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 Perfect infusion ❧ Rinke

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MessageSujet: Perfect infusion ❧ Rinke   Mer 4 Nov - 17:06

The Boiling Point of Tea

Time is running out


Les Landes sont superbes, lorsque l'automne arrive. Les nuages teintent le ciel de gris, le vent fait danser l'herbe des plaines, rendant le damier végétal moins net qu'à l'ordinaire, les feuilles mortes valsent dans les rues et couvrent le sol, remplaçant pendant quelques instants le morne brun de la terre compacte avant de reprendre leur course. Il a plu cette nuit, des flaques ponctuant les rues, leur surface tremblotant sous l'effet du vent avant que mes bottins ne les troublent pour de bon. Je pourrais les éviter, je suppose, mais quel intérêt ? Ce ne serait qu'une série de minuscules détours, qui en s'accumulant me feraient perdre un temps précieux. Non, mieux vaut rester sur ma lancée, et qu'importe si l'ourlet de ma robe est quelque peu mouillé et boueux. C'est une robe de marche, de toutes manières, et je ne doute pas qu'elle verra bien pire que quelques flaques d'eau trouble.

Mes mains gantées de laine se resserrent autour de la pendule nichée au creux de mes bras, mon châle arrangé de sorte à la protéger des regards, tandis que je continue ma marche. Le cabaret de Rinke n'est pas très loin de mon atelier, Poussière merci, et je m'empresse de me glisser à l'intérieur, souriant et saluant de la tête quelques visages familiers. Je ne peux pas voir la propriétaire, mais ce n'est pas grave, je ne doute pas qu'elle soit dans les environs. Elle est attachée à ce lieu comme je le suis à mon atelier, et un pâle sourire glisse sur mon visage tandis que j'approche du comptoir, passant ma commande habituelle - un grand pot de thé noir avec sucre, crème et citron, et des tartines beurrées accompagnées de confiture de fraise et de confiture de rhubarbe. Manger et boire m'occupera en attendant, et un simple coup d’œil à ma montre à gousset confirme ce que je sais déjà, qu'il sera l'heure du thé dans sept minutes et trente-deux secondes exactement. La manquer est hors de question, ceci d'autant plus que je crains de n'avoir été trop absorbée par la pendule entre mes bras aujourd'hui, oubliant d'avaler quelque chose de plus consistant que du thé. Le résultat en vaut néanmoins la peine.

Le bois sombre luit tandis que je dépose sur une table avant de me glisser dans une chaise plus confortable qu'il n'y parait, le balancier et les aiguilles de cuivre bougeant en silence, leur mécanisme parfaitement graissé. Ce n'est pas une très grande pièce, davantage pensée pour le bureau de Rinke, attendant en silence sur ce dernier qu'elle lève la tête et se rende compte de l'heure, ou qu'il soit temps pour son alarme de sonner le petit gong que j'ai réussi à y installer. Qui sait, peut-être que cette pendule-ci réussira là où les autres ont échoué, et l'aidera à prendre conscience de l'importance du temps qui s'écoule. Ou peut-être pas. Dans ce cas, je n'aurais qu'à lui faire une montre, ou une horloge de grand-père. Une pièce qu'elle ne pourra pas simplement ignorer.

Ma commande est déposée devant moi dans un cliquetis de poterie et de métal, une minute et seize secondes après que l'heure du thé ait commencé. Inacceptable en soi, mais j'ai eu le temps de me faire à l'idée que cet endroit ne suit simplement pas la même heure que moi, me versant une tasse de thé que j'arrange comme à mon habitude, un soupir m'échappant, avant de mordre dans une tartine généreusement couverte de rhubarbe, le gout acidulé me tirant un sourire. Enfin, je peux entendre des pas, leur rythme caractéristique pour mes oreilles entrainées, sourire se faisant plus timide alors que je tourne la tête et observe la propriétaire approcher. Je pourrais parler, mais... je préfère attendre. L'heure de parler viendra assez tôt. Pour l'instant, c'est l'heure du thé, dont je prends une longue gorgée réconfortante.
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MessageSujet: Re: Perfect infusion ❧ Rinke   Jeu 5 Nov - 19:05

Perfect infusion

Avaïane et Rinke


Deux claquements nets retentirent, immédiatement suivis par une voix chaude et féminine exhortant ses employées de travailler plus rapidement. L'heure du thé approchait, bien que Rinke ne sût pas exactement quelle heure il était. Elle n'avait pas besoin d'une horloge pour l'affirmer : il suffisait de jeter un coup d'œil à la salle pour se rendre compte que celle-ci était plutôt correctement remplie. Une bonne journée, somme toute. Rinke mettait un point d'honneur à faire fonctionner ce petit cabaret malgré les moyens modestes dont elle disposait. Or, en période d'affluence, une organisation de fer était de rigueur. Pendant que ses filles allaient prendre les commandes, Rinke préparait le thé et les services – chaque client avait son service préféré, et on ne les servait pas dans des tasses qu'ils n'avaient pas eux-mêmes approuvés. Ensuite, Rinke pourrait retourner dans la salle pour bavarder avec ses clients.
Du moins, en théorie. Car en pratique, Rinke avait toujours un peu de mal à déléguer, et elle passait souvent derrière ses serveuses pour leur donner des conseils ou vérifier que le travail était bien réalisé. On ne pouvait accuser la jeune femme de n'être pas consciencieuse. Sans doute était-ce pour cette raison que la tenancière aimait faire du bruit autour d'elle : elle tenait à rappeler sa présence indispensable à tout instant de la journée.
Tout à coup, dans le feu de l'action et dans le bruit de jupes froissées, une serveuse vint la trouver, toute catastrophée :

« On a une urgence ! La folle des horloges est là ! »

Cette phrase provoqua une réaction immédiate chez Rinke, qui se précipita vers le premier plateau venu. Derrière le surnom péjoratif se cachait Avaïane, une jeune femme assez particulière, qui méritait tout de même bien de voir qualifier son obsession pour la ponctualité de folie. Et si Rinke aimait bien cette personne, elle avait bien plus de mal à accepter la cadence effrénée à laquelle vivait Avaïane. Il n'y avait pas de temps mort pour elle, rien que du temps qui s'écoulait et auquel il fallait se conforter. Pour Rinke, il n'existait rien de plus infernal que cette ponctualité : la tenancière n'était pas connue pour cette qualité, et elle pouvait facilement se laisser retarder, par exemple en allant discuter plus que de raison avec de bons clients. Mais Avaïane aussi était une cliente : en tant que telle, on ne pouvait la décevoir. Car si Rinke n'avait aucune idée de l'heure exacte, Avaïane le savait, elle. Rinke espérait qu'elle ne se plaindrait pas une fois de plus de son manque de respect de l'heure.
Rinke acheva rapidement les préparatifs de la commande sans rien salir ni renverser, révélant ainsi des années de pratique à travailler dans la hâte et l'activité. Elle astiqua un peu la tasse pour la faire paraître plus propre, puis tendit le plateau à la serveuse qui, pétrifiée, n'avait pas osé bougé.

« Apporte-le lui, fit Rinke. Et si ça arrive trop tard, tu n'as qu'à lui dire que si elle veut être servie à l'heure, elle doit prendre en compte le temps de préparation en cuisine. »

La serveuse s'éloigna en tremblant. Rinke s'occupa alors des autres commandes, parfois passées avant celle d'Avaïane, mais qui avaient été mises en parenthèse le temps de s'occuper d'un problème plus urgent. Les gestes de la tenancière avaient la même précision que lorsqu'elle s'était occupée de la précédente commande : rapides, nets, efficaces. De quoi gérer une affluence record, si celle-ci venait un jour à advenir.
L'heure du thé à proprement parler était passée, mais cela n'excluait pas l'arrivée de clients tardifs qui avaient été retenus plus tôt. Tout le monde n'était pas aussi à cheval sur l'heure qu'Avaïane, après tout. La cuisine s'était en revanche un peu vidée. L'heure était venue de revenir sur le devant de la salle. La tenancière prit le temps de vérifier qu'elle était encore bien coiffée, elle rajusta également son décolleté afin que sa poitrine fut bien mise en valeur. Rinke s'estima fort jolie et retrouva sa salle adorée.
Elle salua brièvement bon nombre de clients, jeta un regard noir à un homme qui s'amusait à cracher dans sa théière, avant de se diriger vers Avaïane. Rinke se sentait quelque peu nerveuse : elle avait peur de voir sa cliente lui reprocher une fois de plus son manque de ponctualité. Ce genre de commentaire, qu'elle savait mériter, avait toujours eu l'art de la mettre mal à l'aise – pas au point de jeter une tasse de thé à la figure de la jeune femme, bien sûre, mais assez pour avoir envie de lui parler sèchement. Pour cacher cette nervosité, Rinke s'efforça de penser à autre chose, ce qui n'était pas difficile puisque Rinke avait du mal à se concentrer longtemps sur un sujet.

« Bonjour, Avaïane, et bienvenue au cabaret ! Alors, satisfaite du thé ? » demanda-t-elle avec un grand sourire chaleureux.
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MessageSujet: Re: Perfect infusion ❧ Rinke   Sam 7 Nov - 12:29

The Boiling Point of Tea

Time is running out


Une minute seize secondes que l'heure du thé a sonné dans mon esprit, horloge comme engravée là où un animal nommé Eysteinn devrait résider, compagnon de tous les instants que j'aime à imaginer aussi ponctuel que moi. J'ignore comment font tous les autres pour ne pas s'effondrer sous le manque, même si je suppose que nos folies respectives sont des substituts, des résidus de nos Daemons. Ou peut-être que je me fais des idées, je l'ignore. Je sais juste que le temps, et l'éternel lapin de tissu serré dans mon poing, si familier que je ne note plus réellement sa présence, aident à pallier à la douleur. Comme le thé brûlant qui coule lentement das ma gorge, me réchauffant de l'intérieur après ma tartine.

Je peux toujours entendre Rinke approcher, voir sa silhouette du coin de l'œil, hochant la tête pour la saluer en retour de sa salutation. Je ne sais guère que penser d'elle et de ce lieu. Je connaissais le cabaret avant qu'elle n'en fasse ce qu'il est devenu, le changement souvent déstabilisant à mes yeux. Je crains de n'avoir été prise au dépourvu par le cabaret, et même si je le fréquente régulièrement, une part de moi reste mal à l'aise, gardée sous contrôle par ma montre, ma peluche, les clients. Au moins le thé est bon, à défaut de n'être parfaitement ponctuel. Je viens pourtant toujours les mêmes jours, toujours à la même heure, aisément prévisible. Je suppose simplement que le temps est insignifiant à leurs yeux, aussi frustrant que je puisse trouver cela. Un sourire posé glisse sur mes lèvres après une gorgée de thé qui me donne quelques forces, ma main indiquant à Rinke de ne pas hésiter à s'asseoir.

"Bonjour, Rinke. Le thé est excellent, comme toujours. Servi une minute seize secondes après le début de l'heure du thé, mais je suppose la marge d'erreur acceptable. N'hésites pas à te servir, il y a bien assez pour nous deux, et tu me sembles pâle."

Ma main presse machinalement la peluche appuyée contre mon ventre avant que je ne reprenne une bouchée de tartine, me resservant de thé tout en mâchant calmement. Je ne suis pas pressée, je peux aisément rester une heure entière ici, même si cela m'arrive rarement. L'heure du thé est ma parenthèse, aiguilles emplissant mon esprit temporairement suspendues, leur course interrompue. Du bout des doigts, j'indique la pendule de bois sombre à la propriétaire, mon sourire s'agrandissant légèrement.

"Une pendule pour la cuisine, ou ton bureau. Je peux te montrer comment régler l'alarme."

Pas de si ni de futur, je ne crois pas en la procrastination et le manque de ponctualité de Rinke rendrait une rencontre future plus qu'éventuelle. L'heure du thé n'est pas l'heure des démonstrations après tout, c'est autorisé aujourd'hui parce que je lui ai apporté la pendule, mais ça ne le saura pas les autres jours, pas sans faire une entorse au planning. Hors de question.

En attendant sa réponse, je poursuis mon thé, jambe trépignant d'anxiété sous la table bien à l'abri des regards. Je n'aime pas cette attente, et j'aime encore moins se trouver en public de la sorte, les regards des serveuses pesant comme des chaînes le long de mes membres, enserrant mon esprit dans un carcan vicieux. Je hais l'attente. C'est une perte de temps, un inacceptable gâchis, une source de tension qui n'a pas lieu d'être.
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MessageSujet: Re: Perfect infusion ❧ Rinke   Lun 9 Nov - 21:16

Perfect infusion

Avaïane et Rinke


Rinke ne le disait pas, préférant ne jamais se départir de son sourire jovial en présence de ses clients, mais au fond, elle détestait vraiment décevoir ses clients. Elle le prenait comme une défaite personnelle, quand bien même elle n'était pas responsable d'une éventuelle faute commise, et faisait tout pour la réparer. De là venait sans doute le sentiment qu'elle ressentait, alors qu'elle s'enquérait de l'avis d'Avaïane, d'un étrange mélange entre énervement et doute. Le délire ponctuel d'Avaïane était à la l'origine de ce premier. Rinke trouvait cela parfaitement ridicule, car elle savait bien qu'il était impossible d'être toujours parfaitement à l'heure. Tout le monde le savait et s'en accommodait avec une patience remarquable, sauf cette jeune femme aux cheveux clairs qui s'arrêtait régulièrement dans son cabaret, comme autant d'étapes d'un cycle journalier qu'elle répétait avec une assiduité intolérante. Mais le doute provenait de la propre faiblesse de Rinke, cette volonté de tout contrôler et de dominer tout ce qui lui tombait sous la main. Rien ne lui aurait fait plus plaisir que de satisfaire pleinement Avaïane en accédant à son excentrique demande. Si elle en avait été capable, Rinke se serait prouvé que rien ne lui résistait.
Marge d'erreur acceptable. L'expression ne parvenait pas à réjouir pleinement Rinke. Elle sonnait plutôt comme un couperet que comme une excuse, même si Avaïane n'avait sans doute pas l'intention de blesser la tenancière de la sorte. C'est en tout cas ce que démontrait l'invitation à s'asseoir à la table et à partager le thé. Rinke fit un rapide calcul – au demeurant très peu mathématique – de ce que cela lui coûtait de prendre une pause et de boire ledit thé, puis, le calcul lui semblant satisfaisant, se fendit d'un immense sourire avant de s'installer et de se servir avec toute la dextérité d'une jeune femme habituée à manier les théières.

« La prochaine fois, j'essaierai de faire en sorte d'être plus ponctuelle, promit Rinke, mais toutes deux savaient sans doute que ce ne serait pas le cas. En tout cas, merci pour l'invitation, c'est pas croyable le nombre de clients ingrats qui ne pensent même pas à remercier la maîtresse de maison ! »

Mais bien sûr, cette dernière remarqua avait été dite sur le ton de la plaisanterie, car Rinke ne jouait pas avec le feu : on ne critiquait pas les clients devant eux, telle était l'une des règles capitales que son père lui avait apprise avant de lui léguer l'établissement. Tandis qu'elle laissait infuser le thé, Rinke se rendit compte qu'Avaïane et elle devaient considérer le geste de façon totalement contraire. Tandis qu'Avaïane connaissait sans doute à la seconde près le temps d'infusion pour un thé réussi, Rinke faisait appel à son savoir empirique. Avaïane compterait-elle les secondes, et ferait-elle une remarque si Rinke dépassait le temps nécessaire d'une toute petite seconde ?
La cliente et amie de Rinke désigna l'horloge que Rinke avait bien sûr remarqué mais qu'elle avait tenue hors de ses pensées pendant tout ce temps. Rinke n'était pas vraiment une amatrice d'horloges. Elle appréciait bien sûr leur qualité et ne rechignait pas à posséder un objet qui possédait une valeur bien supérieure à ce qu'elle était capable de débourser, mais elle n'aimait pas se sentir contrainte par des aiguilles qui tournent sur elles-mêmes. Si l'argent était quelque chose de quantifiable et donc de comptable, le temps, en revanche, n'était pas aussi strictement défini que le pensait Avaïane. Le concept de temps subjectif, qui faisait que chaque personne avait une perception du temps différente, et que cette perception évoluait selon les situations, était selon Rinke la preuve la plus évidente que le temps n'était pas strictement défini. Sans aller jusqu'à un tel degré de précision, Rinke avait bien remarqué que certaines journées paraissaient bien plus longues que d'autres, et d'ailleurs, la nature n'avait défini une limite précise en jour et nuit, qui se disputaient en longueur toute l'année. C'est donc que ce temps précis défini par les scientifiques était une arnaque de la pire espèce pour convaincre les pauvres gens de dépenser de l'argent pour se payer des horloges, Rinke en était convaincue.
La tenancière gardait bien sûr le silence sur ses théories excentriques, pour ne pas blesser l'horlogère. Ce n'était d'ailleurs pas compliqué : elle avait des tas d'autres sujets à discuter. Elle remercia brièvement Avaïane pour son cadeau :

« Ah, merci d'avoir pensé à moi, elle sera très jolie dans la cuisine, je crois. Mais ne t'embête pas à régler l'alarme, il y a plus important à discuter. »

Cette tentative d'esquive plutôt habile de la part de Rinke ne passerait sans doute pas avec Avaïane, qui n'aimait pas la légèreté avec laquelle la tenancière prenait son obsession, et qui savait par ailleurs que les ragots de Rinke étaient en général tout sauf importants. Difficile d'empêcher Rinke de prendre la parole lorsqu'elle l'avait décidé : puisqu'elle ne savait pratiquement que parler, la jeune femme avait acquis un don particulièrement agaçant pour couper la parole aux autres.

« Tu as entendu ce qu'a dit le vieux Teddy ? demanda Rinke en désignant du doigt un vieil homme apathique au comptoir. Il paraît que la sœur du cousin de la fille qui sortait avec mon voisin il y a trois ans et le frère de la cousine du garçon qui sortait avec ma voisine il y a deux ans vont se marier l'année prochaine. »

Rinke s'octroya une pause, durant laquelle elle goûta son thé pour déterminer s'il était à bonne température et bien dosé. C'était effectivement le cas, et la jeune femme se réjouit d'être aussi douée pour préparer le thé. Voilà au moins quelque chose qu'elle savait faire à la perfection.

« Tant de symétrie, ce n'est pas incroyable ? » fit Rinke d'un ton particulièrement enthousiaste, pensant que la très rigoureuse Avaïane serait très certainement sensible à ce genre de détail.

Sans se rendre compte que l'énoncé était inutilement complexe, puisque la sœur du cousin était la cousine, et de même, le frère de la cousine était le cousin. Mais Rinke ne faisait que répéter les paroles d'une personne qui, ou bien ne s'était pas rendu compte de cette petite erreur par elle-même, ou bien qui avait dit autre chose que Rinke avait déformé par la suite.
Absolument ravie et fière d'elle, Rinke avala sa toute première gorgée complète de thé, ayant totalement oublié, sous le coup de l'émotion, qu'Avaïane n'avait sans doute pas apprécié la façon dont elle avait traité sa sacro-sainte horloge.
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MessageSujet: Re: Perfect infusion ❧ Rinke   Jeu 12 Nov - 12:53

The Boiling Point of Tea

Time is running out


Nous devons former un bien étrange duo assises de la sorte à la table, ma tasse de thé sagement posée sur son assiette tandis que celui de Rinke infuse lentement. Je peux entendre les secondes s'écouler tandis que la tenancière parle, sourire discret étirant mes lèvres devant ses commentaires comme toujours pour le moins directs voire dénués de tact, bizarrement amusée de la remarque. Je me demande si Rinke a conscience que ses clients la remercient de son hospitalité en payant leur note, et non en la couvrant de compliments ou en l'invitant à partager une tasse de thé. Probablement pas.

L'écoulement des secondes cesse alors que le thé de Rinke semble avoir fini d'infuser, coïncidant à peu de choses près avec mon temps d'infusion favori, différence aisément placé sous le compte d'une différence de goût. Le thé que Rinke fait est délicieux, inutile donc de regretter les quelques secondes de trop; je pourrais même être tentée de les adopter si une part de moi ne suspectait pas que ces quelques secondes sont soumises à variations. C'est regrettable, que Rinke soit aussi indifférente au temps. C'est là notre plus grande différence, je pense; elle se moque du temps autant que je me moque de l'argent, me satisfaisant d'avoir de quoi vivre et me nourrir. Que ferais-je de plus ? Mon métier est ma passion, et garder de l'argent simplement pour pouvoir me dire que je l'ai ne fait aucun sens à mes yeux. Ce n'est que de l'argent, entièrement inutile par lui-même. Ce n'est pas une pendule, parfaite et utile, à l'instar de celle que je montre à mon amie avec fierté et une légère angoisse. Je crains qu'une fois encore elle ne se montre que terriblement désintéressée face à mon présent.

Cela ne manque pas d'être le cas, mon sourire succombant tandis que mon présent se trouve relégué au rang de décoration, destiné à être balayé par des regards indifférents occupés à naviguer d'un poste à l'autre dans la précipitation, leurs gestes sans doute efficients et harmonieux mais terriblement décalés par rapport à la mélodie des minutes. Je tâche de ne pas me vexer, d'ignorer l'âcre douleur qui accompagne la manière dont le fruit de longues heures de travail a été réduit à néant. Le thé se fait amer dans ma bouche tandis que j'affiche une politesse de façade, main se resserrant autour de ma peluche râpeuse. Plus important, en effet. Des commérages. Un cousin de quelqu'un épousant la cousine de quelqu'un d'autre, le seul facteur sortant un tant soit peu de l'ordinaire qu'ils aient tous deux courtisé les voisins de Rinke à un moment donné. Des ragots vides de sens et d'intérêt au-delà des quelques secondes nécessaires pour faire le tri des mots et saisir les relations entre les différents acteurs. Quel intérêt cela peut-il avoir ? Leur union ne changera rien à mon quotidien, le thé coulera à flots, les gâteaux et tartines s'empileront sur les tables, deux vies n'en feront qu'une et tenteront d'harmoniser leurs rythmes et de faire sens de la vitesse à laquelle leur présent s'écoule. La symétrie de leurs situations initiales le simple fruit du hasard. Rien dans le récit ne me parle, tandis que je grignote une nouvelle tartine, le goût de la fraise me réconfortant autant que la chaleur et les notes de bergamote qui émanent de la délicate porcelaine de ma tasse. Les plateaux de bois ne reflètent pas la lumière tandis que les serveuses s'affairent, un élan de nostalgie me transperçant à leur vue. Ils devraient briller de mille feux, sembler bosselés quand ils sont d'une régularité parfaite, être le fruit du travail d'un dinandier, marteau frappant le métal suivant une rythme d'une régularité hypnotique, au lieu de n'être que ces formes de bois dépourvus d'élégance. Je préfère le métal au bois; le bois n'est qu'un habit, le métal... le métal est au cœur de tout, de chaque mécanisme, de chaque mouvement. Il est le roi, froid et chaud, terne et brillant, solide et malléable. Semblable au temps quand je le travaille, chantant sous mes doigts en écho aux secondes qui grondent dans mon esprit. Je me renfonce dans ma chaise, cligne des yeux et replace une mèche, me reconnectant au présent avant d'étirer un sourire sur mes lèvres.

"La situation est quelque peu amusante en effet. Je suppose que nous aurons bientôt une fête, en conséquence. Il faudra que je leur prépare une horloge, en guise de cadeau de mariage... mais vraiment j'ignorais même qu'ils étaient en train de se courtiser !"

Il est vrai aussi que je ne suis guère les vies de mes voisins, trop occupée par mes créations, Palareth et tout le reste, et une épaule dépréciative se hausse alors que je me prépare une nouvelle tasse de thé, notant que Rinke semble satisfaite du sien. J'en suis ravie pour elle, mes yeux accrochés à l'eau dans ma tasse observant les volutes du thé qui infuse, le coloris qui l'envahit lentement, vapeur se teintant des notes parfumées de la bergamote et de la girofle. Mes yeux se closent tandis que j'inhale, doigts pinçant l'infuseur pour le replacer de côté, première gorgée brûlant délicieusement ma gorge, la chaleur semblant envahir jusqu'à mes poumons. Machinalement je compte, tandis que la chaleur se dissipe. Trente secondes. C'est regrettable, la sensation est délectable. Et le silence s'étire quelques secondes de trop, m'effrayant.

"C'est un nouveau mélange ? J'ai l'impression que quelque chose a changé, mais je ne saurai pas dire quoi..."

Maigre tentative pour relancer la conversation sur un sujet qui nous permettra de réellement échanger, le thé une référence en matière de discussion, apte à lancer ou relancer des débats animés et à occuper les gens des heures durant. Il parait que certains parlent de la météo, plutôt que du thé. J'avoue trouver cela étrange; est-il seulement possible de consacrer plus de cinq minutes au temps qu'il fait ?
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MessageSujet: Re: Perfect infusion ❧ Rinke   Sam 21 Nov - 22:37

Perfect infusion

Avaïane et Rinke


Pas une seconde Rinke ne fut consciente de l'effet qu'elle avait sur Avaïane, de la déception qu'elle lui avait causée notamment. Par un étrange paradoxe tenant peut-être à l'artificialité de la tenancière, celle-ci se satisfaisait très bien des apparences, alors qu'elle se targuait de mieux comprendre ses clients que quiconque. Un sourire restait un sourire, même s'il était crispé ou forcé. La réponse d'Avaïane lui parut plus sincère et passionnée que ce qu'elle était réellement, car Rinke croyait réellement avoir réussi à intéresser la jeune femme à ses ragots stupides. Pourquoi en serait-il autrement, alors qu'Avaïane prévoyait de leur faire cadeau d'une horloge, ce qu'elle savait faire de mieux au monde ? Pourquoi penser que ses paroles pussent avoir un deuxième niveau ?
Le haussement d'épaule fut lui aussi mal interprété. Rinke savait bien que ce geste signifiait souvent l'indifférence d'une personne, mais elle était incapable d'imaginer un tel sentiment de la part de l'horlogère. Elle pensa donc qu'elle cherchait simplement à se délasser l'épaule, car le travail marque souvent le corps. Pour la première fois, Rinke s'intéressa un peu plus au travail d'Avaïane. Elle essaya d'imaginer à quoi cela pouvait ressembler, mais l'image qu'elle formait dans sa tête restait grossière et, surtout, contenait de très nombreuses zones d'ombre. Elle voyait Avaïane travailler à la lueur d'une bougie – ce qui n'était pas logique, car pour manipuler de si petits éléments, elle devait avoir besoin d'un bon éclairage – le dos courbé sur son œuvre, les yeux plissés derrière des loupes grossissantes, des pinces dans les mains pour insérer le bon mécanisme au bon endroit. Rinke connaissait à peine le principe de l'engrenage, mais elle pensait que l'horlogère devait utiliser cette méthode.
La voix d'Avaïane la fit revenir à la réalité. Rinke s'était perdue dans l'image, et elle en aurait gloussé si elle avait trouvé le moyen d'intégrer un élément comique à la situation. Par exemple, une Avaïane avec un nez crochu. La jeune femme était si belle que même un nez un peu long n'aurait su porter atteinte à sa beauté, mais un nez de sorcière aurait peut-être fait tache. Néanmoins, l'imagination de Rinke n'était pas aussi fertile, et les paroles d'Avaïane la ramenèrent à un sujet qui lui semblait encore plus important que les nez crochus et les ragots de quartier. Le thé.

« Oh, tu as remarqué ? » minauda Rinke.

Voilà bien le signe qu'Avaïane était une bonne cliente : elle avait immédiatement remarqué le léger changement apporté à la préparation par Rinke. La tenancière éprouva une bouffée d'amour soudaine pour cette jeune femme au palais si délicat. Oh qu'elle l'appréciait vraiment ! Une excellente cliente ! Elle en oubliait que ladite cliente l'agaçait avec sa ponctualité. Un simple compliment changeait radicalement l'humeur de Rinke. Elle agita légèrement sa tasse à la couleur ambrée pour faire sortir la suave odeur du thé.

« Effectivement, j'ai rajouté un tout petit quelque chose à mon thé. Une pointe d'épices. Si légère qu'elle ne s'impose pas, mais on la sent présente sous la bergamote, expliqua-t-elle, enthousiaste. Elle rehausse le goût. Moi, je verrais ça comme... une chevauchée sauvage sous un lit de satin, tu ne trouves pas ? »

Rinke seule savait ce que signifiait cette bien étrange image. Sans doute voulait-elle dire que son mélange spécial d'épices apportait une touche sauvage et puissante à son thé, mais Rinke ne maîtrisait pas assez bien les métaphores pour que l'on pût assurer que ce fût bien ce qu'elle disait. Peu importe, somme toute. Le thé était une institution chez Rinke. Plus qu'une boisson, plus qu'une addiction qu'elle combattait parfois, c'était le travail de toute une vie. Voilà pourquoi la jeune Venetti utilisait des images aussi personnelles pour décrire le thé. Des expressions idiomatiques n'auraient pu exprimer le même attachement.
Puisque l'horlogère avait fait un pas vers elle, Rinke était bien décidée à en faire un en retour. En fait, elle n'avait même pas besoin de faire appel à son sens du devoir, la tenancière avait envie de satisfaire sa curiosité naturelle. L'image qu'elle avait invoquée dans sa tête était-elle vraie ? Quelle était la part de mythe dans sa représentation du métier d'horloger ? Tant de questions qui visaient à accroître les maigres connaissances de la tenancière.
Calculons le bénéfice d'une conversation sur le métier de sa cliente. La cliente se sent honorée : un point. La cliente accepte de parler de bon cœur : deux points. La cliente trouve Rinke sympathique : un point. La cliente a envie de revenir : trois points. Au total, sept points, un score tout à fait honorable selon les critères de Rinke. Certes, le calcul était biaisé, puisque les trois derniers points étaient gagnés d'avance. Mais il poussa Rinke à se lancer.

« Mais parlons plutôt de toi, annonça-t-elle en reposant sa tasse à demi-vide. Tu as l'air d'avoir un peu mal à l'épaule... est-ce que c'est difficile, de fabriquer des horloges ? »

Les calculs disparurent de sa tête. Pour mener à bien une conversation, la science n'aidait pas : mieux valait faire appel aux talents de Rinke en matière de sociabilité, lesquels lui dictaient d'accorder une attention totale à Avaïane.
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MessageSujet: Re: Perfect infusion ❧ Rinke   Mer 25 Nov - 20:18

The Boiling Point of Tea

Time is running out


Différences, une fois encore. Rinke et moi ne parlons pas le même langage, n'avons pas les mêmes intérêts, en dépit des efforts que nous pouvons, parfois, faire. Ce n'est en soi pas très grave; qu'importe que ses ragots m'ennuient, qu'elle n'apprécie pas mes montres et horloges: je l'écoute néanmoins, elle les accepte malgré tout. Les règles de la politesse se substituent à la communion des intérêts, et nous permettent de prétendre.

Parfois pourtant, même elles ne peuvent rien, comme en cet instant où je tente de comprendre ce que la tenancière veut dire. Une chevauchée sauvage sous un lit de satin, l'image est à mes yeux incompréhensible. De quel langage s'agit-il là ? Que suis-je censée saisir ? Je l'ignore, mes yeux clignant leur incompréhension, mon anxiété devant l'étanche obscurité de ces mots se dissimulant derrière une gorgée de thé. Ne rien laisser paraître de plus que la légère crainte qui habille mes traits même lorsque la sérénité les couvre, ne pas laisser voir à Rinke que je ne comprends pas un mot de ce qu'elle dit. Le thé a changé, et est bon. Qu'est-ce que cela peut bien y avoir à voir avec des chevaux et du satin ? Rien, du moins à mes yeux. Je ne doute pas que cela signifie quelque chose pour l'hospitalière brune. C'est une professionnelle, elle ne parlerait pas pour ne rien dire, combien même ses mots seraient vides d'intérêt. Rinke ne gâcherait pas ses mots de la sorte.

Il n'empêche que les mots que l'autre femme d'affaires prononce ensuite me tirent un sourire lumineux et irrépressible, les calculs ayant mené à la question un détail auquel je ne prête aucune attention même quand je suspecte leur existence. Qu'importe le raisonnement suivi, la question me ravit, opportunité de parler de mon bien-aimé métier et, qui sait, de faire saisir toute l'importance que le temps a pour moi à quelqu'un, enfin. La tasse entre mes doigts retrouve sa coupelle dans un cliquetis délicat, peluche rapidement effleurée du bout des doigts avant que mes mains ne s'animent, traçant des formes dans les airs, pointant de ci et de là, comme animées par une volonté propre, chefs d'orchestre dont je suis la volonté, mon débit se conformant à leurs mouvements. J'en suis légèrement amusée, dans ce recoin de moi toujours occupé à scruter le monde et les gens, reconnaissant quelque chose d'infiniment plus propre à Palareth qu'à moi dans ces gestes vifs et ce débit rapide. Il semblerait qu'il ait laissé une trace jusque dans mon caractère. Je me demande si la réciproque est vraie, tandis que les phrases continuent de m'échapper, se percutant presque dans leur précipitation.

"Oh, ce n'est pas si difficile que ça, bien, c'est fatigant pour les yeux, et j'ai failli me mettre le feu quelques fois à cause de bougies qui s'étaient renversées, mais c'est tellement intéressant ! Je ne peux pas faire mes propres roues dentées, malheureusement, mais je fais mes ressorts, et tout le reste est de moi, y compris les coffrages. C'est long et assez fatigant, mais ça en vaut la peine, il n'y a rien de plus beau qu'un balancier qui oscille pour la première fois ou une aiguille qui se met en marche, avec le cliquetis qui résonne enfin dans le boîtier... C'est presque comme si elles prenaient vie, tu sais ? Comme leur première inspiration... Avant, elles étaient mortes et hors du temps, et maintenant... maintenant elles vivent, et elles respirent, et leurs engrenages tournent et suivent le temps... Mais bref, où en étais-je, ah oui, difficile... Désolée, je n'ai pas l'habitude des monologues, c'est plus au goût de Palareth, il a dû me passer un virus la dernière fois qu'il s'est réfugié à la maison, c'est vraiment dur de garder le fil en fait, je n'aurai jamais pensé ! Je comprends mieux ses digressions maintenant... bref, temps, temps, temps que je gaspille d'ailleurs, quelle horreur, je ne suis pas sûre d'aimer les monologues, c'est si peu efficient comme moyen de communiquer, non ? Enfin, mon épaule. Oui, c'est ça, mon épaule, non, ça va, elle est un peu engourdie de cet après-midi, j'ai travaillé sur un coffrage en ébène, ce n'est pas le bois le plus léger ou le plus facile à travailler je dois bien l'admettre, mais elle n'est pas particulièrement douloureuse, ça fait bien plus mal de se coincer les doigts dans les engrenages ou de se couper sur un ressort, et j'ai tendance à oublier de mettre des gants, mais ils me rendent les doigts malhabiles, donc je préfère encore avoir des cals et des cicatrices, personne ne me courtise de toutes façons, donc c'est sans importance si mes mains sont abîmées. Mais Poussière, je parle et je parle sans m'arrêter, tu devrais avertir tes clients, apparemment ce nouveau mélange a des effets secondaires des plus étranges ! Tiens, d'ailleurs, comment les crées-tu ? Tu fais au hasard et raffine les combinaisons intéressantes, ou le processus est complètement différent ? Je me demande si c'est comme faire une montre ou une horloge, trouver l'idée puis faire le croquis et mettre au point les engrenages puis la créer au final ou pas du tout... "

Enfin les mots se tarissent, gorgée de thé bue prudemment afin d'apaiser ma gorge irritée d'avoir tant parlé. Mes mains cessent leur cours dans les airs, se concentrant à préparer une épaisse tartine de beurre et de confiture de fraises aussi rouge que mes joues brûlantes de gêne après ce discours sans fin. Poussière, qu'est-ce qui vient donc de me saisir ? Je viens de gaspiller un temps fou, à parler en rond de la sorte au lieu d'aller droit au but !
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MessageSujet: Re: Perfect infusion ❧ Rinke   Lun 7 Déc - 21:51

Perfect infusion

Avaïane et Rinke


Rinke ne manqua pas l'air subitement intéressé d'Avaïane lorsqu'elle l'interrogea sur son métier. Cela n'étonna pas vraiment la jeune tenancière, qui s'était persuadée que, d'une façon ou d'une autre, elle arriverait toujours à faire plaisir à sa cliente. Cela étant, c'était exactement pour ce genre de raisons que Rinke s'était lancée dans les affaires. Elle appréciait les petits signes de bonheur qui illuminaient les traits des gens. Ils étaient beaucoup plus agréables à voir que les marques de souffrance. Et puis, n'y avait-il pas un plaisir démiurgique à l'idée de pouvoir aider les autres, de pouvoir leur apporter un réconfort dont ils auraient autrement manqué ? Certes, Rinke ne connaissait ni le mot ni le concept de démiurge, mais elle éprouvait la sensation d'entre un malgré tout. Elle comblait ainsi son besoin de puissance et de contrôle sur les autres.
Si Rinke fut heureuse d'avoir pu dérider Avaïane, elle déchanta rapidement. La réponse d'Avaïane fut incroyablement longue, un véritable monologue qui déferla sur une Rinke sans défense. Les termes techniques – roues dentées, ressorts, coffrages – assaillirent Rinke impitoyablement. Paniquée, la jeune femme se demanda ce que tout cela voulait bien dire et perdit complètement le fil, quand bien même la suite était plus compréhensible pour une personne aussi peu éduquée qu'elle. Elle en capta bien des bouts – elle entendit parler d'un certain Palareth, par exemple, ce qui éveilla un peu son attention, car Rinke se demanda quel lien pouvait bien avoir cet homme avec Avaïane – mais sans succès. Décidément, Avaïane était plus prolixe que ce que Rinke pensait, ce qui était intéressant, mais peut-être aussi un peu angoissant. Rinke produisait-elle le même effet sur les gens lorsqu'elle se mettait à parler sans s'arrêter ? Si tel était le cas, elle devrait songer à arrêter, car ce n'était pas aussi agréable qu'elle le pensait.
Perturbée, Rinke ne releva pas la remarque faite sur le thé, qui l'aurait vexée si elle l'avait bien comprise, car elle n'aurait pas apprécié entendre dire que son thé avait des effets indésirables. Elle entendit la question d'Avaïane, mais sur le coup, cela ne lui sembla aussi important que la question elle-même venait de poser :

« C'est qui, ce Palareth ? Ton fiancé ? »

Pour une fois, la question avait été posée avec beaucoup de modération, signe que Rinke ne s'était pas encore remise de ses émotions. Néanmoins, Rinke ne perdait jamais de vue les sujets qui l'intéressaient. Il lui semblait plus important de se renseigner sur cet homme que d'essayer de comprendre comment fonctionnait une horloge. Elle se montrait ainsi plutôt réaliste, sachant pertinemment qu'elle aurait bien du mal à comprendre un domaine aussi complexe que l'horlogerie.
Rinke respira le thé qu'elle s'était servie pour vérifier qu'elle n'avait pas par mégarde intégré d'épice hallucinogène ou désinhibante dans le mélange. Mais Venetti ne sentit que les effluves des épices qu'elle avait ajoutées, aucun parfum suave ou étrange n'était à déplorer. Aurait-elle créé un thé capable de changer la personnalité des clients ? L'idée fit rire Rinke si fort que cette hypothèse fut du même coup démentie.

« Malheureusement, je ne crois pas que ce soit mon thé qui sois pour quelque chose, réussit à placer Rinke entre deux rires. C'est simplement l'atmosphère de l'endroit qui te dégèle. »

La tenancière rit encore quelques instants avant de se calmer en se tenant les côtes, devenues peu à peu douloureuses. Rinke faisait fonctionner si souvent ses muscles abdominaux qu'elle n'avait pas besoin de les muscler pour avoir une jolie taille. Ce faisant, la jeune femme se redressa, rajusta ses habits qui avaient commencé à tomber de son épaule, puis répondit à la question qu'Avaïane lui avait posée avec un air de conspiratrice qui pouvait faire douter de la véracité de ses paroles.

« Tu veux connaître mon secret, n'est-ce pas ? Tout le monde veut savoir comment je prépare mes mélanges, mais je les prépare dans mon labo secret et donc personne ne le sait ! » s'enthousiasma Rinke, cédant par la même occasion à la facilité en employant un vocabulaire limité.

Rinke laissa alors planer le silence. Elle aurait espéré qu'Avaïane fît preuve du même enthousiasme qu'elle, après avoir prouvé qu'elle était capable de parler sans discontinuer. Mais Rinke devait se rendre à l'évidence : elle ne pouvait pas pousser Avaïane à sortir de sa coquille et à être aussi décomplexée que Rinke. Surmontant sa déception, cette dernière décida de réduire sa réponse à un strict minimum, faisant preuve d'une certaine puérilité par la même occasion.

« Pour être tout à fait honnête, je teste les mélanges un à un. Lorsque je goûte, j'ajoute toujours une pincée de quelque chose pour équilibrer mon mélange. Je le sens quand je le fais, en quelque sorte. Je crois que ça s'appelle la méthode instinctive. »

Persuadée d'avoir employé un terme de vocabulaire complexe en guise de conclusion, Rinke se sentait une fois de plus très fière d'elle-même. Elle pensait qu'elle menait cette conversation d'une main de maître, ce qui la mettait en joie.

« Attention, je ne te révélerai pas le contenu exact du mélange, la prévint Venetti. Certaines choses doivent rester secrètes, et mes recettes en font partie. »
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MessageSujet: Re: Perfect infusion ❧ Rinke   Dim 13 Déc - 0:08

The Boiling Point of Tea

Time is running out


La question est certes posée calmement, mais ma réaction ne l'est certainement pas tandis que je m'étrangle dans ma gorgée de thé, posant précipitamment ma tasse et toussant dans ma main pour libérer mes poumons du thé qui y a coulé par erreur. Palareth, mon fiancé ? Je dois retenir une grimace à cette idée, l'envie d'agiter les bras en protestant qu'il est marié et que je ne veux pas épouser mon frère. Mais cela ne ferait aucun sens aux yeux de Rinke, et je n'ai aucun désir de causer une scène, me contentant d'une dénégation rauque, d'un "C'est un ami Rinke, pas mon fiancé" qui je suppose peut aisément passer pour une maigre justification, au vu de ma première réaction. Qu'importe. Je reprends une longue gorgée de thé avant d'attaquer une nouvelle tartine, écoutant la tenancière parler de son métier tandis que je mastique, joues rouges de lui avoir causée une telle hilarité et regard triste de cette implication me faisant glaçon. Juste parce que je préfère mes mécanismes aux gens et suis craintive, je ne me trouve pourtant pas si froide... réservée, indéniablement, lorsque je ne monologue pas, mais pas froide.  

La question me travaille tandis que ma compagne parle de sa méthode, la tartine dans ma bouche m'empêchant de poser les questions qui s'assemblent dans ma tête, l'une après l'autre comme autant de mécanismes, formant un tableau d'ensemble. Elle semble contente d'expliquer, aussi superficiel lesdites explications soient-elles, tandis que je souris et hoche la tête aux bons moments. Pourquoi donc m'attendais-je à plus complexe ? Je le sais pourtant, Rinke n'est pas la créature la plus préoccupée des choses de l'esprit qui soit, son intelligence plus sociale qu'autre chose. A défaut de lire des livres et de réfléchir à des questions abstraites, elle lit les gens et ne pense qu'en termes concrets, du moins à mes yeux. Ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose, sa compagnie reste agréable. Cela la rend simplement... tédieuse. Mais même la fatigue que son infantilisme engendre en moi ne saurait me faire retenir un sourire tandis qu'une nouvelle gorgée de thé (et j'aurai presque l'impression que cette théière est sans fond, idée qui je l'avoue n'est pas pour me déplaire) chasse les quelques restes de tartine.

"Inutile de t'inquiéter, je n'ai aucune curiosité quand au mélange même, pouvoir le boire ici me suffit amplement et je doute de pouvoir le faire aussi bien que tu ne le fais combien même je connaitrais tous les ingrédients qui le composent."

Le compliment est probablement un peu gros, je suis assez précise pour pouvoir le reproduire je pense, mais cela ne change rien au fait que je ne veux pas être en mesure de boire ce thé précis chez moi. Le thé d'ici est le thé de Rinke, c'est aussi simple que cela, et me le faire gâcherait une part du plaisir. Par réflexe, je jette un regard à la pendule trônant sur la table, notant que j'ai encore un peu de temps devant moi avant de devoir retourner à mes obligations.

"Comment est-ce que tu fais pour gérer tout ça ? Le cabaret, les filles, tes différents thés... cela fait un nombre impressionnant de choses à gérer et à jongler, j'en serai incapable. Autant je peux aisément gérer mes complications et voir où mes éléments trouvent leur place quoiqu'il arrive, autant que je ne saisis pas comment tu peux gérer ces pics d'activités et toutes ces choses à faire à chaque instant. Comment est-ce qu'on peut se concentrer, en faisant tant de choses à la fois ? Tu dois être certainement plus organisée que je ne le suis. Je déteste être interrompue quand je suis dans l'atelier, même par un client, j'ai tellement de mal à retrouver exactement ce que je faisais ensuite... En général, je finis par passer à une autre pièce."

Un sourire accompagne la fin de mon discours, théière rapidement soulevée m'informant par son poids et le son de l'eau que je peux me préparer une dernière tasse de thé que je me verse avec empressement, observant les feuilles se déployer et teinter l'eau translucide d'or et d'électrum. Le spectacle est fascinant, lentes volutes se déployant dans le liquide tandis que les secondes s'égrènent avant que je n'ôte les précieuses feuilles, remuant distraitement le liquide.
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MessageSujet: Re: Perfect infusion ❧ Rinke   Sam 26 Déc - 23:18

Perfect infusion

Avaïane et Rinke


Rinke n'avait pas insisté sur le sujet de Palareth, dans la mesure où Avaïane ne l'avait décrit que comme un ami, à sa grande déception. Les liens d'amitié ne l'intéressaient pas le moins du monde. Elle préférait imaginer qu'ils éprouvaient chacun de tendres sentiments pour l'autre, en secret et en silence. Il leur faudrait simplement du temps pour comprendre ce qu'ils ressentaient, mais Rinke se persuadait qu'ils finiraient par être honnêtes avec eux-mêmes et feraient alors un joli couple. À moins, bien sûr, qu'un autre objet charmant ne vînt chatouiller leur cœur et leur faire connaître de nouveaux émois amoureux. Avaïane n'aurait bien sûr pas approuvé si Rinke lui avait avoué à voix haute ce qu'elle pensait.
Le secret de la fabrication de son thé était un autre sujet tout aussi intéressant aux yeux de Venetti. Légèrement déçue de voir avec quel naturel Avaïane lui assurait ne pas vouloir découvrir sa recette, Rinke fut cependant soulagée de ne pas avoir à trahir ses secrets. Qu'il s'agît des recettes qu'elle tenait de son père, auxquelles elle était attachée comme à la prunelle de ses yeux, ou bien de celles qu'elle avait lues ou découvertes dans des livres – les seuls que Rinke lisait -, ou encore celles qu'elle avait concoctées elles-mêmes, grâce à son expérience dans la matière, elle considérait toutes ces recettes comme les siennes, qu'elle conservait comme un enfant son doudou favori. Tout ce que Rinke voulait était des retours positifs sur son menu, ce que faisait Avaïane à ce moment précis. Elle accepta le compliment avec plaisir.
Polie, sa jeune cliente lui retourna la question que Rinke lui avait posée plus tôt en lui demandant quelques précisions sur son travail. Pour sûr, Rinke savait faire un bon travail, qui lui convenait bien et que la calme Avaïane n'aurait sans doute pas pu réaliser. Comme le faisait remarque cette dernière, le métier de tenancière partait dans tous les temps et faisait appel à des compétences assez variées. Rinke n'avait jamais pris conscience qu'elle était, d'une certaine façon, organisée. Elle n'avait même d'ailleurs jamais réfléchi à l'essence de son métier, à ce dont elle avait besoin pour le pratiquer. Avaïane présentait les choses d'un angle tout à fait favorable à Rinke, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Avaïane exagérait sans doute : Rinke trouvait plus pénible de rester seule toute la journée que d'avoir à faire à une flopée de clients. La tenancière détestait voir son cabaret vide. Cela étant, la prochaine fois qu'elle devrait parler de son métier, elle expliquerait qu'il était très compliqué, et qu'il fallait demander l'avis de l'horlogère si on avait des doutes. En attendant, Rinke se laissa complimenter :

« Je sais pas, répondit-elle, c'est facile de faire plusieurs choses à la fois ? Enfin, je veux dire, je fais ça tout naturellement, parce que j'ai appris à travailler comme ça. C'est vachement plus compliqué de faire une horloge, je pense, t'as toutes ces petites pièces qui se ressemblent tous et qui ont des noms imprononçables... »

Rinke fit la grimace en essayant de se rappeler de ces mots compliqués. Avaïane en avait prononcé quelques uns plus tôt, mais comme toujours avec les mots nouveaux, il fallait les entendre plusieurs fois pour les retenir. Qu'est-ce qu'elle avait dit déjà ? Des dents en forme de roue ? C'était ainsi que Rinke avait analysé ce mot, mais elle ne se souvenait plus que du moyen mnémotechnique désormais. Il y avait également des termes qui ressemblaient à des éléments de mobilier qu'elle possédait, par exemple... l'armoire ? Vraiment, Rinke ne s'en souvenait plus. Elle préféra abandonner la partie.

« Enfin, le truc, c'est de faire ce qu'on aime, n'est-ce pas ? conclut-elle en haussant les épaules. Toi, tu aimes t'enfermer dans ton atelier et dialoguer avec tes pièces, moi, j'aime le thé, la foule, les divertissements. J'aime parler aux gens, les connaître, ce genre de choses. Je n'ai pas l'impression de travailler, je m'amuse. »

Rinke laissa échapper un léger rire cristallin, prouvant qu'elle appréciait les discussions qu'elle avait avec Avaïane. Sans doute n'aurait-elle pas accepté de rester enfermée dans son cabaret si elle n'avait pas su y trouver une forme de plaisir. Rinke, qui n'aimait pas les contraintes et qui appréciait sa liberté, ne se sentait pas enchaînée dans cet endroit. Elle le considérait comme l'incarnation vivante de son âme, un lieu à chérir et à préserver car il était sien. Pour certains, son travail pouvait sembler inutile, car on pouvait boire le thé ailleurs, sans compter que tout le monde n'appréciait pas les spectacles médiocres qu'elle proposait. Cependant, Rinke estimait que le divertissement n'était jamais une perte de temps, mais quelque chose d'indispensable aux êtres humains.
Elle désigna une des serveuses qui passait près d'elles dans un joli justaucorps multicolore orné de plumes.

« En plus, ce n'est pas moi qui fais tout, j'ai de l'aide. Par exemple, les costumes, ce sont les filles qui les font elles-mêmes. Elles choisissent les tissus, et les cousent, et tout. C'est du beau travail, non ? » commenta Rinke en regardant le justaucorps d'un air admiratif.

Pas sûr qu'Avaïane apprécierait cette pièce de tissu grossièrement cousue aux couleurs criardes. Rinke, cependant, comme tout chose faite maison, trouvait cela très joli. Le vêtement la rendait fière, même si elle ne l'avait pas fait elle-même, car elle était satisfaite de donner du travail à sa propriétaire.
Subitement, Rinke eut une idée géniale. Elle frappa sa main du poing et adressa un ravissant sourire à son amie.

« J'y pense ! Tu en veux peut-être un aussi pour ton anniversaire. Tu m'offres toujours des cadeaux, mais je te donne jamais rien en retour, ce n'est pas très juste. Je le ferai moi-même, en plus, comme ça, tu pourras le porter chez toi. Et il sera sobre, je te jure, juste des horloges par-ci par-là, et peut-être aussi une ou deux pierres, et puis une jolie fraise au col... »

Pour Rinke, ce genre de justaucorps constituait un cadeau bien plus beau et utile qu'une horloge. Esthétiquement, la tenancière adorait ce style. De plus, ce genre de vêtement était totalement féminin, et elle ne connaissait aucune femme qui résistât aux vêtements qui mettaient en valeur leur féminité. Elle essaya de s'imaginer Avaïane en justaucorps et la trouva absolument sublime.
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MessageSujet: Re: Perfect infusion ❧ Rinke   Ven 1 Jan - 11:29

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Si différentes, décidément... la seule idée de travailler en ce lieu, entourée de tout ses gens, à devoir jongler mille et une tâches sans pouvoir réellement déterminer laquelle nécessitera le plus de temps, à devoir sourire et parler et approcher les gens m'épuise. Je ne pourrai jamais être Rinke, avec ses cheveux sombres, son sourire, son manque de culture qu'elle a l'art de rendre charmant par ses manières plutôt que rebutant. Je ne pourrai pas faire son travail, ni même passer autant de temps en compagnie. Mais cela semble lui plaire, et j'acquiesce cette idée qu'elle a que nous nous plaisons à des choses et des univers différents. Je dialogue avec mes pièces comme elle le dit, image me tirant un sourire ravi tant elle correspond à ma réalité, dialogue permanent avec les différents éléments de mes pièces comme avec le temps. Je ne peux pas l'imaginer s'affairant à ma place, courbée au-dessus de la table, pas quand le seul mot d'engrenage lui échappe. La seule idée fait se joindre mon rire au sien, léger.

"Nous imaginer faire le travail de l'autre donne certainement une image étrange, non ? Tu as raison je pense, nos natures sont simplement trop différentes pour que nos occupations puisse réellement se ressembler. Mais je maintiens que tu es organisée, même si tu trouves facile de faire tant de choses à la fois, tu dois avoir une idée claire de tout ce qu'il y a à faire et du temps qu'il te faut pour après tout, à défaut d'avoir une idée claire du Temps lui-même. Est-ce que c'est pour ça que tu n'aimes pas mes horloges, parce qu'elles ne s'entendent pas bien avec ton sens de la planification ?"

Ma question se trouve précipitée hors de mes lèvres, tandis que je me trouve prise au dépourvue tandis que Rinke poursuit son explication, serveuse et justaucorps (elle est plus exposée qui si elle était en corset et pantalons ! Poussière, n'a-t-elle pas froid ?) désignés comme preuve de l'aide que reçoit l'autre femme, hochant la tête en silence. Je respecte leur travail, certainement, mais cela ne me parle pas, vêtement (et je m'obstine à utiliser le mot quand je ne peux m'ôter de la tête qu'elles sont nues, ou tout comme, nuque, chevilles, poignets offerts à la vue de tous, chair paradée le plus naturellement du monde, et quelque part leur sans-gêne aide, fait partir leur attirail moins indécent qu'il n'est, par je ne sais quel tour de passe-passe) cousus d'une manière parfois approximative et certainement trop colorés et ornementés.

Je sens ma nuque craquer tant mon visage pivote précipitamment en direction de Rinke lorsque l'offre tombe de ses lèvres, tentant de faire le tri dans mes idées. Un justaucorps ? Pour quoi faire, elle veut pas que je travaille pour elle quand même ? Non, pour porter chez moi. Un cadeau. Décoré d'horloges. Le combat me quitte avant même de m'avoir laissé une chance de protester, lente exhalation vaincue qui laisse place à un maigre sourire. L'offre est honnête, et innocente, et malgré moi je sens que mes yeux sont écarquillés, que mon sourire est remplacé par une moue de surprise qui laisse ma bouche entrouverte, tableau sans doute étrange à voir face à mon habituelle impassibilité. Mais Rinke est comme Pala, je ne peux simplement pas rester cachée en sa présence, elle est bien trop ouverte et chaleureuse pour ça.

"C'est gentil, merci, mais tu n'es pas obligée tu sais ? Enfin, à part si ça te fait plaisir..."

Fatalement je me trouve incapable de protester plus avant, rentrant à la place la tête dans mes épaules et me faisant aussi petite que je le peux avant de prendre une gorgée de thé pour me détendre, regard à l'horloge m'informant que je ne vais pas devoir tarder à retourner à l'atelier avant que je n'en informe Rinke. Entre le temps nécessaire pour rentrer à l'atelier et le reste, j'ai tout juste le temps d'apprécier tranquillement cette ultime tasse de thé et la discussion qui l'accompagne.
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MessageSujet: Re: Perfect infusion ❧ Rinke   Lun 11 Jan - 16:49

Perfect infusion

Avaïane et Rinke


Au moins, Avaïane était d'accord : chacune était parfaitement taillée pour son métier et aurait été incapable de faire celui de l'autre. Qui plus est, la jeune femme prétendait que l'organisation de Rinke et la rigueur de la planification des horloges d'Avaïane ne faisaient pas bon ménage. L'intéressée ne pouvait dire si cette remarque était véridique, mais elle était sûre d'une chose : elle n'aimait vraiment pas les horloges. Pourquoi tenir absolument à régler sa vie sur des minutes illusoires, alors qu'il était plus important – du moins pour une tenancière – de prendre en compte le rythme de vie quotidien des clients de son cabaret et de ses serveuses ? De s'adapter à cette vague qui déferlait avec une fréquence irrégulière chez elle ? Peut-être la différence entre les métiers des deux jeunes femmes résidait-elle là : l'une travaillait avec des choses inanimées requérant une précision absolue, tandis que l'autre jouait avec une matière vivante et imprévisible.
Tout cela, Rinke y pensa, en des termes moins compliqués bien sûr, pour en venir à une conclusion à peu près similaire de celle de son amie :

« Sans doute... »

Cependant, ce fut bientôt le moment de provoquer la surprise chez Avaïane en lui proposant un cadeau d'anniversaire bien particulier. Rinke n'avait pas réfléchit à l'effet qu'un tel accoutrement donnerait porté par Avaïane, mais elle pouvait apprécier la surprise certaine qui se lisait sur son visage. Voilà bien une réaction que la tenancière était apte à provoquer. Savoir si elle appréciait réellement ou non l'offre qui lui était faite n'était pas vraiment possible dans ses conditions : tout était laissé à l'interprétation de Rinke, qui aimait bien voir la vie du bon côté. Elle crut sincèrement faire plaisir à son amie, puisque celle-ci ne refusa pas le cadeau, même si elle ne l'accepta pas franchement.

« Ça ne me dérange pas du tout, assura Rinke, il faut bien que j'occupe mes soirées, vu que je n'ai personne pour veiller sur moi ! Et tu sais que j'aime rendre service aux gens, donc rien ne me ferait plus plaisir de pouvoir te faire un bel habit pour l'été. Je sais que ça ne se porte pas à n'importe quelle occasion, ajouta Rinke, qui avait tout de même remarqué le repli sur soi d'Avaïane, mais si tu te trouves un chéri, il faut bien que tu aies une jolie tenue pour l'impressionner, n'est-ce pas ? »

Avaïane allait très certainement se demander pourquoi une célibataire endurcie comme Rinke tenait absolument à la mettre en couple alors qu'elle refusait pour sa part d'engager toute relation sérieuse avec un homme. Mais Rinke, elle, avait la jolie tenue dont elle parlait dans son placard, au cas où.
Rinke était tout de même cruelle. Elle savait très bien qu'Avaïane rechignerait à partir avant l'heure prévue – même si elle ne tarderait plus, désormais -, parce qu'elle détestait chambouler son emploi du temps sans de très bonnes raisons. Elle savait également qu'Avaïane n'avait pas envie de la froisser, tout simplement parce qu'elles s'entendaient bien malgré leurs différences et que chacune devait faire des efforts vis à vis de l'autre. Et pourtant, tout cela ne lui venait pas à l'esprit tandis qu'elle proposait à la jeune femme une tenue qu'elle n'apprécierait pas et qu'elle ne mettrait jamais. Et qui, pour les distinguer des horloges d'Avaïane, n'avait aucune utilité.
Rinke termina d'un coup sa tasse, sans faire de bruit déplacé, car elle avait visiblement l'habitude de siffler des théières entières. Elle la reposa avec soin, ne tenant pas à abîmer plus que nécessaire son beau service, puis commença à dévorer Avaïane des yeux. Certes, Rinke était peut-être en train de la déshabiller du regard, mais ce n'était pas un regard lubrique ou insolent pour autant : elle essayait de s'imaginer les courbes de la jeune femme afin de savoir avec précision ce dont elle aurait besoin pour faire son habit. Lorsqu'elle termina son estimation rapide – et sans doute très fausse -, elle reprit :

« Je sais que tu n'auras certainement pas le temps d'effectuer les mesures aujourd'hui, mais tu pourrais passer un jour où tu as du temps pour que je m'en occupe ? Je ne peux pas te garantir à la seconde près le temps que ça prendra, avoua-t-elle en sachant que ça allait perturber Avaïane, mais je peux te donner une estimation ? Une dizaine de minutes, ça t'irait ? Et sinon, tu peux venir prendre le thé, comme ça, si mon estimation est trop mauvaise, tu n'auras pas perdu trop de temps ? »

Rinke espérait sincèrement que la jeune femme allait accepter, mais comme elle l'avait dit à celle-ci, ce qu'elle craignait le plus était la réaction d'Avaïane au manque de précision par rapport à la durée que les mesures prendraient. Cette dernière était vraiment capable de refuser pour un motif aussi léger, Rinke en était persuadée. Sur combien de temps d'ailleurs Avaïane prévoyait son emploi du temps ? Si c'étaient des mois, Rinke doutait avoir le temps de le finir pour l'anniversaire – et bien sûr, Avaïane était la dernière personne au monde avec qui on pouvait se permettre d'être en retard pour lui offrir son cadeau. L'idéal serait de l'offrir à l'heure exacte de sa naissance, mais pour la tenancière, tant de précision était tout simplement impossible. Le jour-même, ce serait déjà très bien.

« Alors ? » insista immédiatement Rinke en faisant usage de tout le charme dont elle était capable.
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MessageSujet: Re: Perfect infusion ❧ Rinke   Jeu 28 Jan - 21:59

The Boiling Point of Tea

Time is running out


Un soupir m'échappe, Rinke certainement déterminée à me faire cette tenue qu'elle s'est mise en tête de me faire. L'attention est délicate, je suppose, elle semble en tout cas ne pas avoir d'arrières-pensées en tête. Encore qu'il s'agisse de Rinke; les machinations ne sont pas vraiment son genre, en tout cas lorsque l'argent n'est pas concerné. Et elle semble vraiment avoir envie de me faire ce présent, mon visage s'inclinant en un accord muet tandis que je me résigne à une séance de mesures et à des essayages qui, je l'espère, ne se révéleront pas trop piquants.  

"Je prendrai un créneau spécifique pour venir, il serait dommage de nous priver d'une partie de l'heure du thé quand nous pouvons simplement prendre une heure pour faire des mesures, puis prendre le thé."

Mes yeux se posent sur la pendule délaissée, enregistrant l'heure avant que je ne finisse ma tasse, me levant dans un murmure de tissu, bras retenant ma peluche avec aise et la calant au creux de mon coude. L'heure du thé touche à sa fin, il est temps pour moi de me retirer, à regrets en dépit de ce costume que j'appréhende déjà. Rinke est mon amie, la quitter n'est jamais très agréable, j'apprécie de passer du temps avec elle pour tout ce que nous n'avons en réalité que peu de choses à nous dire. Cela ne nous empêche pas d'essayer. C'est plus que la majeure partie des habitants ne peuvent prétendre. Elle, Anastasia, et les jumelles font partie des exceptions.

"Il est temps pour moi de rentrer travailler, je suis navrée Rinke. Peut-être que nous pourrions faire ça vendredi ? Je n'ai rien de particulier en début d'après-midi, je pourrai venir aux alentours de quinze heures, si cela te convient. J'espère que le cabaret sera assez calme pour te permettre de t'éclipser, ou que nous pourrons nous installer dans ton bureau, que tes employés puissent aisément venir te trouver."

Un sourire infime s'installe sur mes lèvres tandis que je règle mes consommations et laisse un pourboire à mon amie avant de partir, sol légèrement moins boueux clapotant sous mes chaussures. Derrière mon visage incliné vers le sol, mon sourire reste en place, dissimulé aux regards et aux jugements des gens que je croise, jusqu'à ce que je retrouve la douce chaleur et la lumière de mon atelier, délaissant mes souliers avant de rejoindre mes œuvres en cours, plongeant dans mon univers de rouages avec la même joie que dans ma tasse de thé tout à l'heure.

Il est l'heure de reprendre le travail.
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MessageSujet: Re: Perfect infusion ❧ Rinke   Sam 30 Jan - 22:09

Perfect infusion

Avaïane et Rinke


Comme toujours, Avaïane prouva qu'elle savait faire preuve d'une stricte ponctualité lorsqu'elle fixa le rendez-vous pour les essayages à vendredi. Rinke ne s'étonna pas vraiment de voir que la jeune femme avait choisi un horaire qui lui permettait de venir avant l'heure du thé et de pouvoir en profiter à l'heure dite, dans la plus stricte conformité avec ses principes. Rinke ne se laissa pas avoir par l'expression très vague de aux alentours de quinze heures. Soit Avaïane viendrait à quinze heures précises, en dépit de l'imprécision de vocabulaire dont elle faisait preuve en ce moment. Soit elle viendrait un peu avant ou un peu après, mais en tout cas à l'heure qu'elle aurait prévu, et Rinke devrait alors s'adapter et être prête en avance. La tenancière pensait qu'elle disposait d'une fourchette de dix minutes avant et après l'heure dite, ce qui pour elle lui paraissait un laps de temps raisonnable, mais qui pour l'horlogère devait paraître une éternité. Tout cela dépendait en fait d'une chose : si Avaïane avait déjà terminé son planning pour vendredi ou non.

« C'est parfait, annonça Rinke. Je serai prête pour cette heure. Nous irons dans une pièce calme, ne t'inquiète pas pour cela. »

Avaïane n'avait aucun problème avec le monde lorsqu'elle prenait le thé, mais elle ne voudrait sans doute pas se déshabiller devant tout le monde - et Rinke n'aurait pas eu l'idée de lui demander, le déshabillage en public étant une activité professionnelle dont elle n'était pas friande. Ce serait déjà bien de pouvoir mettre Avaïane en sous-vêtements et découvrir à quoi celle-ci ressemblait en petite tenue. Rinke se gardait de faire le moindre commentaire sur l'impatience qu'elle éprouvait à l'idée de vérifier si les mesures qu'elle avait estimées étaient justes. Surtout que ces estimations faisaient d'Avaïane une très jolie femme du point de vue de la taille.
Même une personne aussi peu attentive aux horaires que Rinke commençait à avoir une idée du temps qui passe à force de fréquenter Avaïane. Rinke n'aurait pu expliquer pourquoi, mais elle pouvait ressentir - avec moins d'exactitude que l'horlogère, il est vrai - combien de temps durait l'heure du thé de sa cliente, et donc lorsque le temps de partir arrivait. Tenter de la retenir ou de la convaincre de rester plus longtemps était sans doute la chose la plus vaine au monde. Avaïane partirait quoiqu'il arrive, même s'il s'agissait du point de vue contextuel du pire moment possible. Cette rigueur amusait désormais Rinke ; au départ, cependant, la tenancière s'était sentie légèrement vexée, comme si Avaïane ne respectait pas vraiment son travail en ne se soumettant pas à la règle du pas d'horaire. Mais Avaïane était une cliente régulière - qualité oh combien importante aux yeux de Venetti -, ce qui avait permis à Rinke de taire ses sentiments. Et puis, à la longue, elle avait fini par comprendre qu'il fallait prendre la jeune femme comme elle était, sans se vexer de certains de ces traits de caractère les plus étranges. Et puis, de son côté, l'horlogère faisait bien de même, c'était de bonne guerre.

« Je t'en prie, ma chère Avaïane, répondit-elle mielleusement et sans vexation. Je ne voudrais surtout pas te mettre en retard. »

Cette inquiétude était sincère, car Rinke savait qu'une Avaïane en retard n'était pas un événement qu'elle avait envie de voir dans son cabaret, d'autant plus si la tenancière en était responsable. Heureusement pour elle, l'horlogère était assez prévoyante pour se lever et payer en prévoyant l'heure exacte de son départ. Il ne restait qu'à Venetti de tenir à l'écart d'elle toutes les personnes qui seraient susceptibles de créer un incident lorsqu'Avaïane décidait de s'en aller, et le tour était joué. Rinke reçut avec joie et humilité le petit pourboire que son amie lui laissait avant de le mettre dans son décolleté. Elle ne trouvait pas forcément qu'il s'agissait de la meilleure cachette, mais il semblerait que ce soit celle qui convenait à une tenancière, et bien entendu, Rinke n'avait pas envie de décevoir son public. Le reste de l'argent partit rejoindre la caisse, et c'est en saluant chaleureusement Avaïane qu'elle clôtura leur rencontre :

« Bonne journée, Avaïane, à la prochaine »

L'instant de l'horlogère était passé, ce qui signifiait que toute l'agitation bruyante du cabaret reprenait ses droits, en même temps que Rinke inspirait profondément pour retrouver son souffle et un univers dont elle était bien plus familière. Elle avisa l'horloge que lui avait offerte son amie, puis du regard, elle fit le tour de l'établissement pour vérifier que personne ne manquait de rien. Lors de son temps de pause, ses serveuses avaient très bien géré ses affaires, à défaut d'être capables de produire des spectacles de qualité. Telle une mère émue face à ses enfants, Rinke se laissa attendrir un instant par la présence et le sourire de ses filles. Puis la tenancière se reprit très vite : la journée était loin d'être terminée.

« Je vais accrocher l'horloge dans mon bureau. » annonça-t-elle à ses serveuses.

Puisque l'horlogère acceptait de si bon cœur son cadeau, Rinke se disait qu'elle devait pour une fois en faire de même. Elle avait dit l'avoir destinée à la cuisine ou au bureau de la patronne, et même si Rinke ne ressentait pas le besoin de connaître l'heure en permanence, elle restait sensible à la beauté de l'objet, assez pour vouloir l'accrocher dans son espace personnel.
Ainsi, Avaïane pourrait voir son chef-d’œuvre trôner lorsqu'elle viendrait vendredi.
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Perfect infusion ❧ Rinke
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