson chaude, il y avait sûrement une logique dans tout ça, puis la méthode était plutôt intrigante, si bien qu'elle me donnait envie de jouer le jeu. Puis je savais bien faire ça : parler. C'était devenu inné dans ce monde. Il fallut tout de même une bonne minute de réflexion, continuant encore et encore à faire tourner l'anneau d'or autour de mon doigt avant d'ouvrir à nouveau les lèvres.

« Là d'où je viens, nous ne voyons pas ça comme une domination. Enfin du moins c'est mon point de vue, après je ne pense pas vraiment comme tout le monde. En fait je les considère probablement comme égaux, après tout pourquoi nos âmes prennent une forme animale ? Si nous étions si supérieurs que ça, nous aurions tous des Daemons humains, ce qui dans un sens serait très étranges. Ou alors nous n'en aurions peut-être pas besoin et serions seuls. Seul. C'est marrant parce qu'il n'y a qu'ici qu'on comprend vraiment le sens de ce mot. Je n'étais même pas sur de connaître sa véritable définition avant. Il est si lourd, si triste, si dur et pourtant si simple quand on le prononce, il est fluide, sort tout seul et siffle entre le palais et la langue. Ssssseul. Enfin soit là n'est pas la question, je m'égare. »
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Rinke Venetti

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptySam 26 Déc - 23:53

La débauche est une ébauche.

Rinke & Palareth


Rinke trouva la réponse à sa deuxième question bien moins intéressante. Même si elle avait été déçue d'apprendre qu'il était impossible de contrer les effets de la menthe quelques secondes plus tôt, elle avait largement préféré entendre parler du complot de la menthe pour faire disparaître les daemons de la terre. Sous le choc, la jeune femme s'était contentée d'un « Ça alors... » avant de se sentir coupable à l'idée de participer à l'extinction des daemons. La prochaine fois qu'elle rencontrerait un Amputé qui possédait encore le sien, elle ferait attention à ne plus intégrer cet ingrédient à la mixture qui lui servirait – mais s'il lui en demandait un, et qu'elle expliquait ses réticences, oh quel scène comique ce serait que de se rendre compte de son erreur.
En revanche, la réponse que lui avait donnée Palareth était... sérieuse. Il avait réfléchi au sujet et n'avait pas donné une réponse au hasard, c'était évident. Rinke se rendit compte qu'elle l'avait poussé à se montrer sérieux de par la formulation de cette question. Elle se traita mentalement d'idiote et avoua pour la première fois avoir commis une erreur avec cet étrange client. Cependant, Rinke ne pouvait pas dire qu'elle ne trouvait pas un intérêt à sa réponse. Chez elle, les animaux n'avaient pas de véritable place dans la société, puisque personne n'avait de daemon. Rinke n'avait jamais envisagé que les gens de l'autre côté pussent voir les choses autrement. Elle pensait que les gens avaient des daemons parce qu'ils étaient supérieurs aux animaux, qu'ils avaient réussi à les domestiquer d'une façon ou d'une autre. Ils n'étaient pas égaux, car les animaux n'avaient pas de daemons, eux.

« Sssseuls... » répéta-t-elle d'un ton pensif en appréciant la sensation du son sur sa langue.

Perplexe, Rinke se laissa le temps de réfléchir. Elle ne désirait pas seulement faire bonne impression, même s'il s'agissait d'une motivation importante : elle n'était jamais indifférente lorsqu'on parlait des daemons. Elle avait depuis longtemps oublié le sien, il ne lui manquait pas, mais ceux des autres l'intéressait. Ce n'était pas le cas du concept de solitude, qui était bien trop compliqué pour la jeune femme. Elle devait être prudente dans sa réponse.
Finalement, elle trouva quelque chose de satisfaisant :

« Je ne suis pas d'accord. » fit simplement Rinke.

Puis, comprenant que Palareth voudrait en savoir plus, et qu'elle devait organiser un minimum sa réponse pour pouvoir l'inciter à consommer, Rinke fit comme si elle avait une pensée parfaitement structurée.

« Je ne pense pas que les animaux soient nos égaux, s'ils n'ont pas leur daemon, fit-elle remarquer. Même si nous, on n'en a plus, on est nés avec, donc on reste supérieurs à eux. Et puis, on n'est jamais seuls ici. Si vous venez chez moi, vous aurez toujours de la compagnie, on ne s'ennuie jamais. Donc votre réponse est malheureusement fausse. »

Triomphante, Rinke toisa rapidement Palareth afin de lui faire comprendre qu'elle avait gagné, même si elle n'avait pas coupé toute possibilité de réponse. Rinke était comme tout le monde, elle appréciait avoir raison. Cependant, si elle avait gagné cette manche – d'après elle -, ce n'était pas certain qu'elle serait capable de s'en sortir pour les neuf questions qui restaient. Elle avait trouvé un adversaire redoutable.
Et elle ne pouvait pas l'affronter sans thé.

« Laissons tomber les questions, voulez-vous ? demanda Rinke. Je crois que j'ai déjà compris votre style. Vous êtes un intellectuel, donc il vous faut un thé d'intello. Et j'ai ce qu'il vous faut. Je vais vous en préparer, et je viendrai en boire avec vous, comme ça, on pourra disserter plus longuement. »

Elle fit quelques pas vers sa cuisine avant de se retourner :

« Sauf si vous souhaitez venir voir la cuisine ? J'accepte personne d'habitude, mais je sais pas, j'ai pas l'impression que vous aimiez trop la salle, non ? »

Car Rinke cherchait un moyen de décoincer le pauvre Palareth qui ne semblait pas aussi détendu que les autres clients. La tenancière s'était dit qu'il se sentirait peut-être plus à l'aise s'il bougeait un peu et découvrait les lieux. Elle avait rencontré tant de personnes aux pathologies plus diverses les unes que les autres qu'elle envisageait toutes les possibilités les plus fantaisistes. Peut-être Palareth était-il un fétichiste des lieux, après tout, le genre de personne qui avait de se tenir à un endroit précis pour se sentir à l'aise. L'hypothèse paraissait plus probable que – oh sacrilège ! - penser qu'il pouvait tout simplement détester les cabarets.
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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptyJeu 31 Déc - 21:32

Dé-quoi ?

Se cacher les yeux et vite.



J’acquiesçais lorsque la brune tenta l’expérience en répétant le mot "seul", l'encourageant, persuadé qu'il y avait en ce mot une sorte d'abomination élégante et qui se cachait derrière cette fluidité et ce son qui sortait d'une traite avec élégance. Mais ce sourire d'encouragement disparut rapidement, laissant place à une moue renfrogné lorsque Rinke marqua son désaccord sur la tirade. J'avais mauvais caractère, une mauvaise foi sans nom qui avait tendance à déborder et s'incruster partout, et la voir marquer cette opposition me fit froncer les sourcils, prêt à dégainer à nouveau ma langue, arme aux monologues interminables. Je méditais un instant, ne m'avouant pas vaincu.

« Certes, mais qui vous dit que ce n'est pas en réalité l'inverse, après tout c'est eux qui finissent par partir et c'est nous qui restons. Dans ce cas pourquoi ce ne seraient pas eux qui souffriraient à notre place comme on le fait mh ? Leur absence nous rend gaga du thé après tout. Mais j'y pense ! Voilà un schéma intéressant : on en revient toujours au thé, c'est étrange, à se demander si ce n'est pas plutôt le thé qui est supérieur. Quand on y pense la soif revient, la douleur aussi, c'est ça, le thé veut qu'on vienne à lui et nous on l'écoute sans faire d'histoire. Stupides humains que nous sommes dominés par quelques feuilles séchées. »  

Cette révélation était étrange, jamais je n'aurai pensé être l'esclave d'une boisson de la couleur de l'or. A moins que ce ne soit les feuilles de thé qui volent la poussière, la dévore et nous la consommons, soit la théorie d'une potentielle supériorité de nos âmes serait alors à envisager. Ça faisait beaucoup de théories et de pensées tout ça, si bien que j'approuvais la pause de la tenancière. J'ouvris soudainement la bouche, ne sachant pas vraiment si je devais être outré ou flatté par sa conclusion.

« Intello ? Comment ça intello ? Je n'ai rien d'intello. Là d'où je viens les intellectuels sont des idiots qui ne comprennent rien et imposent des lois stupides et saugrenues. La preuve, si j'étais un intello je ne serai pas ici, ce sont justement les intellos qui m'ont envoyés là. Ou alors c'est parce qu'ils étaient en réalité jaloux de mes idées révolutionnaires. Je n'en sais trop rien, mais je n'en garde pas un bon souvenir. C'est un peu comme si j'étais un génie incompris ou alors je suis vraiment un génie incompris. Je crois que j'ai vraiment besoin de thé, ça devient de plus en plus confus tout ça et je commence à me donner la migraine. C'est pas que je n'aime pas, en fait je n'ai jamais mis un pieds dans ce genre d'endroit en fait je suis comme qui dirait marié et ça fait un paquet d'années. Pas marié au thé, qu'on soit clair, j'aime le thé, je lui voue un amour infini, mais marié à une vraie femme, avec des joues roses, des yeux noisettes, environ cette taille. Après j'avoue qu'un petit tour serait bien, j'aime bien bouger, me promener, rester assis à ne rien faire ce n'est clairement pas mon truc, c'est ennuyeux. Pourquoi je raconte soudainement ma vie ? Dites, vous n'auriez pas de la tarte aux pommes aussi dans votre cuisine ? Ça fait une éternité que je n'en ai pas mangé et son goût me manque un peu pour ne pas dire terriblement. »  

Mes jambes se levaient d'elles-même, prête à avancer dans une démarche dégingandé au signal et dans la direction indiquée par Rinke, sautillant presque alors que mes bras continuaient encore et encore de gesticuler pour appuyer les mots et les syllabes qui sortaient encore et encore.


Spoiler:
 
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Rinke Venetti

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptyVen 1 Jan - 19:48

La débauche est une ébauche.

Rinke & Palareth


Plus le temps passait, et plus Rinke trouvait que le jeune homme qu'elle accueillait généreusement ce jour-là était l'un des esprits les plus brillants de l'Autre Côté. Alors qu'elle était persuadée d'avoir gagné leur joute verbale, il réussit à lui prouver qu'elle avait tort en renversant subtilement la tendance. Peut-être avait-il la capacité de voir clair en elle et de comprendre quels mécanismes activer pour obtenir son assentiment. Rinke ne comprit pas vraiment comment on pouvait défendre le point de vue inverse, mais elle ne put qu'approuver la supériorité du thé. Comme tous les habitants de ce monde-ci, Rinke avait pu expérimenter l'aspect addictif du thé. La tenancière reconnaissait même son effet nocif. Par conséquent, penser que le thé pouvait être ce qu'il y avait de plus grand au monde n'était pas une idée qui la surprenait, bien au contraire. Elle était le genre d'esprit crédule capable de vouer un culte à cette boisson divine.

« Vous avez entièrement raison sur ce dernier point. » fit Rinke, désireuse de l'impressionner.

Palareth niait peut-être être un intello, pour un tas de raisons, mais Rinke pensait qu'il s'agissait de fausse modestie, une qualité qu'elle n'appréciait pas vraiment. Les faux modestes étaient pires que les hypocrites, car on ne pouvait leur faire confiance. En mettant en avant leur prétendue incompétence, ils faisaient comprendre aux autres qu'il ne fallait pas compter sur eux, d'après eux parce qu'ils n'étaient pas dignes de confiance, mais en réalité parce qu'ils n'avaient pas envie d'aider les autres. Rinke lui pardonnait volontiers ce défaut, car elle le trouvait très distrayant. Si elle pouvait le fidéliser, elle aurait à sa disposition un atout indéniable pour attirer de nouveaux clients. Son enseigne serait peut-être sauvée de la faillite si elle y parvenait.
Si Rinke avait été plus observatrice, elle aurait sans doute mieux compris Palareth lorsqu'il se mit à parler de sa femme. Cette demoiselle devait être très jolie pour lui donner des remords même lorsqu'elle était absente. Rinke savait qu'elle-même était jolie, elle prit donc pour un compliment cette gêne tout à fait charmante. Cependant, en écoutant la description de son épouse, le cerveau de Rinke lui remit en mémoire une conversation qu'elle avait eue avec Avaïane quelques jours plus tôt. Elle avait parlé d'un certain Palareth, mais elle avait détrompé Rinke lorsque cette dernière avait cru qu'ils étaient fiancés. Rinke commençait à se dire qu'il s'agissait du même Palareth. Si c'était le cas, cela confirmait le fait qu'ils n'étaient pas mariés – même si Avaïane correspondait plus ou moins à la description, ce n'était pas ainsi que Rinke l'aurait décrite. Elle aurait insisté sur la couleur de ses cheveux. La tenancière était tout de même un peu déçue, car elle trouvait que les deux étaient suffisamment coincés pour finir ensemble.
Rinke ne dit cependant rien, préférant garder pour elle cette découverte insolite. Elle saurait quoi en faire lorsqu'une bonne occasion de faire son intéressante se présenterait. Inutile de sauter sur Avaïane la prochaine fois qu'elle la verrait : ce serait gâcher une information juteuse. Venetti avait d'ailleurs d'autres choses à penser : elle servait bel et bien de la tarte aux pommes, mais y avait-il des parts disponibles en cuisine ? Elle fit ses comptes et se dit qu'il devait en rester quelques unes. Le soulagement fut véritable, mais en bonne professionnelle, elle ne le montra pas.

« Suivez-vous. » dit-elle, voyant que Palareth s'était déjà levé tout seul.

Pour un homme gêné par l'environnement, Rinke l'aurait cru un peu moins directif, mais cela n'avait pas d'importance. C'était elle après tout qui l'avait invité à venir en cuisine. Compte tenu du peu de monde présent dans le cabaret à cette heure de la journée, le bal des serveuses tournerait au ralenti : Palareth ne serait pas dérangé par celui-ci. Elle espérait tout de même que le lieu serait assez propre au goût de son invité : même si elle faisait son ménage tous les jours, la journée de travail avait tendance à salir la cuisine. Rinke ne fut pas gênée de voir les monticules de nourriture traîner sur la table, ni de remarquer qu'elle n'avait pas débarrassé son plan de travail des plantes dont elle se servait pour faire le thé. Elle épousseta rapidement la table pour faire une place à Palareth, puis elle vint lui donner une part de tarte aux pommes.

« Spécialité de la maison, présenta Rinke avec fierté. Vous avez de la chance, il en restait un peu, on n'a pas trop vendu aujourd'hui. J'espère que vous aimerez, c'est moi qui l'ai faite. Je vais vous chercher votre thé. »

Mais si les talents de Rinke en matière de thé étaient réels, ses talents culinaires étaient en revanche plutôt mauvais. La part de tarte que Rinke avait servie à Palareth n'était pas une œuvre de grand chef, mais cela ne dérangeait pas la jeune femme qui retourna en sifflotant à son atelier de confection de thé. Elle prépara ainsi le mélange « spécial intello » qu'elle réservait à son invité très spécial.

« Vous aimez ? » demanda-t-elle tandis qu'elle ramassait et essuyait une tasse bien propre pour Palareth.
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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptyJeu 14 Jan - 15:07

Dé-quoi ?

Se cacher les yeux et vite.



Un sentiment de victoire provoquant un semblant de sourire, redressant instinctivement le dos bien droit lorsque la tenancière approuva enfin la théorie. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'elle n'empoisonne pas son thé juste pour me contredire et prouver qu'elle avait raison plus par la parole, mais par les gestes. Étrange pensée, la jeune femme n'avait pas vraiment l'air d'une vile empoisonneuse qui tue ses clients. A quoi bon tenir un cabaret si c'était pour le vider et ne rien y gagner après tout ? Une minute, pourquoi me proposait-elle de la suivre en cuisine exactement ? Et si c'était bel et bien pour pouvoir mieux faire disparaître mon corps ? Le découper pour le servir en ragout ? Poussière ! Et moi qui suis déjà debout. Réfléchis Pal, tu fais une tête en plus qu'elle, avec de la chance tu devrais t'en sortir relativement facilement, il suffit juste de ne pas lui tourner le dos.

Mes jambes lui emboitent le pas, dissimulant méfiance avec le feu qui continue de me brûler. Au moins voyons le bon côté des choses; de la cuisine je verrais ce qu'elle mettait dans ce thé. Oui c'était probablement ridicule et suicidaire, mais maintenant que j'étais ici, je ne comptais pas partir sans mon breuvage, je ne voulais pas vraiment faire de nouveaux kilomètres pour trouver une simple tasse pleine et chaude. Au moins elle n'avait pas eu le temps de toucher à la tarte qui fit son apparition juste sous mon nez, la vision me faisant déjà saliver avec un sourire emprunt de gourmandise.

Je partis donc à l'assaut après avoir remercié la propriétaire, armé d'une petite cuillère pour lui régler son compte en quelques bouchées avides qui n'étaient pas bien loin de l'orgasme culinaire, enfin non, elle n'était franchement pas la meilleure des tartes aux pommes, loin d'être dans le top dix, mais le temps qui s'était écoulé jouait certainement sur son goût. Des mois que ce goût n'avait pas franchit mes lèvres pour caresser doucement ma langue avec affection, si ça se trouve, c'est moi qui n'aimait plus autant qu'avant, peut-être que c'était Guine qui me faisait aimer. Ce n'était pas Avaïane qui allait me faire ce genre de tarte, je n'ai jamais compris le problème qu'elle avait avec les pommes.

Poussière non ! La tarte avait probablement servi de distraction, ayant joué son rôle à merveille puisque la préparation devait déjà infuser étant donné l'odeur délicieusement sucrée qui envahissait la cuisine, chatouillant ce feu interne qui se remit en marche, nouant à nouveau mes entrailles dans un soubresaut. Mon regard se posa sur la tenancière, une joue encore arrondie par un morceau de pâtisserie et regard un brin hagard, pris au dépourvu et ne sachant pas comment échapper au thé probablement mortel. J'avalais, histoire de pouvoir lui répondre.

« Oui beaucoup, il faut dire que ça fait des mois que je n'ai pas touché à ce genre de tarte, un de mes péchés mignons. Par contre le goût des pommes n'est pas tout à fait le même ici ou alors c'est à cause des mois sans en manger ou de mon âme qui aimait ça plus que moi, à moins que ce ne soit le thé qui modifie aussi ma perception du goût à force d'en boire. Je ne sais pas trop, mais ça m'emballe moins qu'avant. En parlant de thé puis-je savoir quel est donc ce mystérieux mélange que vous me réservez ? Vous le servez à beaucoup de clients ? » La questionner n'était peut-être pas judicieux, comme si elle allait avouer si le thé était empoisonné ou transformait les gens en asticots. Si c'était une meurtrière empoisonneuse, elle devait être une professionnelle après tout.  

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Rinke Venetti

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptyDim 17 Jan - 11:49

La débauche est une ébauche.

Rinke & Palareth


Le coup d'œil que Rinke jeta à son client la convainquit qu'il appréciait véritablement sa tarte aux pommes. Au lieu d'éprouver une sorte de soulagement à l'idée d'avoir réussi à contenter un client aussi difficile, la jeune femme prit la grosse tête et considéra que ses talents de cuisinière étaient tout simplement indéniables et indiscutables. Lorsqu'il répondit à la question qu'elle venait de lui poser, elle le trouva mignon, comme s'il venait d'être brusquement propulsé hors d'un rêve et qu'il n'avait pas encore repris contact avec la réalité. Un véritable gamin. Elle se félicitait de lui avoir proposé d'elle-même de la tarte aux pommes, oubliant qu'il était le premier à en avoir réclamé. Toutefois, une légère ombre vint assombrir le tableau idyllique que Rinke construisait dans sa tête. Apparemment, le goût des pommes était différent de ce dont il avait l'habitude, et elle trouvait cela curieux. Elle n'avait pourtant pas changé de variété, et elle se fournissait toujours de l'Autre Côté. Vraiment étrange. Palareth proposait une explication tout aussi étrange qu'inédite : le thé modifiait vraisemblablement la perception du goût chez ceux qui en consommait trop. Rinke ne se doutait pas que Palareth était particulièrement accro au thé - c'est-à-dire, plus que la moyenne des personnes qui avaient développé une addiction. Il paraissait si équilibré, si intelligent... Que fallait-il en penser ?

« Hum, si vous consommez du mauvais thé, c'est possible que ça altère votre goût. » mentit effrontément Rinke.

Elle inventait, c'était évident, en espérant le convaincre de venir se fournir chez elle, qui fournissait le meilleur thé de l'Autre Côté. Les affaires sont les affaires, après tout. Cependant, elle devait le convaincre que son goût était définitivement perdu, car le goût de sa tarte aux pommes ne changerait jamais. Mais où avait-il bien pu aller trouver ces foutues pommes qu'il mangeait ordinairement ? L'Autre Côté était assez vaste pour qu'il existe des variétés que Rinke ne connaissait pas.
Nom de nom... il ne venait quand même pas de l'autre côté - enfin, de Telgram ? Rinke trouvait l'idée particulièrement absurde : il ne ressemblait pas vraiment aux Amputés qu'elle avait l'habitude de croiser. Il ne semblait pas du tout dangereux, plutôt coincé, et il appréciait le thé comme un vrai natif de l'Autre Côté. Ses théories fantasques auraient pu passer pour un de signes de folie des habitants sans daemon depuis leur naissance. Vraiment, l'idée paraissait invraisemblable... mais si elle était vraie ?
Venetti n'eut cependant pas le thé d'approfondir davantage la question : Palareth désirait connaître la composition exacte du thé qu'elle allait lui servir. Elle faillit plaisanter en répliquant qu'elle lui préparait un thé à la menthe, mais elle se dit qu'il prendrait sans doute mal cette plaisanterie et aurait bien du mal à lui faire confiance. Elle désigna les ingrédients, qu'elle avait rassemblés sur son plan de travail, et les désigna du doigt à chaque fois qu'elle prononçait leur nom :

« Pour un intello, il faut une saveur sucrée, douce, mais un peu inattendue, parce que les intellos sont pas des brutes et aiment les saveurs riches. Du coup, j'envisageais de faire un thé noir aromatisé au caramel (je ne vous dirai pas comment, c'est un secret, mais rassurez-vous, y'a pas de menthe) avec des violettes, pour le côté subtil, et une touche de fleurs d'oranger. Vous trouvez pas que les violettes vous iraient très bien dans les cheveux, d'ailleurs ? » demanda-t-elle, incapable de s'épargner une dernière petite plaisanterie.

Ceci dit, pourquoi les hommes ne pourraient-ils pas être beaux avec des fleurs dans les cheveux ? Rinke envisagea un jour de créer une animation où elles deviendraient le couvre-chef obligatoire de tous ses clients. Elle était sûre que ce serait un grand succès. Mais en attendant, une question de la plus haute importance se posait, et c'était à Palareth d'y répondre, puisque la jeune femme entendait bien lui laisser le choix de ce qu'il allait déguster :

« Je me disais, vu que vous avez l'air un peu déçu par vos pommes, vous voulez peut-être que je remplace les violettes par de la pomme ? Je peux aussi retirer la fleur d'oranger si vous voulez plus sentir le goût. Bon, après, vu que vous avez mangé une tarte aux pommes, c'est pas franchement l'idéal, mais bon, n'importe quelle sucrerie avec du thé n'est pas idéale si on veut apprécier le vrai goût du thé. »

Rinke avait pratiqué fini ses préparatifs, il lui restait simplement à savoir quel dernier ingrédient elle devait ajouter à la mixture. Une fois que ce serait fait, elle pourrait lui servir - enfin - le précieux Graal, c'est-à-dire le thé spécial intello du cabaret Venetti. Puisque jusque là, Palareth s'était montré bon client, Rinke espérait qu'elle ne le décevrait pas avec ce qui après tout faisait la fierté de sa maison.
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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptySam 23 Jan - 16:58

Dé-quoi ?

Se cacher les yeux et vite.



Du mauvais thé. Cette phrase sonnait comme une bombe. Poussière ! Du mauvais thé ! J'ai perdu le goût, le sens du goût ! Plus jamais je ne sentirai les pâtisseries fondre sous ma langue en la chouchoutant ? C'était affreux, horrible, insoutenable, impensable, inconcevable. Une véritable torture pour un être qui aime manger comme moi, bien que j'ignore où mon corps entrepose les mets dévorés goulument. Il y avait un problème de proportion, une poche invisible, une distorsion de la réalité qui faisait que je n'étais pas vraiment le reflet des quantités astronomiques de thé et de nourriture ingurgitées.

« J'ignorai qu'il existait du mauvais thé dans ce monde. Poussière et si je ne faisais que me détruire la bouche depuis le début ! Y a t-il un remède ? Un contre-poison ? Poussière je ne pourrais vivre sans le sens du goût ! » Les théories du complots venaient soudainement de s'envoler, partie dans un élan de panique qui envahissait tout mon être. Je me voyais mal rentrer à Balgram en annonçant à ma femme que jamais plus ses plats ne chatouilleraient mes papilles.

La panique s'estompa à l'énonciation des ingrédients, salivant d'avance alors que la méfiance repointait le bout de son nez avec ce fameux caramel à la composition mystérieuse. Omis ce détail, il n'avait pas l'air très empoisonné comme thé, plutôt le contraire, terriblement appétissant, coup de douleur sourde et déchirante qui me fit sursauter alors que la soif continuait d'assécher ma gorge rien qu'en imaginant ce goût. Je préférai donc m'attarder sur cette histoire de violettes dans les cheveux.

« Ce n'est pas plutôt aux jeunes filles qu'on met des fleurs dans les cheveux ? A moins que ce ne soit une coutume qui m'échappe. Mais je ne suis pas certain que ça tienne, il va probablement falloir que je les laisse un peu pousser avant, sauf si vous voulez les mettre sur un chapeau, tout de suite ça risque de mieux tenir. Ça doit probablement être pour ça que les hommes n'en portent pas d'ailleurs, nous avons les cheveux bien trop courts. »

Le dilemme était donc posé, méditant un instant avant de décréter que les fleurs c'était aussi une bonne chose, puis pourquoi vouloir changer alors que je venais tout juste d'imaginer le goût du breuvage qui se fait véritablement attendre au point que mes doigts ne tenaient plus en place, tremblant seuls en véritable manque. Poussière, toute cette aventure pour un thé. Du bon thé j'espère, puisque apparemment tous n'étaient pas bons. Cette pensée éveilla à nouveau le choc intérieur d'il y a quelques minutes, ne pouvant m'empêcher de revenir sur ce sujet inquiétant.

« Je vais garder les fleurs. Dites, une question me chiffonne, s'il y a des mauvais thés qui font perdre le goût, comment peut-on les reconnaître ? J'avoue ne jamais avoir douté du thé de ce monde, mais je commence à avoir légèrement peur de ne plus jamais sentir quoi que ce soit omis le goût du thé. C'est au niveau de la couleur ? De la texture ? Ou même peut-être de l'eau ? Y a t-il une source à privilégier ? Un champ de thé à éviter à tout prix ? »

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Rinke Venetti

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptyLun 25 Jan - 19:56

La débauche est une ébauche.

Rinke & Palareth


Venetti faillit éclater de rire lorsque Palareth s'étonna d'apprendre qu'il existait du mauvais thé de l'Autre Côté. Quelle touchante naïveté. Tous les thés n'avaient pas le même goût, en fonction de leur variété, mais aussi du lieu où il était cultivé, et il fallait un palais affûté comme celui de Rinke pour saisir toutes les nuances du thé. Mais au fait, compte tenu de l'addiction provoqué par le thé, ne devrait-on pas dire que tout thé de l'Autre Côté était, par définitivement, un mauvais thé ? Rinke s'était parfois posée la question lorsque, dans un étrange élan de volonté, la jeune femme avait décidé pour la centième fois au moins de limiter sa consommation. Elle avait cependant toujours fini par y replonger, cette question se noyant dans les méandres de ses pensées.
Quoiqu'il en soit, qu'il existât ou non de mauvais thés n'était pas important, du moment que Rinke parvenait à convaincre Palareth qu'il trouverait les meilleurs chez elle. Et puisqu'il lui demandait un contre-poison, elle en avait un tout trouvé à lui proposer :

« Eh bien, dit-elle en essayant d'avoir l'air de réfléchir, si vous arrêtez le mauvais thé pendant quelques temps, et que vous en buvez du meilleur, c'est possible que vous retrouviez le goût, non ? »

Et nul doute possible sur la nature du meilleur thé : Rinke avait d'ailleurs imperceptiblement pointé du doigt sa préparation, comme si son corps révélait ce que sa bouche cachait par convenance. Bon sang, ce type avait l'air d'un client en or, facile à manipuler malgré sa grande intelligence, le rêve pour toute tenancière désireuse de relancer ses affaires. Sans compter qu'un beau jeune homme comme Palareth était un client infiniment plus vendeur que le vieillard qui avait servi pour quelques minutes à peine de voisin à celui-ci.
Rinke lui avait ensuite demandé son avis sur la composition de son thé, et le client en or tiqua sur les fleurs qu'elle lui proposait de mettre dans les cheveux, arguant qu'il s'agissait plutôt d'un attribut féminin, et qu'il n'avait de toute façon pas la chevelure adéquat pour les faire tenir. L'argument avait du sens, même si la longueur des cheveux de Palareth commençait à être suffisamment raisonnable pour envisager d'y piquer quelques beautés florales. Le métier de Rinke n'était pas coiffeuse, et si elle savait arranger ses cheveux et ceux de ses serveuses, elle se rendait compte qu'elle n'avait jamais essayé avec ceux d'un homme. Elle n'avait jamais eu besoin de coiffer ceux de son père – en fait, c'était plutôt lui qui la coiffait, car il adorait la couleur de ses cheveux -, et elle comprit que Palareth redoutait de voir que les talents de la tenancière ne s'étendaient pas jusqu'à ce domaine de compétence. Elle abandonna donc sur ce point :

« Vous avez raison, mieux vaut les mettre sur un chapeau et les tresser en couronne, c'est plus pratique. »

Palareth accepta finalement de conserver les violettes dans son thé, ce qui signifiait qu'il ne restait plus qu'à peser précisément les ingrédients. Non, pour Palareth, un mélange préparé à l'avance n'aurait pas convenu. Même bien mélangé, il n'était pas garanti que chaque dose contienne exactement ce qu'il fallait de chaque ingrédient, et il était hors de question de faire preuve de négligence avec lui. Tandis que Rinke s'attelait à cette tâche complexe avec une précision qui aurait été approuvée par l'horlogère, Palareth, décidément bien inquiet, demanda comment reconnaître un mauvais thé. Rinke fit semblant d'être trop concentrée par le dosage de ses violettes pour se laisser deux secondes de répit. Elle n'avait pas prévu cette avalanche de question et s'en inquiétait un peu, car malgré ses talents pour improviser, elle commençait à comprendre que son client trouverait toujours quelque chose à rajouter, et qu'il l'entraînerait dans une pente dangereuse si elle ne mettait pas fin à ses questions. Satisfaite de la mesure de ses violettes, Venetti répondit alors :

« C'est franchement compliqué à savoir, il y a tellement de couleurs différentes qu'on peut difficilement deviner ainsi, et aucun salon de thé digne de ce nom n'oserait dire la provenance de son thé, par peur de se faire voler sa recette. Et il y a tellement de paramètres, j'vous jure, c'est super compliqué, faut au moins dix ans pour tout retenir. » Voilà qui lui donnait largement le temps de l'exploiter si jamais il désirait s'informer davantage sur ce sujet bidon. « Enfin bref, le goût vous dira rien, les plus mauvais thés vous donnent l'impression d'être aussi bons que les bons thés. Vous n'avez plus qu'une seule solution. »

Telle une sauveuse, Rinke se retourna en apportant sa préparation désormais terminée, dans une très mignonne tasse violette.

« Faites confiance aux spécialistes du thé. » annonça la jeune femme avec un clin d'œil.

Rinke déposa la tasse avec un luxe de précaution, avant de se retirer lentement en souhaitant une bonne dégustation à Palareth. Elle en était persuadée, le thé était le point fort de son établissement, même si tout ce qu'elle avait dit précédemment sur la qualité était plutôt faux. Elle retint tout de même son souffle, attendant le verdict de son potentiel client en or.
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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptyJeu 28 Jan - 14:35

Dé-quoi ?

Se cacher les yeux et vite.



Les paroles de la tenancière me donnèrent envie de faire une longue dégustation d'aliments, histoire de connaître l'étendue des dégâts. Peut-être que cette étrange malédiction ne fonctionnait que pour le sucré après tout. Ce n'était pas comme si ma tartine beurrée de ce matin m'avait parue infecte après tout, elle avait été normale, tout ce qu'il y avait de plus habituel. A moins que la chose n'affecte aussi nos pensées, notre façon de percevoir les choses, le bon devient mauvais, mais on ne s'en rend pas compte. Toute cette histoire se compliquait, théories absurdes proliférant dans mon esprit jusqu'à m'en donné la migraine.

« Probablement. » Répliquais-je toujours dans d'intenses réflexions sur la chose. Si j’ignorais que ma langue m'indiquait qu'une chose bonne était mauvaise que je perçois comme bonne parce que mon esprit l'indiquait, comment pourrais-je savoir si j'avais retrouvé pleinement le sens du goût ? Cela dit, je ne manquais pas de suivre son regard, me confrontant au thé de la jeune femme. Essayait-elle de me vendre son cabaret ? De me fidéliser par le thé et non les prestations de ses serveuses ? A moins qu'elle ne me désigne ses ingrédients juste pour me démontrer ce qu'est un bon thé. Dans tous les cas, si c'était pour éviter la salle pour le moins... exotique, pourquoi pas ? Rinke était quelqu'un qui avait de la conversation et de la réflexion, une présence plutôt agréable, même si le thé trainait. A vrai dire j'aurai préféré discuter autour d'une tasse de thé, voir après, mais certainement pas avant. « Vous devriez installer une terrasse lorsqu'il fait bon dehors, je suis sûr qu'elle aurait son petit succès. » Pensais-je tout haut, trouvant l'idée plutôt bonne pour les clients ne désirant pas être confronté à cet univers pour le moins spécial.

« Je devrais probablement me retrouver un chapeau et essayer. C'est drôle j'en mettais beaucoup avant, j'ai arrêté, je ne sais pas trop pourquoi à vrai dire, il paraît que j'ai une tête à chapeaux. Pourquoi pas un haut-de-forme avec quelques fleurs d'oranger ? C'est agréable comme odeur en plus. » A vrai dire, je connaissais la réponse pour mon abandon de couvres-chef, mais ne préférai pas vraiment aborder le sujet furette dans le haut-de-forme tel un magicien. C'était du détail ici.

Enfin soit, de toute manière Rinke s'affaira à la préparation méticuleuse du breuvage son mon regard avisé qui enregistrait les détails, cherchant à voir si elle y ajoutait une plante douteuse. Certes je n'y connaissait rien en fleurs, on aurait pu m'empoisonner dix fois que je n'aurai par reconnu des feuilles mortelles. J'étais loin d'avoir la main verte et d'avoir des connaissance dans ce domaine hélas. C'est aussi probablement pour cette raison que je n'avais pas d'autres choix que de faire confiance en la tenancière, visiblement experte en thés, écarquillant les yeux au fil de ses paroles. Une dizaine d'années pour tout enregistrer, mais je n'avais guère tout ce temps. D'ici là je serai rentré à Balgram. D'ailleurs trouvait-on du bon thé provenant de ce monde à Balgram ? J'en doutais, déjà un mauvais thé de l'Autre Côté devait être rare et hors de prix, mais alors du bon. J'avais tout intérêt à faire des réserves avant de rentrer.

« Mais je ne peux pas toujours aller dans des salons de thé. Il va bien falloir qu je rentre chez moi d'ailleurs et je risque fort d'avoir du mal à trouver une excellente qualité. Poussière il va falloir que je fasse mes réserves ! » Pas le temps de paniquer d'avantage, voilà que la tasse tant attendue et désirée se pose sous mes yeux, dégageant ses arômes sucrées qui me faisaient saliver d'avance. Ne pas sauter dessus comme un sauvage, il fallait resté distingué, savourer, ne pas ingurgiter le breuvage en une gorgée pour calmer le mal. Doucement la tasse se décolle de sa coupelle, portée jusqu'à mes lèvres qui accueillent le liquide d'or comme il se devait, embrassant mon palais avec douceur pour disparaître dans le fin fond de mon être. « Divin. » Soupirais-je d'aise, sentant les effets bienfaisant qui détendait mes muscles qui se décontractaient en quelques secondes à peine. Une seconde gorgée suivit, puis une troisième, tasse diminuant un brin plus vite que je l'aurait souhaité. « Vous devriez vraiment l'ouvrir cette terrasse, histoire que tout le monde puisse profiter de ces thé même ceux n'étant pas friand de cabarets. »
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Rinke Venetti

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptySam 30 Jan - 22:08

La débauche est une ébauche.

Rinke & Palareth


Rinke attendait avec impatience le verdict de Palareth. Allait-il trouver le thé à son goût ? Elle avait tenté de le cerner, et tant pis pour le temps que le service avait pris – personne, d'ailleurs, ne venait au cabaret en voulant son thé sur le champ, pas même la très ponctuelle Avaïane qui acceptait le délai à partir du moment où celui-ci était nécessaire. Palareth parlait d'ailleurs beaucoup, comme s'il était incapable de s'arrêter – un peu comme elle, somme toute. Ses propositions n'étaient pas tombées dans l'oreille d'une sourde. Le chapeau d'abord. Rinke ne pourrait pas lui en fournir, dans la mesure où elle n'était pas chapelière, mais elle avait de très bons goûts en matière de mode. S'il le voulait, elle pouvait l'aider à trouver le chapeau qui correspondrait à sa morphologie et à son style – avec des fleurs avec bonus, évidemment, puisque Palareth désirait des fleurs d'oranger. Elle ne voulait cependant pas qu'il pense qu'elle désirait se mêler d'affaire qui ne la regardait pas. Elle voulait simplement lui rendre service.
En revanche, Rinke ne demanda pas pourquoi il ne portait plus de chapeaux. À la façon dont il en parlait, il était assez évident qu'il s'agissait d'une information trop personnelle pour être révélée à la première rencontre. Cette décision était peut-être liée à un événement traumatique qu'il ne pouvait pas partager. Rinke le laissait donc tranquille. Pour cette fois. Car elle était bien décidée à percer son secret lorsqu'elle pourrait se le permettre.
Plus intéressante pour elle, la proposition d'ouvrir une terrasse pour les bons jours fit tourner son cerveau à plein régime. La tenancière ne savait pas si c'était vraiment légal, mais il ne s'agissait là que d'un point de détail. Rinke et la légalité avaient un bien étrange rapport : elle ne tenait pas à enfreindre la loi, mais si elle ignorait que la loi existait, où était le mal ? Elle pourrait toujours s'en servir comme argument si quelqu'un se plaignait à elle. Ce n'était pas le véritable problème qui se posait à elle. Comment pouvait-elle être certaine qu'elle serait payée si elle mettait en place une terrasse ? Venetti aurait bien du mal à surveiller l'intérieur et l'extérieur à la fois. Quant aux spectacles, qui étaient tout de même le cœur de son enseigne, elle ne se voyait pas en proposer à l'extérieur, alors que tout le monde pouvait y assister sans payer. Sans compter que certains voisins aussi coincés que Palareth s'en plaindraient très certainement. Si Venetti ne rejetait pas totalement l'idée, c'est qu'elle sentait cependant qu'il y avait bien quelque chose à faire de celle-ci.
Palareth parlait encore lorsqu'elle lui servit sa tasse – il parlait de salons de thé et de réserves à reconstituer, ce qui parut très obscur à Rinke qui ne voyait pas quel problème il y avait à toujours prendre le thé à l'extérieur de chez soi. Il fallait avoir des réserves pour les envies irrépressibles de thé qui survenaient pendant la nuit, mais en dehors de cela, c'était inutile. De temps en temps, Palareth s'exprimait de façon vraiment étrange, comme s'il venait d'un autre monde et qu'il ne disait des choses que lui seul pouvait comprendre. Mais cela ne dérangeait pas vraiment Rinke – disons que ce comportement l'intriguait plus qu'autre chose. Si elle avait assez d'argent pour se lancer dans cette activité, Rinke aurait été ravie de lui fournir tout le thé dont il avait besoin, mais ce secteur était déjà très concurrentiel et n'amènerait pas de nouveaux clients à son cabaret. L'argent, certes, mais elle avait besoin de remplir la maison mère de monde pour se sentir bien au quotidien.
La jeune femme se sentit imperceptiblement soulagée lorsque Palareth qualifia son thé de divin. Elle était ravie de voir que les efforts qu'elle avait fournis étaient récompensés.

« Merci, merci. » dit-elle joyeusement, comme si elle s'attendait au compliment.

Ce qui était un peu le cas, mais Rinke avait tout de même eu peur, car Palareth n'était pas vraiment un client comme les autres. Il était beaucoup plus impressionnant, tout simplement. Il plaçait la barre plus haut, ne se satisfaisait pas des spectacles qui étaient proposés et ne recherchait que le meilleur. Un bref instant, Rinke avait douté d'elle, mais elle devait désormais se rendre à l'évidence : elle était la meilleure, et modeste en plus. Qui pourrait l'accuser de vanité après avoir entendu un compliment pareil ?
Rinke n'eut pas besoin de continuer la conversation, puisque son client évoqua de nouveau la possibilité d'ouvrir une terrasse. Selon lui, cela permettrait aux clients qui n'aimaient pas les spectacles de venir chez elle quand même, mais la jeune femme était tout de même un peu gênée. Elle ne pouvait pas dire à quelqu'un qui ne les appréciait visiblement pas et que pourtant elle tenait à compter parmi ses habitués que les spectacles étaient le cœur de son établissement et qu'on ne pouvait apprécier le cabaret sans eux. Elle ne voulait pas être un vulgaire salon de thé mais un lieu de divertissement unique de l'Autre Côté – même si son ambition battait un peu de l'aile en ce moment, Rinke devait le reconnaître.

« Oui, enfin, c'est pas tous les jours que j'ai l'occasion d'avoir des clients aussi fortunés. » fit-elle remarquer.

Rinke associait en effet les personnes qui n'appréciaient pas les spectacles à de riches notables ne désirant pas prendre goût aux divertissements populaires. Autant dire que Rinke appréciait moyennement ce type de personne, même si leur bourse bien garnie la faisait rêver. Ce n'était pas avec eux que ses affaires allaient tourner.

« Mais j'y réfléchirai. » ajouta-t-elle rapidement afin de ne pas avoir l'air trop entêtée.

Voyant que Palareth appréciait son thé et qu'il était bien bavard, Rinke se dit qu'elle pouvait sans doute nettoyer son plan de travail tout en discutant avec lui quelques instants. Elle devait en effet retirer les feuilles et autres arômes qui y avaient élu domicile, et qui seraient bien plus difficiles à retirer lorsqu'ils seraient secs et incrustés. Rinke sortit la petite balayette destinée à cet emploi, et pendant qu'elle balayait le plan de travail, elle décida de passer à la vitesse supérieure. La première étape de son plan avait été un succès, Venetti devait désormais appâter le client en instaurant une relation un peu plus personnelle avec lui. C'était la première règle du commerce. À moins que ce ne fût une lubie de Rinke pour justifier ses bavardages.

« Au fait, vous venez d'où ? Je vous ai jamais vu par ici, même si je crois avoir déjà entendu parler de vous. Vous venez de loin, c'est ça ? »
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Palareth L. Balshilek

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptySam 6 Fév - 14:46

Dé-quoi ?

Se cacher les yeux et vite.



Une seconde gorgée suivit la première, puis une troisième, laissant la nécessité pour plonger dans la gourmandise, abandonner les effets apaisant pour les arômes qui glissent tout seuls, réchauffant mes entrailles dans une douce caresse, les berçant également. Ne serait-il pas l'heure de la sieste après tout ? Je me mis à rêver de mon lit, nettement plus accueillant en journée qu'en pleine nuit, là où l'obscurité prend le pas et transforme tout en ombres mortelles et terriblement dangereuses. La sieste était donc un passage forcé et nécessaire pour récupérer de ses heures sombres.

« Fortuné. » Répétais-je machinalement, m'efforçant de retenir un ricanement. Le mot devrait plutôt être mis au passé. Qu'est-ce que ça donnerait d'ailleurs ? Fortunéait ? Fortunié ? Non ça ne sonnait pas comme je l'aurais souhaité. Enfin soit, il ne me restait que l'éducation et encore, ma fortune avait probablement déjà été dilapidé ou scellée sur un compte en banque qui ne me reverrai probablement jamais. Peut-être que ma femme avait également tout récupéré, s'était offert une nouvelle maison avec un mariage déraisonnable. C'était un mystère.  Dans un sens j'espère que ce n'était pas une ruse pour que je paye ce thé, elle m'avait invité après tout. Dans un sens, ce n'était pas non plus comme si je n'avais pas quelques pièces dans le fond de ma poche. Au pire des cas, je pourrai toujours faire la vaisselle, j'avais le sens des affaires et du service, surtout lorsque ça tournait autour d'un thé.

Mon regard se posa sur Rinke, interrogatif et attendant qu'elle ouvre la bouche pour donner suite à sa réflexion. J'en profitais pour reprendre une longue gorgée, l'observant nettoyer son plan de travail dans un silence religieux. Ça en devenait même étrange et déstabilisant vu nos flots de paroles incessantes. Au final ce fut la jeune femme qui craqua la première en ouvrant la bouche, question me laissant un instant dubitatif.

« Ça doit faire un moment que je suis ici, plusieurs mois d'ailleurs. C'est drôle, moi qui pensait avoir fait le tour. A vrai dire je viens de l'autre côté, enfin l'autre côté du point de vue d'ici, pas l'Autre Côté, c'est à dire ici, même si c'est probablement plus simple de dire Telgram, là je suis sur que ça vous parle plus. Oh mais rassurez-vous je suis loin d'avoir assassiné des hommes ou commis des vols et des braquages dans les salons de thé, je suis plutôt honnête, même si vu ma présence c'est assez difficile à croire et je le conçois. Vous comprenez mon problème de thé maintenant ? Ça risque d'être compliqué si je rentre, il est loin d'être aussi bon qu'ici. »

Un léger rire s'échappa de mes lèvres, terminant ma tasse dans un long soupir d'aise. Je jetais un œil à cette vie créature qui me servait de montre, supposant qu'elle accumulait encore les jours de retard. Il était en effet plus que temps de rentrer dans ma tente de fortune. Je finis par saluer la tenancière, glissant tout de même un joli pourboire sous ma coupelle, démontrant que j'avais apprécié le service et la conversation, avant de me retirer en lui esquissant un sourire ravi.  
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Rinke Venetti

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MessageSujet: Re: La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth)   La débauche est une ébauche. Avec un D. (Palareth) EmptyMer 10 Fév - 23:02

La débauche est une ébauche.

Rinke & Palareth


Lorsque Rinke avait demandé à Palareth d'où il venait, elle avait posé cette question en toute innocence, sans se douter un seul instant qu'elle avait affaire à un amputé. Il aurait pu venir de n'importe où de l'Autre Côté, tant il se fondait bien dans la masse de ses habitants mutilés, mais ce n'était pas le cas. Elle se laissa tromper lorsqu'il parla de « l'autre côté » sans majuscules, même si elle devait reconnaître que cette façon de présenter les choses était inhabituelle. Pour se présenter, dire que l'on appartenait au monde où on se trouvait n'était pas ce qui venait directement à l'esprit. Et comme Palareth s'y attendait, Telgram parlait beaucoup plus à Rinke. Heureusement, elle n'était pas en train de le regarder en face quand elle lui avait posé cette très intéressante question, sans quoi il aurait remarqué qu'elle avait des yeux ronds comme des soucoupes. Il ne se rendait également pas compte que s'il avait révélé cette information plus tôt, Rinke l'aurait harcelé de questions sur ce monde qui la fascinait tant mais qui lui était inaccessible. Elle se serait peut-être même permise de l'interroger sur son daemon, puisqu'elle s'entendait bien avec lui, mais sans trop insister, puisque le sujet était sensible pour les amputés. Dans sa tête, Rinke se disait qu'elle ne devait surtout pas montrer sa surprise et qu'elle devait faire semblant d'avoir au moins eu l'intuition de savoir d'où il venait. Simplement pour ne pas paraître trop naïve.

« C'est vrai que ça fait une trotte, commenta Rinke comme s'il s'était contenté de parcourir plusieurs kilomètres pour venir ici et non de changer de monde. Et que le thé là-bas doit être de bien moins qualité qu'ici. C'est la seule explication que je vois pour expliquer que vous n'avez pas choisi le thé comme boisson nationale. »

Palareth avait également tenu à la rassurer quant aux actions qui l'avaient conduit ici, mais il pouvait se rassurer : Rinke n'avait aucun a priori sur les amputés, du moment qu'ils payaient, ou dans le cas présent qu'on les invitait. Seuls les plus dangereux d'entre eux lui faisaient peur, et Palareth n'avait pas la même aura dangereuse que ceux-là. La preuve, Rinke n'avait pas pensé un seul instant à se méfier de lui. Mais peut-être cela pouvait-il également être considéré comme le signe d'un immense danger, songea-t-elle. Bah, elle lui faisait confiance, s'il disait ne pas être un tueur, il n'en était pas un.
La conversation ne s'éternisa guère, puisque Palareth avait fini son thé. Rinke fut quelque peu déçue de le voir partir aussi rapidement : elle aurait bien aimé en savoir plus sur les effets nocifs de la menthe et sur la qualité du thé de Telgram, mais il n'avait vraisemblablement pas envie de parler, et elle devait respecter son choix. Elle le laissa donc partir lorsqu'il le désira, non sans lui avoir proposé de le raccompagner. Il avait l'air satisfait du service qu'elle lui avait proposé, elle avait bon espoir de le revoir dans les prochains jours, même s'il n'avait rien mentionné à ce sujet.
Ses interrogations disparurent comme par magie lorsque la tenancière découvrit le pourboire qu'il avait généreusement laissé pour la remercier de cette invitation. Rinke contempla d'un air rêveur l'argent qu'elle venait de gagner sans l'avoir recherché et fut plus heureuse que jamais depuis que cette journée avait commencé. Comment ne pas apprécier un homme qui vous laissait un pourboire ? Elle avait désormais une raison de plus de souhaiter le revoir dans son cabaret.
Mais en attendant, il était parti, et l'établissement ne s'était pas beaucoup rempli durant le temps de sa présence. Rinke poussa un soupir à cette idée, puis elle se remonta les manches : il était grand temps de refaire une nouvelle tarte aux pommes pour remplacer la part que Palareth lui avait commandée.
La journée continuait.


Terminé
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